Dialogue · 1662

Des fleurs

de René Bary

Représentation
≈ 2 min
Distribution
1 femme, 1 homme
Répliques
7
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Tyrene H 4 ≈ 2 min 1
Angélique F 3 ≈ 1 min 1
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Des Fleurs

Scène 1

Tyrene, Angélique

Angélique donne des fleurs à son serviteur.

Tyrene

Les fleurs que vous me donnez sont très belles, et je les reçois avec d'autant plus de plaisir, qu'elles ont été cueillies de vos belles mains. Mais permettez-moi de vous dire, belle Angélique, que si elles réjouissent mes sens, elles attristent mon esprit, et que si elles me font penser au bien que votre belle humeur me fait, elles me font penser au bien que votre mauvaise humeur me refuse.

Angélique

Ce discours qui semble beau, semble obscur, et je ne serais pas fâchée d'en entendre l'explication.

Tyrene

Vos fleurs me représentent le bien que votre belle humeur me fait, parce que comme elles réjouissent ma vue, et fortifient mon cerveau, les espérances que vous me donnez flattent mon imagination et fortifient mon courage, et elles me représentent le bien que votre mauvaise humeur me refuse, parce que comme leur vivacité s'évanouit presque aussitôt qu'elle paraît, mes espérances se perdent presque aussitôt qu'elles naissent.

Angélique

Si j'eusse crû que mon présent eut produit un si mauvais effet, je me fusse bien gardée de vous donner des fleurs.

Tyrene

Je ne me plains plus, puisque mes plaintes vous touchent ; votre déplaisir efface le mien, et je suis même gai de ce que vous êtes triste.

Angélique

Si cela est, je me repens de ce que j'ai dit, puisqu'au lieu de prendre part à mon ressentiment, vous faites votre joie de ce qui fait mon chagrin.

Tyrene

Ha ! Belle Angélique, repentez-vous de vous être repentie ; ce qui vous choque m'offense, ce qui vous blesse m'outrage ; et si je suis bien aise que ma douleur vous fâche, c'est que mon bonheur dépend de votre secours, que la tendresse est une disposition à la pitié, et qu'il est malaisé d'être compatissante et d'être insecourable.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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