Au Déclin
Scène 1
Manicamp, Racine
Ils causent.
Manicamp
On vous nommait déjà janséniste et boudeur Car vous nous témoignez, monsieur, quelque froideur. Et l'on ne vous voit guère à la Cour, sans reproche...
Racine
Que voulez-vous, marquis, peu de chose rapproche De ces lieux fortunés un poète vieilli Avec quelque respect qu'il y soit accueilli. Mais, si la Cour et moi faisons mauvais ménage Il n'en faut, malgré tout, accuser que mon âge : Je ne sais presque plus tourner un compliment. Mais chacun, au surplus, s'en console aisément.
Manicamp
Oh ! Pour ce mot, Monsieur Racine, je proteste : Vous êtes admiré des plus fiers sans conteste. Pour frivoles et vains que soient les courtisans Ils ne sont point frappés que par des.mots plaisants Et savent mesurer, remplis de déférence, Du génie à l'esprit toute la différence, Et le nom de Racine est parmi les grands noms !
Racine
Monsieur !...
Manicamp
De vous à moi, nous nous embéguinons ! Ne cherchez plus ici la gaité familière Du temps où souriait, charmante, La Vallière Ni même de celui, plus noble, où Montespan, Hautaine et fastueuse, escortait son amant. Nous sommes vertueux ! L'ennui nous assassine Et nous avons l'aspect grave et l'humeur chagrine. Louis est soucieux : comment ne l'être pas ? La gêne appesantit nos discours et nos pas. Mais vous nous revenez tout à fait ?...
Racine
Non. Peut-être M'en irai-je demain.
Manicamp
Diable ! On ne saurait être Plus pressé.
Racine
Je voulais, au Roi, lire un placet Mon volontaire exil suivra son insuccès.
Manicamp s'éloigne.
Manicamp
Nous en reparlerons ; ce sujet m'intéresse. Excusez-moi. Monsieur ; c'est l'heure de la messe.
Scène 2
Racine
Laure entre sans te voir.
Racine
Ô rêves ! Ô désirs ! Cruels et durs vainqueurs ! Vous, que rien ne saurait étouffer dans les coeurs Où vous dormez, sommeil prudent que tout agite ! Notre sagesse est vaine et n'est que la faillite Des beaux espoirs, qu'enfants, nous conçûmes parfois Lorsque vous nous parliez avec vos douces voix. Nos coeurs sont la forêt où l'ombre s'accumule, Où des oiseaux, qui se sont tus au crépuscule S'éveillent en sursaut, si la brise du soir Fait frissonner le bois. Il suffit d'un espoir Pour réveiller en nous les angoisses passées Les amours d'autrefois, les peines trépassées... Je me leurrais en vain du prétexte menteur De vouloir soulager le peuple et son malheur. À de plus doux objets mon âme s'intéresse Et je suis revenu, poussé par ma tendresse. Ô faible coeur humain ! La fatigue et les ans N'en peuvent apaiser les soucis séduisants. Hélas ! Les vrais amants aiment toute la vie ! Leur âme, large ouverte et jamais assouvie Ne saurait se plier au mol apaisement De la sagesse, sans plaisir et sans tourment. Or, j'ai voulu revoir, tant ce rêve m'oppresse, La douce enfant qui me montra quelque tendresse : Un amour très câlin, pur comme un malin clair Quand, à Saint-Cyr, jadis, elle jouait Esther. Mais, depuis ce temps-là !... L'enfant s'est faite femme Et peut-être, son coeur chanta l'épithalame De quelque amour nouveau ?... J'avais le souvenir, N'ai-je pas eu grand tort, mon Dieu, de revenir? Et pourtant !... Et pourtant, que l'espoir est vivace ! Comme ce bref bonheur de naguère m'enlace : La caresse de ses yeux noirs et de ses mains Dans les miennes ! Depuis, loin des tracas mondains Je voulais oublier tout dans la solitude ...Et, ce regard d'enfant troublait ma quiétude. Se souvient-elle encor qu'elle faillit m'aimer? Le temps inexorable a pu la transformer À tel point que j'aurai peine à la reconnaître ? Ah ! C'est elle ! Mon Dieu ! Ne laissons rien paraître.
Scène 3
Racine, Laure de Naves
Racine
Mademoiselle...
Laure de Naves
Ah ! La bonne surprise ! Et moi, J'avais renoncé presque à vous revoir! Pourquoi Nous négliger depuis si longtemps ?
Racine
Que lui dire Le poète parfois désapprend de sourire... Hélas ! Il ne sait point, coeur toujours agité, Porter la lourde vie avec sérénité ! Or, le moindre souci, broché sur cette trame, Se répercute en longs frissons parmi son âme. ... Et puis, l'âge est venu...
Laure de Naves
La Gloire, n'est-ce pas L'éternelle jeunesse ?
Racine
Au delà du trépas Peut-être ! En attendant, j'aimerais mieux la vôtre : C'est celle de l'amour !...
Laure de Naves
Moi, je choisirais l'autre.
Racine
Ah ! Pouvoir être aimé ! Ce bonheur est sans prix !
Laure de Naves
Ne le pourriez-vous pas ?
Racine
Aurait-elle compris ?
Laure de Naves
Et vous aimez... quelqu'un?
Racine
C'est presque ridicule À dire, moi qui suis tout près du crépuscule !
Laure de Naves
En vérité, monsieur, vous êtes bien pressé De perdre le courage...
Racine
Oh ! Quel rêve insensé ! Où sont les désespoirs et les folles rancunes ? Un vent du large a balayé ces importunes.
Laure de Naves
Vous n'avez pas la foi ?
Racine
Hélas ! non ; j'ai souffert.
Laure de Naves
Alors, je vous comprends !
Racine
Tant de bonheur offert Ne vous le permet pas ! Relie, heureuse, entourée, Ô vous que la douleur n'a jamais effleurée, Non, vous ne pouvez pas savoir l'âpre combat Qui se livre en moi-même, et comme se débat Un être fier et fort, sous l'étreinte pesante Du Destin ! Cette vie aimable et complaisante, - La vôtre maintenant, — fut la mienne autrefois. J'ai connu le triomphe et les câlines voix Et les douces langueurs, les aveux qu'on soupire... ... Et maintenant !... C'est le retour... et je n'inspire Du passé, proche encor, suprême survivant Qu'hommage inattentif, et respect décevant !... Beaux discours, ciselés comme par des orfèvres Les mots que l'on me dit ne partent que des lèvres.
Laure de Naves
Mais la Gloire ?...
Racine
Ah ! Comme on donnerait, volontiers Tout au monde ! Et la Gloire ! Et ses fracas ailiers, Et ce pompeux bonheur, dépourvu d'allégresse... Allez ! Comme on donnerait tout pour la tendresse ! Deux bras qui s'ouvrent !... Mais, c'est tout le rêve humain !
Laure de Naves
Et quand ils font défaut, que tout le reste est vain !
Racine
Elle aime !... C'en est fait !... C'était inévitable ! Il suffit de la voir ! Ô peine inexorable ! Elle aime !... Elle aime !... Et moi, j'en demeure atterré, Quel chimérique espoir m'avait déjà leurré ?
Laure de Naves
Je ne suis plus la même, et je me passionne Aux ténébreux tourments de Phèdre et d'Hermione. Vous pouvez maintenant me dire vos secrets, Car la communauté de peines rend discrets Ceux qui souffrent... Ce sont peut-être des chimères Sur le ciel du bonheur, nuages éphémères ! Et vous serez heureux...
Racine
Ah ! Celle que j'aimais Est morte et je voudrais l'oublier à jamais, Ou, tout au moins, l'aimer comme on aime une morte ! Rien d'elle ne survit ; une étrangère apporte À mon coeur transformé des gestes inconnus. — Ses gestes caressants, que sont-ils devenus ?
Laure de Naves
Mais alors, que t'ont-il ?...
Racine
Ma misère est extrême Car elle ne sait pas seulement que je l'aime !
Laure de Naves
Si vous ne parlez pas !...
Racine
Sourire, elle saurait, Et s'émouvoir aussi, juste comme il faudrait. Un jour, imprudemment, je faillis tout lui dire, M'attirer l'ironique et très gentil sourire... Mais, au dernier moment, je me suis aperçu De mon absurdité...
Laure de Naves
Voyez l'espoir déçu, Cela peut arriver toujours !
Racine
Pas à votre âge Et vos charmes n'ont point à craindre un tel outrage.
Laure de Naves
Hélas !
Racine
Avez-vous des chagrins mystérieux ? Dites-les moi sans crainte, allez ! Je suis..... si vieux Confiez-vous à moi ; ce sont peines légères Sans doute; et vous tremblez d'alarmes passagères? Mon enfant...
Laure de Naves
Hé bien oui ! C'est vrai ! J'aime et j'ai peur !
Racine
Que craignez-vous ?
Laure de Naves
D'être oubliée, en plein bonheur, Après l'aveu, au lendemain de l'espérance ! Racine, croyez m'en, c'est la pire souffrance ! Oh ! Oui, j'aime ! Et je doute, et voudrais oublier. Je ne sais que pleurer et que m'humilier.
Racine
Faites-le devant Dieu qui, seul, guérit les âmes. Sa bonté verse en nous les suprêmes dictâmes. Le hautain réconfort, l'apaisement, l'oubli !
À part, en s'en allant.
Elle sort.
Laure de Naves
Qui sait ! Autour de moi, tout me semble pâli. Voyez-vous, je dois, tant ma douleur est affreuse, Renoncer à l'espoir d'être jamais heureuse, J'entends quelqu'un, je crois; Racine, sans adieu, Au revoir. Sera-t-il au rendez-vous, mon Dieu.
Scène 4
Racine
Après un silence, d'une voix raffermie.
Racine
Si les hommes pouvaient traiter en choses vaines Ces tendres sentiments qui causent tant de peines. Ne chercher en l'amour qu'un doux délassement, Au lieu de s'épuiser — si désespérément! — A poursuivre au delà de leur vaine apparence Les âmes mêmes, en leur manteau d'indifférence! Sans plus m'importuner de ma triste rancoeur, Je veux, souci plus haut que mon propre bonheur, Espoir moins décevant que l'amour et son leurre, Aider au réconfort de ce peuple qui pleure.
Scène 5
Racine, Madame de Maintenon
Il va au-devant d'elle et lui baise la main.
Racine
Ah ! Madame de Maintenon vient justement. Madame, je voudrais vous parler un moment
Madame de Maintenon
Monsieur de Manicamp, au sortir de la messe, Me l'avait dit ; aussi, Racine, je m'empresse Vers celui qui, pourtant, put nous abandonner, Puisqu'une affaire, seule, a su vous ramener.
Racine
Madame, excusez-moi, j'ai vieilli...
Madame de Maintenon
Non, Racine. Et nul ne vous croira ; votre air et votre mine Le démentent.
Racine
Pourtant, sans faire de façons. La vie, à ce sujet, m'a donné ses leçons.
Madame de Maintenon
Comme à chacun de nous. Au lieu qu'on s'en attriste Il faut s'incliner...
Racine
Sans murmurer ?
Madame de Maintenon
Janséniste ! Mais voyons ce qui vous amène. Vous savez Que mes soins amicaux vous furent conservés Malgré l'ingratitude et malgré votre absence ; Et que le Roi, pour vous est plein de complaisance.
Racine
Madame, je voudrais plaider auprès du Roi La cause de son peuple en piteux désarroi. Il ne peut supporter plus longtemps sa misère. Pour remettre un placet, c'est en vous que j'espère.
Madame de Maintenon
Le moment fut très mal choisi. Sa Majesté Doit pourvoir tout d'abord à la sécurité Du royaume.
Racine
Pourtant, le peuple s'exténue À la peine ; et si la misère continue On n'aura plus à protéger que des cercueils.
Madame de Maintenon
En ce moment, votre projet est plein d'écueils ; Le Roi pourrait s'en offenser, comme d'un blâme.
Racine
Mais vous ne doutez point de mon respect, madame. C'est l'intérêt du Roi, qui, seul, me fait parler ; Moi, je crois qu'il ne faut rien lui dissimuler.
Avec un mouvement do frayeur.
Madame de Maintenon
Donnez-moi ce papier, je veux d'abord le lire. Et, dès que je pourrai le faire sans vous nuire, Je vous promets de l'appuyer. Mon Dieu ! Le Roi !
Scène 6
Roi, Madame de Maintenon, Racine
Madame de Maintenon fait un mouvement pour dissimuler le placet. Le Roi les examine, moitié riant, déjà soupçonneux.
Montrant le placet.
Roi
Quel trouble tout à coup ! C'est un complot, je crois. Contient-il un pamphlet dont on me fait mystère, Ou d'un obscur dessein est-il dépositaire ?
Madame de Maintenon
Sire, c'est un placet.
Il baise la main de la marquise.
Roi
Vous avez bien choisi, Pour le remettre, la douce main que voici. Donnez-le moi, Madame, et soyez assurée De tout mon bon vouloir.
Madame de Maintenon
Ah ! Je suis atterrée !
Avec hauteur.
Roi
Mémoire pour le peuple ? Alors, il faut parler. S'agirait-il d'abus qu'on veut me signaler?
Racine
Le seul désir de voir votre règne prospère Autant que glorieux, me fait parler. J'espère Que vous m'excuserez de vous énumérer Les misères d'en bas qu'on vous laisse ignorer. Les champs restent abandonnés et sans culture; Vos paysans ruinés n'ont d'autre nourriture Que le pain d'orge et quelques fruits ; à peine" humains Ils s'en vont mendier le long des grands chemins. Sire, vous avez fait du grand peuple de France Le premier parmi tous ; mais sa longue souffrance Réclame maintenant quelque tranquillité. Ô Sire, vous serez, pour la postérité, Le roi superbe et grand, qui fit la France grande ! Mais le pays lassé vous implore et demande L'apaisement. S'il est partout au premier rang Cela lui coûta trop de larmes et de sang ! Ou le pressure par la gabelle et la taille Pour que vos généraux gagnent une bataille. Le peuple meurt de faim au chant des Te Deum.
Madame de Maintenon
Racine !
À Madame de Maintenon.
Il se retire sans même regarder Racine.
Roi
Vous parlez, ma foi, comme un tribun... Allez! Faites des vers et non des remontrances, J'ai de meilleurs commis pour me parler finances. Vous pourrez, tout au long, lire ce bel écrit !
Elle sort à la suite du Roi.
Madame de Maintenon
Hélas ! Le malheureux ! Je crois qu'il perd l'esprit !
Scène 7
Racine
Une pause.
Racine
Ô Roi ! Si tu montrais le fond de ta pensée ! Vanité tyrannique et toujours encensée Par les nobles valets attachés à tes pas ; Égoïsme intraitable et qui ne rougit pas De bâtir des palais quand le peuple mendie... — Peuple d'esclaves, mais dont la plainte assourdie Peut soudain se changer en longs cris de fureur; Âpre orgueil qui se croit au-dessus de l'erreur; Haine des êtres fiers de leur indépendance, Indulgent seulement pour quiconque l'encense; Seul besoin de splendeur; superbe et vanité C'est tout ce que contient ton âme, en vérité ! Que, pour ta politique et pour ta fantaisie Tout un peuple s'épuise ; et que se rassasie Ta monstrueuse ambition sans s'émouvoir Des appétits d'en bas ; tu ne sais concevoir Que l'or et le gala de ta cour solennelle. Et quand tu protégeas — de façon paternelle Comme l'on dit — les Arts, tu ne voyais en eux Qu'une gloire de plus pour ton règne ruineux. Mais tu n'entends donc pas la houle inassouvie Qui monte, réclamant une part de la vie ? Comme un rocher rompant tout l'effort de la mer, Entre ton peuple et toi,tu mets un mur de fer ! Pour toi, tout ! Et pour lui,l'angoisse et la souffrance! Ô despote ! Crois-tu donc que toute la France C'est toi seul ! Fou d'orgueil, enivré par ton rang, Prodiguant sans remords sa richesse et son sang ? ... Et si, quoiqu'un, venant troubler ta quiétude, Te révèle combien souffre la multitude, Seul, ton orgueil écoute ! Et de mots protecteurs Il te plaît d'offenser tes plus vieux serviteurs. Allons, le coeur frappé d'une double blessure, Je rentrerai, plus las, dans ma retraite obscure
Scène 8
Laure de Naves, Racine
Alors seulement elle voit Racine.
Laure de Naves
Il me trompait ! J'en ai la preuve ! Ah ! Maintenant Je suivrai vos conseils. A l'ombre d'un couvent, J'oublierai dans la paix l'ingrat lâche et frivole Qui brise un coeur de femme et trahit sa parole.
Racine
Enfant, n'y croyez pas. Jusqu'au pied des autels L'amour viendra chanter ses refrains immortels Quand on aime une fois, il faut aimer encore.
Laure de Naves
Vous dites ?
Racine
Au déclin des jours comme à l'aurore Il faut au coeur blessé de nouvelles amours, Et Dieu ne suffit pas... même en priant toujours !
Laure de Naves
Je ne vous comprends plus ! Mais je me désespère ! Conseillez-moi ; tantôt, vous me parliez en père ; J'ai besoin d'un appui ;...
Racine
Vous êtes, mon enfant, À l'aube de la vie et l'amour triomphant Reviendra, digne en tout, de vos jeunes tendresses. Chassez pour votre orgueil, d'inutiles tristesses.
Laure de Naves
Vous êtes mon ami, pourtant...
Madame de Maintenon entre soucieuse, un peu solennelle. Laure demeure muette et clouée sur place par la surprise que lui cause le mot de Racine.
Racine
Je vous trompais Ou plutôt, je me suis leurré. Je vous aimais D'amour !
Scène 9
Laure de Naves, Madame de Maintenon, Racine
Laure de Naves
Mon Dieu !
Madame de Maintenon
Qu'avez-vous fait ? Quelle imprudence! Un tel discours, au Roi ! Mais c'est de la démence ! Vous pouviez, sans retour, nous perdre tous les deux. Quel orgueil vous dicta ces pensers hasardeux ? Laissez agir pourtant mon amitié fidèle. Mais restez à la cour, il le faut, mon rebelle !
Racine
De songes merveilleux, moi, je vous bercerai ; Laure, oubliez l'ingrat ! Je vous consolerai.
Laure de Naves
Malgré la trahison, Racine, j'aime encore...
Madame de Maintenon
J'ai compris maintenant ; c'est elle qu'il adore !
Racine
Madame, c'en est fait, je ne veux pas lutter Et mon coeur méconnu n'a rien à regretter.
Madame de Maintenon
Ô Racine, parfois il est dans l'existence Un jour de deuil où quelque peine plus intense Harcèle et fait plier le coeur endolori. L'avenir, devant nous, paraît tout assombri ! Mais qu'importe, pour vous, le lourd chagrin d'une heure ! Sur les troubles présents, votre gloire demeure Triomphale, éclatante, et durera toujours ! Nos intrigues, nos pleurs et les pâles amours Où notre coeur, parfois, s'amoindrit et succombe, Seront, depuis longtemps, enfermés dans la tombe, Que vous demeurerez, planant sur l'univers ! Ce siècle, tout entier, revivra dans vos vers ! Racine, croyez-vous que jamais on oublie Votre Esther, Bérénice, Andromaque, Athalie ? Pourquoi vous vois-je ici, sombre et désespéré ? La Gloire vous attend !
Racine
Madame, j'en mourrai !