Comédie · 1758

La veuve coquette

de Claude-François Desportes

Représentation
≈ 38 min
Distribution
3 femmes, 4 hommes
Répliques
207
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Flaminia F 51 ≈ 10 min 10
Silvia F 31 ≈ 6 min 9
Arlequin H 30 ≈ 6 min 7
Trivelin H 23 ≈ 5 min 8
Monsieur Rhubarbini H 20 ≈ 4 min 5
Mario H 22 ≈ 4 min 5
Spinette F 29 ≈ 3 min 7
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle La Veuve Coquette
Flaminia absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Silvia absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Arlequin absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Trivelin absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Monsieur Rhubarbini absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Mario absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Spinette absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
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La Veuve Coquette

Scène 1

Trivelin, Monsieur Rhubarbini

Trivelin

Monsieur, on n'entre point : je vous l'avais bien dit, depuis deux jours, que je vous sers, je connais déjà cette maison, il n'y est jour que sur le soir. Madame Flaminia ne sera pas sitôt visible ; vraiment je suis sûr qu'à l'heure qu'il est son visage n'est pas à moitié fait.

Monsieur Rhubarbini

Je ne prétends pas lui causer d'incommodité ; mais Trivelin, un médecin a quelquefois des privilèges...

Trivelin

II n'y a médecin qui tienne, on ne la voit point, vous dis-je, qu'elle n'ait mis du moins le premier appareil. N'a-t-elle pas raison ? On ne doit pas lever la toile que les décorations ne soient posées : encore avec toutes ces précautions votre Veuve aurait bon besoin de ne paraître que de loin et aux lumières comme les perspectives de théâtre.

Monsieur Rhubarbini

Il est vrai que ses appas ne sont pas tout-à-fait de la dernière édition, mais elle en sera plus mûre, et plus convenable pour être la femme d'un fameux médecin ; je sais bien qu'une femme ressemble à ces simples et à ces plantes inconnues dont on ne connaît la vertu que par expérience, et lorsqu'il n'est plus temps de guérir le mal qu'elles ont fait, mais tu sais aussi que le bien de Madame Flaminia est la pierre d'aimant dont la vertu attractive m'entraîne auprès d'elle : une veuve pécunieuse est un excellent préservatif contre les crudités de la fortune.

Trivelin

Bon, un médecin a bien besoin de cela ! Et un médecin étranger encore : car il en est de ces Messieurs comme des étoffes, des porcelaines, et des curiosités, plus elles viennent de loin et plus cher on les paye. Mais pour revenir à votre veuve, croyez-vous qu'elle ne vous donne pas un peu de galbanon ?

Monsieur Rhubarbini

Et d'où te procède un tel soupçon ?

Trivelin

Voyez-vous, Monsieur : une coquette et un médecin sont deux grands charlatans. L'une avec ses minauderies et son manège amuse plusieurs amants, dont chacun en particulier croit être le fortuné ; ET l'autre avec de grands mots que personne n'entend, et qu'il n'entend quelquefois pas lui-même, en impose aux ignorants... Oh il y a une grande conformité entre ces deux professions-là ! Mais dans cette occasion-ci le médecin pourrait bien être la dupe de la Coquette.

Il sort.

Monsieur Rhubarbini

Oh, finis tes beaux arguments, et songe seulement à t'insinuer comme je t'ai dit auprès de la suivante de ce logis pour connaître et anatomiser les dispositions du coeur de sa maîtresse à mon égard. Quelque affaire que j'ai ne me permet pas de l'attendre, je serai bientôt de retour.

Scène 2

Trivelin

Trivelin

Anatomiser le coeur d'une femme ! Mon Maître n'y songe pas, toute la Faculté y perdrait son Latin... Mais je vois Spinette avec la fille de la Veuve, attendons qu'elle sois seule pour lui parler.

Scène 3

Silvia, Spinette

Silvia

Ah ! Ma chère Spinette, promenons un peu mes inquiétudes , je suis sur les épines. C'est aujourd'hui que Mario, de mon consentement, doit enfin parler à ma mère et me demander en mariage ; que je crains qu'elle ne refuse ses propositions, et qu'elle n'ait d'autres vues contraires à mes désirs !

Spinette

Tout franc, votre crainte n'est pas sans fondement. Votre mère est une goulue qui ne veut, je crois, que pour elle des amants ou des maris, et qui prend pour son compte tous ceux qui viennent ici pour vous faire la cour.

Silvia

Quand l'amour que j'ai pour Mario ne me ferait pas souhaiter d'être unie avec lui, j'aurais bien des raisons d'aspirer au mariage : tu sais avec quelle sévérité je suis retenue, il semble que ma mère ne me puisse souffrir.

Spinette

Bon : est-ce que les mères coquettes peuvent aimer de grandes filles comme vous ?

Silvia

Oh bien, moi, je suis pourtant bien lasse de me voir toujours traitée comme une petite fille, je ne suis plus à la bavette...

Spinette

Je le vois bien vraiment, et l'affaire dont vous me parlez ne demande rien d'enfant.

Silvia

Mais Spinette , dis-moi, n'est-il pas bien triste aussi à mon âge, dans un temps où tous les jours de ma vie devraient être marqués par autant de plaisirs, de me voir renfermée au logis comme une recluse, pendant que ma mère va au bal, aux spectacles ? Comment elle me fait un crime du moindre ajustement, lorsqu'il n'y a rien de trop beau pour elle ; elle me gronde dès qu'elle me voit seulement parler à quelqu'un, et veut toujours que j'aie un fichu noué jusques sous le menton, comme si...

Spinette

Comme s'il était défendu d'user de ses avantages. II vaudrait autant ne pas avoir... quelque chose, que de ne pas s'en faire honneur.

Silvia

Enfin n'est-ce pas le monde renversé de voir des femmes sur le retour prétendre avoir des amants, et défendre aux jeunes filles d'en avoir ? Et en bonne foi, une mère à certain âge ne devrait-elle pas songer à la retraite et abjurer la coquetterie ?

Spinette

Oui, et faire recevoir sa fille en survivance.

Silvia

Spinette tâche un peu, je te prie, de sonder adroitement ma mère sur mon chapitre. Préviens-là en faveur de Mario. Il me semble qu'il ne lui déplaît pas, et les soins qu'il a pris par mon avis, de lui dire des douceurs et de la cajoler sans cesse sur sa beauté a dû le mettre assez bien dans son esprit. Parle pour lui...

Spinette

Je suis portée d'inclination à vous rendre service, mais vous connaissez l'humeur entière de votre mère. Je ferai ce que je pourrai. Je croiq qu'elle m'appelle. Adieu.

Scène 4

Silvia

Silvia

Qu'une mère sévère rend un amant aimable ! Et que la contrainte où l'on nous retient assaisonne bien l'idée agréable que nous nous formons naturellement du mariage ! Je voudrais voir Mario pour raisonner encore sur le tour que nous prendrons... Mais j'aperçois son valet.

Scène 5

Silvia, Arlequin

Silvia

Arlequin que fait ton maître ?

Arlequin

Mademoiselle, il est toujours amoureux comme un Diable, il pense à vous sans cesse, dès le matin, à déjeuner, à diner, à souper, et toute la nuit.

Silvia

Il faut que je le questionne un peu : comment sais-tu cela ? Il te l'a donc dit ?

Arlequin

Vraiment, ne savez vous pas qu'un homme ne tait pas mieux son amour qu'une femme un secret ? Je n'entends autre chose à mes oreilles que... Arlequin n'est-il pas vrai que Silvia est la plus belle, la plus charmante, la plus adorable personne du monde ? Arlequin ne trouves-tu pas ses yeux les plus beaux... Arlequin ne trouves-tu pas sa bouche... la plus jolie... Arlequin ne trouves-tu pas sa taille... Enfin que sais-je moi.

Silvia

Que tu me fais de plaisir de me dire cela ! Tout ce qui sert à me prouver l'amour de Mario m'enchante toujours.

Il fait l'homme en colére.

Arlequin

Vous en parlez bien à votre aise. Depuis que mon Maître vous aime, à peine ai-je le temps de manger et de dormir ; la sotte chose qu'un Maître amoureux ! Tantôt emporté, tantôt tranquille, tantôt bien aise, tantôt fâché, tantôt.. Ah mon cher Arlequin je suis au désespoir. L'ingrate, la perfide, la changeuse Silvia me trompe, elle me préfère peut-être quelque rival.

Silvia

Comment donc Arlequin ? Il avait grand tort de s'imaginer cela.

Il fait l'homme transporté de joie.

Gesticulant, sort.

Arlequin

C'est ce que je lui disais quelquefois aussi... Ah mon cher Arlequin je suis au comble de la joie ! Silvia m'aime, je n'en puis plus doute... Oui charmante Silvia, je vous aimerai toujours... toujours...

Silvia

Doucement donc Arlequin, tu gesticules un peu trop.

Arlequin

C'est pour mieux exprimer la chose.

Silvia

Oh tes expressions sont trop fortes, on dirait que tu serais amoureux toi-même.

Arlequin

Hé ne le suis-je pas ? Cela se gagne apparemment ; car moi qui n'aimais que le bon vin, les bonbons, les macarons, et qui avais toujours tenu bon contre l'amour, j'ai laissé prendre mon coeur par votre traîtresse de Spinette qui me fait enrager.

Silvia

Elle a tort, et je parlerai pour toi. Mais je m'amuse ici et je ne voulais que savoir si ton maître est chez lui.

Arlequin

Non, il est allé je crois vous préparer un petit régal. Car j'ai entendu parler de violons, de basses, de flûtes, de hautbois, de tambours, de trompettes marines... de...

Silvia

Oh tu m'étourdis avec tes instrument s: quand il sera revenu dis-lui qu'il tâche de me voir, et que j'ai à lui parler.

Scène 6

Arlequin, Trivelin

Arlequin

Je n'y manquerai pas. Mais que vois je ! Ne me trompai-je pas ? Je crois que c'est...

Trivelin

Je crois que je vois.... Eh parbleu c'est lui-même.. Arlequin.

Ils s'embrassent.

Arlequin

Trivelin ! Eh bonjour mon ami ; que je suis aise de te revoir après t'avoir perdu de vue si longtemps !

Trivelin

Je suis ravi de te rencontrer. Par quel hasard dans cette maison ?

Arlequin

Je suis chez mon maître, qui loge ici et qui est amoureux d'une jeune personne qui demeure dans cet autre appartement ; mais toi que fais-tu ?

Trivelin

Mes aventures seraient longues à te conter. Tu sais que j'ai toujours eu peine à me résoudre de me tenir dans le service et d'y enterrer les talents que j'ai pour la fourberie : j'ai essayé plus d'une fois de m'élever, mais le monde aujourd'hui a l'esprit si malfait que je me suis vu réduit à me mettre dans mon premier état. J'ai quitté depuis peu le service d'un petit maître qui ne me payait mes gages qu'en coups de canne, et je me suis mis d'hier dans la médecine.

Arlequin

Dans la médecine !

Trivelin

Oui, je sers un médecin qui couche en joue une veuve qui demeure céans, mais je suis peu content de ma condition, il ne me nourrit que de diète, et j'y suffoque d'inanition.

Arlequin

Mauvaise nourriture ! Eh comment se comme cette veuve ?

Trivelin

Flaminia.

Arlequin

Eh c'est la mère de la maîtresse de mon maître ! Une femme qui était jeune autrefois, n'est-ce pas ? Et qui a la rage d'être aimée... Et ton Maître l'aime-t-il ?

Trivelin

Bon, un médecin se mêler d'aimer ! Il vise au matrimonium ; la veuve est riche, dit-on, et le pèlerin aime le bien avec concupiscence. Il m'a donné commission de m'informer à Spinette des espérances qu'il peut former...

Arlequin

Ah ! Trivelin quel nom viens-tu de dire ?

Trivelin

Comment donc ?

Arlequin

Ah ! Trivelin... L'amour me transporte pour cette Spinette. Je crois que j'en deviendrai fou. C'est une cruelle, une tigresse qui... Mais je vois mon Maître.

Scène 7

Mario, Arlequin, Trivelin

Mario

Ne vois-je pas un de mes anciens valets ? C'est Trivelin !

Arlequin

Oui, Monsieur, c'est un des plus habiles fripons...

Trivelin

Ah Monsieur Arlequin vous me rendez confus.

Arlequin

De plus c'est le valet de votre beau-père, ou peu s'en faut.

Mario

Comment ?

Trivelin

Oui Monsieur, je sers Monsieur Rhubarbini qui pourchasse cette veuve de vos voisines, Flaminia.

Mario

Quoi, cette femme à son âge songerait à se remarier !

Trivelin

Vraiment elle n'aurait qu'à vous entendre tenir ce discours ?

Mario

Je sais que je serais perdu. Amant de la fille, il faut que je cajole la mère : c'est une demi-vieille coquette qui semble seule vouloir ignorer les sentiments que j'ai pour sa fille. Il faut pourtant m'expliquer. Arlequin, n'a-t-elle point encore paru ?

Arlequin

Bon, avant qu'elle ait achevé de s'atiffer, la nuit sera venue. Une demi-vieille à sa toilette ne finit point. C'est une mouche par-ci, une agaçante par-là, un peu de rouge encore, un arrangement de bouche, une tournure d'yeux... Ces sortes de femmes n'ont point de meilleur ami que leur miroir : c'est l'unique confident à qui elles se montrent telles qu'elles sont, pour en obtenir l'art de paraître ce qu'elles ne sont pas... Mais à propos j'ai vu sa fille qui veut vous parler, elle vous attend dans son appartement.

Mario

Eh que ne le disais-tu donc ? Courons voir ma chère Silvia.

Scène 8

Arlequin, Trivelin

Arlequin

Et moi, ma chère Spinette. Mais Trivelin, toi qui as tant d'esprit, apprends-moi comme il faut faire pour toucher une cruelle.

Trivelin

C'est selon. Il faut prendre les femmes par leur faible... Elles aiment les airs évaporés, libres ; trop de sagesse les gêne... N'as-tu pas vu de ces jeunes débraillés, et brusquement polis, qui voltigent sur les théâtres autour des actrices ?

Arlequin

Oh vraiment oui.

Il lui fait faire tous tes gestes.

D'un ton de petit maître.

Il gesticule, Arlequin se défend faisant la femme.

Trivelin

Imite bien leurs façons... Le chapeau sur l'un des yeux, la main dans la ceinture, une épaule plus haute que l'autre... Je me donne au Diable ma chère, vous êtes d'un brillant à éblouir. Voulez-vous me faire languir longtemps ? Dieu me damne je vous adore, je vous idolâtre... Hé donc à qui tient-il que vous ne m'accordiez quelque légère faveur... beaucoup gesticuler surtout, les Dames aiment les amants pantomimes.

Arlequin

Mais, vous n'y songez pas, Chevalier, arrêtez vous donc.

Trivelin

Spinette vient, songe à jouer ton rôle.

Scène 9

Trivelin, Spinette

Trivelin

Je viens de la part de Monsieur Rhubarbini savoir l'état de la santé de Madame Flaminia, et lui dire qu'il aura l'honneur de la voir aujourd'hui. Mais Mademoiselle Spinette, à parler franchement, mon maître ne se flatte-t-il point dans ses espérances, et croyez-vous que votre Dame réponde à son amour ?

Spinette

Je ne puis vous rien dire de positif là-dessus. Le coeur d'une coquette est un labyrinthe où l'on se perd, et dont elle ignore souvent elle même les détours : qu'il fasse toujours de son coté ce qu'il pourra, il viendra peut-être quelque bon moment.

Trivelin

Je vous remercie, je vais retrouver mon Maître.

Scène 10

Arlequin, Spinette

Arlequin

Où vas-tu donc si vite Spinette ?

Spinette

Que veux-tu ?

Arlequin

Eh la regarde-moi.

Spinette

Hé bien je te regarde.

Arlequin

Que tu es rude ! N'entends-tu pas ce que je te veux dire ?

Arlequin fait toutes les postures de petit Maître que lui a montré Trivelin, il tire sa tabatière, chante, danse, etc.

Spinette

Non vraiment. Arlequin que veux-tu donc dire avec tous tes gestes ?

En gesticulant.

Arlequin

Ah ma chère, de par tous les diables, vous êtes belle comme un petit démon... les beaux yeux que... votre ardeur... a fait naître dans le coeur... de mon amour... tout cela est cause que... vos appas... et vos charmes... Enfin il vous aime à la folie.

Spinette

Quel diantre de galimatias me fais-tu donc là ? Je n'y entends rien.

Arlequin

Que diable aussi pourquoi chercher tant de grands mots ? Tiens, je ne saurais sortir de mon naturel. Faut-il tant de façons pour te dire que je t'aime de tout mon coeur, et que...

Spinette

Tais-toi. J'entends ma Maîtresse. Je serais perdue si elle te voyait. Elle veut qu'on ne cajole qu'elle dans la maison.

Arlequin

Spinette, seulement un baiser, en rabattant sur les droits du mari...

Spinette

Eh va, va, on dit que les maris en rabattent toujours assez.

Arlequin

Adieu donc barbare Spinette.

Spinette

Adieu amoureux Arlequin.

Scène 11

Flaminia, Spinette

En se mirant.

Flaminia

Quoi, Spinette, il n'est venu personne ?... Personne... En vérité voilà qui me confond. Quel dérangement ! Quel relâchement de visites ! Je n'ai jamais vu une telle disette d'hommes ! Ne pas voir un chapeau à la toilette d'une femme comme moi ! Cela est choquant ! Le dépit que j'en avais sera cause que je serai coiffée tout de travers.

Spinette

Vous vous moquez, Madame, jamais vous n'avez été si bien. Vous embellissez chaque jour, ET votre jeunesse croît avec le temps.

Flaminia

Cette fille a du goût. Tout de bon me trouves-tu...

Spinette

On ne peut pas mieux.

Flaminia

Il ne me manque que de l'embonpoint mais Monsieur Rhubarbini m'a promis qu'il m'engraisserait.

Spinette

À propos, il est venu ici Monsieur Rhubarbini, et il reviendra... Mais le voici Madame.

Scène 12

Flaminia, Monsieur Rhubarbini, Spinette

Flaminia

Ah Monsieur Rhubarbini nous parlions de vous, et voila Spinette qui soutenait vos intérêts.

Monsieur Rhubarbini

Elle ne sert pas un ingrat, Madame, et je voudrais qu'elle eut besoin de mon ministère pour lui en marquer ma gratitude.

Spinette

Oh je vous suis bien obligée, je n'ai que faire de médecin... ni d'embonpoint.

Monsieur Rhubarbini

Mais vous, Madame, jusqu'à quand voulez-vous différer de mettre un baume spécifique aux vives blessures que m'ont fait vos appas ? L'amour qui circule dans mes veines enflamme tellement mes poumons, qu'il n'y a que l'émétique de vos faveurs qui puisse guérir la fièvre dont brûle mon coeur.

Spinette

Voilà une déclaration d'amour purgative, sur ma parole.

Flaminia

Mon Dieu, Monsieur Rhubarbini, que vous êtes pressant ! Je ne suis point en état d'entendre de pareils discours ; ils renouvellent les chagrins de mon veuvage. Quand j'entends seulement parler d'engagement, il me prend des vapeurs...

Monsieur Rhubarbini

Une prise d'un second mariage guérira ces vapeurs de veuvage. Mais tous vos discours ne dénotent que trop que votre empressement n'est pas égal au mien. Pour vous je néglige mon Art, tous mes malades se plaignent de moi, à l'heure que je vous parle, un malade de qualité m'attend, j'oublie en vous voyant que le mal presse.

Spinette

C'est peut-être tant mieux pour le malade.

Flaminia

Ah Monsieur Rhubarbini, c'en est trop , allez voir votre malade de qualité ; je serais fâchée que mes appas coûtassent la vie à quelqu'un.

Monsieur Rhubarbini

Si ce sacrifice vous étAit agréable...

Flaminia

Non vraiment, je ne veux point de tels sacrifices, et si ce n'est assez de vous prier d'y aller, je vous l'ordonne.

Monsieur Rhubarbini

Puisque telle est votre ordonnance, j'y vais donc : mais je reviens aussitôt, et ne vous quitte plus qu'au préalable vous n'ayez dûment éclairci mon fort et vos intentions.

Scène 13

Spinette, Flaminia

Spinette

Cet homme-là est pressant, oui !

Flaminia

Il faut ménager tout le monde, Spinette, ne fut-ce que pour faire nombre. Le nombre des amants sied bien : cela sert toujours à tenir en respect celui qu'on favorise.

Spinette

C'est l'entendre. Mais ce n'est donc pas celui-ci qui...

Flaminia

Monsieur Rhubarbini m'aime beaucoup , et je l'estime surtout à cause du soin qu'il prend d'entretenir ma beauté par ses secrets : mais si je me résous à reprendre un second mari, c'est des mains de l'amour même que je veux le tenir.

Spinette

Quel sera cet heureux mortel ?

Flaminia

Effectivement dans le grand nombre de soupirants qu'attirent ici mes attraits, il est difficile de démêler.

Spinette

Quoi ! Tous ceux qui viennent ici soupirent pour vous ?

Flaminia

Et pour qui donc ?

Spinette

Je crois que votre fille...

Flaminia

Ma fille ! Ma fille ! Y a-t-il de la comparaison d'elle à moi ? Une petite mijaurée ! Il faut un certain art pour conquérir un coeur qu'on n'acquiert que par l'usage. Enfin donc tu n'as pu pénétrer quel est mon vainqueur ?

Spinette

Non vraiment.

Flaminia

Devrais-tu avoir tant de peine à te l'imaginer ? Mario...

À part.

Spinette

Voici bien autre chose ! Je rougis.

Flaminia

Ah Spinette ! Ce qui me plaît surtout de lui, c'est son respect et sa timidité : croirais-tu bien que depuis qu'il vient ici, ses regards seuls m'ont parlé de sa passion, et que sa bouche ne m'en a rien dit ?

Spinette

Mais si cet amour était imaginaire...

Flaminia

En tout cas je ne serais pas embarrassée où trouver un époux, et je pourrais rabattre sur le médecin, mais je suis sûre que Mario m'aime. Je te dirai même que depuis quelques jours, il semble qu'en me regardant avec des yeux pleins d'amour, il ait quelque chose à me dire qu'il n'ose pourtant me déclarer ; mais c'est être trop timide , et je veux aujourd'hui, par un air plus désarmé de rigueurs, l'enhardir à m'expliquer des désirs que je brûle de contenter : le voici... Laisse-nous, je veux le faire parler.

Scène 14

Silvia, Flaminia

Silvia

Je vois ma mère, Mario, parlez, puissiez-vous en obtenir ce que vous demandez !

À Silvia qui fait la révérence.

Flaminia

Qu'est-ce donc Mademoiselle, qui vous fait prendre la liberté de vous mettre ainsi de la Compagnie, et de venir ici sans qu'on vous demande ? Ne vous l'ai-je pas défendu? rentrez ... Rentrez-vous dis-je.

Scène 15

Mario, Flaminia

Mario

Ah, Madame, que vous m'intimidez encore par votre colère ! Et que cette mauvaise humeur est d'un fâcheux augure pour mes espérances.

Tendrement.

Flaminia

Approchez, Monsieur, approchez ; cette mauvaise humeur ne vous regarde pas, et elle aurait peine à tenir contre votre présence. Pourquoi tant de timidité ? Des hommes comme vous ne sont pas faits pour former des espérances vaines auprès des Dames qui sont connaisseuses en mérite... Parlez, on est peut-être disposée plus que vous ne pensez à vous accorder ce que vous pourriez souhaiter.

Mario

Votre accueil me rassure un peu : il y a longtemps que je balance à vous parler de la chose du monde qui importe le plus au bonheur de ma vie : j'aime, et si l'amour rompt mon silence, il portera l'excuse de mon audace. Madame c'est de vous que dépend mon destin, c'est à vous seule que je dois avoir recours, et c'est à vous aussi que je m'adresse pour soulager le feu violent qui m'enflamme.

Flaminia

Eh croyez-vous que l'on soit à s'en apercevoir ? Votre discrétion ne m'a pas empêché de pénétrer votre secret, j'en suis instruite comme vous, l'amour a d'autres expressions que le langage ordinaire, et souvent les yeux lui servent de truchements, votre respect m'a touché, et je vous en estime davantage...

Mario

Ah, Madame, puisque vous avez pénétré, et que vous voyez sans courroux cet ardent amour, me permettrez-vous d'étendre mes vues jusqu'à l'honneur de vous appartenir de plus près par les noeuds d'un hymen où tendent tous mes voeux ? Que vos bontés ne se lassent pas, je sens que je ne pourrais survivre à vos refus...

Flaminia

On s'intéresse trop à vos jours, et l'on vous aurait moins fait languir si vous aviez parlé plutôt. Quelque répugnance qu'on m'ait vu jusqu'ici pour une telle affaire, je consens peur l'amour de vous à l'engagement dont vous me voulez parler...

Mario

Ah Madame, je suis le plus heureux des humains, souffrez qu'à vos genoux...

Flaminia

Arrêtez... Arrêtez, vos transports sont trop violents...

Mario

Agréez que je presse mon bonheur, et que je vous donne ce soir un petit divertissement qui puisse servir de prélude à la signature du Contrat.

Flaminia

Qui pourrait vous rien refuser ? Vous ne me parlez point des conventions du mariage ?

Mario

Madame, c'est m'offenser que de me croire capable de penser à ces sortes de choses.

Flaminia

Quelle générosité, quelle noblesse de sentiments ! C'est donc à moi de songer à vos intérêts puisque vous les négligez.

Mario

Eh de quoi voudriez-vous qu'un amant transporté de la joie de posséder ce qu'il aime allât s'embarrasser ? Vous êtes équitable, puis-je mieux faire que de m'en rapporter à vous ?

Bas et à part.

Haut.

Flaminia

Vous ne vous mettez pas en mauvaises mains, et l'on ne més-usera pas de votre déférence, je ne ferai pas les choses à demi, et pour vous le prouver, à la réserve de cent mille francs... C'est le bien de ma fille que je ne puis engager. Je vous donne tout mon bien qui se monte à trois fois autant.

Mario

Ah, Madame, modérez l'excès de vos libéralités, c'est me rendre confus, et mon amour en aura moins de mérite.

Flaminia

Plus vous résistez à recevoir mes offres, et plus vous méritez qu'on vous force de les accepter : je ne vous demande pour prix de ce que je fais pour vous que de presser la conclusion de cet hymen : passez vous-même chez mon notaire que vous connaissez, et faites dresser le Contrat selon mes intentions.

Mario

Agréable commandement ! J'en ai plus d'impatience que vous : que je suis heureux ! Non je n'aurais jamais pensé que vous eussiez été si favorable à mes désirs ! J'y cours.

Flaminia

Allez, et que l'amour vous prête ses ailes pour revenir plus promptement.

Scène 16

Flaminia

Flaminia

Non, je ne puis mieux faire que de m'attacher cet aimable homme, à quelque prix que ce soit, il le mérite bien comme il m'aime ! Je m'en étais bien doutée, oh ce n'est pas à moi qu'un amant en fait accroire...

Scène 17

Silvia, Flaminia

Silvia

Après la nouvelle que Mario vient de m'apprendre, quoiqu'il ne m'en ait dit qu'un mot en courant, Madame, je croirais manquer à ce que je vous dois, si je ne venais pas d'abord vous témoigner le plaisir que je ressens de...

Flaminia

C'est prendre le bon parti : je suis bien aise de vous voir ainsi regarder la chose du bon côté : vous vous en trouverez bien, Mario est galant homme...

Silvia

Quelle joie pour moi de vous entendre ainsi vanter un homme qui... Mais j'aperçoìs Monsieur Rhubarbini.

Scène 18

Flaminia, Monsieur Rhubarbini, Trivelin, Silvia

Flaminia

Ah l'insuportable homme ! N'en serai-je jamais défaite ?

Monsieur Rhubarbini

Madame, dussent crever tous mes malades, je me dérobe enfin à mes visites afin de cultiver une si belle plante médicinale pour mon amour.

Flaminia

Oh Monsieur Rhubarbini, si vous prétendez encore m'étourdir de vos douceurs médecinales, vous ferez mieux d'aller voir chez vous si l'on vous demande.

Monsieur Rhubarbini

Trivelin, qu'est-ce ceci ? Je ne m'attendais pas à cet accès-là.

Trivelin

Elle vous traite déjà en mari.

Monsieur Rhubarbini

Madame, d'où vous vient donc cette humeur mordicante ? Tantôt quand je vous ai fait l'exposition de mon amour, vous avez par des mots plus dulcifiants flatté mes espérances ; après m'avoir fait languir si longtemps, pourriez vous...

Flaminia

Ah, ah, ah ! Il faut que vous soyez bien dupe mon pauvre Monsieur Rhubarbini de croire qu'une femme comme moi puisse jeter les yeux sur une figure comme la vôtre !

Trivelin

Elle ne vous flatte point.

Flaminia

Vous seriez bon tout au plus à être le pis aller de quelque femme qui n'aurait pas à choisir.

Silvia

Monsieur le Médecin n'a pas une trop bonne réception.

Monsieur Rhubarbini

Comment on traite ici un fameux Médecin ! Ô tempora ô mores ! Eh que pourriez vous trouver de mieux à votre âge ?

Flaminia

À mon âge ! À mon âge ! On est fort déchirée, à votre avis ? Et l'on ne doit plus prétendre à la conquête d'un homme jeune, aimable... Eh non on n'a pas de certains agréments...

Monsieur Rhubarbini

Il faut que quelque vapeur lui ait monté dans la région supérieure...

Riant.

Flaminia

Demeurez, demeurez seulement pour être confondu, vous verrez des apprêts de noces... Ah,ah, pour la rareté du fait, il faut que vous ouvriez le bal.

Haut et ironiquement.

Silvia

C'est de ma noce apparemment que ma mère veut parler. Je crois que Monsieur Rhubarbini s'en tirera bien, il a l'air à la danse.

Monsieur Rhubarbini

Ces discours à la fin me gonflent la rate.

À part.

Silvia

Je vois Mario avec le notaire. Que je suis contente !

Scène 19

Flaminia, Mario, Silvia

À Mario tendrement.

Flaminia

Approchez Monsieur. Avez-vous fait mettre sur le contrat les clauses que je vous ai dit ?

Mario

Oui Madame, ah pourrai-je jamais reconnaître tant de bienfaits ? Si vous souhaitez, on vous fera la lecture des articles.

Elle signe, et dit à Silvia.

Flaminia

Il n'en est pas besoin, dès que vous en êtes content, je signe aveuglement. Ne signez-vous pas Mademoiselle ?

Elle signe et Mario aussi.

Silvia

Le devoir d'une fille est l'obéissance.

Flaminia

Monsieur c'en est fait, et vous n'avez qu'à emporter ce contrat, je vois nos musiciens et nos danseurs qui viennent tout à propos.

Scène 20

Silvia, Flaminia, Mario, Monsieur Rhubarbini, Trivelin

Silvia

Ce n'est pas tout ma mère, et voilà encore un mariage à faire : Arlequin et Spinette s'aiment, si vous vouliez...

Ici les Violons, jouent un menuet, Flaminia présente, comme pour danser, sa main à Mario qui lui fait une grande révérence, passe par derrière elle, et va prendre la main de Silvia qui s'avance à lui, et ils se mettent en devoir de danser.

Flaminia

J'y donne mon consentement, allons qu'on ne parle plus que de joie, et que les mariés commencent le bal.

Flaminia

La joie le trouble. Eh quoi que faites vous Mario ?

Mario

Ce que vous m'ordonnez, Madame.

Silvia

Nous ne faisons, ma mère, que ce que vous nous avez dit.

À Silvia.

Flaminia

Mais vraiment vous vous méprenez. Et vous je vous apprendrai...

Silvia

N'avez-vous pas dit que les mariés commencent le bal ?

Flaminia

Eh bien ?

Silvia

Eh bien ma mère, c'est donc moi qui dois le commencer avec Monsieur.

Flaminia

Elle est folle, ne dirAit-on pas que c'est elle qu'on marie, et dont on vient de signer le contrat ?

Silvia

Eh de qui donc ma mère ?

Flaminia

La demande est comique, il faut que la tête lui ait tournée.

Silvia

Que veut donc dire ma mère ? Non la tête ne m'a point tournée, et c'est vous qui vous trompez assurément.

Flaminia

Oh je ne puis plus tenir... Retirez-vous petite fille...

Silvia

Je ne la suis plus, et je veux que Mario développe cette énigme.

Flaminia

Faites-là donc taire, et lui dites que c'est moi.

Mario

Ma foi, Madame, vous me voyez si interdit que je ne sais que vous dire.

Flaminia

II n'y a pas tant à rêver, ouvrez le bal avec celle que vous regardez comme votre épouse.

Prenant la main de Silvia.

Mario

Puisque vous me permettez de m'expliquer. Je n'en aurai jamais d'autre que l'aimable Silvia.

Flaminia

Silvia, Ciel qu'entends-je ! Et le contrat...

Mario

Le contrat est rempli de son nom et du mien, vous le devez savoir.

À Mario.

Flaminia

Me serais-je en effet abusée à ce point ! Perfide ! Quoi ces transports d'amour n'étaient pas...

Mario

Je vois que nous nous sommes mal entendus, mais j'étais dans la bonne foi, et vous interprétiez pour vous ce que je n'adressais qu'à votre fille...

Flaminia

Vous êtes un fat, et je ne souffrirai pas...

Mario

L'équivoque est fâcheuse pour vous, mais trouvez bon que j'use de mes avantages, vous avez signé.

Monsieur Rhubarbini

Madame, croyez-moi, il faut avaler la pilule.

Flaminia

Je crève de dépit... Hon... Je me fuis liée moi-même, j'ai signé, et pour comble de malheur je me suis dépouillée des trois quarts de mon bien.

Monsieur Rhubarbini

Des trois quarts de son bien !

Trivelin

Allons nous-en Monsieur, il n'y a plus rien à épouser ici.

Flaminia

Mais je suis bien sotte de m'affliger ainsi de la perte d'un extravagant, elle est aisée à réparer, et Monsieur le Médecin voudra bien.

Monsieur Rhubarbini

Madame, par pari refertur, vous m'avez maltraité, chacun a son tour, et la saignée que vous avez fait à votre bien, m'a guéri de mon inflammation amoureuse, je vous baise les mains.

Elle sort.

Flaminia

Quoi tout me trahit ! À quelle honte suis-je exposée ! Ouf... J'ai le coeur si serré... que je ne puis parler... Je suis... Je suis désespérée.

Scène 21

Monsieur Rhubarbini, Silvia, Mario, Spinette, Arlequin, Un Musicien

Monsieur Rhubarbini

L'équivoque était plaisante.

Silvia

Ah Mario ! Notre union me coûtera l'amitié de ma mère, elle ne me le pardonnera jamais.

Mario

Nous l'apaiserons avec le temps, belle Silvia ; oublions les sujets de tristesse, et voyons notre petit divertissement que Monsieur le médecin honorera s'il veut de sa présence.

Spinette

Arlequin dis-moi un peu, n'y a-t-il point aussi de quiproquo entre nous ?

Après quelques danses.

Arlequin

Oh pour cela non, je t'aime, tu m'aimes, je me marie avec toi, tu te maries avec moi, il n'y a point là de quiproquo comme tu vois.

À Monsieur Rhubarbini.

chante

Un Musicien

Chantons, célébrons en ce jour, Le manège rusé d'une veuve Coquette, Qui de plusieurs amants fait l'essai tour à tour Et d'un nouvel époux cherche à faire l'emplette. Chantons, célébrons en ce jour, Le manège rusé d'une veuve Coquette, Telle qu'on croit novice aux mystères d'amour , Veuve en herbe ; souvent passe encore pour fillette Chantons, célébrons en ce jour, Le manège rusé d'une veuve Coquette. Ce docteur à mine profonde De prendre femme a quitté le dessein : Il a raison, ma foi peupler le monde, N'est pas le fait d'un Médecin.

Monsieur Rhubarbini

Malgré nos fautes imprévues En pleure-t-il moins dans notre coffre-fort ? Lorsque la terre a couvert nos bévues, Ceux qui font morts ont toujours tort.

Silvia

Quoiqu'on dise du mariage, Il faut qu'il soit d'un doux usage , On a beau nous épouvanter, Rien ne nous en détourne. La jeune fille en veut tâter, Et la veuve y retourne.

Vaudeville

Arlequin

Arlequin

Quoique friand de ma nature, J'aime macaron, confiture, Et bon fromage de Milan ; De vos suffrages plus friand, Je les préfère à tout le reste, Je dis des mets les plus musqués, zeste, Messieurs si vous ne me claquez.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

Apprendre ce rôle pour de vrai ? Dans l’app Réplique, les autres personnages te donnent la réplique, et l’app te fait retrouver ton texte jusqu’à ce que tu le saches.