Divertissement · 1801

La Fête de Bellébat

de Voltaire

Représentation
≈ 16 min
Distribution
4 hommes
Répliques
34
Écriture
En vers
Dans l’app
Voix prêtes

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Le Choeur H 15 ≈ 11 min 2
Un Habitant de Courdimanche H 4 ≈ 1 min 2
Le Bedeau H 3 ≈ 1 min 1
Le Coryphée H 5 ≈ 1 min 1
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle La Fête de Bellébat
Le Choeur
Un Habitant de Courdimanche
Le Bedeau absent
Le Coryphée absent
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La Fête de Bellébat

Scène 1

L'Orateur, Un Habitant de Courdimanche, Le Choeur

Les citoyens de Bellébat ne peuvent vous rendre compte que de leurs divertissements et de leurs fêtes ; ils n'ont ici d'affaires que relies de leurs plaisirs. Bien différents en cela de Monsieur votre frere ainé*, qui ne travaille tous les jours que pour le bonheur des autres. Nous sommes tous devenus ici poètes et musiciens, sans pourtant être devenus bizarres. Nous avons de fondation un grand homme qui excelle en ces deux genres ; c'est le curé de Courdimanche : ce bonhomme a la tête tournée de vers et de musique, et on le prendrait volontiers pour l'aumônier du cocher de Monsieur de Vertamont**. Nous le couronnâmes poète hier en cérémonie dans le château de Bellébat, et nous nous flattons que le bruit de cette fête magnifique excitera partout l'émulation, et ranimera les beaux arts en France.

On avait illuminé la grand'salle de Bellébat, au bout de laquelle on avait dressé un trône sur une table de lansquenet ; an-dessus du trône pendait à une ficelle imperceptible une grande couronne de laurier, où était renfermée une petite lanterne allumée, qui donnait à la couronne un éclat singulier. Monseigneur le Comte de Clermont et tous les citoyens de Bellébat étaient rangés sur des tabourets ; ils avaient tous des branches de laurier à la main, de belles moustaches faites avec du charbon, un bonnet de papier sur la tète, fait en forme de pain de sucre ; et sur chaque bonnet on lisait en grosses lettres le nom des plus grands poètes de l'antiquité. Ceux qui faisaient les fonctions de grands-maitres de cérémonies avaient une couronne de laurier sur la tête, un bâton à la main, et étaient décorés d'nn tapis vert qui leur servait de mante.

Tout étant disposé, et le curé étant arrivé dans une calèche a six chevaux qu'on avait envoyée au devant de lui, il fut conduit à son trône. Dès qu'il fut assis, l'orateur lui prononça à genoux une harangue dans le style de l'académie, pleine de louanges, d'antithèses, et de mots nouveaux. Le curé reçut tous ces éloges avec l'air d'un homme qui sait bien qu'il en mérite encore davantage ; car tout le monde n'est pas de l'humeur de notre reine***, qui hait les louanges autant qu'elle les mérite. Après la harangue, on exécuta le concert dont on vous envoie les paroles ; les choeurs allèrent à merveille, et la cérémonie finit par une grande pièce de vers poupeux, à laquelle ni les assistants, ni le curé, ni l'auteur, n'entendirent rien. Il faudrait avoir été témoin de cette fête pour en bien sentir l'agrément : les projets et les préparatifs de ces divertissements sont toujours agréables, l'exécution rarement bonne, et le récit souvent ennuyeux.

Le curé de Courdimanche s'étant placé sur le trône qui lui était destiné, tous les habitants de Courdimanche vinrent en cérémonie le haranguer ; Voltaire porta la parole. La harangue finie, la cérémonie commença.

L'Orateur

Ainsi, dans les plaisirs d'une vie innocente, Nous attendons l'heureux jour Où nous réverrons le séjour De cette reine aimable et bienfaisante, L'objet de nos respects, l'objet de notre amour : Le plaisir de vivre à sa Cour Vaut la fête la plus brillante.

On met une couronne sur la tête du Curé.

Un Habitant de Courdimanche

Peuples fortunés de Courdimanche, Devant le curé que tout s'épanche ; À le couronner qu'on se prépare , De pampre, en attendant la tiare.

Sur un air de l'opéra de Thésée.

Sur l'air des vieillards de Thésée.

Sur l'air : Au généreux Roland, etc.

Une nymphe lui présente un verre de vin.

Le Choeur

Que l'on doit être Content d'avoir un prêtre Qui fait de si beaux vers ! Qu'on applandisse Sans cesse à ses nouveaux airs, À ses concerts. Qu'à l'église il nous bénisse, Qu'à table il nous réjouisse ; Que d'un triomphe si doux Tous les curés soient jaloux ! Mène-t-on dans le monde une vie Qui soit plus jolie Qu'à Bellébat ? Ce curé nous enchante : Lorsqu'à table il chante , On croirait être au sabbat. Le démon poétique Qui rend pâle , étique , Voltaire le rimeur, Rend la face Bien grasse À ce pasteur/ À ce joyeux curé Bellébat doit sa gloire, Tous les buveurs on lui voit terrasser ; Mais il ne veut, pour prix de sa victoire, Que le bon vin que Livry fait verser. On vient, pour l'admirer, des quatre coins du monde ; On quitte une brillante Cour ; Partout à sa santé chacun boit à la ronde ; Mais qui peut voir sa face rubiconde, Voit sans étonnement l'excès de notre amour. Triomphe, grand Courdimanche, Triomphez des plus grands coeurs : Ce n'est qu'aux plus fameux buveurs Qu'il est permis de manger votre éclanche. (i)

Sur l'air : Le pays de Cocagne, d'une comédie de le Grand.

Un Habitant de Courdimanche

Versez-lui de ce vin vieux. Sylvie, Versez-lui de ce vin vieux ; Encore un coup, je vous prie, L'Amour vous en rendra deux. Vénus permet qu'en ces beaux lieux Bacchus préside ; Le curé de ce lieu joyeux Est le druide : Honneur, cent fois honneur À ce divin pasteur ; Le plaisir est son guide : Que les curés d'alentour Viennent lui faire la cour. Où trouver la grâce du comique, Un style noble et plaisant, Et du grand et sublime tragique Le récit tendre et touchant ? Voltaire a-t-il tout cela dans sa manche ? Et lon lon la Ce n'est pas là Qu'on trouve cela, C'est chez le grand Courdimanche.

Scène 2

Le Choeur, Un Habitant de Courdimanche, Le Bedeau, Le Curé, La Marquise de Prie, Habitants De Bellébat, Le Coryphée, Les Jeunes Filles, Voltaire

La scène change et représente l'agonie du curé de Courdimanche : il paraît étendu sur un lit.

Le Choeur

Ah ! notre curé S'est bien échaudé, Faisant sa lessive, Ah ! notre curé Est presque enterré , Pour s'être échaudé.

bis.

Un Habitant de Courdimanche

Et du même chaudron, La pauvre Bacarie A brûlé son...

Le Choeur

Ah ! Notre curé, etc.

Un Habitant de Courdimanche

Quelques gens nous ont dit Que le curé lui-même Avait brûlé son...

Exhortation faite au curé de Courdimanche en son agonie.

Air du Confiteor.

Le Choeur

Ah ! notre curé , etc. Curé de Courdimanche, et prêtre d'Apollon, Que je vois sur ce lit étendu tout du long, Après avoir vingt ans, dans une paix profonde, Enterré, confessé, baptisé votre monde ; Après tant d'oremus chantés si plaisamment, Après cent requiem entonnés si gaiement, Pour nous, je l'avouerai, c'est une peine extrême, Qu'il nous faille aujourd'hui prier Dieu pour vous-même. Mais tout passe et tout meurt ; tel est l'arrêt du sort : L'instant où nous naissons est un pas vers la mort. Le petit père André n'est plus qu'un peu de cendre ; Frère i'redon n'est plus ; Diogene, Alexandre, César, le poète Roi, la Fillon, Constantin ; Abraham, Brioché, tous ont même destin ; Ce cocher si fameux à la Cour, à la ville, Amour des beaux esprits, père du vaudeville, Dont vous auriez été le très digne aumônier, Près Saint-Eustache encore est pleuré du quartier. Vous les suivrez bientôt; c'est donc ici, mon frère, Qu'il faut que vous songiez à votre grande affaire. Si vous aviez été toujours homme de bien , Va bon prêtre, un nigaud, je ne vous dirais rien : Mais qui peut, entre nous, garder son innocence? Quel caré n'a besoin d'un peu de pénitence? Combien en a-t-on vus jusqu'aux pieds des autels Porter un coeur pétri de penchants criminels ; Dans ce tribunal même, où, par des lois sévères, Des fautes des mortels ils sont dépositaires, Convoiter les beautés qui vers eux s'accusaient, Et commettre la chose, alors qu'ils l'écoutaient ! Combien n'en vit-on pas, dans une sacristie, Conduire une dévote avec hypocrisie, Et, sur un banc trop dur, travailler en ce lieu À faire à son prochain des serviteurs de Dieu ! Je veux que de la chair le démon redoutable N'ait pu vous enchanter par son pouvoir aimable ; Que, digue imitateur des saints du premier temps, Vous ayez pu dompter la révolte des sens ; Vous viviez en châtré ; c'est un bonheur extrême : Mais ce n'est pas assez, curé, Dieu veut qu'on l'aime. Avez-vous bien connu cette ardente ferveur, Ce goût, ce sentiment, cette ivresse du coeur, La charité, mon fils ? Le chrétien vit par elle : Qui ne sait point aimer n'a qu'un coeur infidèle ; La charité fait tout : vous possédez en vain Les moeurs de nos prélats, l'esprit d'un capucin, D'un cordelier nerveux la timide innocence , La science d'un carme avec sa continence , Des fils de Loyola toute l'humilité ; Vous ne serez chrétien que par la charité.

Le Bedeau

Gardez tous un silence extrême, Le curé se dispose à vous parler lui-même, Pour donner plus d'éclat à ses ordres derniers, Il a fait assembler ici les marguilliers. Écoutez bien comme l'on sonne : Du carillon tout Bellébat résonne ; Il tousse, il crache, écoutez bien ; De ce qu'il dit ne perdez jamais rien.

Le Curé

À Courdimanche, avec honneur, J'ai fait mon devoir de pasteur ; J'ai su boire, chanter, et plaire, Toutes mes brebis contenter : Mon successeur sera Voltaire, Pour mieux me faire regretter.

Le Bedeau

Que de tous côtés on entende Le beau nom de Voltaire , et qu'il soit célébré. Est-il pour nous une gloire plus grande ? L'auteur d'Oedipe est devenu curé.

Le Choeur

Que de tous côtés on entende , etc.

À Voltaire.

Le Bedeau

Qu'avec plaisir Rellébot reconnaisse De ce curé le digne successeur ; Il faut toujours dans la paroisse Un grand poète avec un grand buveur. Que l'on bénisse Le choix propice Qui du pasteur Vous fait coadjuteur.

Madame la Marquise de Prie présente à Voltaire une couronne de laurier, et l'installe en chantant.

Le Choeur

Que de tous côtés on entende Le beau nom de Voltaire, et qu'il soit célébré , etc.

La Marquise de Prie

Pour prix du bonheur extrême Que nous goûtons dans ces lieux, Et qu'on ne doit qu'à toi-même, Reçois ce don précieux ; Je te le donne, En attendant encor mieux Qu'une couronne.

On annonce au coadjuteur ses devoirs.

On répete.

On fait le panégyrique du curé, comme s'il était mort.

chantent

Habitants De Bellébat

Du poste où l'on t'introduit Connais bien toutes les charges ; Il faut des épaules larges, Grand'soif, et bon appétit. Du poste , etc.

Le Coryphée

Hélas ! Notre pauvre saint, Que Dieu veuille avoir son âme ! Pain, vin, jambon, fille, ou femme, Tout lui passait par la main.

Le Choeur

Hélas ! etc.

Le Coryphée

Il eût cru taxer les dieux D'une puissance bornée. Si jamais pour l'autre année Il eût gardé de vin vieux.

Le Choeur

Il eût cru , etc.

Le Coryphée

Tout Courdimanche en discord Menaçait d'un grand tapage ; Il enivra le village, À l'instant tout fut d'accord.

Le Choeur

Tout Courdimanche, etc.

Le Coryphée

Quand l'orage était bien fort, Pour détourner le tonnerre, Un autre eût dit son bréviaire ; Lui courait au vin d'abord.

Le Choeur

Quand l'orage, etc.

Le Coryphée

Bonhomme, ami du prochain, Ennemi de l'abstinence, S'il prêchait la pénitence, C'était un verre à la main.

Le Choeur

Bonhomme, etc.

Les Jeunes Filles

Que nos prairies Seront fleuries ! Les jeux, l'amour, Suivent Voltaire en ce jour ; Déjà nos mères Sont moins sévères ; On dit qu'on peut faire Un mari cocu. Heureuse terre ! C'est à Voltaire Que tout est dû.

Le Choeur

Que nos prairies, etc.

Les Jeunes Filles

L'amour lui doit Les honneurs qu'il reçoit : Un coeur sauvage Par lui s'adoucit ; Fille trop sage Pour lui s'attendrit.

Le Choeur

Que nos prairies, etc.

Voltaire

Curé, dans qui l'on voit les talents et les traits, La gaieté, la douceur, et la soif éternelle Du curé de Meudon, qu'on nommait Rabelais, Dont la mémoire est immortelle Vous avez daigné me donner Vos talents, votre esprit, ces dons d'un dieu propice ; C'est le plus charmant bénéfice Que vous ayez à résigner. Puisse votre carrière être encor longue et belle ! Vous formerez en moi votre heureux successeur : Je serai dans ces lieux votre coadjuteur, Partout hors auprès de Brunelle.

À Monseigneur le Comte de Clermont.

À Monsieur de Billy, son gouverneur.

Au Seigneur de Bellébat.

À Monsieur de Montchesne.

À Madame de Montchesne.

À Madame la Marquise de Prie.

À Monsieur de Baye, frère de Madame de Prie.

À Monsieur le Duc de la Fenillade.

À Monsieur de Bonneval.

À Monsieur le président Hénault.

À Messieurs le Marquis et l'abbé de Livry.

À Monsieur Delaistre.

Le Choeur

Honneur et cent fois honneur À notre coadjuteur ! Viens, parais, jeune prince, et qu'on te reconnaisse Pour le coq de notre paroisse ; Que ton frère, à son gré, soit le digne pasteur De tous les peuples de la France ; Qu'on chante, si l'on veut, sa vertu, sa prudence : Toi seul dans Bellébat rempliras nos désirs : On peut partout ailleurs célébrer sa justice ; Nous ne voulons ici chanter que nos plaisirs ; Oui pourrait mieux que toi commencer cet office ? Billy, nouveau Mentor bien plus sage qu'austère De ce Télémaque nouveau, Si, pour éclairer sa carrière, Ta main de la raison nous montre le flambeau, Le flambeau de l'amour s'allume pour lui plaire : Loin d'éteindre ses feux, ose en brûler encor ; Et que jamais surtout quelque nymphe jolie Ne renvoie à la Peyronie Le Télémaque et le Mentor. Duchy, maitre de la maison, Vous êtes franc, vrai, sans façon, Très peu complimenteur, et je vous en révère. La louange à vos yeux n'eut jamais rien de doux ; Allez, ne craignez rien des transports de ma lyre ; Je vous estimerai , mais sans vous en rien dire : C'est comme il faut vivre avec vous. Continuez, monsieur : avec l'heureux talent D'être plaisant et froid, sans être froid plaisant, De divertir souvent, et de ne jamais rire, Vous savez railler sans médire, Et vous possédez l'art charmant De ne jamais fâcher, de toujours contredire. Vous, aimable moitié de ce grand disputeur, Vous, qui pensez toujours bien plus que vous et en dites, Vous, de qui l'on estime et l'esprit et le coeur, Lorsque vous ne songez qu'à cacher leurs mérites, Jouissez du plaisir d'avoir toujours donné Les contradictions dont son esprit abonde ; Car ce n'est que pour vous qu'il a toujours été De l'avis du reste du monde. De Prie, objet aimable, et rare assurément, Que vous passez d'un vol rapide Du grave à l'enjoué, du frivole au solide ! Que vous unissez plaisamment L'esprit d'un philosophe et celui d'un enfant ! J'accepte les lauriers que votre main me donne : Mais ne peut-on tenir de vous qu'une couronne ? Vous connaissez Alain, ce poète fameux, Qui s'endormit un jour au palais de sa reine : Il en reçut un baiser amoureux ; Mais il dormait, et la faveur fut vaine. Vous me pourriez payer d'un prix beaucoup plus doux ; Et si votre bouche vermeille Doit quelque chose aux vers que je chante pour vous, N'attendez pas que je sommeille. Vous êtes, cher de Baye, au printemps de votre âge ; Vous promettez beaucoup, vous tiendrez davantage. Surtout n'ayez jamais d'humeur ; Vous plairez quand vous voudrez plaire : D'ailleurs imitez votre frère : Mais, hélas ! Qui pourrait imiter votre soeur ? Vous avez, jeune la Feuillade, Ce don charmant que jadis eut Saucourt, Ce don qui toujours persuade, Et qui plaît surtout à la Cour. Gardez qu'un jour on ne vous plaigne D'avoir su mal user d'un talent si parfait ; N'allez pas devenir un méchant cabaret Portant une si belle enseigne. Et vous, cher Bonneval, que vous êtes heureux ! Vous écrivez souvent sous l'aimable de Prie, Et vous avez des vers le talent gracieux ; Ainsi diversement vous passez votre vie À parler la langue des dieux. Partagez avec moi ce brin de ma couronne ; De Prie, aux yeux de tous, m'a promis encor mieux : Ah ! Si ce mieux venait, je jure par les cieux De ne le partager jamais avec personne. Hénault, aimé de tout le monde, Vous enchantez également Le philosophe, l'ignorant, Le galant à perruque blonde, Le citoyen, le courtisan : En Apollon vous êtes mon confrère. Grand maître en l'art d'aimer, bien plus en l'art de plaire ; Vif sans emportement, complaisant sans fadeur, Homme d'esprit sans être auteur, Vous présidez à cette fête ; Vous avez tout l'honneur de cet aimable jour. Mes lauriers étaient faits pour ceindre votre tête ; Mais vous n'en recevez que des mains de l'amour. Plus on connait Livry, plus il est agréable : Il donne des plaisirs, et toujours il en prend ; Il est le dieu du lit et celui de la table. Son frère, en tapinois, en fait bien tout autant ; Et sans perdre de sa prudence, Lorsqu'avec des buveurs il se trouve engagé, Il soutient mieux que le clergé Les libertés de l'Église de France. Doux, sage, ingénieux, agréable Delaistre, Vous avez gagné mon coeur. Dès que j'ai pu vous connaître. Mon estime envers vous à l'instant va paraître ; Je vous fais mon enfant de choeur.

Le Choeur

Chantons tous la chambrière De notre coadjuteur ; Elle aura beaucoup à faire Pour engraisser son pasteur. Haut le pied, bonne ménagère ; Haut le pied, coadjuteur.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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