Scène 1
Le Vénérable, Surveillant
Air : Non, je n'en ferai rien.
Le Vénérable
Eh bien , tout est-il prêt pour la cérémonie
Surveillant
Oui, Maître, vous pouvez compter sur mon génie ; À suivre vos désirs les Francs-Maçons zélés, Sont déjà, par mes soins, en ces lieux rassemblés.
Air : Ton humeur est, Catherine.
Air : Menuet de Grandval.
Le Vénérable
Je craignais, par quelque obstacle, Qu'ils ne soient tous arrêtés, Ou qu'ils ne soient au spectacle Conduits par les nouveautés ; J'aurais remis notre affaire À demain, sans nul détour ; Car je sais qu'à présent, Frère , Les nouveautés n'ont qu'un jour. Cependant j'ai l'âme ravie Que tous mes projets soient suivis Commençons la cérémonie ; Dans l'instant nous serons servis.
Air : La bonne aventure.
Surveillant
Aurons-nous un bon repas ?
Le Vénérable
Oui, je t'en assure.
Surveillant
J'ai vu des ragoûts là-bas D'assez bon augure.
Le Vénérable
Nous recevons l'héritier D'un vieux marchand usurier :
Air : Mais comment ses yeux sont humides.
Surveillant
La bonne aventure. Oh gué : la bonne aventure. Mais savez-vous, mon Vénérable, Qu'une cohorte redoutable Veut nous jouer un méchant tour : Je viens, en surveillant habile, D'apprendre en parcourant la ville, Que trente femmes en ce jour Doivent forcer notre séjour.
Le Vénérable
Des femmes savoir nos mystères ! Et quelles sont ces téméraires ?
Surveillant
Ce font celles qui dans Paris Font la ressource des maris ; Qui savent à force d'adresse, Dégourdir la belle jeunesse ; Mais qui sur les pas du plaisir Guident souvent le repentir.
Air : Du Prévôt des Marchands.
Le Vénérable
En ces lieux qui conduit leurs pas.
Surveillant
C'est cet objet si plein d'appas, Cette Hortense, que l'on admire Beaucoup moins que ses diamants Et qui, crainte de la satire, Se contente de six amants.
Air : Je n'y puis rien comprendre.
Le Vénérable
Hortense ! Oh Ciel ! Que me dis-tu ? Cette Hortense !
Surveillant
Eh bien !
Le Vénérable
Qu'elle est belle !
Surveillant
Quoi, votre coeur est abattu ! Vous aimez cette péronnelle.
À part.
Le Vénérable
Non, je la hais. Qu'elle a d'attraits !
Air : Ma raison s'en va bon train.
bis.
Air : Ne Vlà-t-il pas que j'aime.
Air : C'est Mademoiselle Manon.
Surveillant
Vous l'aimez : allons, Frère, Je vois que de votre argent frais Vous voulez vous défaire. Mais quoi, ce minois trompeur Toucherait-il votre coeur ? Si vous pouviez voir Quel est le savoir De toutes ces coquettes ; Allez, leurs appas chaque soir Restent sur leurs toilettes, lon la. Hortense ne mérite pas Cette cruelle injure ; Rien à ses yeux n'a plus d'appas Que la simple nature. Par ses petits talents Surtout elle m'enchante ; Toujours ses vêtements Sont riches et galants : Elle fait des noeuds, Chante au mieux, Sait jouer des yeux ; Pour persister les gens Elle est toute excellente. Son goût est exquis ; Nos Marquis sont par elle instruits, Ce qui fait qu'à Paris Sa conquête est de prix.
Air : À la façon de Barbary.
Surveillant
Eh bien, soyez-en amoureux ; Mais si jamais, mon Frère, Elle ose conduire en ces lieux Sa troupe téméraire, Nous n'entendrons point de raison, La faridondaine, la faridondon ; Nous les arrangerons ici, biribi, À la façon de Barbari mon ami.
Air : De tous les Capucins du monde.
Le Vénérable
Garde-toi de leur faire injure.
Surveillant
Je veux les rendre à la nature. Je veux que d'un fard spécieux Leurs figures soient dépouillées;
Air : La béquille du Père Barnaba.
Le Vénérable
Combien de femmes en ces lieux Craindraient d être débarbouillées ! Mais pourquoi les bannir De nos secrets Mystères ?
Surveillant
Pensez vous qu'au plaisir Elles soient nécessaires ?
Le Vénérable
Ce sexe né pour plaire Mérite quelque soin.
Surveillant
Moi, je n'en ai que faire.
Air : N°I. Printemps dans nos bocages.
Le Vénérable
Moi, j'en ai grand besoin. Dans les beaux yeux d'Hortense L'amour plaça ses traits ; Son aimable présence Enchaîne pour jamais. Si tu la voyais, Tu céderais à sa puissance ; Si tu la voyais, Tu céderais, et tu dirais : Dans les beaux yeux d'Hortense L'amour plaça ses traits ; Son aimable présence M'enchaîne pour jamais.
Air : La beauté sauvage.
Surveillant
Ce sexe n'aspire Qu'à nous asservir.
Le Vénérable
Mais sous son Empire Règne le plaisir.
Surveillant
Que dites-vous ? Ce sont les fous Qui vantent sa tendresse. Par ses travers, Par ses grands airs Il sait nous émouvoir : C'est notre faiblesse Qui fait son pouvoir.
Air : L'amant frivole et volage.
Air : Dans un bois solitaire et sombre.
Le Vénérable
Le jeune enfant de Cythère N'a pas toujours un bandeau ; La vertu souvent l'éclaire Et lui prête son flambeau ; En adorant une femme On peut honorer son coeur, Dès lors qu'il élève l'âme, L'amour n'est plus une erreur. Vas donner l'ordre nécessaire Pour prévenir tout incident, Et qu'en ces lieux, la loge entière Se réunisse dans l'instant.
Scène 2
Le Vénérable
Air : Pour passer doucement la vie.
Air : Réveillez-vous, belle endormie.
Le Vénérable
Qu'ai-je appris ? Se peut-il qu'Hortense Veuille pénétrer en ces lieux ? Des Frères je crains la vengeance ; Pour la voir que n'ont ils mes yeux ! Mais j'aperçois déjà nos Frères Pensons à notre dignité, Et pour commencer nos mystères, Reprenons notre gravité.
Scène 3
Deux Surveillants, Le Vénérable
Air : N°2. Marche des Satyres de l'Opéra.
Ici les Francs-Maçons font quelques cérémonies ; et lorsque le Récipiendaire se trouve au milieu conduit par l'Orateur, le Vénérable s'approche de lui, et lui dit :
Deux Surveillants
C'est ce jour Que vous aurez votre tour ; Mais avant de vous recevoir, Il faut savoir Quel sera votre devoir. Avançons, Commençons Loin d'ici tout profane : Nos secrets Veulent des gens discrets. Votre coeur Doit redoubler sa ferveur. Sachez donc comme il faut marcher, Parler, Toucher ; Et puis nous vous apprendrons Comment nous reconnaissons Les fidèles Maçons.
Air : Or écoutez petits et grands.
On entend un grand bruit.
Le Vénérable
Mon frère, je vais à vos yeux Découvrir ce secret fameux ; Ce secret, ce profond mystère, Respecté de toute la terre : C'est...
Scène 4
Femmes Derrière Le Théâtre, Surveillant, Hortense, Choeur De Femmes, Choeur De Francs-maçons, Le Vénérable, Marine
Femmes Derrière Le Théâtre
Poussons, poussons fort, Jetons la porte à terre ; Poussons, poussons, poussons fort.
Air : La pierre sitoise.
Surveillant
Ciel ! Qui peut causer de tels transports !
Hortense
Faisons tout céder à nos efforts.
Surveillant
Quoi, des femmes entrer ! Quel démon ! Allons vite, sortez, sortez donc.
Hortense
Non.
Surveillant
Frères, venez tous, Défendons-nous.
Choeur De Femmes
Ah, nous entrerons.
Choeur De Francs-maçons
Nous le verrons.
Choeur De Femmes
Nous entrerons.
Hortense
Arrêtez, Messieurs, y pensez-vous ? Ayez un peu plus d'égard pour nous. On ne m'a jamais reçue ainsi : Nous ne sortirons point d'ici.
Le Vénérable
Si.
Air : Que craignez-vous, charmante Reine.
bis.
Hortense
Que craignez- vous, mon vénérable, On ne fuit point l'amour quand on est beau garçon.
Air : Reçois dans ton galetas.
Surveillant
Sortez vite de ces lieux, Ne troublez plus nos mystères.
Hortense
Que sert d'être furieux ?
Surveillant
Elle ose nous braver, mes Frères ! Allons : de leur témérités, Il faut les punir.
Le Vénérable
Arrêtez.
Choeur De Francs-maçons
Il faut les punir.
Choeur De Femmes
Arrêtez.
Air : Quand un tendron vient en ces lieux.
Le Vénérable
De grâce sortez de ces lieux, Croyez-m'en, belle Hortense.
Hortense
Pourquoi ce ton mystérieux ? Craignez-vous ma présence ? Je vois que votre amusement N'est pas décent. Oui, c'est cela, là,là.
Le Vénérable
Oh, oh, ah, ah, ah, ah !
Hortense
Vous cacheriez-vous sans cela la, là.
Air : Sous un Ormeau.
Le Vénérable
Un tel soupçon N'est pas dicté par la raison ; Oui c'est un affront, Mais tout de bon Sortez donc.
Hortense
Non. Je veux d'abord savoir Quel devoir.
Le Vénérable
Je suis au désespoir; La seule liberté Fait ici notre félicité, Et dans ces lieux Nous goûtons loin de tous fâcheux Des moments heureux Que troubleraient vos beaux yeux.
Air : Des petits ballets. N°3.
Fin
Hortense
Dieux ! Eh pourquoi nous éloignez-vous, Pourquoi montrer tant de courroux ; Eh pourquoi nous éloignez-vous, D'un plaisir qui nous paraît si doux. Les ris et les jeux Suivent nos traces : Est-on heureux En chassant les grâces ; Sans nous, en ces lieux Tout est ennuyeux. Il n'est point de plaisirs Pour qui vit sans désirs. Eh pourquoi nous éloignez-vous, etc.
Air : Pour soumettre mon âme.
Le Vénérable
Nous avons des mystères, Il faut garder un secret : Votre sexe, mes chères, Par goût n'est pas fort discret : Mille soins sous votre empire Empoisonnent nos beaux jours.
Air : Si des Galants de la Ville.
Bis.
Hortense
De nous vous pouvez médire, Vous y reviendrez toujours. Les Femmes, mon cher grand maître Même en vous donnant des fers Sont des sieurs qu'Amour fit naître Pour embellir l'Univers. Là discorde, ou la tristesse Sans nous, occupent vos jours ; Nous apportons l'allégresse, Nous réveillons les amours. Les Femmes, etc. Quelquefois, sous notre chaîne Il en coûte des soupirs, Mais quand on connaît la peine. On sent bien mieux les plaisirs. Les femmes, etc.
Air : Entre l'amour et la raison.
Surveillant
Cessez ces propos ennuyeux.
Marine
Oui, sortons, nous ferons bien mieux.
Hortense
Marine, voulez-vous vous taire.
Marine
Ne point parler, mais on rira.
Air : Tout roule aujourd'hui dans le monde.
Air : Allons gay.
Hortense
Mais vous savez qu'à l'Opéra Osiris fait seul son affaire. Tant en cabriolets qu'en diables, J'ai fait voiturer en ces lieux Bon nombre de Nymphes aimables ; Vous pouvez leur offrir vos voeux. Rien n'est si beau que leur conduite : Aimez-les, vous ne risquez rien ; Je vous ai fait choisir l'élite Des Princesses du magasin. Mais pourquoi ce silence ? Révérez-vous toujours ? Comment chacun balance À suivre les Amours : Allons gai, Toujours gai, D'un air gai.
Air : Ceci fort peu m'embarrasse.
Surveillant
Oui, morbleu de ce silence ; J'ai tout lieu d'être en courroux, Comment frère, leur présence Vous a-t-elle troublez tous ?
Hortense
Pense-t-il par sa grimace Nous inspirer de l'effroi, Sa voix dure et sa disgrâce Me font rire malgré moi.
Air : Tambour d'amour.
Surveillant
Braves Francs-Maçons, Suivez mes leçons; Par de cruels affronts Vengeons notre injure, Sans aucun égard Ôtons leur ce fard, Qui sait avec tant d'art Voiler la nature.
Le Vénérable
Cruels, arrêtez, Si jamais vous m'irritez De tant de témérités...
Surveillant
Menace vaine, Suivez tous mes pas, Perdons ces trompeurs appas.
Le Vénérable
Je tremble pour vous, ma Reine.
Les Francs-Maçons sortent conduits par les deux surveillants.
Hortense
Je ne les crains pas.
Scène 5
Hortense
Air : Que chacun de nous se livre.
Air : Mais comment ses yeux font humides.
La suite d'Hortense sort.
Hortense
Oui, bientôt par ma prudence Leur fureur s'apaisera : Suivons dans cette occurrence Les leçons de l'Opéra. Ses ressources sont fort bonnes ; C'est par de petits présents Qu'Osiris des Amazones Fait changer les sentiments. Apportez-moi, mes Demoiselles, Des noeuds d'épée, et des dentelles ; N'oubliez pas les grands chapeaux, Les redingotes en chenille, Pour courir le matin la Ville : Les fouets, les petits couteaux, Les cocardes pour les chevaux, Les grandes cannes en usage ; Car tous cela sied au visage, Surtout apportez des liqueurs, Des fleurs, Des bouteilles d'odeurs, Des canapés, de longues chaises Pour leur procurer tous leurs aises, Enfin, il faut de leur prison, Faire une petite maison.
Scène 6
Le Vénérable, Hortense
Air : Madame en vérité.
Le Vénérable
À nos lois, malgré mon courroux Vous me rendez parjure.
Hortense
Comment, je suis seul avec vous ? Quelle heureuse aventure ? Nous serons plus en liberté : Allons découvrez-moi votre âme.
Le Vénérable
Qui ? Moi Madame, Eh, mais en vérité, Vous avez bien de la bonté.
Menuet d'Hésione.
Hortense
Pourquoi nous faites-vous l'injure De nous bannir ?
Le Vénérable
Ce sont nos lois.
Air : J'aime une ingrate beauté.
Hortense
Vos lois outragent la nature, N'en croyez jamais que sa voix. Elle a formé les doux noeuds Qui nous joignent l'un à l'autre. Votre sexe n'est heureux, Qu'alors qu'il s'unit au nôtre. Il en conte à vos coeurs, Quelque soin pour nous plaire ; Mais on n'obtient des fleurs Qu'en arrosant la terre.
Air : Les favoris de la gloire.
Air : Ture lure.
Le Vénérable
Votre adresse séduisante Ressemble sexe imposteur, Aux feux que la terre enfante Pour tromper le voyageur, Il se perd suivant ces guides ; L'espoir aide à son erreur : Ainsi, vos faveurs perfides Nous éloignent du bonheur. Nous jouissons en ces lieux D'une paix tranquille et pure : Sans vous, nous sommes heureux.
Air : Ce ruisseau, qui dans la plaine.
bis.
Hortense
Turelurre. J'en doute à votre encolure, Robin turelurre, turelurre. Loin d'un sexe né pour plaire, Quel est donc votre plaisir ? La paix qui vous est si chère Vaut-elle un tendre désir ? Un Amant près de sa belle Méprise la liberté, La douceur d'être aimée d'elle Le mène à la volupté. Plus un tendre amour l'engage, Plus l'ivresse de son coeur Lui dit qu'un doux esclavage, Est l'image Du bonheur.
Air : J'aime une jeune Brunette.
Le Vénérable
Oui, mon coeur pourrait se rendre Au jeune enfant de Cypris, Si de l'ardeur la plus tendre, Le bonheur était le prix, Mais d'abord, c'est l'artifice Qui fait naître nos désirs, Et bientôt un vain caprice Empoisonne nos plaisirs.
Air : À notre bonheur l'Amour préside.
Hortense
Pour deux coeurs qu'un tendre amour enflamme, Un caprice est un moment heureux, Ils se quittent, mais au fond de l'âme Ils brûlent de resserrer leurs noeuds : À leurs transports, le calme succède, La Maîtresse cède, Et de son amour L'amant prend bientôt un nouveau gage, C'est après l'orage L'éclat d'un beau jour.
Air : Tout parle amour.
Air : Babet que t'es gentille.
Le Vénérable
Je veux en vain me défendre, Il faut me rendre À vos accents : Ils ont enchanté mes sens ; Vous voyez l'Amant le plus tendre ; Oui, mon coeur, dans ce beau jour Connaît l'Amour, Cède à l'Amour. Par un aveu flatteur, Répondez à ma flamme ; Non, jamais tant d'ardeur N'a régné dans mon âme, Je n'aime que vous.
bis.
Air : Bouchés Naïades vos fontaines.
Hortense
Que ce mot est doux ! Que ma joie est extrême ! Votre coeur vient de s'enflammer. Quoi ! Mes yeux ont pu vous charmer Ah ! puissiez-vous toujours m'aimer. M'aimer. Toujours de même. J'entends du bruit.
Le Vénérable
Ah ! Chère Hortense, Rassurez-vous sur ma puissance ; En vain, les frères contre vous...
Hortense
Ne craignons rien, c'est mon escorte. Nous apaiserons leurs courroux, Par les présents qu'on leur apporte.
Scène 7
Hortense, Marine
Air : À l'ombre de ce vert bocage.
Hortense
Avez-vous rempli mes demandes ?
On entend du bruit.
Marine
Oui, belle Hortense, les voilà, Mais nous n'avons pas de guirlandes, On a tout pris à l'Opéra, Pour enchanter les Amazones : Osiris en vainqueur malin En emploie quinze mille aulnes, Dont on forme un grand baldaquin.
Scène 8
Le Vénérable, Le Premier Surveillant, Hortense, Le Second Surveillant, Tout Le Choeur
Air : Ô vous puissant Jupin.
Le Vénérable
Ciel on vient en ces lieux ! Je vois, furieux Votre projet affreux.
Le Premier Surveillant
Avançons braves Compagnons, Suivons les leçons De nos anciens Maçons Rappelez vos serments, Qu'en ces instants.
Air : Comme vla qu'est fait.
Le Vénérable
Quoi vous oseriez téméraires ?
À sa suite.
Les femmes donnent aux hommes des noeuds d'épée etc.
Hortense
Je vais apaiser leurs fureurs. Vous, que l'on porte à tous les frères, Nos petits présents et nos fleurs, Qu'un noeud de rubans les enchaîne, Remplissons d'ambre la maison.
Le Second Surveillant
Ma foi pour calmer notre haine, Vous prenez la bonne façon : Oh que ça sent bon.
Tout Le Choeur
Oh que ça sent bon.
Air : De tout temps le jardinage.
Le Second Surveillant
Oui, sous votre heureux empire, Malgré nous tout nous attire, L'Amour dicte vos accents, Vos yeux brillent de ses flammes, Et pour enchanter nos âmes, Vous savez charmer nos sens.
Air : La Bourgogne.
Le Premier Surveillant
Quoi, de pareilles misères Pourraient tous vous arrêter. Eh bien ! Je vais seul mes frères.
Le Vénérable
C'est trop enfin m'insulter, Je vais bientôt punir, traître, Ton impertinent fracas, En qualité de grand maître, Je te bannis du repas.
Le Premier Surveillant
Quel arrêt ! Le repentir À mon courroux succède ; Vous savez trop bien punir : Oui, Maître, à votre désir, Je cède, je cède, je cède.
Air : De tous les Capucins du monde.
Cette parodie est terminée par un ballet, dont la musique est prise dans l'acte même que l'on a eu dessein de parodier. Il commence par une marche dansante, dans laquelle les hommes s'unissent avec les femmes. Cette marche est suivie d'un pas de deux, qui forme par lui-même tout le plan et l'intrigue de la pièce. Une femme veut attendrir un homme qui lui résiste d'abord et qui lui cède à la fin. Le corps du Ballet qui succède au pas de deux, aussi bien que la contredanse connue vulgairement sous le nom des oiseaux, achève de marquer l'union des francs-maçons avec les femmes, et le Chorégraphe a donné des preuves de son talent en adoptant avec art dans une contredanse très courte et composée simplement de douze personnes, les figures les plus connues de la maçonnerie.
Le Vénérable
Enfin, vous l'emportez, Hortense, Formons une heureuse alliance, Que votre suite pour jamais Vienne s'unir avec nos frères, Et que les femmes désormais Soient admises à nos mystères.