Scène 1
Une Israélite, Une Fille De Sion, Une Autre Fille De Sion, Le Choeur
Une Israélite
Loin d'ici profanes plaisirs, Dans d'innocents transports l'Amante le plus tendre, À l'époux qu'elle adore, adresse ses soupirs : La Terre se tait pour l'entendre, Et le Ciel s'ouvre au feu de ses désirs.
Une Fille De Sion
Celui qui du sein de la gloire, Fait partir à son gré la mort ou la victoire, S'attendrit à no pleurs, se plaît à nous charmer. Tous nos destins sont dans sa mon puissante ; Mais une âme pure, innocente, Seule est capable de l'aimer.
Une Autre Fille De Sion
Le bruit qu'a déjà su répandre Son nom sacré par toutes nos Cités, De son empire a fait dépendre, Le coeur de nos jeunes beautés.
Le Choeur
Le bruit qu'a déjà su répandre Son nom sacré par toutes nos Cités, De son empire a fait dépendre, Le coeur de nos jeunes beautés.
Une Israélite
Sensible à la voix qui l'appelle, Sur un char éclatant l'époux descend des Cieux ; Au premier regard de ses yeux, La Terre est plus riante, et la clarté plus belle. Fier d'un fardeau si glorieux, Le Chérubin ardent le soutient de son aile ; Et pour en adoucir la splendeur immortelle, La Charité précède et l'annonce en ces lieux.
Scène 2
L'Époux, L'Épouse, Une Fille De Sion, Le Choeur
L'Époux
Cher objet de mes soins, du charme qui m'attire Mon coeur est toujours plus flatté : Dans tes yeux la douceur respire, Plus touchante que la beauté.
L'Épouse
Mon bien-aimé, que mon ardeur te touche, Rends-moi le prix de ma fidélité ; Puisse de ta divine bouche, Sur mes lèvres passer l'aimable vérité. Jérusalem m'est un témoin fidèle, De la langueur dont mon coeur est blessé. Dois-je à tes yeux être moins belle, Si l'éclat de mon teint te paraît effacé ? Mon bien-aimé, que mon ardeur te touche, Rends-moi le prix de ma fidélité ; Puisse de ta divine bouche, Sur mes lèvres passer l'aimable vérité. Jérusalem m'est un témoin fidèle, De la langueur dont mon coeur est blessé. Dois-je à tes yeux être moins belle, Si l'éclat de mon teint te paraît effacé ?
L'Époux
Ce n'est qu'à l'éclat des armes, Qu'il me serait permis de comparer tes charmes ; Mais en vain sur leurs chars mes ennemis domptés, Même au delà des temps iraient porter ma gloire, Mon amour te retrouve en ces lieux écartés, Plus belle encor que la victoire.
L'Épouse
Non, Il n'est rien que tu n'effaces, Dans tout ce qui brille à mes yeux.
L'Époux
À la beauté tu joins les grâces, Présent le plus flatteur des Cieux.
L'Époux
Non, Il n'est rien que tu n'effaces, Dans tout ce qui brille à mes yeux.
L'Épouse
Cher époux, dois-je craindre encore De te voir écarter de ces heureux climats ? Dis-moi dans quel endroit la terre qui t'adore, Doit recevoir les traces de tes pas. De l'Astre qui nous lit la flamme dévorante, N'a point de ton épouse épargné les appas. Ne souffre point que plus longtemps errante, J'arrose de mes pleurs les lieux où tu n'es pas.
L'Époux
Tendre comme la tourterelle, Pour un époux absent gémissante comme elle, Non tu ne brilles point d'un éclat emprunté ; Ce n'est qu'à toit que tu dois ta beauté.
L'Épouse
Divin époux, rends mon coeur plus tranquille, Viens, au milieu de mes ardeurs, T'unir à moi dans cet asile, Que l'amour a semé de fleurs. Rien n'est égal dans l'ardeur qui me presse, Au bien que répand ton amour : L'odeur des parfums qui me laisse, Est plus pure encor que le jour.
Une Fille De Sion
Quel est cet auguste mystère ? Son Roi verse en son sein les plus riches trésors. Entre les bras d'une épouse si chère, Dans un sommeil divin se perdent ses transports.
Le Choeur
Quel est cet auguste mystère ? Son Roi verse en son sein les plus riches trésors. Entre les bras d'une épouse si chère, Dans un sommeil divin se perdent ses transports.
L'Épouse
Durez moments où mon époux repose, Moments où je le tiens attaché sur son sein, Comme une fleur nouvellement éclose, Et qu'il viendrait d'y placer se sa main. Loin de ses yeux dans l'ardeur qu'il m'inspire La tendre Écho rendait mes douloureux accents ! À ses côtés ma main brûlait l'encens, Pour parfumer l'air même qu'il respire.
Une Fille De Sion
Que tout ici garde un profond silence, Ruisseaux formez un murmure plus doux ; Chantres de ce bocage où règne l'innocence, Dans vos transports retenez-vous. Zéphirs faites vous violence : Mers suspendez la fureurs de vos flots, Suivez le cours d'une onde pure ; Que tout respecte le repos Du souverain de la nature.
Une Fille De Sion
Puisse à jamais, de ta gloire jaloux, Le Ciel dans une paix profonde Conserver nos chastes époux : C'est sur l'espoir d'un bien si doux, Que tout notre bonheur se fonde. D'un feu si pur dépend le sort du monde.
Le Choeur
Puisse à jamais, de ta gloire jaloux, Le Ciel dans une paix profonde Conserver nos chastes époux : C'est sur l'espoir d'un bien si doux, Que tout notre bonheur se fonde. D'un feu si pur dépend le sort du monde.