Comédie · 1764

L’amateur

d’Auguste-Louis Bertin d'Andilly

Représentation
≈ 35 min
Distribution
2 femmes, 3 hommes
Répliques
272
Écriture
En vers
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Valère H 72 ≈ 13 min 11
Damon H 105 ≈ 12 min 12
Constance F 54 ≈ 4 min 6
Pasquin H 23 ≈ 3 min 4
Céliante F 17 ≈ 3 min 1
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle L'Amateur
Valère absentabsentabsentabsentabsentabsent
Damon absentabsentabsentabsentabsent
Constance absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Pasquin absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Céliante absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
PDF

L'Amateur

Scène 1

Damon, Constance

Damon

Te voilà triste et bien rêveuse. Et tu quittais hier le couvent sans douleur ! Tu me parus même joyeuse ; Tu m'embrassais de si bon coeur !

Constance

Ah ! Vous ne m'aimez plus, mon père.

Damon

Moi, je ne t'aime plus !

Constance

Je n'en saurais douter.

Damon

Qui pourrait donc t'inquiéter ! Je t'aime, mon enfant.

Constance

N'aviez-vous pas fait faire....

Damon

Quoi ?

Constance

Ma Statue en marbre : oh ! Pour lors vous m'aimiez, De mon absence vous disiez Qu'elle vous consolait ; Eh bien ! Je l'ai cherchée Dans toute la maison, et j'ai perdu mes pas.

Il rit.

Damon

Que je te serre dans mes bras. Le reproche me plaît, mais ne sois point fâché ?

Constance

Quoi ! Vous riez !

Damon

Je ris de ton étonnement, Et plus encor de ma folie. Tu connais Valère ? Au couvent, Nous nous entretenions de Valère souvent.

Constance

Lorsqu'il partait pour l'Italie, Je m'en souviens, je le vis un moment.

Damon

On t'embrassait encor : tu n'étais qu'une enfant.

Constance

Mais j'avais bien dix ans.

Damon

Et dis-moi, je te prie, Tu ne te souviens point qu'il te trouva jolie ?

Constance

J'ai bien changé depuis.

Damon

Assez pour mon dessein.

Constance

Je l'ai, je vous l'avoue, aperçu ce matin.

Damon

Quoi ! Malgré ma défense ! Et t'a-t-il aperçue ?

Constance

Non.

Damon

Tant mieux.

Constance

Pourquoi donc ? Et quel rapport enfin Entre Valère et ma statue ?

Damon

Laisse, laisse-moi faire : Oh ! J'ai quelque raison.

Constance

Pourquoi me la cacher ? Et quel est ce mystère ?

Damon

J'avais résolu de le taire Mais il faut te céder. Eh bien, tu sauras donc Qu'il aime tous les Arts ; qu'il est fou de Peintures, D'Architecture, de Sculpture.

Constance

Serait-ce un de ces gens qu'on appelle amateurs ?

Damon

Je ne le confonds pas avec la populace De ces modernes protecteurs, Qui des talents divers osent marquer la place, Des Artistes sont les tuteurs, Se forment une Cour où leur grave manie ; Daigne corriger le génie ; Qui jugent et peinture, et la prose et les vers, Et qui jugent tout de travers. Il n'est pas, lui, de cette espèce : Il critique sans air, il loue avec finesse ; Sait manier avec adresse, Le pinceau, le burin ; il use noblement Surtout de ses grandes richesses. Il saura secourir un Artiste indigent, L'animer, le produire et cacher ses largesses. Je crois que l'on peur estimer Un Amateur si jeune et de ce caractère.

Constance

Je crois même qu'on peut l'aimer.

Damon

Oui, l'aimer, c'est mieux dit, et j'aime fort Valère. Aussi je lui prépare une bonne-leçon. Il est gâté par l'Italie, Charmant, mais un peu fou ; c'est une maladie, Que indiscrète passion, Dont... tu dois le guérir.

Constance

Mais il ne m'a pas vue.

Damon

Et c'est bien mon intention Qu'il ne te sache pas même dans la maison. De ses gens tu n'es point connue. Mais il te verra, sans te voir. Je lui fais vendre ta statue Pour une Antique. Eh bien ! Sens-tu tout le pouvoir, Tout l'effet d'une Antique ? Elle aura son suffrage, Elle passe pour Grecque. Heureusement pour nous, La mode est pour le Grec ; nos meubles, nos bijoux, Étoffe, coiffure, équipage, Tout est Grec, excepté nos âmes ; et d'ailleurs, Ta Statue a trompé jusqu'à des Connaisseurs.

Constance

Cela me réjouit d'avance. Pour lui je serai donc une Antique ? Je pense Qu'il sera bien surpris. Mais ne craignez-vous pas, De le blesser, de lui déplaire ? Les hommes, m'a-t-on dit, sont tous si délicats Sur l'amour-propre ! et c'est se moquer de Valère, Il ne faut point.

Avec vivacité.

Damon

Le pauvre enfant ! En effet, je le plains, et j'aime ton scrupule, Je te le dis encor, je veux absolument Le corriger d'un ridicule. C'est un enthousiaste ! Ennuyé de Paris, Il brûle d'habiter l'Italie un pays, Où tout charme, dit-il, mes yeux et mes oreilles, Où je marche entouré des plus rares merveilles. Il n'a point de lien qui puisse l'arrêter. Feu son père, au retour de ce premier voyage, Se proposait de lui faire accepter Céliante, une veuve, et coquette et volage, Très bon parti du reste ; il cherche à l'éviter. Il faut avoir l'honneur de le fixer en France.

Constance

Mais avez-vous quelque espérance ? Pour moi, je ne crois point.

Damon

Ma fille, il faudra voir.

Constance

Mais quelle impression peut faire une statue ?

Damon

C'est-là ce que je veux savoir. Je l'attends : laisse-moi. Je t'ai bien entendue ? Et nous nous reverrons dans peu.

Constance

Mon père, en vérité, cela passe le jeu.

Damon

De quoi s'alarme-t-elle ? Ah ! bon, je vois paraître Pasquin.

Scène 2

Pasquin, Damon

Pasquin

Oh ! Pour le coup, Monsieur, voilà mon maître Épris, épris d'une Beauté !

Damon

Comment donc ! Quelle nouveauté ! Valère est amoureux ?

Pasquin

Oui, Valère lui-même, Amoureux.... sans rivaux.

Damon

Tu m'étonnes. Qui ? lui ! Mais depuis quand ?

Pasquin

D'aujourd'hui.

Damon

D'aujourd'hui !

Pasquin

C'est une passion subite mais extrême.

Damon

L'objet a donc bien des appas ?

Pasquin

Une merveille incomparable !

Damon

Comment la nomme-t-on ?

Après avoir hésité.

Pasquin

On ne la nomme pas.

Damon

Son nom est un secret ? Tu me fais une fable. Est-elle jeune ?

Pasquin

Oh ! Non ; mais sa beauté !

Damon

Dis-moi du moins sa qualité.

Pasquin

Sa qualité ! Vraiment, c'est ce qui le captive, Ce qui rend son ardeur et si prompte et si vive.

Damon

Lui ! par la qualité se laisser éblouir ! Qui l'aurait soupçonné d'une telle faiblesse ? Doit-il bientôt conclure ?

Pasquin

Il conclut, il se presse, Il est ardent, il veut jouir.

Damon

Mais quelle est-elle enfin ?

Pasquin

Monsieur... c'est... une Antique.

Damon

Une Antique !

Pasquin

Oui, Monsieur, la chose était comique, J'en ris encor ; cela faisait tableau. Par je ne sais quel homme il se laisse conduire Chez l'heureux possesseur de ce rare morceau. À peine on vient de l'introduire ; Tout-à-coup un objet nouveau, Le frappe, le saisit ; (ce n'est qu'une Statue,) Toute son âme est dans ses yeux ; Il se tait, il admire, il est rêveur, joyeux, Questionne, interrompt, et pour en juger mieux Change vingt fois de point de vue. Oh ! Ce Marchand est un nigaud, Si, dans ce moment même, elle n'est pas vendue Quatre fois plus qu'elle ne vaut.

Damon

Elle lui plaît cette statue ?

Pasquin

Elle me plaît aussi ; car elle n'est pas mal : Je l'estime un original.

Damon

J'en crois Pasquin ; Pasquin doit s'y connaître.

Pasquin

Ma foi, je m'y connais, autant que lui peut-être ; Mais sans en perdre le sommeil, Comme lui.

Damon

Tout de bon ? Ton Maître.. ....

Pasquin

Vous n'avez rien vu de pareil ; Sans cesse il m'étourdit des Beaux-Arts, du génie. Oh ! Si je vous contais nos exploits d'Italie ? Au milieu d'une rue il s'arrêtait souvent, Pour lorgner, d'un oeil immobile, Une façade, un péristyle. Il n'apercevait pas tout un peuple ignorant, Qui le regardait en riant. Quelquefois, surveillant utile, Mes deux bras sans respect l'ont remué, poussé, Au moment où mon homme, admirateur tranquille, Sous une voiture incivile Impitoyablement eût été renversé. Et dans Herculanum ! Ô l'abîme effroyable ! Il y faisait un froid du Diable. J'enrageais. Lui, charmé de ce lieu souterrain, Tout occupé du beau, tout rempli de l'histoire Il oubliait de manger et de boire, Et s'étonnait que j'eusse faim.

Scène 3

Valère, Damon, Pasquin

À Damon.

À Pasquin.

Valère

Un moment, cher ami ; pardon. Comment, coquin ! Oses-tu t'offrir à ma vue ? Dois-je te retrouver céans ? Je t'ai dit d'appeler deux ou trois de mes gens, Pour transporter cette Statue. Faut-il te le redire ?

Damon

Une statue ?

À Pasquin.

Valère

À moi ! Le prodige de la sculpture ! Va donc, cours, et prends garde à toi, Prends garde, si je vois la moindre égratignure. Je te....

Pasquin

C'est un morceau, ma foi, Si précieux, de ce fini que j'aime.

En courant après lui.

Valère

Hé ! ne bavarde pas ; je t'attends ici même. Écoute ; reviens vite au moins, Ne te hâte point trop, cependant : j'appréhende.... Entends bien, conçois bien que la chose demande De bons yeux, du zèle et des soins.

Pasquin

Oh ! Je le conçois à merveille. Monsieur, j'ai la tête et l'oreille Assez bonnes ; et puis, la Grèce... le respect...

Pasquin sort.

Valère

Allons, veux-tu partir ?

Scène 4

Valère, Damon

Valère

Je suis comblé de joie, Félicitez-moi donc.

Damon

Il faut que je la voie.

Valère

Quoi ! Mon suffrage est-il suspect ? Et, sur le transport qui m'enflamme, Craignez-vous d'admirer ? Monsieur est circonspect.

Damon

C'est donc une bien belle femme ?

Valère

Belle ! Vous la verrez.

Damon

Tant de morceaux exquis, Dont votre cabinet...

Valère

Le premier de Paris, J'en conviens, pour le choix : mais ma beauté nouvelle Sera son plus bel ornement. Cette beauté fut un modèle !... Ces Grecs étaient heureux !

Damon

Elle est Grecque !

Il embrasse Damon.

Valère

Oui vraiment. Nous nous y connaissons ; je la garantis telle. Jugez de mon enchantement ; Une Antique, mon cher !

Damon

C'est votre bonne étoile. Mais si vous vous trompiez et si le temps dévoile...

Valère

Et le coin de l'antiquité ! Oui, quoique des ans respecté, Ce marbre même atteste une vieillesse auguste. Par intérêt pour moi ne soyez pas injuste. On ne me trompe point. Le moderne ciseau Rend-il ce simple, ce vrai beau, Ce moelleux des contours, ces attitudes fières ? Nos Boulingrins et nos bosquets Sont remplis d'ébauches grossières, De vases, de colifichets : Rien de grand, rien de fort, nul choix dans les effets. Nous avons des Amours, de petites Laitières, Et surtout de jolis corsets. Nous excellons dans les misères.

Damon

Il est vrai, nous vivons dans de malheureux temps. Pigall[e] peut-il être un grand homme ? Rien n'est beau, s'il n'a deux mille ans, Et s'il ne vient ou d'Athènes ou de Rome. Girardon et Puget n'étaient que des enfants. Votre statue est Grecque, et du siècle peut-être De... Le nom de l'Artiste ?

Valère

Oh ! Je ne le sais pas, C'est un morceau si vieux ! mais il est d'un grand Maître : Il est de Praxitèle, ou bien de Phidias ; Oui, oui... de Phidias.

Damon

Je pourrai donc connaître Du Phidias ? parbleu j'en suis ravi. Mais d'où vient-il, ce marbre ? Il faut être éclairci : Car sans parler de ce qu'il coûte.

Valère

Dans un Château royal, maintenant en oubli, (Ce marbre était enseveli ;) C'est quelqu'un de nos Rois, François premier, sans doute... Ce Prince aimait les Arts.

Damon

Et les femmes aussi.

Valère

Oh ! Les Arts, les beaux Arts. Doux charmes de la vie, C'est vous qui faites les heureux ; Vous êtes seuls dignes d'envie, Trésors des esprits généreux.

Damon

L'enthousiasme vous inspire. Je le respecte et me retire. Je reviendrai tantôt admirer.

Valère

Admirer, C'est le mot.

Damon

Le voilà dans une erreur profonde, Jusqu'à présent tout me seconde : Le charme, opère, il faut le laisser opérer.

Scène 5

Valère

Après un silence.

Valère

Il se moque de moi ; mais il ne l'a pas vue. Je veux que bientôt ma Statue Me venge du railleur ; qu'il en soit enchanté. Du temps de ma Divinité, La Grèce avait peut-être cent mortelles Aussi belles, presqu'aussi belles ? Où trouver en Europe une telle beauté ? A cette heure même on l'apporte. Mais une roue, un choc peut faire chanceler, Mettre en pièces !... Moi-même il y fallait aller, J'entends du bruit à cette porte : C'est elle enfin, c'est elle apparemment.

Scène 6

Valère, Pasquin

Pasquin fait exprès un faux pas et laisse presque tomber la Statue.

Valère

Là doucement, Messieurs. Avancez. Doucement. Mes amis, que chacun se tienne sur ses gardes. Ah ! Malheureux, tu me poignardes !

Pasquin

Je ne suis point blessé ; n'ayez aucun effroi.

Valère

Maraud, je pense bien à toi ! Je tremble pour elle.

Pasquin

Ah ! Je vous en remercie.

Pasquin renvoie les autres Laquais d'un coup de main, impérieux, comme s'il leur disait : Sortez ignorants. Il va ensuite se placer vis-à-vis la statue et l'admire.

Apercevant Pasquin qui gesticule.

Valère

Sortez, sortez donc. Que d'amour Elle dût inspirer, et que de jalousie ! Encore ? Que fais-tu là ?

D'un ton de connaisseur.

Pasquin

Mais j'admire à mon tour. Notre voyage d'Italie M'a bien formé le goût ! elle est, elle est jolie ! La mollesse des chairs, les formes, le contour.

Valère

Paix.

Pasquin

Vous voyez pourtant que l'on n'est pas si bête.

Valère

Puis-je être seul ?

À part.

Pasquin

Monsieur veut être en tête à tête. Je pourrais aller boire ou dormir tout le jour.

Scène 7

Valère

Après un silence.

Valère

Ce drôle me gênait. Ah ! Quels sens et quelle âme ! Cela ne voit qu'un marbre, et je vois une femme, Telle qu'il n'en est plus. Il considère la statue de la tête aux pieds. Quel souris gracieux ! C'est la candeur d'une bergère Le port de la Reine des Dieux. Comme la taille est noble, élégante et légère ! Les belles chairs ! Le sang y paraît circuler. Et la bouche ! Elle va parler. O Sculpteur immortel, à qui je rends hommage, Que de fois le ciseau dût tomber de ta main ! Surtout en formant ce beau sein, Oui, tu devais toi-même adorer ton ouvrage. Ce marbre me semble animé. Grecque charmante ! Ah , si j'avais pu naître Dans son temps ! Que sait on ? Peut-être..... Mais combien de rivaux dont le coeur enflammé M'aurait disputé sa conquête .... Elle ne m'entend point... Elle a sans doute aimé, Car, avec ces appas, le moyen ?... Quelle tête !

Scène 8

Damon, Valère

Damon

Quelle tête ! Il a bien raison.

Valère

On parle d'un Pygmalion Qui fut l'amant de la Statue. C'est une fable, nous dit-on. Oui, pour les esprits froids c'est une fiction ; Mais moi, je sens combien l'on âme était émue. Ce n'était pas un fou que ce Pygmalion, Si la sienne égalait...

Damon

L'éloge que vous Est modéré.

Valère

Comment ! Vous étiez là ? Et vous avez entendu...

Damon

Vos fleurettes. Vous êtes éloquent pour cette beauté-là. Voilà donc le chef d oeuvre ?

Valère

Oui, Monsieur, le voilà. Ai-je tort ?

Damon

Elle est bien.

Valère

Elle est bien ! Ah ! Barbare !

Damon

Est-ce donc, après tout, une beauté si rare ? Pour vous plaire, faut-il en parler comme vous ?

Valère

Vous n'aimez pas les Arts, cher Damon, comme nous. Que n'avez-vous mes yeux pour saisir cet ensemble, Ces beaux détails ? Ce bras ! Ce pied ! Que vous en semble ?

Damon

Ho ! Ho ! Serait-il près de devenir amant ? Ceci passe le jeu, comme disait Constance.

Valère

Il ne regarde pas. Quel flegme ! Quel silence !

Damon

Parlons sans nous fâcher et sérieusement. Ces beaux Arts, dont votre âme est sans cesse occupée, Devraient au plus vous amuser. Ne peut-on vous désabuser ? Vous n'avez-là qu'une poupée.

Valère

Soit ; à vos traits malins je veux bien m'exposer ; Mais ma poupée au moins ne peut m'être infidèle. Je ne serai jamais contrarié par elle. On me parle de femme, en ai-je besoin, moi ? J'ai des mortelles, des Déesses, J'ai des Phrynés et des Lucrèces ; Je suis Amant, Époux et Roi ; Je suis même confiant pour toutes ces maîtresses : Ce que j'aimais hier, je l'adore aujourd'hui. Mon goût n'est pas de ceux qu'éteint la jouissance. L'esprit, l'esprit qui sent, qui pense A des plaisirs divins et qui ne sont qu'à lui.

Damon

D'accord, mais, mon ami, pourriez-vous méconnaître, Ces noms, ces liens si flatteurs, Premiers plaisirs, les seuls peut-être, Chers dans tous les climats, sentis par tous les coeurs ? Vos plaisirs, de l'esprit douce et vaine imposture, Valent-ils ces épanchements, Ces transports de l'amour que le devoir épure, Le souris d'une épouse et ceux de ses enfants, Tous ces délicieux moments, Qu'aux malheureux humains ménagea la nature ? Quelque temps avant de mourir Feu votre père allait vous établir.

Valère

Je le sais : il avoir de ces goûts-là, mon père ; Il s'était marié.

Damon

Mais, Monsieur l'Antiquaire, Si vous l'étiez vous-même un jour ?

Valère

L'amour m'a guéri de l'amour. Aime-t-on aujourd'hui ?

Damon

Mais vous faites la cour Je pense, à Céliante ?

Valère

À cette jeune folle, Jouant l'étourderie, et la joie et l'humeur ! Même aux yeux du grand monde ; elle paraît frivole. Elle sourit aux mots de génie et de coeur ; Va, sur tous les objets semant la parodie ; Juge un homme sur l'air, les grâces, le bon ton ; A tout son esprit en jargon, Et ne peut, sans vapeurs, voir une Tragédie. Pour qu'il songeât à ce parti, Qu'avais-je donc fait à mon père ? On sait que de ce choix il s'était repenti.

Damon

Céliante, il est vrai, ne va point à Valère, Et je la trouve folle aussi. Mais vous ne vous en devez guère : Il est tant de façons d'être fou, mon ami.

Scène 9

Valère, Plusieurs Laquais, Damon

Valère

Que veux-tu ?

Plusieurs Laquais

Céliante.

Valère

Ô Ciel !

Damon

Pour se voir peindre, Elle arrive fort à propos.

Valère

Toujours, toujours du monde et jamais de repos !

Damon

Une femme à la mode ; et vous osez vous plaindre !

Il est quelque temps rêveur.

Valère

Ce n'est pas moi qu'elle vient voir ; C'est mon Cabinet.

Damon

Mais ; allez la recevoir.

Scène 10

Damon

Il va du côte opposé à l'appartement de Valère.

Damon

Il me plaît, il m'étonne ; et plus je l'envisage, Plus je vois qu'il n'a point d'égal. Peut-il être amené de l'amour de l'image À l'amour de l'original ? N'en désespérons point ; c'est ma fille qu'il aime Dans ce marbre à des yeux si beau. Mais il peut se tromper lui-même ; S'il n'aimait qu'une Grecque, et que l'art du ciseau ? Saisissons ce moment de pénétrer Constance ; Et voyons si son coeur, ainsi que je le crois, Avec Valère un jour sera d'intelligence. Holà ! Quelqu'un.

Scène 11

Damon, Constance

Damon

Hé ! Ma fille, c'est toi.

Constance

On a fait bien du bruit ; sans doute la Statue Est dans la maison ?

Damon

Oui.

Constance

Valère l'a-t'il vue ?

Damon

Oui.

Constance

L'a trouvée... Antique ?

Damon

Oui.

Constance

Vous semblez chagrin, Mon père, Eh quoi ! Votre dessein Ne réussit pas ?

Damon

Au contraire ; Il a bien réussi.

Constance

Valère Est donc content ?

Damon

Mais, oui ; du ciseau, du sculpteur.

Constance

Je vous entends ; je n'ai pas le bonheur... La figure n'a point le bonheur de lui plaire.

Damon

Je ne dis pas cela ; mais je t'ai peint Valère Ne voyant que les arts, ivre de sa chimère. Tu parais triste !

Constance

Oh ! Non, eh ! Que m'importe à moi Le succès d'une Antique ?

Damon

Aussi de bonne foi, Je t'ai conté comment la chose s'est passée. Il a loué le marbre et le costume ancien.

Constance

Il a loué le marbre ? Où l'a-t'il donc placée ?

Damon

La voici. Tu ne dis plus rien.

Constance

Trouvez-vous qu'elle me ressemble ?

Damon

Parfaitement : les détails et l'ensemble, Tout cela me paraît assez bien.

Constance

Assez bien, Si vous voulez ; mais il me semble Que cet air là n'est pas le mien. Je n'ai point ces traits, ce maintiens, C'est mieux que moi, j'en suis persuadée Mais, en un mot, ce n'est pas moi.

Damon

Tant pis, car si Valère allait changer d'idée, Cela serait fâcheux.

Constance

Pourquoi ?

Damon

Parce qu'il la trouve charmante.

Constance

Lui !.. je n'ai pas besoin que vous me consoliez ?

Damon

Je le crois ; mais enfin tu dois être contente : J'ai voulu t'intriguer.

Constance

Eh ! Quoi, vous badiniez ?

Damon

Oui ; car il t'aime fort.

Constance

Vous me trompez peut-être

Damon

Non ; tu pourras bientôt connaître Qu'il est, qu'il est presque amoureux De son Antique ; il admire, il adore.

À part.

Haut.

Elle fait quelques pas.

Constance

Ah !... Mais il peut venir, je dois craindre ses yeux Et je vais m'éloigner.

Damon

Tu peux rester encore. Céliante avec lui parcourt son cabinet.

Constance

Quoi ! Céliante !

Damon

Oui ; cela te déplaît ! Qu'a de fâcheux cette nouvelle ?

Constance

Rien. Ne disiez-vous pas, mon père, qu'il devait... L'épouser ?

Damon

Ta mémoire est bien fidèle.

Constance

Mon père, vous la connaissez : N'est-elle pas jolie ?

Damon

Assez ; Et dans Paris on la cite pour belle.

Constance

Si je pouvais l'apercevoir !

Damon

Tu la crains ?

Constance

Je serais bien aise de la voir.

Damon

Allons, retire-toi bien vite ; Ils approchent tous deux.

Scène 12

Céliante, Damon, Valère

Céliante

Bonjour, Damon, j'irrite, Je désespère votre ami.

Damon

Il n'a pas l'air fort réjoui.

Céliante

Il est excellent votre ami. De son Cabinet magnifique A peine ai-je vu la moitié. Pour me montrer je ne sais quelle Antique, Il m'en a fait sortir. C'est un homme noyé, S'il continue. Avec quelle grave importance, S'il vous montre en détail ses marbres ses tableaux ! Il s'arrête avec complaisance Sur des chiffons qu'il trouve beaux. Si vous n'admirez pas les plus petits morceaux, Il pétille d'impatience.

Damon

Ce Cabinet pourtant lui fait honneur.

Céliante

Le Cabinet d'un Amateur ! Où je n'ai pu m'asseoir ; pas un meuble commode, Pas un des bijoux à la mode.

Bas à Damon.

Valère

Hé ! n'avez-vous pas vu les chefs d oeuvre de l'Art ? Mais elle ne voit point.

Céliante

Les chefs d oeuvre de l'Art ! Dites moi, ces grands mots nous viennent d'Italie. À son âge, jouer le rôle d'un vieillard ! Depuis... trois jours entiers vous n'êtes nulle part.

Damon

Lui, Madame ! il passe sa vie Dans une auguste compagnie. N'a-t-il pas près de lui des Catons, des Césars ?

Céliante

Et puis toute la Cour céleste. Sans doute une Vénus sourit à ses regards De quelque Diane modeste N'êtes-vous pas l'Endymion ?

Valère

Oh ! oui, j'ai tout l'Olimpe en ma possession.

Damon

Mais il vous manque un Dieu de cette Cour suprême.

Valère

Quel Dieu ?

Damon

Pouvez-vous l'ignorer ? C'est l'Hymen.

Après avoir lancé un regard de colère sur Damon.

Valère

Ah ! L'Hymen ! Je le dois honorer. J'ai su que mon père lui-même En voulait orner mon séjour ; Et l'Hymen... avec vous.... aurait été... l'Amour.

Céliante

Vous êtes trop galant : il est vrai votre père... Son amitié m'était bien chère.

Valère

Voici quelque chose de mieux Que tout mon Cabinet ; voyez : la belle Femme !

Céliante

Cela me semble à moi bien vieux.

Valère

C'est une Antique, une Grecque, Madame.

Céliante

Elle a l'air étranger. Vous aimez ce minois ?

Valère

Je lui trouve cet air qui plaît d'abord, qui touche.

Céliante

C'est être prévenu. La bouche...

Valère

Ah ! La bouche ! Lorsque sa voix...

Céliante

Vous l'avez entendue ?

Valère

Heureux qui put l'entendre !

Céliante

Les yeux ne disent rien du tout.

Valère

Moi, je suis étonné que le marbre ait pu rendre.....

À Damon.

Céliante

Pardon. Nous n'avons pas son goût. Jugez-nous, Damon, je suis sûre Que vous êtes de mon avis, Que vous trouvez cette figure Commune, ridicule, et laide en tout pays.

Damon

La taille... n'est point mal.

Céliante

Oui, pas mal. Quant aux grâces, Je n'en vois point les plus légères traces : Cela n'en eut jamais.

Valère

Des grâces, dites-vous ? Des grâces ! Elle en est pétrie ; Ah ! C'est peut-être l'Aspasie Qui sut charmer Socrate et vit à ses genoux Le Dieu de la Philosophie.

Céliante

Mais l'homme le plus sage eût été des plus fous...

Haut en riant.

Damon

Il sera furieux. Elle naquit en Grèce.

Céliante

Elle fit bien ; car jamais cette espèce N'eut fait fortune en France.

Valère

Avec quelle rigueur...

Elle lui donne un coup d'éventail : Valère se jette entre la S[t]atue et Céliante.

Céliante

Il n'en parlèrent pas avec plus de chaleur, S'il défendait une maîtresse. La défendez-vous pour l'honneur De votre goût et de la Grèce ? Comme elle tient sa tête ! Ah ! Dieu ! Quelle raideur ! Il est son Chevalier. J'en ris de tout mon coeur. Ne rougissez-vous point d'un pareil personnage, De renoncer au monde ? un nouvel équipage, Des bals, des soupers, des plaisirs, De l'amour sans fades soupirs, Et de l'esprit sans étalage, D'un homme tel que vous, c'est là l'heureux partage, Je dis plus, le devoir.

Valère

Dans vos cercles brillants Qu'irais-je donc trouver ? L'oubli des grands talents, L'air du plaisir et non le plaisir même, Les efforts que l'on fait pour paraître amusé. Les tristes lieux communs d'un bel esprit usé, Des sots que l'on caresse et peu de gens qu'on aime. Chez moi je goûte un calme purs Je vis heureux, je vis obscur ; Loin des froides plaisanteries, Des airs d'un fat titré, des riens, des flatteries ; Je suis de vingt siècles divers ; Et, de mon Cabinet, je parcours l'univers.

Valère oublie de l'accompagner. Damon lui fait signe. Valère l'accompagne en silence et d'un air embarrassé. Elle sort avec des éclats de rire forcés.

Céliante

Son extravagance est unique. Adieu, je vais revoir cet Opéra-comique Dont tout Paris déjà répète les couplets. Monsieur n'y viendra point, il est à son Antique. Revenu d'Italie, il doit à ses progrès D'estimer peu notre musique. Adieu donc ; aimez-la cette Grecque.

Scène 13

Valère, Damon

Valère

Monsieur, Veut-il encore que j'épouse ? Vous avez vu cette fureur jalouse. Les femmes !

Damon

C'est une noirceur.

Se retournant vers la porte par laquelle Céliante vient de sortir.

À la statue.

Valère

Je suis charmé de vous le dire, Madame, je l'aime, l'admire ; Elle est bien plus belle que vous. Tu peux braver sa haine et ses propos jaloux.

Damon

Vous, la consolez bien.

Valère

Oh ! J'abhorre l'envie.

Damon

Sa gloire en est peut-être à vos yeux affaiblie. Les traits de Céliante....

Valère

Ils me l'ont embellie. Ce prodige, une espèce ! Une espèce est fort bon. Je veux l'ôter de ce salon. Je veux, loin des yeux du vulgaire, Dans mon Cabinet solitaire, Dès aujourd'hui la placer de ma main, Mais quand j'y songe, tout est plein. Je vois cependant une espace Où je puis la placer avantageusement ; Mais j'ai mis là précisément Vénus... ma foi, Vénus lui cédera la place...

Damon

Vous serez bientôt de retour ?

Valère

Si vous veniez m'aider et juger de la grâce, De l'effet...

Seul.

Il veut suivre Valère, il aperçoit Constance.

Damon

Je veux bien, ce jour est un grand jour. Monsieur le Connaisseur verra dans ma famille Le modèle de Phidias.

Scène 14

Damon, Constance

Damon

Pourquoi donc reparaître ?

Constance

Il est sorti.

Damon

Ma fille Vous écoutiez.

Constance

Vénus a pour lui moins d'appas ; Et contre Céliante il m'a bien défendue.

Damon

Elle a dit bien du mal.

Constance

Lui plairait-elle moins. S'il là croyait moderne ?

Damon

Oh ! Tu prends trop de soins. Je ris de ta peur ingénue. Que t'importe après tout ?

Constance

Mon père, en me voyant, S'il aimait mieux une statue ?

Damon

Le choix ne serait point plaisant. Crois-moi, l'original vaut au moins la copie. Mais tu me retiens ; il m'attend, Hâte-toi de rentrer.

Scène 15

Constance

Elle s'approche de la statue.

Constance

Demeurons un instant, Rien qu'un instant. Est-elle en effet si jolie ? Mes yeux la trouvent bien ; mon coeur n'est pas content. Il est sûr qu'une femme... est bien plus animée. Par exemple, sans vanité, Mes yeux doivent avoir plus de vivacité. Oh ! L'âme n'est pas exprimée Sur un marbre ; jamais. Ce marbre cependant Peut-être est-il heureux de n'être pas sensible : Car, s'il cessait un jour de plaire c'est possible, Cela ne lui fait rien ; et moi, c'est différent. Il faut sortir ...On vient ; c'est lui ; je suis perdue ; Je ne puis l'éviter.

Scène 16

Valère, Constance

À part.

Valère

Bientôt tout sera prêt. Pour recevoir ma nouvelle Statue, On change tout mon Cabinet. Elle va bien l'orner ; c'est le premier objet Qui d'abord en entrant viendra frapper ma vue. D'autres rangés plus bas composeront sa Cour. Je veux que de la tête entière Elle les passe tous ; les premiers feux du jour L'embelliront d'une douce lumière.

Constance

Comme il parle de moi !... Je ne sais par où fuir.

Valère

Allons... Mais Ciel ! Que vois-je ? Ô surprise ! Ô plaisir ! Je ne me trompe pas ; c'est elle, c'est bien elle. De mon Antique, vous, vous êtes le modèle. Quel prodige ! Vous existez ! Je suis de votre siècle ! On me trompait.... restez. Vous détournez les yeux ! Dites, daignez me dire.

Constance

Monsieur !... Quel embarras ! À peine je respire.

Valère

Quel son de voix !... Comment ? Vous, dans cette maison ! Puis-je demander votre nom ? Et vos heureux parents ? Voilà votre Statue ; Elle est à moi ; mais vous !... Parlez ; vous l'aviez vue.

Constance

Oui, même ce matin je la croyais perdue.

Il court vers le Cabinet.

Il revient.

Valère

Je l'avais. Ah ! Damon ! Le connaissez-vous ?

Constance

Oui.

Valère

Il ne m'en parlait pas ! Le cruel ! Est-ce lui ?.... Oh, c'est lui, je vois tout.

Constance

Monsieur, pourriez-vous croire ...

Valère

Je crois qu'il me trompait. Il en aura la gloire ; Aurai-je le bonheur de ... de vous plaire ? Non, Je n'ose l'espérer.

Scène 17

Valère, Damon, Pasquin, Constance

Valère

Cher ami, cher Damon.

Damon

Ciel !

Pasquin

Oh diable, voilà la Statue animée.

Valère

Dites-moi, de quel nom doit-elle être nommée ?

Damon

Je vous fais compliment. Nouveau Pygmalion, Vous aurez invoqué l'Amour, Vénus sa mère ; Vous aurez dit fatal amour, cruel vainqueur !

Valère

Ce sont les mêmes traits. Damon, l'heureuse erreur ! Le coupable, c'est vous ?

Constance

Je crains votre colère.

Damon

Vous m'obéissez joliment, Mademoiselle.

Constance

Il est venu subitement ; J'allais me retirer.

Valère

Comment ! Vous paraissez le craindre !

Constance

Oui, Monsieur, c'est mon père.

Valère

Se peut-il ? Votre père ! Ô jour ! Ô doux moment ! Voilà donc de vos tours, Monsieur.

Constance

Oui, c'est mon père Qui lui seul a voulu....

À Constance.

Valère

Vous cachiez tant d'appas ! Il m'a joué. Vous que j'adore, Jouissez de mon embarras ; Je n'ose m'applaudir encore : J'étais si près de vous !

Damon

Mais vous n'y pensez pas ; Ce n'est qu'une Française.

À Constance.

À Damon.

Valère

Il n'est pas temps de rire. De l'Amour, de l'Hymen je redoutais l'empire : Je ne l'avais pas vue ; elle eut changé mon coeur. Sans l'Hymen, disiez-vous, il n'est point de bonheur, Les pères ont raison ; Et je commence à croire Que le mien... Vous étiez unis. Si vous chérissez sa mémoire, Prouvez-le, en adoptant son fils.

Damon

Ce changement tient du miracle. Qui ! vous ! Vous parlez d'épouser ! À des plus grands destins pourquoi vous refuser ; D'ailleurs, je vois plus d'un obstacle.

À Constance.

Valère

Il s'amuse de ma douleur. Par l'ami le plus cher me serez-vous ravie ? Cette Statue eut fait le bonheur de ma vie ; Elle va faire mon malheur.

Valère est prêt à l'embrasser.

Damon

Allons, je vois qu'il faudra bien se rendre. Oui, dans deux ou trois ans...

À Constance.

Valère

Deux ou trois ! Puis-je attendre Trois siècles ? Songez donc ...Je serai votre gendre : Vous m'aimez ; on le sait : dois-je craindre un refus ? Vos voeux sont-ils pour moi ?... Vous gardez le silence. Votre timidité m'offense ; Mais non, c'est un charme de plus.

Constance

De votre erreur mon père a fait un badinage ; Pour moi, ce n'était pas un jeu. Je ne sais si j'ai tort de faire cet aveu, Mais j'ai tremblé pour mon image.

Valère

À ce quelle inspirait combien vous ajoutez !

Damon

Et ton goût pour les Arts, si vif et si fidèle ?

Valère

En ce moment, les Arts sont éclipsés par elle.

Bas, à Valère.

Damon

Qui nous eut dit à tous les trois, Que ce jour fût celui de votre mariage ? Dans de certains moments, assez doux à ton âge, Vous rirez tous deux quelquefois, Au souvenir de ta folie.

Valère

Volontiers ! Oh ! Souvent. Je suis donc votre fils ?

Pasquin

Monsieur, n'allons-nous pas partir pour l'Italie ?

À Pasquin.

À Damon.

Valère

Tais-toi, faquin. Je suis guéri d'une manie... Et voilà comme il faut corriger ses amis.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

Du même auteur

Apprendre ce rôle pour de vrai ? Dans l’app Réplique, les autres personnages te donnent la réplique, et l’app te fait retrouver ton texte jusqu’à ce que tu le saches.