Divertissement spirituel · 1738

Esther

d’Augustin Nadal

Représentation
≈ 7 min
Distribution
1 femme, 2 hommes
Répliques
25
Écriture
En vers
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Esther F 7 ≈ 2 min 2
Une Israélite H 6 ≈ 2 min 2
Assuérus H 7 ≈ 1 min 2
Le Choeur N 3 ≈ 1 min 3
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Esther
Esther absentabsentabsent
Une Israélite absentabsentabsent
Assuérus absentabsentabsent
Le Choeur absentabsent
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Esther

Scène 1

Un Israélite, Le Choeur, Une Israélite

Un Israélite

Des bienfaits du Très-haut rappelons la mémoire ; Sa faveur nous comble des dons les plus chéris : Retracer nos périls, c'est célébrer sa gloire Qu'elle soit de nos chants et l'objet et le prix. Sous l'effort d'une main barbare Tout Israël étaient prêt de tomber ; Rien ne pouvait le dérober Aux coups que lui prépare Aman, d'un Roi puissant Ministre encore plus fier ? Mais au salut de ce peuple si cher Dieu qui veille, et pour lui tôt ou tard se déclare, Fait servir la beauté d'ESTHER.

Un Israélite

De la beauté chantons les charmes, C'est de tout un peuple en alarmes Qu'elle va révéler l'espoir : De deux beaux yeux en larmes Chantons tous le pouvoir.

Le Choeur

De la beauté chantons les charmes, C'est de tout un peuple en alarmes Qu'elle va révéler l'espoir : De deux beaux yeux en larmes Chantons tous le pouvoir.

Une Israélite

Dieu forme ESTHER à son image, Il lui fait part de ses traits souverains ; De la beauté lui-même fait usage De ses plus augustes desseins. La coeur le plus sévère De ses aimables coups se trouve combattu : C'est souvent du désir de plaire Que naît l'amour de la vertu.

Scène 2

Une Israélite, Esther, Le Choeur

Une Israélite

Charmante ESTHER, hâtez vous de répandre Des pleurs qui d'Israël vont changer les destins ; Au coeur d'ASSURÉUS portez les coups certains Dont notre bonheur doit dépendre. Mais déjà au pied de l'Autel Vos soupirs ont monté vers ce trône immortel, D'où va partir l'arrêt suprême Que le Ciel cache en ses décrets : Déjà frémit Aman de ces puissants attraits Que Dieu vient d'augmenter lui-même. Vous régnez sur le coeur du Roi ; Osez devant ses yeux vous montrer sans effroi : Parmi les soins d'un vaste Empire Ce n'est qu'à vos pieds qu'il respire.

Esther

Ah ! Quel espoir pourrait m'être permis ? De trop perfide Aman je connais l'artifice ; Le destin de l'État dans ses mains est remis, C'est à son gré que de ses ennemis Son injuste faveur obtient le sacrifice. Est-ce là la bonheur que je m'étais promis ! Ô toi, Seigneur, qui vois mon trouble et ma surprise, Est-ce ainsi que ta main préparait mes douleurs ; Le trône où je me vois assise, Doit-il être arrosé tant de fois de mes pleurs ? Ah ! S'il faut qu'Israël périsse, Que me sert l'éclat des grandeurs ; Et pourquoi nous semer de fleurs Les bords mêmes du précipice ? Des décrets de ta justice Qui peut percer les profondeurs. Sous quels dehors brillants ton courroux se déguise ? Faut-il que la terre s'instruise Par l'exemple de nos malheurs ! Le trône où je me vois assise, Doit-il être arrosé tant de fois de mes pleurs ?

Une Israélite

Dissipez vos frayeurs, j'en atteste vos yeux. J'atteste ces regards aussi purs que les Cieux : L'ennemi qui déjà dans son coeur nous immole, Et croit qu'un vain oracle abusa nos aïeux, N'a conçu qu'un projet frivole. Vous allez ramener la paix dans ce séjour : C'est la foi qui l'annonce, et l'espérance y vole Sur les ailes de l'amour.

Une Israélite

Le Ciel, n'en doutez point, prendra votre défense ; Le trône éblouissant n'avait autour de lui Que les soins séducteurs, que l'altière licence, C'est par vous seule qu'aujourd'hui L'écueil fatal de l'innocence, En devient le plus ferme appui.

Une Israélite

Allez où d'Israël la gloire vous appelle, Vos pas seront suivis d'une brillante Cour : Que ne peut point un si beau zèle, Quand il est conduit par l'amour ?

Le Choeur

Allez où d'Israël la gloire vous appelle, Vos pas seront suivis d'une brillante Cour : Que ne peut point un si beau zèle, Quand il est conduit par l'amour ?

Esther

Entrons, mêlons nos pleurs, venez, troupe infidèle : Et toi, dans mes desseins, Dieu des Juifs, soutiens-moi, Tourne à ta gloire encore le trouble où je me vois.

Une Israélite

Vole, amour, que ta flamme éclaire Un Roi dont la faveur a surpris la vertu ; Qu'avec toi seul il délibère : Vole dans ses conseils, amour que tardes tu [?]

Scène 3

Assuérus, Esther

Assuérus

Quel profane vers moi porte un pas téméraire, Et qui peut enfreindre des lois Qui lui doit imposer la majesté des Rois ? C'est vous, ESTHER ? D'où naît cette pâleur mortelle, Quel triste effet sur vous ma présence fait-elle ?

Esther

Sans votre ordre en ces lieux j'ose m'offrir à vous ; Hé ! Puis-je sans mourir craindre votre courroux !

Assuérus

Dans quel cruel état me jetez-vous vous-même ? Vous le savez, à prévenir vos voeux J'attache mon bonheur suprême ; Sans vous, sans mon amour extrême Je ne puis être heureux.

Esther

Hé bien, pour tous les Juifs qu'un grand péril menace, Souffrez qu'à vos genoux mes pleurs demandent grâce Dans Suse au glaive abandonnés Aman les a tous condamnés.

Assuérus

Quel intérêt pressant pour un indigne race Vient d'attendrir votre âme, et fait couler vos pleurs ? Lui devez-vous quelque reconnaissance ?

Esther

C'est de ce même peuple accablé de malheurs, Que votre épouse a pris naissance ; En verra-t-elle opprimer l'innocence, Et la laisserez vous en butte à ses douleurs ?

Assuérus

Ciel ! Est-ce à moi que ce discours s'adresse, Quand je brûle pour vous d'un feu toujours nouveau ? N'ai-je ceint votre front d'une auguste bandeau Que pour voir soupçonner na tendresse ?

Esther

Je sais dans vos bontés quel secours m'est promis, Dans votre ardeur pour moi rien n'a pu vous contraindre ; Mais c'est au rang suprême où le Ciel vous a mis, Que les plus grands coeurs sont à plaindre.

Assuérus

De l'Empire sur moi qu'exercent vos attraits; Parlez, que voyez-vous qui ne vous avertisse ?

Esther

Un ministre cruel va combler ses forfaits, Et surprendre votre justice ; Pour nous lancer les derniers traits, On n'attend qu'un instant propice.

Assuérus

Ah ! Que plutôt Aman éprouve le supplice Dont il vient d'ordonner lui même les apprêts ; Sur ses pareils que son sang rejaillisse, Pour être instruit de mes ordres secrets, Et pour punir qui vous opprime, HYDASPE dans ces lieux semble s'offrir exprès.

Scène 4

Assuérus

Ils sortent.

Assuérus

Viens, suis-moi, mesurons la vengeance et le crime.

Scène 5

Le Choeur

Le Choeur

Ciel ! Juste Ciel ! Que d'ESTHER à jamais Puisse durer la repos et la gloire : Si ses vertus annonçaient sa victoire, Que son triomphe égale ses attraits.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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