Comédie · 1807

Arlequin à alger

de Justin Rougemont

Représentation
≈ 32 min
Distribution
1 femme, 1 homme
Répliques
334
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Arlequin H 135 ≈ 15 min 12
Astouf N 80 ≈ 10 min 10
Colombine F 111 ≈ 7 min 8
Ensemble N 4 ≈ 1 min 2
Tous N 3 ≈ 1 min 1
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Arlequin à Alger
Arlequin absentabsentabsent
Astouf absentabsentabsentabsentabsent
Colombine absentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Ensemble absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Tous absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
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Arlequin à Alger

Scène 1

Astouf

AIR NOUVEAU.

Il tire une tablette de sa poche et lit.

AIR : Vaudeville de Voltaire chez Ninon.

sortant de chez lui

Astouf

Vive le métier de corsaire ! Il mène au temple de Plutus ; Et la richesse sur la terre Est la première des vertus. Par mes soins, mille jeunes femmes, Font fortune dans ce pays ; Et tout en obligeant ces dames, Je rends service à leurs maris. La brune Ermance, aux yeux perçants, À l'amour gaîment s'abandonne ; Mais malgré ses dix-sept printemps, Elle n'est fidèle à personne. La blonde Eglé, par ses attraits, Enchante et séduit à la ronde : Mais, sans désirs et sans regrets, Elle est fidèle à tout le monde. Je viens de passer la revue : deux cents femmes ! Le joli fond de magasin pour un marchand d'esclaves ! Allons, cela va fort bien. Pour cette fois, le viZir sera content de mon voyage. J'ai de quoi repeupler son sérail et renouveler ses amours. Quant au sultan, je n'ai pu remplir ses intentions. « Une jeune fille de seize à dix-huit ans, blanche comme la neige, fraîche comme la rosée, grave comme une espagnole, tendre comme une italienne, aimable comme une française, et fidèle... » Fidèle ! Où diable y a-t-il gâter sa demande par cette qualité ? Elle est cause que je n'ai rien trouvé. Il faudra bien que le sultan se contente de choisir l'une de mes deux plus jolies esclaves, Ermance et Eglé... Elles réunissent d'ailleurs toutes les qualités qu'il demande... à la fidélité près. Ici près demeure une jeune personne charmante, nommée Colombine, qui ferait bien mon affaire, et qui, j'en suis sûr, tournerait la tête au sultan : c'est dommage que je sois obligé de mettre à la voile dans deux heures, j'aurais cherché à la séduire par des promesses brillantes ; par un sort, magnifique ; mais il faut y renoncer. La jalousie d'Arlequin, son mari, demanderait d'ailleurs des précautions qui exigeraient beaucoup plus de teins que je n'en ai à rester ici.

Scène 2

Arlequin, Astouf

Arlequin

Oh ! you ! you ! Pauvre Arlequin ! Que vas-tu devenir ?

Astouf

Voilà mon homme.

Arlequin

Le plus joli perroquet !

Astouf

C'est vous, seigneur Arlequin ? Vous paraissez bien affligé ?

Arlequin

C'est que j'ai du chagrin.

Astouf

Que vous est-il donc arrivé ?

Arlequin

Un malheur, ah ! Un malheur dont je ne me consolerai jamais.

Astouf

Racontez-moi cela, je prends beaucoup d'intérêt à ce qui vous touche.

Arlequin

Vous êtes trop bon. Vous savez, mon voisin, que j'ai une femme charmante ?

Astouf

On le dit.

Air : Vaudeville d'Arlequin Musard.

Arlequin

Ma Colombine, sage et belle, Variant ses jolis atours, Pour paraître toujours nouvelle, À l'art de changer tous les jours. Pour me fixer et pour me plaire, Par elle rien n'est oublié ; Par sentiment elle est légère, Et coquette par amitié.

Astouf

Vous devez jouir d'un bonheur sans nuage ?

Arlequin

Sans nuage ? Oh ! Certainement... Si ce n'est pourtant quelques disputes.

Astouf

Qui n'arrivent pas souvent.

Arlequin

Oh ! Non... Une fois par jour, plus ou moins.

Astouf

À merveille !

Arlequin

Nous nous boudons quelquefois toute la journée ; mais ça ne dure jamais, jusqu'au lendemain.

Astouf

Tant pis.

AIR : Un homme, pour faire fin tableau.

Arlequin

Achevons de faire à présent Ce que Colombine demande : Un perroquet est très gourmand, Ma femme n'est pas moins friande. En mari complaisant, sachons Prévenir les voeux de son âme ; Alors j'achète des bonbons Pour mon perroquet et ma femme. Hier ! Après un raccommodement, ma femme m'a fait cadeau de son portrait ; ce matin, je suis sorti de très bonne heure, dans l'intention de trouver quelque chose qui pût lui faire plaisir : en traversant le port, j'ai aperçu un perroquet qui disait : à déjeuner ! à déjeuner ! Sangodémi ! Me suis-je dit, voilà un perroquet bien élevé; si j'en faisais présent à ma chère Colombine ? À déjeuner ! À déjeuner ! C'est ce que je lui dis tous les matins ; et lorsque je n'y serai pas, elle croira m'entendre. Je l'achète donc ; et vous pouvez juger si j'étais content, le plus beau perroquet du Bengale ! Mais cela ne suffit pas, me suis-je dit. Mais il est mort subitement, et voilà ce qui m'inquiète. J'ai promis un présent à Colombine, et il ne me reste plus un sequin ; je n'ose me présenter devant elle.

Astouf

C'est embarrassant, j'en conviens.

Arlequin

Ma femme a la clef de notre petit trésor, et je ne possède rien... que ma batte ; encore en manque-t-il la moitié, qui a disparu hier dans un petit mouvement de vivacité... Colombine le sait bien.

Haut.

Astouf

Si je pouvais... Excellente idée ! Ne vous chagrinez pas, je puis vous servir.

Arlequin

Comment ?

Astouf

Le moindre présent suffira pour plaire à Colombine. Dans cette saison, les fleurs sont assez rares, pour être de quelque prix, aux yeux d'une jolie femme, je vais faire un tour dans mon jardin, et je vous apporterai bientôt un bouquet magnifique.

AIR : Je ne suis plus de ces. vainqueurs.

Arlequin

Que chaque fleur parle à ses yeux, Et de mon coeur soit l'interprète. Le lys est beau, mais orgueilleux : Je préfère la violette. Que la rose au myrte amoureux Par mille noeuds soit enlacée, Mais placez, par un art heureux, Le souci loin de la pensée. Est-il possible ! Ah ! Comme elle sera contente ! Puisque vous voulez bien, Seigneur Astouf, avoir cette bonté, composez-lui, je vous prie, un bouquet bien joli.

À part.

Astouf

Fiez-vous à moi, je reviens dans l'instant. Je verrai la voisine.

Scène 3

Arlequin

Arlequin

Allons, tout va pour le mieux. Si je ne m'étais pas disputé avec Colombine, je n'aurais pas acheté un perroquet ; si je n'avais pas acheté un perroquet, je n'aurais pas acheté des bonbons ; si je n'avais pas acheté des bonbons, le perroquet ne m'aurait pas mordu, en voulant les manger ; s'il ne m'avait pas mordu, je ne lui aurais pas tordu le col, si je ne lui avais pas tordu le col, je n'aurais pas un bouquet magnifique qui vaut mieux ; si je n'avais... Mais voici Colombine.

Scène 4

Arlequin, Colombine, Tous Deux

AIR : Aussitôt que je t'aperçois.

Arlequin

Oui, c'est elle ; je l'aperçois. Voilà celle que j'aime.

Colombine

Cher Arlequin, je te revois, Mon bonheur est extrême ! À mon réveil je te cherchais.

Bis.

Arlequin

Pour t'embrasser, moi, je rentrais; Ma joie égale tes attraits.

Bis.

Bis.

Tous Deux

Ah ! Chaque heure de la journée Doit être une heure fortunée, Lorsque, sans détour, On sait, par le plus doux retour, Donner la première à l'amour.

Arlequin

Comme te voilà fraîche et jolie !

Colombine

Toujours aimable et galant ?

Arlequin

Cela coûte si peu lorsqu'on s'aime ! Et je t'aime tous les jours davantage ; cependant, ma bonne amie, tu es ma femme depuis deux ans.

Colombine

Deux mois et trois jours.

Arlequin

En vérité ! Comme tu sais cela toi!

Colombine

Je gage que tu ne t'es levé si matin que pour me surprendre à mon réveil.

À part.

Arlequin

Oh ! J'ai bien couru. et je n'ai rien.

Colombine

Quant à moi, je ne t'ai pas oublié ; mais voyons...

Arlequin

Voyons...

Colombine

Commençons par toi.

Haut.

Arlequin

Ce maudit Astouf ne vient pas, je ne sais que faire. Je suis le plus impatient, ma bonne amie, ainsi...

Colombine

Et moi, je suis la plus curieuse...

Scène 5

Arlequin, Colombine, Astouf

Astouf s'approche d'Arlequin en lui montrant le bouquet.

Haut.

Il cherche à prendre le bouquet des mains d'Astouf, sans que Colombine s'en aperçoive.

À part.

Haut.

Arlequin

Ah ! Le voilà. Eh bien ! Ma bonne amie, c'est... C'est un bouquet.... que Où est donc le bouquet ? Enfin...

Colombine

Voyons le...

Arlequin

Ma bonne amie, il est....

Astouf

Charmant !

Arlequin

Oui, il est charmant !

Astouf

C'est une rose.

Il prend le bouquet.

Arlequin

Oui, une rose et mille fleurs ensemble. Mais.... Le voilà, regarde.

Elle le regarde tendrement.

Colombine

Ah ! Qu'il est joli !

Astouf

Physionomie piquante : bon ! Voilà qui vaut cent sequins.

AIR : Adieu, je te fuis, bois charmant.

Colombine

Comme ce bouquet est galant!

Astouf

Quelle fraîcheur et quelle grâce !

Il met le bouquet sur son sein.

Arlequin

Pour me payer de ce présent, Tu permettras que je le place. Maintenant, ton joli corset Est plein de rieurs fraîches écloses, Que j'aime à placer un bouquet Sur la tige où viennent les roses !

Colombine

Trouves-tu qu'il me sied bien ?

Astouf

Taille bien prise : cinquante sequins.

Arlequin

À ravir ! À toi, maintenant.

Colombine

Ce n'est qu'une paire de manchettes, que j'ai brodées moi-même.

Arlequin

Donne, donne ; oh ! Quel plaisir !

Astouf

Des talents ? Dix sequins.

Arlequin

Ma Colombine !

Astouf

Petits pieds ? Oh ! Petits pieds, cela vaut deux mille sequins !

Arlequin

Cela vaut bien plus ! C'est Colombine qui les a brodées.

Il sort.

Astouf

Ils s'aiment tout de bon, je le vois ; et cependant ils sont mariés ! Allons, il faut attendre.

Scène 6

Colombine, Arlequin, Ensemble

AIR : de la Maréchale.

Colombine

Désormais Plus d'orage, Chacun sera plus sage, Et de notre ménage Respectera la paix.

Arlequin

J'embellirai ta vie En donnant tour-à-tour, Les jours à la folie Et les nuits à l'amour.

Colombine

Désormais Plus d'orage, etc. Occupés de nous plaire,. N'ayons qu'un seul désir : Les jours de la colère Sont volés au plaisir,

Ensemble

Oui, désormais Plus sage, Je veux, dans mon ménage, Prévenant chaque orage, Laisser régner la paix.

Arlequin

Puisqu'il en est ainsi, je vais te faire une confidence ; mais promets-moi bien de ne pas te fâcher ! Parce que, vois-tu, ma bonne amie, nous nous raccommodons trop souvent.

Colombine

Qu'est-ce donc ?

Arlequin

Ce bouquet est bien joli ! Mais je te destinais autre chose.

Colombine

En vérité ?

À part.

Haut.

Arlequin

J'ai vu ce matin un perroquet joli ! Joli ! Et qui parle ! Qui.... Non, il ne parle plus. Je sais que tu en as envie depuis longtemps ; j'ai pensé, d'ailleurs, qu'à force de l'entendre dire je t'aime, il finirait par le répéter, et que cela te ferait plaisir, je l'ai acheté.

Colombine

Que tu es aimable ! Où est-il ?

Arlequin

Dans ma poche, ma bonne amie.

Colombine

Dans la poche ?

Arlequin

Oh ! Il ne risque rien ; le voilà.

Colombine

Maïs il est mort !

Arlequin

Sans doute, il est un peu mort ; mais il est bien joli !

Colombine

Comment se fait-il... ?

Arlequin

Écoute, et tu vas voir que c'est bien de sa faute. Je revenais, tenant d'une main le perroquet ; de l'autre ce cornet rempli de bonbons ; le perroquet a voulu m'aider à manger les bonbons que je t'apportais, mais il s'est trompé, et il a pris mon doigt qu'il a serré bien fort : je l'ai laissé faire pour m'assurer de ses intentions ; mais à la deuxième fois, crac ! Et le pauvre petit n'a plus recommencé.

Colombine

Est-il possible ?

Arlequin

Regarde ! Plus de perroquet, plus de bonbons !

Colombine

Comment, tu les as mangés ?

Arlequin

Oui, ma bonne amie, mais en pensant à toi.

Colombine

Très bien !

Arlequin

Oh ! Console-toi, j'en achèterai dix fois plus pour que tu en aies la part : en attendant, allons déjeuner ; car je me sens un appétit !...

Colombine

Oh ! Tu peux rester, il n'y a rien pour déjeuner.

Arlequin

Comment donc ? Et ces superbes macaronis que j'ai achetés hier ?

Colombine

Je les ai laissé brûler en brodant tes manchettes.

Arlequin

Vous avez laissé brûler les macaronis ?

Colombine

Le grand malheur !

Arlequin

C'est la seconde fois que cela arrive depuis deux ans, et, vous me dites que vous m'aimez ?

Colombine

Quel train pour une bagatelle !

Arlequin

Une bagatelle ! Voilà bien le langage des coeurs indifférents ! Une bagatelle !

Colombine

Il te sied bien de parler !

Arlequin

Brûler les macaronis !

Colombine

Tuer un perroquet !

Arlequin

Femme sans ordre !

Colombine

Homme brutal !

Arlequin

C'est affreux !

AIR : Vaudeville d'Arlequin Musard

Colombine

Ah ! voilà donc la récompense De tout ce que j'ai fait pour toi ; J'ai quitté mon père et la France, Pour me confier à ta foi. J'ai trompé ma famille entière, Pour l'offrir mon coeur et ma main. C'est abominable !

Arlequin

Oui, mais on ne s'arrête guère Lorsqu'on est en si beau chemin.

Colombine

Que dis-tu ?

Arlequin

Perfide !

Colombine

Ingrat !

Arlequin

Coquette !

Colombine

Jaloux !

Arlequin

Moi ?

AIR : Tenez, moi, je suis un bonhomme.

Colombine

Quand je n'étais que ta maîtresse, Je n'avais que des jours heureux, Tu répondais à ma tendresse, Et tu prévenais tous mes voeux. Maintenant, brutal et sauvage, Ton front est toujours obscurci : Comme deux ans de mariage Changent la tête d'un mari !

Arlequin

Oh ! Oui, je suis changé.

Colombine

Ta conduite est indigne, et tu devrais rougir...

Arlequin

Je ne veux pas rougir, moi.

Colombine

Combien je regrette d'avoir refusé Gilles !

Arlequin

Il a toujours joué de bonheur.

Colombine

Va, va, je te déteste !

Arlequin

Et moi, je t'abhorre !

Arlequin

L'hymen est un lien charmant, Lorsque l'on s'aime avec ivresse,

AIR ; Coeur infidèle, coeur volage, (de BLaise et Babet.)

Ensemble

À chaque instant nouvel outrage ; C'est trop languir dans l'esclavage.

Colombine

Je romps la chaîne qui m'engage.

Arlequin

Ne me parle pas davantage.

Colombine

Voilà donc ce bel hyménée !

Arlequin

Voilà donc ce destin si doux !

Colombine

Je devais être fortunée.

Arlequin

Je devais faire des jaloux.

Colombine sort.

Ensemble

C'est trop souffrir, je me dégage; Parjure, ingrat, jaloux, volage! Je romps la chaîne qui m'engage.

Scène 7

Arlequin

AIR : Trouverez-vous un Parlement.

Arlequin

Je t'abandonne pour jamais, Femme ingrate, épouse infidèle ; Loin de toi, je veux désormais Servir Mahomet avec zèle. Turcs, chez vous je veux demeurer, Changer mon culte pour le vôtre, Afin de ne la rencontrer Ni dans ce monde ni dans l'autre. Ouf ! La voilà partie, et je puis respirer ! Il est impossible de vivre avec une femme qui se conduit ainsi. Tous les jours nouveaux sujets de querelles : lorsqu'elle me laisse un moment de repos, c'est qu'elle réfléchit aux moyens, de me faire enrager !

Scène 8

Astouf, Arlequin

Astouf

Selim, qu'on prépare tout pour mettre à la voile dans une heure.

Arlequin

Il part ! Il est bien heureux !

Astouf

Ma cargaison est assez belle, deux cents femmes !...

Arlequin

Deux cents femmes !

Astouf

Dont la plus âgée n'a pas dix-huit ans.

Arlequin

La jolie cargaison ! Vous faites là un drôle de commerce ; mon voisin ? Je sens pourtant qu'à votre place il ne m'enrichirait pas ; je garderais tout pour moi.

À part.

Haut.

Astouf

Le voisin a des principes. Si quelques-unes de mes esclaves ont eu le bonheur de vous plaire, je puis vous en accommoder.

Arlequin

Vous êtes trop bon ; mais j'ai une femme ; et c'est beaucoup.

À part.

Haut.

Astouf

Ah! ah ! Déjà brouillés ! Comment ! Est-ce que vous auriez à vous plaindre d'elle ?

Arlequin

Oh, mon ami, c'est un monstre !

Astouf

Fort joli, à ce que j'ai vu.

Arlequin

Elle me fera mourir ! Croirez-vous que je n'ai pas encore déjeuné ?

Astouf

Je vous plains.

Arlequin

C'est une femme sans soin, sans ordre, qui laisse brûler, des macaronis. Avec cela, méchante, curieuse, bavarde...

Astouf

Louanges de mari.

Arlequin

Ah ! Que n'en suis-je débarrassé ! Si j'avais un ami...

Astouf

Je suis le vôtre, et puis vous rendre ce service.

Arlequin

En vérité ?

Astouf

Dans une heure, je mets à la voile, et, si vous le voulez, elle sera du voyage.

Arlequin

Sangodémi ! Comme vous y allez !

Astouf

Il n'y a pas de temps à perdre : elle est jolie, et je vous garantis que le Sultan lui jettera le mouchoir.

Arlequin

Comment, le mouchoir ?

Astouf

Oui, le Grand-Seigneur doit choisir parmi les beautés que je possède, et celle qui lui plaira sera proclamée Sultane.

Arlequin

Sultane, en ce cas.... Mais, non... Cependant... Car enfin... Ah, mon Dieu, quel embarras !

Astouf

Un mot, et dans un instant vous aurez cent sequins de plus et une femme de moins.

Il imite la balance avec ses mains.

Arlequin

Cent sequins ! Quelle double tentation ! D'un côté, ma conscience et ma femme ; de l'autre, ce qu'elle me fait souffrir, le sort brillant que je lui prépare, et la manière noble avec laquelle je me venge... Pardessus tout cela, cent sequins voyons... Ma femme est bien légère.... Oui, non ; non, oui.... Ma foi... Allons...

Astouf

Eh bien ?

Arlequin

Je la fais sultane.

Astouf

Vous ne pouviez mieux faire.

Arlequin

Le Grand-Seigneur m'en remerciera. Vous l'avez vue, une figure d'ange, un esprit du diable ; elle peint à ravir : si vous connaissiez le portrait qu'elle a fait de moi, vous verriez quel beau coloris ! Et comme elle m'a drapé.... Avec cela, le meilleur coeur du monde ; une douceur inconcevable, une vivacité, une pétulance... Elle fait une question, répond aussitôt ; se fâche, s'emporte, vous donne un soufflet, tout cela, dans un moment et avec une grâce infinie.

Astouf

Oh ! Je n'en doute pas.

Il revient.

Arlequin

Je vais vous l'amener... Ah ça, il ne faudra rien lui dire, parce que je veux lui ménager le plaisir de la surprise.

Astouf

Volontiers.

Arlequin

Et vous la ferez Sultane ?

Astouf

Je n'y manquerai pas.

Arlequin

Allons, me voilà tranquille, et je vais... Ah ! La voici. Je me sauve ; si elle me voyait de ce côté, elle s'en irait de l'autre.

Scène 9

Colombine, Astouf

Colombine

Je viens de chez le cadi ; mes plaintes ont été inutiles : il ne me reste qu'un moyen... extrême, il est vrai, mais c'est le seul.

Astouf

La voici.

Apercevant Astouf.

Colombine

Suivrai je le conseil qu'on m'a donné ? Je m'en repentirai, peut-être ; mais je suis trop malheureuse : oui, me voilà décidée, et à la première occasion... Ah !...

Astouf

Pourquoi me fuir ainsi, mon aimable voisine ?

Colombine

Seigneur...

AIR : Suzon sortait de son Village.

Astouf

C'est la fraîcheur de l'innocence, Dont l'éclat toujours nous séduit. Vos traits respirent la décence; Vos yeux décèlent votre esprit. Air de santé, Air de gaîté, De votre coeur indiquent la bonté. Heureux l'époux Qui, près de vous, Passe, à son gré, les moments les plus doux. Je ne demande au grand Prophète, Pour me faire mille jaloux, Que dix esclaves comme vous, Et ma fortune est faite. On n'est pas plus gentille !

Colombine

Voilà bien le corsaire dont on m'a parlé ; mais je n'oserai jamais...

Astouf

Qu'Arlequin est heureux de vivre auprès d'une aussi jolie femme !

Colombine

Oh ! Cela ne durera pas longtemps.

À part.

Astouf

S'il savait comme moi tout ce que vous valez ! Je gagnerai mille pour cent sur cette femme-là.

Colombine

Seigneur, vous êtes trop honnête !

À part.

Astouf

Non, non, je sais vous apprécier, et, vous méritez un meilleur sort. Le Sultan en sera fou.

Colombine

Cela vous plaît à dire.

Astouf

Il est vraiment fâcheux que vous soyez mariée !

Colombine

N'est-ce pas, Seigneur ?

À part.

Astouf

Oh ! Certainement. Sans cela, j'en aurais eu dix mille sequins.

Colombine

Si du moins j'étais née dans votre pays.

AIR de la Parole.

Astouf

Quand, pour son aimable moitié, L'époux voit éteindre sa flamme. Rempli d'une douce pitié, Sans façon il nous vend sa femme. L'épouse, s'il ne lui plaît pas, Sans que cela paraisse étrange, Des mêmes droits use en ce cas. Oui ; chez nous le mariage est un lien facile à rompre.

bis.

Colombine

Plus heureuses dans nos climats. On ne les vend pas !

Astouf

On les change.

Colombine

Mais on a toujours le désagrément de les voir.

Astouf

Je conviens que, pour une femme sensible, il est plus agréable de s'en défaire de suite.

Colombine

Je vois que vous êtes d'un bon conseil, et que j'ai bien fait de m'adresser à vous.

Astouf

En quoi puis-je vous être utile ?

Colombine

Il faut que vous me débarrassiez d'un ingrat, d'un jaloux, d'un brutal, d'un gourmand, d'un paresseux, d'un...

Astouf

Voilà bien du monde !

Colombine

Il ne s'agit que de mon mari.

À part.

Haut.

Astouf

Peste ! La rencontre est comique. Je ne puis m'en charger.

Colombine

Je vous l'offre pour rien.

Astouf

Que le Prophète me préserve d'un pareil marché !... Brutal, ivrogne, paresseux... Cet homme-là vaut trois cents sequins...

Colombine

Trois cents sequins ?

Astouf

Que vous allez me donner ; et ce n'est rien en comparaison du service que je vous rends.

À part.

AIR : Dans ce salon.

Colombine

Il est bonhomme et cependant, Il mord, égratigne, déchire ; On le voit toujours gai, chantant, Et même en pleurant il fait rire. Dès qu'il paraît on l'applaudit ; Souple, adroit, rien ne l'embarrasse, Sa laideur même l'embellit, Et chaque geste est une grâce. Mais songez donc aussi qu'il a des qualités. Allons, il faut faire son éloge.

Astouf

Oh ! Dans ce cas, il servira de bouffon au Grand-Seigneur, et je ne vous demande rien...

Colombine

À la bonne heure.

Astouf

Rien... Que cent sequins pour rassurer ma conscience, et afin de remédier aux dangers que je cours en enlevant un homme libre. Dès que vous m'aurez compté la somme, je vous réponds d'Arlequin.

Colombine

Allons, j'y consens ; mais au moins vous me promettez qu'il ne lui sera fait aucun mal ?

Astouf

J'en prends à témoin Mahomet et les cent sequins que vous allez me donner.

À part.

Vivement à Astouf.

Colombine

Je vais le chercher. Ce pauvre Arlequin !... Vous êtes bien sûr que je ne le verrai plus ?

Astouf

Je m'en charge.

Colombine

Comptez sur ma reconnaissance.

Scène 10

Astouf

AIR : Prenons d'abord l'air bien méchant.

Astouf

Que chacun fasse son métier, Il n'en est point que je condamne ; J'ai parcouru le monde entier, Et j'ai fait plus d'une sultane. Quoique maître de la beauté, Je fais souvent ce qu'elle ordonne, Et si je vends sa liberté, Je porte les fers qu'elle donne. Allons, Astouf, voilà une bonne journée ! J'achète deux esclaves, et cela, sans qu'il m'en coûte rien. Ah ! ah ! L'aventure est singulière.... et je crois que j'ai ri. Ces pauvres époux : je gage qu'ils s'aiment encore ; eh bien, tant pis pour eux ! Je ne puis m'attendrir sur leur sort, et je serai corsaire jusqu'au bout puisque le destin l'a voulu.

Scène 11

Arlequin, Astouf

Arlequin

Eh bien ?

Astouf

J'ai fait un marché d'or.

Arlequin

Vous ne le croyiez pas si bon ?

Astouf

Il est encore meilleur que vous ne pensez.

Scène 12

Arlequin, Colombine, Astouf, Tous

TRIO NOUVEAU, DE DOCHE.

Arlequin

Mais la voici. Chut ! Chut ! Ne disons rien.

Colombine

C'est lui-même ; comment le trouvez-vous ?

Astouf

Fort bien.

Colombine

N'a-t-il pas un air agréable ?

Astouf

Vraiment on n'est pas plus aimable.

À part.

Arlequin

C'est un ange. C'est un démon.

À part.

Bas à Astouf.

Colombine

C'est un agneau. C'est un démon. Pour terminer notre affaire. Voilà vos cent sequins.

Il prend ta bourse des mains de Colombine, la passe derrière le dos, et la remet à Arlequin, en lui disant.

Astouf

C'est bon. Pour terminer notre affaire, Voilà vos cent sequins.

Arlequin

C'est bon.

Tous

C'est bon, c'est bon.

Astouf

Maintenant avec mystère, Il vous faudra d'abord Le conduire à mon bord.

Colombine

Je m'en charge ; laissez-moi faire.

Astouf

Maintenant, avec mystère, Il vous faudra d'abord La conduire à mon bord.

Arlequin

Je m'en charge, laissez-moi faire.

Astouf

Fort bien ; fort bien... C'est cela... c'est cela.

Tous

Oh ! L'heureux marché que voilà.

Astouf

Venez, venez me voir, Nous ferons, dès ce soir, Une plus ample connaissance.

Haut.

Arlequin

Je vous entends. Seigneur, Vous me faites beaucoup d'honneur.

Astouf

Madame vous suivra, je pense.

Haut.

Colombine

Je vous entends. Seigneur. Vous me faites beaucoup d'honneur.

Haut.

Astouf

Bon ! Grâce à mon adresse, Tous les deux je les tiens, Adieu, l'heure me presse, Mais dans un instant je reviens. Salut.

Arlequin

Salut.

Astouf

Ah ! Je les tiens.

Astouf sort en laissant Arlequin et Colombine aux deux extrémités du Théâtre.

Tous

Ah ! Je la tiens ; ah ! je le tiens;

Scène 13

Arlequin, Colombine, Ensemble

Arlequin

Voilà le moment de la crise.

Colombine

De la fermeté, n'allons pas nous trahir.

Arlequin

Ayons l'air d'oublier notre querelle.

Colombine

Paraissons moins fâchée.

Arlequin

Le temps est bien beau !

Colombine

Charmant !... Pour une promenade.

Arlequin

Oui ; mais il y a si peu d'endroits pour se promener !

Colombine

Le port est cependant assez fréquenté.

Arlequin

Oui ; la vue de la mer est belle.

Colombine

On aperçoit les vaisseaux prêts à mettre à la voile.

Arlequin

Cela réjouit. On peut même se procurer le plaisir de les visiter.

Colombine

Cela amuse.

Arlequin

Eh bien, allons faire un tour sur le port.

Colombine

Volontiers.

Arlequin

Elle se livre d'elle-même.

Colombine

Il donne dans le piège.

Arlequin

Partons.

Ils font chacun un pas, se regardent et s'arrêtent.

DUO D'AZÉMIA.

Colombine

Partons.

Arlequin

Je tremble, et je ne sais pourquoi : Son départ en serait-il cause !

Colombine

Je tremble, et je ne sais pourquoi : Son départ en serait-il cause ?

Arlequin

Partons tous deux.

Colombine

Quoi ?

Arlequin

Oui.

Colombine

Tous deux !

Arlequin

Tous deux !

Colombine

Je n'ose.

Arlequin

Approche-toi.

Colombine

Moi ?

Arlequin

Toi.

Colombine

Partons.

Arlequin

Partons.

Colombine

Je n'ose.

Arlequin

Qu'as-tu donc ! Tu n'avances pas.

Colombine

Je sens croître mon embarras.

Arlequin

Elle ne se doute de rien.

Colombine

Il ignore tout, c'est fort bien.

Ils se sont avancés petit à petit, Arlequin a pris le bras de Colombine, et lui tourne presque le dos. Ils n'osent se regarder.

Ensemble

Voilà mon bras, courage. Je tiens son bras, courage. Commençons le voyagé. Je sens déjà battre mon coeur ; Est-ce d'amour ou de douleur ?

Arlequin

Si elle savait que je l'ai vendue !

Colombine

S'il soupçonnait où je le mène !

Arlequin

C'est pourtant dommage !

Colombine

J'ai peur de le regretter.

Arlequin

Elle faisait si bien le macaroni !

Colombine

Ses vivacités étaient sitôt passées !

Arlequin

Ah !...

Colombine

Ah !...

Arlequin

Je crois qu'elle soupire.

Ils se regardent furtivement en dessous ; et se retournent, de suite.

Colombine

On dirait qu'il se plaint.

Arlequin

Pauvre Colombine ! Comme elle m'a regardé !

Colombine

Pauvre Arlequin ! Quel air de bonté !

Arlequin

Ma haine s'en va.

Ils se retournent lentement vis-à-vis l'un de l'autre.

Colombine

Mon amour revient.

Arlequin

Comme tu parais triste, ma bonne amie !

Colombine

Pas plus que toi, mon cher Arlequin !

Arlequin

Moi ?... Je pensais à un rêve que j'ai fait.

Colombine

Ah ! Conte-moi donc cela.

AIR : L'Amour aura soin de l'instruire. ( Gentil Bernard. ),

Arlequin

Par un vil corsaire entraînée, J'ai rêvé que loin de ces lieux, Tu trahissais notre hyménée, J'étais désolé, furieux. Dans, les sérails de la Turquie, De loin, je te voyais déjà.

Moment de silence.

Colombine

Mon bon ami, je t'en supplie, Ne fais plus de ces rêves-là.

Arlequin

Colombine !

Colombine

Arlequin !

Arlequin

Te sentiras-tu-la force de m'accorder un généreux pardon ?

Haut.

Colombine

Un pardon ! Eh ! Ne suis-je pas mille fois plus coupable que lui ? Et toi, m'excuserais-tu, si je t'avouais une faute ?...

À part.

Haut.

Arlequin

Une faute ! Je lui défie d'avoir fait pis que moi ! Parle.

Colombine

Explique-toi.

Arlequin

Je me jette à tes genoux.

Ils se mettent à genoux l'un devant l'autre.

Colombine

Je tombe à tes pieds. Je suis une perfide.

Arlequin

Je suis un monstre.

Colombine

Dans un moment de colère...

Arlequin

Dans un instant de dépit...

Colombine

Ce maudit Astouf...

Arlequin

Ce vilain corsaire...

Colombine

Moyennant cent sequins...

Arlequin

Qu'il m'a donnés.

Colombine

Que je lui ai donnés.

Arlequin

Je t'ai fait sultane.

Colombine

Je t'ai fait bouffon du Grand Seigneur.

Il se lève.

Arlequin

Bouffon du Grand-Seigneur !

Elle se lève.

Colombine

Sultane !

Arlequin

Deux effets de la sympathie ! Deux époux bien unis, doivent avoir qu'une même pensée.

Colombine

Oh ! Si je l'osais, je te ferais payer cher ce complot infâme : mais je suis aussi coupable que toi ; ainsi...

Arlequin

Ainsi, point d'explication... Oui, ma chère Colombine, chassons ces vilaines pensées, et figurons-nous que c'est un rêve, comme je te le disais tout à l heure. Nous avons cédé l'un et l'autre à un moment de colère ; mais l'amour nous attendait, à la séparation, et ce moment nous a convaincus que nous ne devons jamais nous séparer.

Le caressant.

Colombine

Non, jamais ! Mon petit mari !

Arlequin

Ma petite femme !

Scène 14

Astouf, Arlequin, Colombine

Astouf

Ah ! Ah ! Que signifie ceci ?

Arlequin

Vous voilà, Monsieur le Turc ? Vous pouvez mettre à la voile lorsqu'il vous plaira ; mais vous partirez sans nous.

Astouf

Sans vous ? Et notre marché ?...

Arlequin

Je le casse.

Astouf

Cela ne m'arrange pas.

AIR 1.

Il va pour lui rendre la bourse.

Arlequin

Quoique hymen nous fasse souffrir, Y renoncer serait folie, Ce lien seul petit embellir Le triste chemin de la vie. De ses maux pourquoi s'effrayer, On s'en console je vous jure ; Et l'on soigne, encor le rosier Qui nous a fait une piqûre. Cela m'arrange, moi. Ainsi, je garde ma femme, et je vous rends votre argent.

Colombine

Et moi ; je garde mon mari, et reprends mes cent sequins.

Astouf

Comment donc ?

Colombine

La leçon est bonne, mais il est inutile de la payer aussi cher.

Arlequin

De quoi vous plaignez-vous ? Nous voilà tous au même point d'où nous sommes partis ; nous deux, plus amoureux que jamais, et vous, avec le plaisir d'avoir fait une bonne action.

Astouf

Une bonne action ? Je n'entends rien à cela ; il me faut...

Arlequin

Mettre à la voile, car aussi bien vous perdez votre temps ; et, si le cadi savait que vous aviez le dessein d'enlever un homme comme moi, vous pourriez bien vous en repentir.

Colombine

Ainsi, Seigneur Astouf, cédez de bonne grâce ; puisque vous ne pouvez faire autre autrement !

Haut.

Astouf

Elle a raison. Allons, je serai généreux. Mais s'il vous arrive encore de vous disputer, ne venez plus me chercher, car je n'ai pas tous les jours le coeur aussi sensible.

Vaudeville

Arlequin, Astouf, Colombine

AIR : Vaudeville de l'Opéra-Comique;

Arlequin

Souvent, dans un accès d'humeur, à mille chagrins on s'expose ; Et l'on ne connaît le bonheur Que par les regrets qu'il nous cause. Dupe d'une jalouse erreur. Vainement à fuir on s'apprête ; Quand on boude malgré son coeur ; La paix est bientôt faite.

Astouf

Chez nous, un époux furieux Ne pardonne point une offense ; La mort, d'un rival odieux, Peut seule assouvir sa vengeance. En France, où l'on voit tour-à-tour, Époux galant, femme coquette, On se prend, se quitte en un jour, La paix est bientôt faite.

Colombine

Auteurs, acteurs et directeurs Vivent gaiement en compagnie, Jusqu'au jour où les spectateurs Viennent troubler cette harmonie. Si l'ouvrage bronche en chemin, Chacun d'eux s'accuse et tempête... Mais il ne faut qu'un coup de main, Et voilà la paix faite.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

Apprendre ce rôle pour de vrai ? Dans l’app Réplique, les autres personnages te donnent la réplique, et l’app te fait retrouver ton texte jusqu’à ce que tu le saches.