Pastorale héroïque · 1731 · 5 actes

Endymion

de Bernard le Bouvier ou le Bouyer de Fontenelle

Représentation
≈ 36 min
Distribution
5 femmes, 5 hommes
Répliques
159
Écriture
En vers
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Diane F 44 ≈ 11 min 4
Endymion H 28 ≈ 8 min 5
Pan H 11 ≈ 3 min 3
Ismène F 8 ≈ 2 min 3
Lycoris F 14 ≈ 2 min 5
Choeur N 7 ≈ 2 min 2
Une Dryade F 4 ≈ 2 min 1
Eurilas H 6 ≈ 2 min 2
L'Amour H 7 ≈ 1 min 2
Un Satyre H 7 ≈ 1 min 2
Une Des Heures N 3 ≈ 1 min 1
Une Nymphe F 3 ≈ 1 min 1
Choeur Des Amours N 3 ≈ 1 min 1
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle IIIIIIIVV
Diane absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Endymion absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Pan absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Ismène absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Lycoris absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Choeur absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Une Dryade absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Eurilas absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
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Acte I

Scène 1

Lycoris, Un Satyre, Pan

Lycoris

Cessez, cessez d'être amant d'une ingrate.

Un Satyre

Choisissez mieux l'objet de vos désirs.

Lycoris

Dans votre amour il n'est rien qui vous flatte.

Un Satyre

Ne perdez point de précieux soupirs.

Lycoris

Diane est belle et charmante, Mais elle est indifférente ; Sa froideur ne doit-elle pas Vous la faire voir sans appas ?

Un Satyre

Cessez, cessez d'être amant d'une ingrate. Choisissez mieux l'objet de vos désirs. Dans votre amour il n'est rien qui vous flatte. Ne perdez point de précieux soupirs.

Pan

La froideur et l'indifférence Ne sont qu'une fausse apparence Qui ne doit pas décourager. Près d'un amant fidèle, Est-il une cruelle Qui ne soit en danger ?

Lycoris

Quittez une vaine espérance.

Un Satyre

Du moins vous courez le hasard De soupirer sans récompense.

Lycoris

Quittez une vaine espérance.

Un Satyre

Dussiez-vous être heureux, vous le seriez trop tard.

Pan sort avec le Satyre, et Lycoris demeure seule pendant quelques moments.

Pan

Je ne sens point mon coeur effrayé des obstacles, Pour les surmonter tous il est d'heureux moments ; Mais quand l'Amour fait des miracles, Ce n'est pas en faveur des timides Amants.

Scène 2

Lycoris, Diane

Lycoris

Quel bonheur vous conduit dans ce bois solitaire, Sans y trouver un amant odieux ? Pan vient de sortir de ces lieux. Malgré votre humeur sévère, Le moins aimable des Dieux A fait dessein de vous plaire, Rien ne marque mieux Que la raison ne tient guère, Contre l'éclat de vos yeux.

Diane

Laissons à cet Amant une audace si vaine, Elle aura le succès qu'elle peut mériter. Mais que me veut Ismène ? Il la faut écouter.

Scène 3

Ismène, Diane

Ismène

Déesse, à vos genoux qu'avec respect j'embrasse, Puis-je espérer obtenir une grâce ? Mon coeur s'est dégagé d'un malheureux amour ; Souffrez que désormais je vous suive à la Chasse, Recevez-moi dans votre Cour. L'Amour n'ose sur vous étendre sa puissance, Je connais ses rigueurs, je crains encor ses coups. Je ne puis être en assurance Si je ne suis près de vous.

Diane

Quels malheurs, quels destins contraires De l'Amour pour jamais vous fait rompre les noeuds ? Endymion toujours néglige-t-il vos voeux ?

Ismène

Il redouble pour moi ses mépris ordinaires, Il renonce au projet qu'avaient formé nos Pères De nous unir tous deux. Trop funeste projet, où je crus tant de charmes, Combien m'as-tu coûté de larmes ! Hélas ! tu n'as fait qu'exciter Un feu qu'il faut éteindre ; Tu me donnais, pour l'augmenter, De vains sujets de me flatter, Et le triste droit de me plaindre.

Diane

Quand l'Amour est en courroux, Son courroux n'est pas durable. Endymion est aimable ; S'il revient jamais vers vous Serez-vous inexorable ? Vous ne répondez point, je vois votre embarras.

Ismène

Daignez me presser moins, il ne reviendra pas.

Diane

Vous aimez, vous aimez encore.

Ismène

Non, non, mes liens sont rompus.

Diane

Vous aimez, vous aimez encore.

Ismène

Si j'aime encor, hélas ! permettez que j'implore Votre secours pour n'aimer plus.

Diane

Vous dont je suis la souveraine, Nymphes, qui sur mes pas vous plaisez à chasser, Recevez parmi vous Ismène, À l'Amour comme vous elle veut renoncer.

Scène 4

Choeur De Nymphes, Une Nymphe, Diane, Choeur Des Nymphes, Nymphes, Ensemble

Danse des Nymphes.

Choeur De Nymphes

Nous goûtons une paix profonde, Venez, venez parmi nous : Que l'Amour au reste du monde Fasse ressentir ses coups, Ils n'iront point jusqu'à vous. Venez, venez parmi nous. Nous goûtons une paix profonde, Venez, venez parmi nous.

Une Nymphe

Les biens qui contentent nos coeurs, Viennent s'offrir à nous sans nous coûter de larmes, L'amour le plus heureux a toujours ses alarmes Aux innocents plaisirs il ôte leurs douceurs, Les chansons des oiseaux, les ombrages, les fleurs, Les doux zéphyrs, ont pour nous tous les charmes.

Diane

Puisqu'enfin votre coeur persiste dans son choix, Recevez de ma main et l'arc et le carquois.

Choeur Des Nymphes

Jouissez de l'heureux partage Qui vous est présenté.

Une Nymphe

L'Amour de toutes parts fait un affreux ravage, Goûtez-en davantage Le prix de la tranquillité.

Nymphes

Jouissez de l'heureux partage Qui vous est présenté.

Une Nymphe

Quand tout gémit dans l'esclavage, Qu'il est doux d'être en liberté !

Elles sortent avec Ismène.

Ensemble

Jouissons de l'heureux partage Qui nous est présenté.

Scène 5

Diane, Lycoris

Diane

Que tu prends un soin inutile, Ismène ! Quelle erreur conduit ici tes pas ? Tu veux auprès de moi rendre ton coeur tranquille, Et le mien ne l'est pas, Tu fuis Endymion, hélas ! Que tu choisis mal ton asile !

Lycoris

Sans savoir de quel trait votre coeur est atteint, Elle se plaint à vous d'une flamme fatale : Avec plaisir on voit une Rivale Qui souffre, et qui se plaint.

Diane

En écoutant ses maux, ma honte était extrême, D'imposer à ses yeux par un calme apparent ; J'ai bravé de l'Amour la puissance suprême, Et l'on me croit toujours la même ; Mais je ne jouis plus des honneurs qu'on me rend, Et l'on me reproche que j'aime, Quand on vient me vanter mon coeur indifférent.

Lycoris

Dégagez-vous, songez que vous êtes Déesse, Et daignez voir quel choix vous avez fait.

Diane

Je rougis de ma tendresse, Et non pas de son objet ; L'aimable Berger que j'adore, N'a pas besoin d'un rang qui s'attire les yeux, Il a mille vertus que lui-même il ignore, 1Et qui feraient l'orgueil des Dieux.

Lycoris

Mais il ne sort jamais de son indifférence...

Diane

Je sais trop à quels maux je dois me préparer. Un éternel silence Cachera cet amour dont ma gloire s'offense : En secret seulement j'oserai soupirer ; Je languirai sans espérance, Et craindrai même d'espérer.

Acte II

Scène 1

Endymion, Eurilas

Endymion

Quel jour, quel heureux jour, je vais voir célébrer ! Nos Bergers pour Diane ont secondé mon zèle ; Ce Temple par mes soins est élevé pour elle, Et nous allons le consacrer. Jamais par des soupirs mon amour ne s'exprime ; Du moins par des Autels je le marque sans crime. Ce détour, ce déguisement Convient à mon respect extrême ; Et mon coeur, pour cacher qu'il aime, Feint qu'il adore seulement.

Eurilas

Cachez moins un amour fidèle ; Vous n'êtes qu'un Berger, Diane est immortelle : Mais des appas d'une Belle, Tous les yeux peuvent juger, Et tous les coeurs ont droit de s'engager.

Endymion

Si j'étais immortel, et Diane Bergère, Je craindrais encor sa colère : Mes feux n'osent paraître au jour, Je gémis sous les lois que le respect m'impose ; Mais sa Divinité n'en est pas tant la cause, Que ses appas et mon amour.

Eurilas

Que peut prétendre un Amant, dont la peine Ne doit jamais se découvrir ? Que n'avez-vous pris soin de vous guérir Par l'hymen de l'aimable Ismène ? Près d'un Objet dont on est adoré, On oublie à la fin une beauté cruelle : D'une funeste flamme un coeur n'est délivré, Que par une flamme nouvelle ; Et contre les Amours, Les Amours seuls sont un secours.

Endymion

Je meurs d'un feu trop bau pour le vouloir éteindre, Je ne puis espérer, et je n'ose me plaindre : Cependant un plaisir qui ne peut s'exprimer, Adoucit en secret des peines si cruelles. Au milieu de mes maux, je m'applaudis d'aimer La plus fière des Immortelles.

Eurilas

La Fierté plaît, lorsque l'on est flatté Du doux espoir de la victoire ; Mais vous ne pouvez croire Que Diane jamais perde sa liberté ; Quel charme a pour vous sa fierté ?

Endymion

Elle redouble sa gloire, Et le prix de sa beauté. Je vois de nos Bergers la troupe qui s'avance. Eurilas, il est temps que la fête commence.

Scène 2

Endymion, Première Bergère, Un Berger, Choeur

Danse des Bergers.

Endymion

Écoutez ces Bergers, qui parlent par ma voix, Déesse, daignez quelquefois Visiter ce Temple rustique, On vous élève ailleurs des Temples éclatants ; Mais dans un lieu plus magnifique On n'offre pas des voeux plus purs et plus constants.

Première Bergère

Brillant Astre des nuits, vous réparez l'absence Du Dieu qui nous donne le jour : Votre Char, lorsqu'il fait son tour, Impose à l'Univers un auguste silence ; Et tous les feux du Ciel composent votre Cour.

Un Berger

En descendant des Cieux, vous venez sur la terre, Régner dans ces vastes Forêts, Votre noble loisir sait imiter la guerre, Les Monstres dans vos Jeux succombent sous vos traits.

ENSEMBLE.

On danse.

Un Berger

Jusque dans les Enfers votre pouvoir éclate ; Les Mânes, en tremblant, écoutent votre voix : Au redoutable nom d'Hécate, Le sévère Pluton rompt lui-même ses lois.

Choeur

Que le Ciel, que la Terre, et le sombre Rivage, Que tout rende à Diane un éternel hommage : Que de voeux différents elle doit recevoir ! Chantons sa puissance suprême, Le Maître des Dieux même, N'étend pas si loin son pouvoir.

Endymion

Vos éloges, Bergers, touchent peu la Déesse ; Songeons plutôt à vanter Son coeur exempt de faiblesse, Et nos Chants pourront la flatter. Faites-vous un effort pour elle, Malgré l'Amour dont vous suivez la Loi ; Célébrer la gloire immortelle D'un coeur toujours maître de soi.

Choeur

Un triomphe éclatant augmente votre gloire, C'est en vain que l'Amour veut s'armer contre vous, Votre insensible coeur a su braver ses coups ; Et le vainqueur des Dieux vous cède la victoire.

Scène 3

Diane

Diane descend du Ciel.

Tous les Bergers se retirent.

Diane

Bergers, jusqu'en ces lieux votre hommage m'attire, De sincères respects savent charmer les Dieux ; Mais je viens arrêter des chants audacieux, Que trop de zèle vous inspire. Il suffit de fuir les Amours, Et d'éviter leur esclavage ; Mais par de superbes discours, Il ne faut point leur faire outrage. Il suffit de fuir les Amours, Il ne faut point leur faire outrage. Retirez-vous, c'en est assez : Vos encens et vos voeux seront récompensés.

Scène 4

Lycoris, Diane

Lycoris

Ciel ! Quel étonnement de mon âme s'empare ! Quoi ! Votre noble orgueil se dément en ce jour ? Diane hautement déclare Qu'elle est moins contraire à l'Amour !

Diane

Endymion ordonnait cette Fête, Lui ; dont mon coeur est la conquête ? En outrageant l'Amour il croyait me flatter. Excuse ma faiblesse, Son erreur blessait ma tendresse, Et je n'ai pu la supporter.

Lycoris

Ne me déguisez rien, vous lui voulez apprendre Que jusqu'à vous il peut lever les yeux : Vous prenez pour parler un tour mystérieux ; Mais vous voulez qu'il ose vous entendre.

Diane

Pourrais-je le vouloir ? Ciel ! quelle honte, hélas ! Du moins, si je le veux, ne le pénètre pas.

Acte III

Scène 1

Pan, Endymion, Un Satyre, Eurilas

Pan

Bergers, croirai-je un bruit qui vient de se répandre. Diane a-t-elle protégé L'Amour par vos chants outragé ?

Endymion

Elle-même a paru pour venir le défendre.

Pan

Ah ! J'obtiendrai le prix que mérite ma foi. À l'Amour désormais Diane est moins rebelle, J'ose seul soupirer pour elle, Ce changement ne regarde que moi. Avec bien de l'amour on est toujours aimable ; La beauté que je sers était impitoyable ; Je sais que je dois peu compter sur mes appas ; Mais mon coeur m'assurait d'un succès favorable, Je l'ai cru sur sa foi, je ne m'en repens pas. Avec bien de l'amour on est toujours aimable.

Un Satyre

Aimez, aimez, j'approuve enfin vos feux, Puisqu'ils vont être heureux.

Pan

Je veux, je veux marquer ma joie à la Déesse : Que les Faunes s'assemblent tous ; Qu'ils viennent remplis d'allégresse L'applaudir dès ce jour d'un changement si doux.

Endymion

Quoi ! Séjà votre amour s'apprête À faire éclater sa conquête ?

Eurilas

L'Amant d'une fière Beauté Doit ménager sa vanité ; S'il fait des progrès, il doit feindre De ne pas s'en apercevoir ; Il faut qu'il ait l'art de se plaindre, Au milieu du plus doux espoir.

Pan

Eh bien, sans montrer que j'espère, Rendons hommage à ses attraits, Et par des soins qui ne peuvent déplaire, Contentons-nous des transports qu'il faut tenir secrets.

Scène 2

Endymion, Eurilas

Endymion

Quel coup affreux quel coup terrible Vient combler tous les maux qui déchiraient mon coeur ! Je me flattais d'aimer une Insensible, Je ne puis conserver un si cruel bonheur. Que la fierté de Diane était belle ! Mais, qu'Elle a fait un choix indigne d'elle ! Si ses appas me faisaient soupirer, Sa gloire me charmait plus que ses appas mêmes ; Et je perds le plaisir extrême, Que je sentais à l'admirer. Vengeons-nous, vengeons-nous d'une injure mortelle, Il en me reste plus que ce funeste bien ; Ôtons à l'Infidèle, un coeur tel que le mien.

Eurilas

Quelle fidélité Diane vous doit-elle ? Vos coeurs n'ont pas été dans un même lien.

Endymion

Elle devait m'être fidèle, Du moins en n'aimant jamais rien. Toi-même, Tu m'as dit qu'en épousant Ismène, Et son amour et mon devoir Se seraient opposés au penchant qui m'entraîne ; Je veux essayer leur pouvoir. Je veux redemander Ismène à la Déesse, Heureux, si de ses mains je pouvais recevoir Ce qui doit venger ma tendresse !

Eurilas

C'est assez de se guérir, La vengeance est inutile ; Pourvu que vous soyez tranquille, Qu'importe qu'une Ingrate ait peine à le souffrir ? La vengeance est inutile, C'est assez de se guérir.

Endymion

Si je ne suivais pas ce conseil salutaire, Tous les Dieux devraient m'en punir. La Déesse paraît, je vais te satisfaire, À mon repos Ismène est nécessaire, Je vais tâcher de l'obtenir.

Scène 3

Endymion, Diane

Endymion

Déesse, mon audace est peut-être trop grande, D'avoir le droit d'implorer vos bontés. Si je mérite peu ce que je vous demande, Les bienfaits des Divinités Ne peuvent être mérités.

Diane

Parlez, vous me verrez répondre à votre attente.

Endymion

Ismène a le bonheur d'être de votre Cour, Je ne sais cependant si son âme est contente ; Daignez souffrir son retour, Si j'obtiens qu'Elle y consente, Daignez la rendre à mon amour.

Diane

Quoi ! Vous l'aimez, vous dont l'indifférence Rejetait ses voeux et ses soins ?

Endymion

Quand on y pense le moins, Souvent l'amour prend naissance. La pitié, le repentir ? Tout vers Ismène me rappelle ; Sa retraite m'a fait sentir Combien je perdais en elle.

Diane

Berger, ce que vous souhaitez N'est pas une légère grâce.

Endymion

Si jamais des Mortels les voeux vous écoutez...

Diane

Allez, je résoudrai ce qu'il faut que je fasse, Et vous saurez mes volontés.

Scène 4

Diane

Diane

Où suis-je ? Endymion pour Ismène soupire, Et moi, je me livrais au charme qui m'attire. Déjà je trahissais le secret de mon feu. Après une faiblesse inutile et honteuse, Après avoir en vain commencé cet aveu, Quelle vengeance rigoureuse... Mais, quoi ? Ne dois-je pas me croire trop heureuse, Que l'Ingrat m'entende si peu ? En me causant une douleur extrême, Il met du moins ma gloire en sûreté : S'il ne m'eût soutenue, hélas ! contre lui-même, J'oubliais toute ma fierté. Mais qu'il ne pense pas que je lui rende Ismène : Qu'il n'attende pas mon secours, Pour former une indigne chaîne ; Je redeviens Diane, et veux l'être toujours, Je reprends ma première haine Pour tous les coeurs esclaves des Amours. Je vois le Dieu des Bois, faut-il que je l'entende ? Ma peine, ô Ciel ! N'est-elle pas assez grande ?

Scène 5

Pan, Choeur, Une Dryade, Diane

Pan

Déesse, souffrez qu'en ce jour Tous les demi-Dieux de ma Cour Se soumettent à votre Empire : Mes soins ne peuvent seuls suffire, A vous marquer tout mon amour. Que les Forêts, que les Monts applaudissent Au choix qu'a fait le Dieu des Monts et des Forêts ; Que les Antres les plus secrets, Sans cesse retentissent De Diane et de ses attraits ; Que tous les autres chants finissent. On ne doit célébrer qu'un Objet si charmant Dans tous les lieux où règne son Amant.

Danse des Faunes.

Choeur

Que les Forêts, que les Monts applaudissent Au choix qu'a fait le Dieu des Monts et des Forêts ; Que les Antres les plus secrets, Sans cesse retentissent De Diane et de ses attraits ; Que tous les autres chants finissent. On ne doit célébrer qu'un objet si charmant Dans tous les lieux où règne son amant.

Une Dryade

Dans nos forêts tout plaît, tout enchante, Souvent l'Amour Y conduit sa Cour ; De ses bienfaits la douceur constante, Loin des Amants, Bannit les tourments. Quand sous ses lois ce Dieu nous engage, Sans s'alarmer, Il suffit d'aimer. De ce Vainqueur l'aimable esclavage Nous offre des noeuds, Au gré de nos voeux. Que ses traits ont de charmes ! Qu'on lui rende les armes : Devrait-on seulement Perdre un moment. Dans nos Forêts tout plaît, tout enchante, Souvent l'Amour Y conduit sa Cour ; De ses bienfaits la douceur constante, Loin des Amants, Bannit les tourments. Quittez nos bois, Beautés inhumaines, Ne troublez pas d'heureux soupirs, Ici nos chaînes, Au lieu de peines, Ne présentent que des plaisirs. Douce Espérance, Tu prends naissance Presqu'aussitôt que les désirs. Dans nos Forêts tout plaît, tout enchante, Souvent l'Amour Y conduit sa Cour ; De ses bienfaits la douceur constante, Loin des Amants, Bannit les tourments.

Pan

Régnez, régnez sur nous, adorable Immortelle, Faites-vous une Cour nouvelle ; Sur les Faunes, sur les Sylvains, Étendez désormais vos ordres souverains.

On danse.

Une dryade, alternativement avec le Choeur.

Choeur

Régnez, régnez sur nous, adorable Immortelle, Faites-vous une Cour nouvelle ; Sur les Faunes, sur les Sylvains, Étendez désormais vos ordres souverains.

Une Dryade

Chantons dans ces Retraites : Échos de ces bois, Répondez à nos voix ; Du Dieu qui les a faites, Chantons mille fois, Les aimables Lois.

Choeur

Chantons dans ces Retraites : Échos de ces bois, Répondez à nos voix ; Du Dieu qui les a faites, Chantons mille fois, Les aimables Lois.

Une Dryade

Regards, soupirs, silence, Tout parle d'amour, Tout l'exprime à son tour ; Jamais l'indifférence, Jamais le mépris N'en devient le prix.

Choeur

Chantons dans ces Retraites : Échos de ces bois, Répondez à nos voix ; Du Dieu qui les a faites, Chantons mille fois, Les aimables Lois.

Une Dryade

Tout plaît, tout rit, tout charme, Les coeurs volent tous, Au devant de ses coups, Il règne dès qu'il s'arme ; Les moindres faveurs Sont des traits vainqueurs.

Choeur

Chantons dans ces Retraites : Échos de ces bois, Répondez à nos voix ; Du Dieu qui les a faites, Chantons mille fois, Les aimables Lois.

Pan

Approuvez une ardeur que rien ne peut éteindre, Déesse, sous vos lois l'Amour m'a su ranger.

Elle sort.

Diane

À recevoir vos soins j'ai voulu me contraindre, Peut-être en les fuyant j'aurais paru les craindre : Quand on est trop sévère, on se croit en danger ; Je veux vous annoncer d'une âme plus tranquille, Que votre amour est inutile, Et qu'il faut vous en dégager.

Scène 6

Pan, Un Satyre, Ensemble

Pan

Ai-je bien entendu cet orgueilleux langage ? Elle me brave impunément, Et je demeure ici frappé d'étonnement ! Non, ce n'est pas ainsi, Cruelle, qu'on m'outrage, N'attendez plus les respects d'un Amant, N'attendez que l'emportement D'un coeur qui se livre à la rage.

Un Satyre

Les transports les plus furieux Ne punissent point une Ingrate ; Le dépit, le courroux la flatte ; Jamais on ne punit mieux, Que lorsqu'à ses superbes yeux Une nouvelle ardeur éclate.

Pan

J'approuve tes conseils, j'éteins d'indignes feux.

Ensemble

Par un amour nouveau, par de plus tendres noeuds? Abaissez, confondez l'orgueil de l'inhumaine Abaissons confondons l'orgueil de l'inhumaine Qu'elle gémisse, qu'elle apprenne, Que sans elle on peut être heureux.

Acte IV

Scène 1

Ismène

Ismène

Sombres Forêts qui charmez la Déesse, Doux asile où coulent mes jours, Plaisirs nouveaux qui vous offrez sans cesse, Pourquoi ne pouvez-vous surmonter ma tristesse ? Ah ! J'attendais de vous un plus puissant secours. Qui peut me rendre encor incertaine, inquiète ? J'aimais un Insensible ; et ce que j'ai quitté Ne doit pas être regretté : Cependant, sans savoir ce que mon coeur regrette, Je le sens toujours agité. Sombres Forêts qui charmez la Déesse, Doux asile où coulent mes jours, Plaisirs nouveaux qui vous offrez sans cesse, Pourquoi ne pouvez-vous surmonter ma tristesse ? Ah ! J'attendais de vous un plus puissant secours.

Scène 2

Diane, Ismène

Diane

Ismène, parlez-moi sans feinte : Endymion vous redemande à moi ; D'une tendre douleur, j'ai vu son âme atteinte : Ismène, parlez-moi sans feinte : Voulez-vous renoncer à vivre sous ma loi ?

Ismène

Ô Ciel ! Que ma surprise est grande ! Quoi ? Cet Ingrat... Non, non, je ne le puis penser.

Diane

À son amour naissant il veut que je vous rende, Répondez, je vous le commande : À vivre sous ma loi, voulez-vous renoncer ?

Ismène

Vous savez qu'à jamais je m'y suis asservie, Rien ne peut ébranler ma foi. A suivre d'autres lois si l'amour me convie, L'Amour sans votre aveu ne peut plus rien sur moi.

Diane

J'entends ce que vous m'osez dire : J'userai bien de mon empire, Je verrai votre Amant, allez, attendez-vous A recevoir les ordres les plus doux.

Scène 3

Lycoris, Diane

Lycoris

Ainsi, vous permettez qu'Ismène soit contente, Votre coeur à jamais reprend sa liberté ; J'ai vu par son amour ce grand coeur agité, Mais la gloire a vaincu, Diane est triomphante.

Diane

Cesse de présenter ce triomphe à mes yeux, Il me coûte trop cher pour être glorieux.

Diane

Qu'on est faible, quand on aime ; Qu'il est difficile, hélas ! De vaincre un amour extrême ! Après la victoire même On rend encor des combats.

Lycoris

C'est une peine affreuse De rendre une Rivale heureuse, C'est un effort cruel pour un coeur amoureux ; Mais lorsque la gloire est contente, Songez quelle douceur charmante Doit goûter un coeur généreux.

Diane

Endymion dans ces lieux va paraître, Mon dessein va s'exécuter. Je vais... mais, quoi ? Je sens mon coeur se révolter, Je sens ma faiblesse renaître ; Par de nouveaux efforts faut-il la surmonter ? Dans quel désordre je retombe ! Que je crains qu'à la fin ma raison ne succombe ! Cruel Amour ; es-tu content ? Seule je te bravais dans la Troupe céleste, Mais sur mon coeur enfin ton Empire s'étend : Tu vois ce coeur si fier, interdit et flottant ; Le peu de force qui me reste Peu me quitter en un instant ; Suis-je pour toi dans cet état funeste Un triomphe assez éclatant ? Cruel amour, es-tu content ?

Lycoris

Je vois Endymion : paraissez plus tranquille, Prononcez un aveu qui vous fait soupirer : Plus cet effort est difficile, Moins vous devez le différer.

Scène 4

Diane, Endymion

Diane

Venez, Endymion, tout vous est favorable, J'accorde Ismène à vos désirs.

Endymion

Ah ! Que mon sort est déplorable !

Diane

Que dites-vous ? D'où naissent ces soupirs ?

Endymion

Jusque dans vos bontés, le destin m'est contraire, Que ne rejetiez-vous des voeux trop mal conçus.

Diane

Quelle plainte osez-vous me faire ? Quoi ? C'est ainsi que mes dons sont reçus ? Que devient dès ce jour cette flamme nouvelle, Qu'Ismène en vous fuyant a su vous inspirer ?

Endymion

Hélas ! Pouvez-vous ignorer Que je suis sans amour pour elle ? Mon trouble, mes voeux incertains, Ces soupirs échappés, mes bizarres desseins, Tout ne vous dit-il pas qu'un autre amour m'enflamme ; Que j'ai voulu l'arracher de mon âme, Et que tous mes efforts sont vains ?

Diane

Vous voulez sortir d'esclavage, Suivez votre projet avec plus de courage. On ne surmonte pas d'abord Le doux penchant qui nous entraîne, Ce n'est pas un premier effort Qui brise une amoureuse chaîne.

Endymion

Non, je veux conserver un malheureux amour ; Que vous importe-t-il que j'en perdre le jour ?

Diane

Je veux dans tous les coeurs, autant qu'il m'est possible, Établir la tranquillité ; Il n'est rien de plus doux pour une âme insensible, Que de voir en tous lieux régner la liberté.

Endymion

Pourquoi, Déesse impitoyable, A combattre mes feux voulez-vous m'engager ? Je sais que je ne suis qu'un mortel, qu'un berger ; Mais lorsque j'ose aimer un Objet adorable, Du moins je ne suis pas coupable D'un téméraire aveu, qui devrait l'outrager. De mon crime secret la peine est assez grande, J'étouffe mes soupirs et mes gémissements ; Déesse, par pitié, laissez-moi mes tourments, C'est tout le prix que je demande.

Diane

Qu'entends-je ? Quoi ! Berger...

Endymion

Qu'ai-je dit ? Quel transport ? Ciel ! Ai-je rompu le silence ? L'Amour à mon respect a-t-il fait violence ? Ah ! Vos yeux irrités m'instruisent de mon sort ; J'y vois tout mon malheur et toute mon offense, Mon feu est découvert, j'ai mérité la mort.

Scène 5

Une Heure, Diane, Danse Des Heures, Choeur Des Heures, Une Des Heures

Une Heure

Du grand Astre des jours la mourante lumière, Va dans quelques moments s'éteindre au fond des Mers ; Commencez votre carrière, Et consolez l'Univers.

Diane

Que mon char en ces lieux descende ; Vents, partez, je vous le commande.

Danse Des Heures

Tandis que le char descend.

Choeur Des Heures

Répandez Répandez votre douce clarté Dissipez de la nuit l'obscurité profonde ; Vous devez la lumière au monde, Lorsque le Soleil l'a quitté.

On danse.

Une Des Heures

Quand la nuit dans les airs répand ses voiles sombres, Vous recommencez votre cours ; D'un seul de vos regards vous dissipez les ombres Qui favorisent les Amours.

Une Des Heures

Du Dieu qui règne dans Cythère, Vous troublez les soins les plus doux, Vous en bannissez le mystère, Vous éclairez les yeux jaloux.

Diane monte dans son char.

Une Des Heures

Et le Choeur alternativement. Que l'ardeur de servir une aimable Immortelle, Fasse nos soins les plus charmants : Si nous avons d'heureux moments, Ne les employons que pour Elle ; Ne servons jamais les Amants.

Scène 6

Endymion

Endymion

Elle part ! Et me laisse en ce lieu solitaire ! Elle ne daigne pas m'exprimer sa colère. Il lui suffit de me livrer Au désespoir mortel qui doit me déchirer. Fatal égarement, transport que je déteste, Tout est perdu pour moi, vous m'avez fait parler ; J'ai rendu criminel par un aveu funeste Le plus beau feu dont on puisse brûler. Cachons-nous pour jamais aux beaux yeux qui m'enchantent, Je faisais de les voir mon bonheur le plus doux ; Mais il redoubleraient les maux qui me tourmentent, Je verrais leur juste courroux. Allons finir nos jours dans d'éternelles larmes ; Déserts, qui pouvez seuls avoir pour moi des charmes, Ouvrez vos antres ténébreux, Pour recevoir un malheureux.

Acte V

Scène 1

Troupe D'amours, Deux Amours, Deux Autres Amours

Troupe D'amours

Prêtez votre secours à ce Berger aimable ; Dieu du Sommeil, rendez-lui le repos. Il cède au tourment qui l'accable ; Dieu du Sommeil, rendez-lui le repos, Un amant misérable A besoin de tous vos pavots.

Deux Amours

Quelle est cette clarté naissante Au milieu de l'obscurité ! Peut-être une Déesse Amante Descend dans cet Antre écarté.

Deux Autres Amours

C'est Diane ; Elle vient revoir ce qu'elle adore, Cachons-nous à ses yeux ; Taisons-nous ; il faut qu'Elle ignore Que les Amours sont en ces lieux.

Scène 2

Diane

Diane

Puis-je encor me reconnaître ? L'Amour du haut des Cieux me force à disparaître ; Je refuse aux Mortels saisis d'un juste effroi, La lumière que je leur dois. Le Berger que renferme un Antre si sauvage, Par sa vive douleur a trop su m'alarmer. Nobles soins, que le sort ma donnés en partage, N'attendez rien de moi ; je ne sais plus qu'aimer. Je puis en liberté voir ici ce que j'aime, Le sommeil suspend son ennui. Ce temps m'est précieux, puisqu'il ne peut lui-même Savoir ce que je fais pour lui. Mais quoi ! Faut-il toujours soupirer et me taire ? Ses vertus, son respect sincère, Ses tourments, et tous mes combats, Pour me justifier ne suffiraient-ils pas ? Qu'il sorte d'un sommeil où sa douleur mortelle Peut-être encor agite ses esprits ; Qu'il sache.... Ô Ciel !... Quel dessein ai-je pris ? Non, reprenons mon cours, l'Univers me rappelle. Quel charme me retient ? Fuyons. Quoi ? Je ne puis ? Ah ! Fuyons ; je sens trop le péril où je suis ; Mais, hélas ! Qu'ai-je fait ?

Scène 3

Endymion, Diane

Endymion

Que vois-je ? Quoi, Déesse ? Vous venez pour punir un amour qui vous blesse ? Ah ! Mon trépas était certain ; Il fallait vous venger de ma coupable audace : Je tiendrai pour une grâce, Que de si justes coups partent de votre main.

Diane

Comment dans mes regards voyez-vous de la haine !

Endymion

Contentez le courroux qui vous guide en ces lieux.

Diane

Ne me pouvais-je pas venger du haut des Cieux ?

Endymion

Par ce discours obscur vous redoublez ma peine? Je ne veux que mourir, et mourir à vos yeux.

Diane

Il faut, il faut enfin cesser d'être incertaine. Apprenez votre sort, je ne puis plus cacher Que mon superbe coeur soupire. Vos vertus m'avaient su toucher, Votre respect me contraint à le dire.

Endymion

Qu'ai-je entendu ? Non, non, mes sens sont abusés, Et ce songe va disparaître.

Diane

Quoi ? mon amour me fait-il méconnaître Par vous-même qui le causez ?

Endymion

Déesse, est-il donc vrai ? Quelle ardeur... Quel hommage... Tout mon coeur... De mon trouble entendez le langage, Je ne suis pas digne d'un sort si doux, Si je ne meurs à vos genoux. Pardonnez aux soupirs qu'un Berger vous adresse, Du moins je ne sens point mon coeur se partager ; Ce sont vos charmes seuls qui savent m'engager ; Je ne vois point que vous êtes Déesse.

Diane

A vos seules vertus j'ai donné ma tendresse ; Je ne vois point que vous êtes Berger. Mon coeur se croyait invincible, Mais vous l'avez désarmé.

Endymion

Sans vous, j'étais insensible ; Sans vous, je n'eusse point aimé.

Diane

Mon coeur se croyait invincible, Mais vous l'avez désarmé. Sans vous, j'étais insensible ; Sans vous, je n'eusse point aimé.

Diane

Aimable Endymion, cet Antre désormais Sera le seul témoin de notre intelligence, La nuit et le silence. Y conduiront mes pas sous leurs voiles épais.

Scène 4

L'Amour, Diane

L'Amour

Non, je ne consens point à perdre ainsi ma gloire.

Diane

Que vois-je ! et qui l'aurait pu croire ?

Le théâtre se change, et devient un Jardin délicieux.

L'Amour

Antre disparaissez, fuyez, obscure nuit ; Que tout l'Univers soit instruit De ma plus brillante victoire.

Diane

C'est trop contre Diane exercer tes rigueurs. A de moindres Vainqueurs D'un éclat odieux laisse la gloire vaine ; N'effarouche point d'autres coeurs, Qui voudraient en secret porter ta douce chaîne.

L'Amour

Je me rends : calme tes regrets ; Tes voeux seront comblés, que tes craintes finissent ; Les Amours quelquefois savent être discrets : Mais de ma gloire au moins que ces lieux retentissent.

Scène 5

L'Amour, Choeur Des Amours, Diane

L'Amour

Formez les plus aimables jeux Pour le Dieu de Cythère.

Choeur Des Amours

Formons les plus aimables jeux Pour le Dieu de Cythère.

L'Amour

De ces tendres Amants favorisez les feux.

Choeur Des Amours

Formons les plus aimables jeux Pour le Dieu de Cythère.

L'Amour

L'Amour veut qu'en ces lieux tout conspire à leur plaire ; De ces tendres Amants favorisez les feux.

On danse.

Choeur Des Amours

Formons les plus aimables jeux Pour le Dieu de Cythère.

Diane

Dieu favorable, Dieu secourable, Dieu des Amants, Que tes biens sont charmants ! Ta douce flamme Bannit d'une âme Le souvenir de ses tourments. Si dans tes chaînes Il est des peines, Que de plaisirs Succèdent aux soupirs ! Douceur extrême, Bonheur suprême, Tu vas plus loin que mes désirs. Dieu favorable, Dieu secourable, Dieu des Amants, Que tes biens sont charmants ! Ta douce flamme Bannit d'une âme Le souvenir de ses tourments.

L'Amour

Régnez, Plaisirs, brillez dans ces Retraites ; Tout s'embellit dans les lieux où vous êtes, Volez jeunes Zéphyrs, faites naître les fleurs, Enchantez les yeux et les coeurs.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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