Prologue
Scène 1
Le Chevalier, Le Marquis
Le Chevalier
Marquis, restons ici, le grand monde m'accable, Et c'est dans les foyers un bruit épouvantable : Surtout un homme est là qui fait le bel-esprit, Et qui m'impatiente à chaque mot qu'il dit.
Le Marquis
Et ce poète encor, d'une nouvelle espèce, Qui déjà s'évertue à décrier la pièce ; Et qui, contre l'auteur sottement prévenu, Condamne son ouvrage avant que l'avoir vu.
Le Chevalier
Et ce beau, dont la voix à l'oreille est funeste, Et qui nous a chanté tout l'Opéra d'Alceste : J'en ai, je vous le jure, un mal de tête affreux : Je l'ai pensé brusquer...
Le Marquis
Que l'on est malheureux, De se voir accosté des gens de cette sorte !
Le Chevalier
Le remède à cela, c'est de gagner la porte, Comme nous avons fait ; et lorsque par la main Vous m'avez emmené, j'avais même dessein. Mais avez-vous ouï cette vieille Baronne ?
Le Marquis
Ah ! Que je la connais, et qu'elle a l'âme bonne ! Je ne crois pas qu'il soit, à parler franchement, Dans le reste du monde un esprit plus méchant. Il n'est point de repas, il n'est point d'assemblées, Où les femmes ne soient par elle déchirées : En arrière toujours ses grands coups sont portés, Et les hommes souvent ni sont pas mieux traités : Cependant elle affecte un air doux, plein de zèle ; Et personne ne sait se déguiser comme elle : Que d'une Dame on vante, ou les moeurs ou l'esprit, Plus on en fait l'éloge, et plus elle en médit : Elle aura, selon elle, un air de précieuse ; Ou sa conduite, enfin, sera trop scandaleuse. Si cette Dame arrive, aussitôt à grand pas, Elle court au-devant pour lui tendre les bras ; Et lorsque d'un côté la traîtresse l'embrasse, De l'autre, au même instant, elle fait la grimace.
Le Chevalier
Elle est là qui s'égaie avec de jeunes fous.
Le Marquis
C'était pour l'éviter que j'ai couru vers vous.
Le Chevalier
Hé bien ! Nous avons donc, cette même journée, L'un et l'autre à-peu-près la même destinée. J'ai voulu d'une folle aussi me garantir ; Et quand j'ai, comme vous, résolu de sortir, C'était pour éviter une Provinciale, Que je voyais venir à moi de l'autre salle : Elle ne manque pas de beauté, ni d'esprit, Mais elle est ridicule en tout ce qu'elle dit ; Et son extravagance est à tel point poussée...
Scène 2
La Présidente, Le Chevalier
La Présidente
Oh ! Pour le coup, je crois, que j'en serai blessée.
Le Chevalier
Ah ! Ciel !
La Présidente
Ce qui m'arrive est trop particulier. Mais que vois-je ? Est-ce vous, Monsieur le Chevalier ?
Le Chevalier
Vous ne vous trompez point, c'est moi-même Madame : J'enrage.
La Présidente
Chevalier, vous voyez une femme Grosse de quatre mois, aujourd'hui jour pour jour, Et qui vient de verser au prochain carrefour : Je sens du mal partout ; la chute était hardie.
Le Chevalier
Il faudrait retourner...
La Présidente
Sans voir la comédie ?
Le Chevalier
Au mal que vous sentez, vous devriez pourvoir, Et...
La Présidente
Cela ne fait rien, Monsieur, je la veux voir.
Le Chevalier
Mais...
La Présidente
Non, jusqu'à ce soir d'ici je ne déloge ; Et quand je devrais même accoucher dans la loge » Je prétends bien la voir ; mais voici mon Laquais. Hé bien ! la Fleur...
Scène 3
Fleur, La Présidente, Le Marquis, Le Chevalier
Fleur
Hé bien ! Voilà pour vous des frais : Madame, le carrosse est mis tout en cannelle.
La Présidente
Madame la Comtesse, enfin, comment est-elle, De cette chute-là ? Dis.
Fleur
Bon ! Elle est debout. On l'a tâté, Madame ; elle n'a rien du tout.
La Présidente
C'est assez, c'est assez ; qu'au logis on se rende. Et dites à Monsieur, qu'à souper il m'attende.
Fleur
Oui, Madame...
Le Marquis
La folle !...
Le Chevalier
Elle l'est en effet.
La Présidente
Mais me trompé-je ? Non, c'est Monsieur Serpolet.
Scène 4
Monsieur Serpolet, La Présidente, Le Marquis, Le Chevalier
Monsieur Serpolet
Madame...
La Présidente
Serpolet, que de réjouissances ! Je retrouve aujourd'hui toutes mes connaissances ; Quoi ! Vous avez été quatre mois sans me voir ì J'arrivai de ma Terre avant-hier au soir.
Le Marquis
Quelle est donc cette femme ?
Le Chevalier
Eh ! C'est cette étourdie, Que je tâchais de fuir ; elle est de Normandie.
La Présidente
J'avais passé là-bas du rems sans mon époux ; Je viens le retrouver, Monsieur ; qu'en dites-vous ?
Monsieur Serpolet
C'est de votre tendresse une marque pressante.
La Présidente
Je l'ai trouvé changé, je n'en suis pas contente. Cela m'afflige fort ; car enfin il est mal, Et très mal. À propos, je vais demain au bal ; Mais quelle est, dites-moi, cette pièce nouvelle ? Cette boite enfin ? Dites donc, parle-t-elle ? Chante-t-elle ?
Monsieur Serpolet
On m'en dit l'autre jour le sujet ; Mais c'est fort peu de chose, à vous en parler net.
La Présidente
Est-elle en vers ?
Monsieur Serpolet
En vers.
Le Chevalier
Et l'intrigue en est belle.
Monsieur Serpolet
Bon ! Elle n'en a point...
La Présidente
Pandore y paraît-elle ?
Monsieur Serpolet
Non.
Le Marquis
Est-elle en un acte ?...
Monsieur Serpolet
Oui, Madame.
La Présidente
Y rit-on ?
Monsieur Serpolet
Non, non.
La Présidente
On n'y rit pas. Comment y pleure-t-on ?
Monsieur Serpolet
Non.
La Présidente
Y voit-on briller l'amitié, la tendresse ?
Monsieur Serpolet
Non, l'on ne l'aime point du tout dans cette pièce.
La Présidente
Quoi ! L'on ne l'aime point ! Le peut-on concevoir ? Je me fais un scrupule à présent de la voir ; Et la chose, entre nous, me paraît inouïe, Qu'il ne soit point d'amour dans une comédie.
Le Chevalier
Cela peut arriver...
La Présidente
Ah ! Que dites-vous là ? Point d'amour ! Point d'amour ! La Pièce tombera.
Le Marquis
Apparemment qu'elle est fort pleine de morale ?
Monsieur Serpolet
Morale sans morale, et tout ce qu'elle étale...
Le Chevalier
Le dénouement, Monsieur, vient-il heureusement ?
Monsieur Serpolet
Monsieur, elle n'a point du tout de dénouement.
La Présidente
Comment ! Sans dénouement, sans amour, sans intrigue ? Qu'on ne m'en parle plus, le récit m'en fatigue ; Mes sens en sont troublés, et j'ai certain effroi... Ah !... ah !... Monsieur, sortons, remenez-moi chez moi.
Le Marquis
Peste soit de la folle...
Le Chevalier
Il nous en débarrasse : Mais on va commencer...
Le Marquis
Allons donc prendre place.
Comédie
Scène 1
L'Amour, L'Espérance
Le Théâtre représente les avenues du Palais de Pluton.
L'Amour
Hé quoi ! Vous me suivez jusques dans ce séjour ?
L'Espérance
L'Espérance ne peut abandonner l'Amour : Comment ! L'Amour sans moi veut régner sur la terre ?
L'Amour
Ainsi l'a résolu le Maître du Tonnerre ; Et contre les Mortels, animé de courroux, Il veut que tous tes Dieux secondent sa vengeance ; Et que, pour leur porter de plus sensibles coups, L'Amour y soit sans l'Espérance. Je ne le cèle point, il me serait bien doux De rester toujours avec vous ; Mais puis-je, sans être coupable, Désobéir à Jupiter, Et violer son Arrêt redoutable ?
L'Espérance
Oui, vous pouvez, cruel, y résister / Tout ce que fait l' Amour est toujours pardonnable.
L'Amour
Hé bien ! Il fAut vous contenter ; Mais ne paraissons point être d'intelligence ; À vos désirs, chère Espérance, Je vois quelques chemins ouverts : Mercure doit venir pour tirer des Enfers, De tous les maux l'assemblage funeste ; Qui pour servir la vengeance céleste Doit désoler tout l'Univers. Jamais occasion ne fût plus favorable : Déguisez votre nom, changez de vêtements, Et parmi la foule innombrable De maux...
L'Espérance
Amour, je vous entends, Il ne fout pas m'en dire davantage.
L'Amour
Caron conduit Mercure au ténébreux rivage. Il ne faut pas paraître à prêtent devant lui» Adieu. Songez à votre personnage Nous nous reverrons aujourd'hui.
L'Espérance
Je prétends que le Sort sans cesse nous rassemble ; L'Espérance et l'Amour sont faits pour être ensemble.
Scène 2
Mercure, Caron
Mercure
Nous sommes donc enfin arrivés chez Pluton ?
Caron
Vous voila sain et sauf, Mercure ; Et vous n'avez point eu de fâcheuse aventure ?
Mercure
Ah ! Les vilains endroits que votre Phlégéton, Votre Styx, et votre Cocyte ! Quels bourbiers empestés ! Grâce au ciel, j'en suis quitte.
Caron
Quoi que vous disiez, cependant, Proserpine s'y baigne, et trouve l'eau fort belle.
Mercure
Ce sont-là ses bains ?
Caron
Oui, vraiment.
Mercure
Quand elle sort de-là, dis, où se lave-t-elle ?
Caron
Ma foi, je n'en sais rien ; mais, à ce que je vois, Vous venez dîner ici....
Mercure
Moi !
Caron
Sans doute. Il faudra bien que Pluton vous régale.
Mercure
Je ne suis point tenté d'une table infernale ; D'autres raisons m'am7nent dans ces lieux : JE suis Ambassadeur aujourd'hui d'importance, Et veux avoir de Pluton audience, De la part du Maître des Dieux.
Caron
Qu'est-il donc arrivé de nouveau dans les Cieux ? Depuis qu'au ténébreux Empire, J'ai pris le soin de vous conduire Vous n'en avez encor rien dit.
Mercure
Ne veux-tu point que j'aille en instruire chaque ombre ? Et crois-tu que je sois du nombre. De ces messagers à grand bruit, Dont le secret si mal se cache, Que tout le monde en est instruit, Avant que le Maître le sache ?
Caron
Je suis accoutumé, tant que dure le jour, À savoir ici des nouvelles ; Et les Mortels qui, tour-à-tour, Arrivent jusqu'en ce séjour, M'en disent quelquefois de belles.
Mercure
Parbleu ! Nous le savons fort bien : Les Mortels autrement savent-ils se conduire ? Ils disent tout sans faire rien ; Mais les Dieux font tout sans rien dire. Tout ce que je puis t'assurer, C'est qu'avant qu'il soit peu, tu verras bien du monde, Tant femelle que mâle, arriver sur ton Onde : Tu n'as qu'à te bien préparer. Les Ombres te diront encor bien des nouvelles ; Puisque tu te plais tant à jaser avec elles.
Caron
Tant mieux ; c'est-là tout mon amusement : Et comme il est de votre ministère De les conduire ici, j'espère Que nous nous verrons plus souvent. Voici Pluton. Je me retire.
Scène 3
Pluton, Mercure
Pluton
Ah ! c'est vous, Mercure, bonjour.
Mercure
Jupiter aujourd'hui m'envoie à votre Empire, Et de sa part, Seigneur, j'ai beaucoup à vous dire.
Pluton
De quoi serait-il question ?
Mercure
Prêtez-moi de l'attention, Vous allez le savoir : le Maître du Tonnerre À tout le genre humain a déclaré la guerre ; Prométhée a causé cet arrêt si cruel, En dérobant le feu du Ciel : Et Jupiter, voulant soutenir sa puissance, A juré par le Styx, et même en ma présence, Que, loin de lui faire quartier, Il punirait le Monde entier, Et que tout sentirait le poids de sa vengeance.
Pluton
Il faut que Jupiter soit fâché vivement.
Mercure
On ne dérobe rien aux Dieux impunément.
Pluton
Quel nouveau zèle aujourd'hui vous transporte ! Vous devriez aider les fripons un peu mieux ; On sait jusqu'où votre penchant vous porte, Et vous faites souvent des larcins dans les Cieux.
Mercure
Bon ! C'est pour rire, entre nous autres Dieux.
Pluton
On ne le prend pas de la sorte.
Mercure
Voilà comme souvent, presqu'en tout l'Univers, Ce qui se fait là-haut, est pris tout de travers. Pour satisfaire donc au courroux qui l'enflamme, Jupiter par Vulcain a fait faire une femme ; Qui de Vénus est le vivant portrait, Ayant belles couleurs, et chevelure blonde... De Jupiter j'admire le projet ; Et je crois qu'il suffit d'une femme en effet Pour faire enrager tout le monde. Chaque Dieu, chaque Déité Pour cette nouvelle Beauté, Suivant son pouvoir se cotise, Et d'un présent la favorise. Mais écoutez, voici le principal : Une boîte de métal, Entre ses mains doit être mise ; Et ce beau coffret à ressorts, Sera rempli, jusques aux bords, De tous les maux que votre Empire, Par sa puissance, peut produire : Après quoi, cette Belle à l'instant partira ; Et ce fera par son adresse Que sur la terre s'ouvrira Cette boîte si traîtresse : Et comme de ces maux que nous vous demandons, Il est très important que je sache les noms, Les qualités, j'en veux voir l'étalage ; Ensemble nous les choisirons, Je suis chargé de l'emballage.
Pluton
Cette nouvelle me plaît fort. Comment donc tous les maux vont régner sur la Terre ?
Mercure
Ainsi le veut le Maître du Tonnerre ; Cela va des Enfers augmenter le rapport.
Pluton
Oui, vraiment, et je m'imagine Que cela rendra Proserpine Plus sédentaire en ce sombre manoir ; Car vous n'ignorez pas que je suis sans le voir Toute la moitié de l'année. La chose fut ainsi par mon frère ordonnée ; Et quoiqu'il soit le souverain des Dieux, Ce n'est pas, entre nous, ce qu'il a fait de mieux.
Mercure
À Jupiter ne donnez point ce blâme ; Il a fait, croyez-moi, plus pour vous que pour lui ; Et je crois qu'il voudrait, comme vous aujourd'hui, Être six mois sans voir sa femme.
Pluton
Mais vous qui parcourez tous les jours l'Univers, Et qu'on voit si souvent, et par mont, et par plaine, Dites-moi ce que fait la mienne, Quand elle n'est point aux Enfers.
Mercure
Trop longue serait cette histoire : Je ne suis pas ici pour cela, dans le fond ; Et d'ailleurs, croyez-vous que je tienne un mémoire De tout ce que les femmes font ? Momus à ce sujet pourrait mieux vous instruire : Vous savez que de notre Empire Il est l'Historien fécond. Il a depuis peu fait des OEuvres très galantes, Où tout mystère est dévoilé.
Pluton
Sont-elles fort divertissantes ?
Mercure
C'est un recueil, ma foi, dont il fera parlé.
Pluton
Comment est-il intitulé ?
Mercure
Vies et Moeurs des Déesses errantes.
Pluton
Je ne suis pas pour la lecture, moi.
Mercure
Vous avez raison, par ma foi : Mais revenons au sujet qui m'amène ; Il s'agit de servir le Souverain des Dieux.
Pluton
Je vais vous contenter, et dans ces mêmes lieux, Par ma puissance souveraine, Maux, Passions, vont s'offrir à vos yeux, Chacun d'eux paraîtra sous une forme humaine, Pour que vous les connaissiez mieux.
Mercure
Pluton, que votre Seigneurie Mette à tous ces maux-là plus de blanc que de noir : Et qu'ils ne soient point, je vous prie, Si désagréables à voir.
Pluton
Ils vont paraître tous, mettez-vous sur mon Trône. Mégère, Alecton, Thisiphone, Animez vos serpents ; Et du poison de leurs haleines A nos yeux à l'instant, sous des formes humaines» Produisez les maux les plus grands. Que dites-vous de cette Compagnie ?
Mercure
Peste ! La belle Colonie !
Pluton
Vous voyez le pouvoir de ces lieux infernaux ; Les femmes, dites-moi, comment vous semblent elles ?
Mercure
Toutes ces femmes-là, par ma foi, sont fort belles : Pourquoi faut-il que ce soient-là des maux ? Allons, que tour-à-tour, chacun ici s'avance ; Je vais, à tous, vous donner audience.
Pluton
Si vous voulez, ils se présenteront Par ordre, et suivant leur mérite.
Mercure
Du cérémonial, par ma foi, je vous quitte ; Qu'ils viennent tous, comme ils se trouveront. Mais quel est celui-ci ? L'on voit dans sa figure Un air tout rempli de douceur.
Scène 4
Mercure, L'Amour
Mercure
Qu'êtes-vous, jeune enfant, à blonde chevelure .
L'Amour
Seigneur, je suis le Mal-de-coeur.
Mercure
Mais ce mal-là n'est pas d'une nature A tourmenter les humains, et je crois Que vous aurez là-haut fort peu d'emploi.
L'Amour
Plus que tu ne pense, Mercure.
Mercure
Que vois- je ? C'est l' Amour.
L'Amour
Eh ! Vraiment oui, c'est moi. Sous ce déguisement j'ai voulu te surprendre.
Mercure
A vous voir en ce lieu je n'ai pas dû m'attendre, Et vous m'avez surpris, ma foi. Si vous ne vous étiez découvert, je vous jure Que je n'aurais pas pU vous remettre en cent ans ; Et quoique je sois fait à vos déguisements, Vous auriez pu fort loin pousser cette aventure.
L'Amour
Il est de mon destin, Mercure, De ne me pas cacher longtemps.
Mercure
Mais à venir ici, quel sujet vous engage ?
L'Amour
Comme tu fais un assemblage De tous les maux les plus cruels, Pour envoyer chez les Mortels, J'ai cru devoir aussi me mettre du voyage.
Mercure
Comment ! L'amour est-il un mal ?
L'Amour
Non pour les Dieux ; et jamais dans mes chaînes Ils n'auront que d'aimables peines ; Mais aux Mortels je vais être fatal. Jusques à présent sur la Terre, Je n'ai dans tous les coeurs, fait qu'une douce guerre ; Mes traits, de roses parsemés, N'ont causé que d'heureuses flammes, Et n'ont fait naître dans les âmes Que des désirs remplis aussitôt que formés. Mais Jupiter, en colère extrême, Voulant punir tous les humains, Pour eux je ne suis plus le même, Et cède à l'ordre des Destins.
Mercure
Vous allez donc là-haut faire bien du ravage ?
L'Amour
Je causerai dans l'Univers Plus de trouble, plus d'orage, Plus de désespoir et de rage Que n'en produisent les enfers. Amertumes, douleurs, jalousie, inconstance? Cruautés, pleurs, dépit, transport, fureur, vengeance ; Voilà la trempe de mes traits ; Juge quels feront leurs effets.
Mercure
Voilà des armes, moi, que je ferais défendre, Si j'étais le Maître des Cieux.
L'Amour
Pourquoi ? Je ne veux pas m'en servir pour les Dieux.
Mercure
Et si vous allez vous méprendre...
L'Amour
Va, va, Mercure, ne crains rien. Je vais chez les Mortels, et m'en servirai bien. Sans nul égard pour les rangs, ni les âges, À tous moments je ne ferai chez eux Que de bizarres assemblages ; Je lierai les folles aux sages, Je joindrai les jeunes aux vieux ; Et portant dans les coeurs toujours de nouveaux feux, Je troublerai tous les ménages ; Mais je brûle déjà d'exercer mon pouvoir ; Mercure, adieu.
Mercure
Jusqu'au revoir.
Scène 5
Pluton, Mercure
Pluton
De la façon qu'il va s'y prendre, Il fera bien des malheureux : Mais je ne crois pas que ses feux Le puissent faire ici descendre, Et je n'ai vu dans ce séjour Nul Mortel qui soit mort d'amour.
Mercure
Il ne faut pas non plus s'attendre Que les Mortels meurent de trop d'ardeur ; Mais l'Amour fera naître entre eux quelque querelle ; Il en embrasera plusieurs Pour les attraits d'une Beauté nouvelle ; Et tels qui prétendront en être possesseurs, S'entretueront pour l'amour d'elle. Que voulez-vous de mieux ?
Pluton
Ah ! cela sera bien.
Mercure
J'admire le grave maintien De celui-ci. Venez. Qu'êtes-vous ?
Scène 6
La Vieillesse, Mercure, Pluton
La Vieillesse
La Vieillesse.
Mercure
Et que produirez-vous aux Mortels ?
La Vieillesse
La faiblesse. Par moi, sous de livides traits, Leur jeunesse sera noyée ; Et tous n'auront que les regrets De l'avoir bien mal employée.
Mercure
Vous marchez difficilement ; Et je sens fort bien, à ce compte, Que vous ne pourrez pas les voir si promptement.
La Vieillesse
Il est vrai que chez eux j'irai bien lentement, Mais ils me trouveront bien prompte ; Et lorsque je les surprendrai, Et que je les accablerai Des maux dont ma langueur est sans cesse suivie, Adieu pour eux les douceurs de la vie. À travers leurs tristes soupirs, Ils en voudront en vain rappeler les délices ; Ils verront fuir bien loin d'eux les plaisirs, Et n'auront plus que des désirs, Qui feront souvent leurs supplices.
Mercure
Mais les femmes auront l'esprit ingénieux ; Elles sauront mettre en usage Des moyens artificieux, Pour maintenir longtemps l'éclat de leur visage, Et cacheront, par-là, les deux tiers de leur âge.
La Vieillesse
De quoi serviront tous ces soins ? En cachant de leurs ans, en auront-elles moins ? Il faut qu'à mon pouvoir tout cède : Les Mortels subiront, par moi, même destin ; Je suis de tous les maux, enfin, Celui contre lequel il n'est point de remède.
Mercure
Allez, je vous retiens. Pluton, qu'en dites-vous ? Je crois la Vieillesse capable De porter aux humains de redoutables coups.
Pluton
N'en doutez point. Ce séjour formidable Ne produit rien qui ne soit redoutable.
Mercure
Oh ! Je sais de ces lieux quel est tout le pouvoir;
Pluton
J'aurais pu vous cacher quelle en est l'étendue ; Et j'aurais dû soustraire à votre vue Tout ce qu'ils ont d'affreux, pour vous mieux recevoir ; Mais vous y pouvez être En sûreté, Mercure
Mercure
Tout ce que j'y vois, je vous jure Ne me fait point de peine à voir. Celle-ci me plaît fort dans sa taille moyenne ; Elle n'est pas mal faite, il faut bien qu'elle vienne ;. Holà, la jeune fille, approchez près de nous ; Parlez, quelle espèce êtes-vous ?
Scène 7
La Migraine, Mercure
La Migraine
Moi, Seigneur, je suis la Migraine, Et vous pouvez en moi trouver des qualités.
Mercure
Et quelles sont vos facultés ?
La Migraine
De troubler le repos des Belles, Et d'altérer tous leurs appas.
Mercure
Pensez-vous que toutes n'auront pas Des moyens sûrs pour vous éloigner d'elles ?
La Migraine
Je ne crains cela nullement : Je pourrai n'être pas tous les jours chez les Belles ; Mais mille occasions nouvelles Me produiront dans le moment.
Mercure
Et de quelle façon ? Comment ?
La Migraine
Qu'une Coquette en sa semaine, Malgré ses soins, et son ajustement, N'ait pu faire qu'un seul amant, D'abord matière à la Migraine. Qu'une maîtresse, en Carnaval, Surprenne son amant au Bal Aux genoux de quelqu'inconnue, Voilà la Migraine venue. Qu'une fille, en son coeur, ait d'amoureux combats, Et que dans le mal qu'elle endure, Sa mère à tous moments accompagne ses pas ; Ce sera pour la fille une Migraine sûre. Qu'une Belle, pendant l'absence d'un jaloux, Soit avec son amant chez elle en rendez-vous, Que le jaloux frappe à la porte ; Je serai pour tous trois, Migraine la plus forte. Qu'une fille obsédée ait fait choix d'un amant, Et que par un hasard plaisant, Le Galant seul la surprenne ; Voilà pour neuf mois de Migraine. Je pourrais bien encor m'étendre là-dessus, Mais par respect : je ne dis rien de plus.
Mercure
Je suis content de vous, je vous arrête ; Et pour partir tenez-vous toujours prête.
La Migraine
Je ne vais guère sans mes soeurs.
Mercure
Quelles sont-elles ?
La Migraine
Les Vapeurs.
Mercure
Hé bien ! Amenez-les. Quelle est cette figure ? L'on remarque aisément à son peu de parure, Qu'elle n'a pas beaucoup de vanité ; On peut dire qu'elle est, et sans rouge, et sans mouche ; Mais dans ses traits, quelle variété ! JSile a de la laideur, elle a de la beauté ; Et cependant, malgré son air farouche, En elle on voit quelque chose qui touche.
Scène 8
La Nécessité, Mercure, Pluton
La Nécessité
Vous voyez la Nécessité. Je saurai sur la terre avoir-un grand empire ; Je vais en peu de mots vous dire, Jusqu'où peuvent aller mes tyranniques droits ; Et pourquoi je parais belle et laide à la fois : Je ne puis aux mortels offrir que des abîmes Et tels qui seront mes victimes, Contre moi ne pouvant tenir, Se verront forcés d'en venir À des secours illégitime ? Par moi de jour en jour ils formeront leur coeur Aux attentats, aux trahisons, aux crimes, Et porteront partout l'épouvante et l'horreur Voilà ce qui fait ma laideur. D'autres, je l'avouerai, me feront résistance ; Et loin de me montrer un courage abattu, Par le secours de la vertu Sauront s'armer de patience, En dépit des malheurs et de l'adversité ; Voilà ce qui fait ma beauté : Mais de ces derniers-là, Mercure, Il en fera peu, je vous jure.
Mercure
Votre discours est beau, je l'ai bien entendu ; Mais vous n'êtes point du voyage. Ne m'en dites pas davantage, Car ce serait du temps perdu.
La Nécessité
Ne suis-je pas un mal dont la puissance est grande ?
Mercure
D'accord, mais ce mal-là par nous est condamné ;. Vous êtes, en un mot, un mal de contrebande, Qui de l'ordre des Dieux ne peut être émané.
La Nécessité
Hé bien ! Chez les Mortels.sans vous je pourrai naître Et je saurai bientôt me montrer à leurs yeux.
Mercure
Je le crois ; tout cela peut être : Mais ce fera leur faute, et non celle des Dieux. De la Nécessité jusqu'où va l'arrogance ! De la douceur, elle a, sans résistance, Passé tout-à-coup à l'aigreur, Et vient de se montrer dans toute sa laideur.
Pluton
C'est qu'elle a du dépit de n'être pas choisie.
Mercure
Aux autres. Quelle est celle-ci ? Elle a beaucoup de peine à venir jusqu'ici.
Scène 9
La Paralysie, Mercure, Pluton
La Paralysie
Seigneur, je suis...
Mercure
Quoi ?
La Paralysie
La Paralysie. On peut me mettre au rang des plus grands maux ; Les Mortels contre ma puissance Auront beau raire résistance, J'empêcherai tous leurs travaux.
Mercure
Comment cela ?
La Paralysie
Daignez m'entendre. À tout âge, en tout temps, je saurai les surprendre, Et ce sera par leurs excès, Que j'aurai chez eux tout accès. Quelque légèreté qui tous les rende ingambes, J'attaquerai si bien leurs jambes, Qu'ils ne pourront faire un seul pas : Je tomberai de même sur leurs bras : Et lorsqu'ils prétendront rire, manger, ou boire, Je leur arrêterai dans l'instant la mâchoire.
Mercure
Peste ! votre mérite est grand, Vous êtes un mal excellent, Et vous ferez ici descendre bien des âmes ; Mais pourrez-vous agir de même sur les femmes ?
La Paralysie
Tout de même, Seigneur ; hors, véritablement, Une seule partie, où difficilement... Je pourrais...
Mercure
Comment ! Quelle est-elle ?
La Paralysie
La langue.
Mercure
Ah ! Je le crois vraiment. Ce n'est pas une bagatelle D'arrêter les ressorts d'une langue femelle ; Et c'est, à ne vous rien cacher, Ce que nous autres Dieux ne pourrions empêcher.
La Paralysie
Ma Soeur ici serait venue, Mais elle est par les pieds un peu trop retenue ; C'est un sujet fort bon, sans contredit.
Mercure
Elle a du mérite ?
La Paralysie
Sans doute.
Mercure
Comment rappelez-vous ?
La Paralysie
La Goutte. Nous sommes soeurs du même lit.
Mercure
Nous l'enverrons chercher ; allez, cela suffit. La boite, ma foi, va bientôt être close. Seigneur Pluton, j'imagine une chose ; Et vous approuverez, sans doute, mes desseins, C'est d'envoyer aussi là-haut des médecins.
Pluton
Comment ! Pour qu'aux mortels ils donnent assistance, Et dans leurs plus grands maux toujours les soulager ?
Mercure
Pour soulager leurs maux ! Mais vous rêvez, je pense ; Au contraire, vraiment ! C'est pour les prolonger.
Scène 10
L'Envie, La Haine, Mercure, Pluton
L'Envie
Sur vous j'aurai la préférence.
La Haine
Non, non, ne vous en flattez pas.
Mercure
Quel est ce différend ? Pourquoi tous ces débats ?
Pluton
C'est l'Envie et la Haine ; et, félon l'apparence, Elles se disputent le pas Pour paraître en votre présence.
L'Envie
Seigneur, la Haine ici veut me faire la loi : Elle croit sa puissance au-dessus de la mienne ; Mais, quelle enfin que puisse être la sienne, J'aurai chez les humains plus qu'elle de l'emploi ; Pour troubler leur repos, pour consumer leur vie. Quel poison est plus fort que celui de l'Envie ?
La Haine
Je ne me vante point, et sais me signaler : Je puis chez les Mortels porter partout la guerre . Pour peu qu'on m'y laisse instant, On verra bientôt sur la terre Jusqu'où la Haine peut aller.
L'Envie
Il n'est Royaume, il n'est Empire, Où je ne puisse m'introduIre. Que de mortels, grands et petits À mon pouvoir seront assujettis ! Que d'envieux sous mon obéissance ! Les Rois de leurs voisins envieront la puissance ; Les courtisans, dans le fond de leur coeur, De leurs pareils envieront la faveur. Chacun à l'autre dans la vie > Saura porter sans cesse envie. Le soldat enviera l'état de commandant ; Le conseiller, celui de président ; Le riche enviera la noblesse ; Les guerriers les exploits, le pauvre la richesse : Enfin, surtout ce qui respirera, L'Envie aura toujours un empire suprême ; Et je ne puis vous dire même Jusqu'où le sexe l'étendra.
La Haine
Le mien sera plus redoutable. Que de Mortels vont me tendre les bras ! Et qui d'une constance aveugle, inébranlable, Me garderont jusqu'au trépas. De moi l'on ne pourra sans effort se défaire ; Je m'enracinerai dans l'âme, dans le sang ; Et parmi ceux du plus illustre rang, Je serai même héréditaire. De la Haine on verra les plus sanglants effets ; L'homme par moi deviendra noir, perfide, Cruel, scélérat, parricide, Et je pourrai lancer mes traits Jusqu'aux lieux mêmes où réside La plus pure union, la plus tranquille paix.
La Haine et l'Envie s'embrassent, en rechignant.
Mercure
Vous avez toutes deux du mérite : il me semble Qu'il est même égal entre vous. Je vous admets au rang des maux que je rassemble ; Entre vous deux plus de courroux, Pour vous mettre d'accord, vous partirez ensemble. Vos coeurs doivent être liés, Et je veux toutes deux que vous vous embrassiez. Comme on ne s'accommode guère Avec toutes sortes d'esprits, Dites-nous un peu : sur la Terre, Quels seront vos lieux favoris ?
L'Envie
Moi ? Je serai partout, chez les peuples, les Princes ; J'aurai, de toute part, des droits bien étendus.
Mercure
Mais où régnerez-vous le plus ?
L'Envie
Chez les Coquettes des Provinces, Ce seront-là mes grands bureaux.
Mercure
Et vous, la Haine ?
La Haine
Et moi chez les Bigots.
Mercure
Vous aurez toutes deux, je crois, de l'exercice.
Scène 11
La Fièvre, Mercure
La Fièvre
Je suis la Fièvre, moi, fort à votre service.
Mercure
Que la fièvre vous crève, et ce n'est pas sur moi Que s'exercera votre emploi. Voyons, quel est votre mérite ?
La Fièvre
De passer promptement dans le sang des mortels.
Mercure
Mais ne craignez-vous point qu'ils n'aient par la suite Quelques secrets universels Pour vous faire prendre la fuite ?
La Fièvre
Si l'on sait prudemment agir, Il faudra bien que je m'évade ; Mais croyez qu'avec le malade On me fera souvent partir.
Mercure
Vous me paraissez assez digne De faire enrager les humains, Et votre esprit paraît des plus malins.
La Fièvre
Vous ne vous trompez pas, je suis souvent maligne.
Mercure
Mais quel est cet écervelé Qui du fond de cette assemblée, Tout-à-coup, sans être appelé, Pour venir jusqu'à vous prend si haut sa volée ?
La Fièvre
C'est mon fils...
Mercure
Peste ! Il est léger comme un oiseau ? Je veux savoir comme il se nomme. Holà, parlez nous, le jeune homme ?
Scène 12
Le Transport, Mercure, Pluton
Le Transport
Je suis le Transport au cerveau, Par moi la raison égarée, Faisant en un instant mille divers trajets, À de fantômes vains, laisse au cerveau l'entrée ; J'y fais naître un amas d'objets, Dont l'hétéroclite mélange, Et la confusion étrange, Précipitant les ressorts de l'esprit, Font qu'à la fin il se trouble et périt.
Mercure
Voilà pour la boîte un sujet admirable !
Le Transport
À mon pouvoir il n'est rien de semblable. J'offre aux regards un bizarre tableau, Du plaisant, et du triste, et du laid, et du beau. Par moi cent choses différentes, Vaines, vagues, extravagantes, Se voient toutes à la fois : Des vaisseaux, des clochers, des animaux, de plantes, Des lapins dans les eaux, des poissons dans les bois, Des souris sur des chats, des châteaux dans les nues, Des fleurs, des fruits, des hannetons, Des sangliers, des femmes nues, Des singes, des chevaux, des Abbés, des moutons.
Mercure
Oh ! Quel parleur ! Par ma foi je suis ivre. Allez plus doucement, pour qu'on puisse vous suivre.
Le Transport
Cela n'est point en mon pouvoir ; Écoutez : aux Rois je fais voir Des Empires, des traits, des finances perdues, Des trônes usurpés, des voisins trop puissants, Des places prises, et rendues, Des conspirations, des peuples gémissants, Des palais dépouillés, et des forêts tondues...
Mercure
Oh ! Le Transport devient trop furieux.
Le Transport
Je représente à tout ambitieux, Des tribulations, des chutes, Des trahisons, et des culbutes, Des bannissements, des prisons ; Des gênes, des bourreaux, des glaives, des poisons...
Mercure
Ah ! Pluton, le Transport me tue ; Je n'y puis plus tenir, qu'on l'ôte de ma vue.
Pluton
À la fin, je le tiens, il ne reviendra pas.
Mercure
Respirons. Ciel !
Pluton
Par où s'est-il pu faire issue ?
Le Transport
Plus, aux fous je fais voir des rats, Aux chasseurs du gibier, aux Guerriers des combats, Aux avaricieux des bourses dérobées, Aux auteurs des pièces tombées...
Mercure
Le traître !
Le Transport
Aux Souffleurs, des trésors ; Aux Joueuses, des matadors ; Aux vieux soupirants, des calottes ; Aux petits-maîtres, des marottes ; Aux commerçants, des galions... Aux financiers, des millions... Aux pucelles, des fruits précoces ; Aux veuves, des secondes noces ; Aux usuriers, des intérêts ; Aux musiciens, des cabarets ; Aux libertins, des précipices ; Aux gens de robe, des épices; Aux femmes, des points, des colliers. Du blanc, du rouge, des paniers.
Mercure
À ce transport, il faut mettre des bornes.
Le Transport
À leurs amants...
Mercure
Oh ! Tais-toi.
Le Transport
Des faveurs. À leurs maris.
Mercure
Te tairas-tu ?
Le Transport
Des cornes.
Mercure
Peste soit du Transport ! Va-t-en crier ailleurs ; Qu'on me le mette à part avec sa mère. Ma foi, je suis bien las de ce préliminaire ; J'ai peine à respirer, oui, je suis tout en eau, Et je crois que j'aurai le transport au cerveau : Éloignons de ces maux le cruel assemblage : Pluton, ne n'en veux pas consulter davantage. De leur pouvoir je suis trop éclairci, Que, sans autre examen, ils partent tous d'ici.
Scène Dernière
L'Espérance
L'Espérance
L'Occasion, pour moi, ne peut être plus belle : Suivons sans différer cette foule cruelle. Mortels, que je vous plains ! Quels redoutables coups, Vous prépare aujourd'hui la céleste vengeance ! Mais sachez les supporter tous ; Il est un prix pour la constance, Quel que soit des Dieux le courroux, Attendez tout de l'Espérance.