Tragédie · 1772

La nouvelle Messaline

d’Alexis Piron

Représentation
≈ 22 min
Distribution
2 femmes, 1 homme
Répliques
84
Écriture
En vers
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Messaline F 17 ≈ 7 min 4
Vitus H 17 ≈ 4 min 7
Conine F 20 ≈ 4 min 7
Premier Garde N 5 ≈ 2 min 1
Garde N 3 ≈ 2 min 3
Second N 6 ≈ 1 min 1
Roi N 5 ≈ 1 min 2
Pine N 4 ≈ 1 min 1
Matricius N 5 ≈ 1 min 1
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle La Nouvelle Messaline
Messaline absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Vitus absentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Conine absentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Premier Garde absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Garde absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Second absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Roi absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Pine absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
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La Nouvelle Messaline

Scène 1

Conine, Messaline

Conine

Oui, ce rapport, Madame, est fidèle et sincère. Dans une île prochaine on a vu votre père ; Éloigné de ces lieux depuis près de six ans, Il revient dans ces murs embrasser ses enfants : Mais que dois-je juger du chagrin où vous êtes, Errante en ce palais et toujours inquiète ! Vous ne m'écoutez pas, et vous fermez les yeux, Craignant de rencontrer la lumière des cieux : Vous avez la douleur peinte sur le visage, La tristesse sied ma aux filles de notre âge. Mais, quoi ! Vous soupirez ! Quel est donc ce secret ?

Messaline

Ah ! Si je suis chagrine, il en est un sujet : Tu connais bien Vitus, ce héros admirable Que mon coeur adorait, ce n'est qu'un misérable.

Conine

Par où vous déplaît-il ? Et quel est ce transport !

Messaline

Que ne le vois-je, hélas, Dans les bras de la mort ? Sans doute il te souvient que dès cette journée Qu'il parut à mes yeux, je me crus fortunée. Il avait en effet, le dos large et carré, Le nez long, je ne l'ai que trop considéré. Sur un lit de gazon, il me surprit dormante, Il leva de sa main ma jupe un peu flottante ; De sa large culotte il arracha son vit, Et, pour tout dire enfin, Conine, il me le mit. Quel plaisir ! Que de coups ! Justes dieux, quelle joie ! Pyrrhus en eût-il plus, lorsqu'il vit brûler Troie. Sans jamais de mes bras vouloir se dégager, Je le vis, et bander, et foutre, et décharger, Et bien donc ce Vitus, dont la vigueur extrême Me foutait, refoutait, sans en paraître blême, Aujourd'hui, par un sort que je ne comprends pas ; Est plus mol que ne fut laine de matelas. Son vit, qui paraissait ne respirer que foutre, Sur les bords de mon con ne saurait passer outre. Oui, Conine, voilà quel était mon secret, Ah ! Si je suis chagrine, est-ce donc sans sujet ?

Conine

Oui, vous avez raison, Madame, de vous plaindre, Après un tel affront que pouvez-vous plus craindre ? Mais enfin, quoiqu'il soit et cruel et sanglant, N'allez pas vous abattre, et qu'un con si charmant Garde bien de sécher de honte et de tristesse, Pour avoir de Vitus éprouvé la mollesse. Ne vaut-il pas mieux pour vous récompenser...

Messaline

J'entends, et de ce pas je m'en vais y penser ; C'est nourrir trop longtemps une douleur timide, Je veux que désormais le seul foutre me guide. Allons, que des torrents de foutre répandus, Parviennent à remplir tous mes moments perdus. Mais, quelqu'un vient ici, ô ciel ! Qui pourrait-ce être ?

Conine

Madame, c'est Vitus, et je le vois paraître.

Messaline

Ah ! Conine, dis-lui, qu'en l'état où je suis, Le fuir et le bannir, c'est tout ce que je puis.

Scène 2

Vitus, Conine

À Conine.

Vitus

On m'abhorre, on me fuit ! Ah ! Paillarde princesse ! Réserviez-vous ce prix à toute ma tendresse ? Mais, dis-moi, quel sujet à détourné ses pas ?

Conine

Quoi ! Vous-même, Seigneur, ne le savez-vous pas ? Ne vantez plus ici toute votre tendresse, Vous qui l'avez poussé jusques à la mollesse.

Vitus

Il n'est pas étonnant, j'en fais ici l'aveu, Qu'après neuf coups de suite, un vit débande un peu.

Conine

C'est là tout le sujet de sa colère extrême ! Ah peut-être, seigneur, peut-être Vitus même, Étant femme comme elle, après un tel affront, D'un plus honteux dépit verrait rougir son front. Mais, vengez-vous, seigneur, et faites choix d'un autre ; Elle change de vit et méprise le vôtre ? Changez aussi de con, et méprisez le sien. Puis-je ici, sans rougir, vous présenter le mien ? Peut-être, il s'en faut bien, qu'il ait autant de charmes : Un guerrier tel que vous veut de plus nobles armes. Mais songez, en voyant, s'il est grand ou petit, Que de changer de con augmente l'appétit.

Vitus

Je suivrais vos conseils, si dans cette aventure, Vous eussiez un peu moins écouté la nature : Sans doute elle vous porte à me parler ainsi. J 'excuse vos transports, éloignez-vous d'ici : Je pourrais me venger d'un tel excès d'audace ; C'est assez vous punir, d'autant que vous voulez Que je vous foute et que je ne veux pas, allez.

Conine

Quel mépris ! Eh ! Bien donc, je te ferai connaître Que ton vit me foutra plus de neuf coups peut-être.

Scène 3

Vitus

Vitus

Amour c'est à present que je sais ton pouvoir. Tôt ou tard tu nous trompes et tu le fais bien voir. Je n'avais jusqu'ici regardé Messaline Que comme une putain pour amuser ma pine ; En elle j'aperçois des attraits chaque jour, Et plus je vois son con, plus je ressens d'amour. Conine vient s'offrir, et veut remplir sa place, Et ce serait toujours ne foutre qu'une garce. Car j'aime Messaline, et je vais m'efforcer, En la rassasiant, de la décourroucer.

Scène 4

Garde, Vitus

Garde

Messaline, Seigneur, dans sa douleur profonde, Veut que de ce Palais j'écarte tout le monde ; Elle vient.

Vitus

Il suffit, je la laisse en ces lieux, Et ne lui montre pas un visage odieux.

Scène 5

Messaline, Pine, Matricius, Nombrilis

Messaline

Venez, fameux héros, et tous trois prenez place ; Je sais tous vos exploits, mais le choix m'embarrasse, Oui, je veux que le sort décide seul du vit, Du vit qui vient s'offrir pour entrer dans mon lit. Mais, quoi ! Que dis-je ? Hélas ! Quelle est mon imprudence ? Non, ne nous en fions qu'à notre expérience. Celui qui de vous trois est le plus vigoureux, Entrera dans mon lit, en me foutant le mieux. Allons, braves guerriers, excitez vos pines, Briguez avec honneur le con de Messaline. Entrez dans la carrière, et montrez tant d'ardeur, Qu'il ne soit entre vous ni vaincu ni vainqueur. Vous soumettez-vous tous à cette loi commune ? Répondez le premier, Pinez de Villeprune.

Pine

J'obéis, je connais la vertu de mon vit : Peut-être que des trois il est le plus petit ; Mais, qu'importe, pourvu que des ruisseaux de foutre Inondent votre con.

Matricius

N'avancez pas plus outre : Sachons qui de nous trois le premier la foutra.

Messaline

Celui qui de vous trois le premier bandera.

Matricius

Mais nous bandons tous trois.

Messaline

Ah ! Quel heureux présage ! Je vais donc inventer une autre loi plus sage. Tirez, Matricius, quelques poils de mon con.

Matricius

J'en tiens.

Messaline

Et vous, Pine ?

Pine

J'en tiens aussi.

Messaline

C'est bon. À vous donc, Nombrilis, ne craignez pas d'en prendre, Mon poil revient sur l'heure, et renaît de sa cendre. Comptez-les à présent ; combien Matricius ?

Matricius

Dix-neuf.

Messaline

Et vous, Pine ?

Pine

J'en ai quatre de plus.

Messaline

Eh ! Combien en a pris, de sa dextre velue, Le muet Nombrilis, a la bouche cousue ?

Nombrilis

J'en ai tiré dix-sept, messieurs, soyez témoins. Et si je ne dis mot, je n'en bande pas moins.

Messaline

Ne perdons pas de temps à des discours frivoles, Il faut des actions et non pas des paroles. Nombrilis, en ces lieux, me foutra le premier, Matricius ensuite, et Pine le dernier. Allons au dieu Priape offrir ce sacrifice : Suivez-moi, Nombrilis, venez, entrez en lice ; Couchons-nous sur ce lit... je décharge déjà, Et toi, décharges-tu ?

Nombrilis

Laisse faire, va, va.

Messaline

Mais, quoi ! Ton vit débande, et le lâche recule, Je te croyais au moins la force d'un Hercule ; Retire-toi d'ici, laisse-moi, pousse-mol, Que le diable t'emporte, et te casse le col. Venez, Matricius, et remplissez la place : Quand je suis tout en feu, d'où vous vient cette glace ? Où est donc votre vit ?

Matricius

Madame, le voilà.

À Pine.

Messaline

Je tombe, juste ciel, de Charibde en Scylla ; Vous ne pouvez bander, Dieux ! Quel funeste outrage. Quoi ! Dans un si beau champ vous manquez de courage.

Pine

Madame, je bandais, mais je ne bande plus.

Messaline

Ah ! C'est trop en un jour essuyer de refus. Bande-à-l'aise, fuyez, ôtez-vous de ma vue, Vos vits ne bandent pas quand je suis toute nue. Fuyez, dis-je, fuyez, craignez les mouvements Que pousseraient l'ardeur de mes ressentiments.

Scène 6

Messaline

Messaline

Orage ! Ô désespoir ! Ô Vénus ennemie ! Étais-je réservée à cette ignominie ? N'ai-je donc encensé ton temple et tes autels, Que pour être l'objet du faible des mortels ? Tu peux voir aujourd'hui rater ces quatre infâmes, Et n'entreprendre pas la vengeance des femmes ? N'est-ce donc pas pour toi le plus sanglant affront, Qu'on m'ait enfin réduite à me branler le con ? Venge-toi, venge-moi, saisis-toi de la foudre, Et que leurs vits molets soient tous réduits en poudre. Ô terre, entr'ouvre-toi sous leurs pas chancelants ; Déesses des enfers invente des tourments, Creuse à chaque instant abîmes sur abîmes ; Qu'ils apprennent enfin comme on punit les crimes ; Et renversant pour eux les ordres du destin, Faites qu'après leur mort ils foutent des putains, Dont les cons vérolés, du fond de leurs matrices, Ne lancent sur leur vit que poulains, chaudes-pisses ; Que d'affreux morpions leurs corps soient tout couvert, Qu'ils déchargent toujours un foutre jaune et vert, Et qu'un chancre sans cesse en tourmentant leur âme, Leur apprenne ce que c'est que rater une femme.

Scène 7

Garde

Garde

Madame, votre père en ce moment arrive, Le Peuple pour le voir s'empresse sur la rive, On n'entend que des cris ; mais il entre en ces lieux, Cachez-lui pour un temps le trouble de vos yeux.

Scène 8

Roi, Messaline

Roi

Ma fille, qu'il m'est doux, après six ans d'absence, De pouvoir, en ce jour, jouir de ta présence, De goûter des plaisirs...

Elle sort.

Messaline

Arrêtez, Couillanus, Tous vos empressements sont pour moi superflus ; Vous êtes offensé, la fortune maligne N'a pas en votre absence épargné Messaline ; Indigne de vous voir et de vous approcher, Je ne dois désormais songer qu'à me cacher.

Roi

Quel est l'étrange accueil qu'elle fait à son père ? Ce départ si subit cache quelque mystère ; Sachons-en le sujet de Conine qui vient, A qui peut s'adresser le billet qu'elle tient.

Scène 9

Conine, Roi

Conine

Seigneur, c'est pour Vitus.

Roi

Pourquoi donc ta maîtresse Fuit-elle à mon aspect ? Craint-elle ma tendresse ? Son visage est en feu, ses yeux sont en courroux, À quoi s'occupe-t-elle en ces lieux ?

Conine

Elle fout.

Roi

Le foutre fait passer des moments agréables, Je ne condamne point ces passe-temps aimables, Mais faut-il y donner et son temps et ses soins ? Se faisant des vertus, quelle foute un peu moins, Qu'elle se fasse un nom glorieux dans l'histoire.

Conine

Seigneur, plusieurs chemins conduisent à la gloire ; Mais pour se faire un nom d'être victorieux, Le foutre est sa vertu, c'est la vertu des Dieux. Oui les divinités n'en connaissent point d'autre, C'est là leur seul plaisir, et c'est aussi le nôtre. Peut-on nous condamner de marcher sur leurs pas ? Détrompez-vous, Seigneur, foutre est la seule gloire Qui puisse nous conduire au temple de mémoire.

Roi

Je cède à tes raisons, un discours si touchant Fait que mon vit se dresse, et je le sens bandant ; Je m'en vais de ce pas auprès de ma maîtresse.

Conine

N'allez pas lui donner des preuves de vieillesse.

Scène 10

Conine

Conine

Daigne, Amour, protéger mon amoureux dessein, Fais que Vitus s'abuse, et qu'il me foute enfin ; Le voici qui paraît, s'il pouvait me le mettre !

Scène 11

Conine, Vitus

Conine

On me charge, Seigneur, de vous rendre une lettre, La voici...

Vitus

Lisons donc.

Conine

Dieu d'amour, fais si bien Que de mon artifice il ne soupçonne rien.

Vitus

« Adorable Vitus, si ton coeur m'aime encore, Tâche de m'en donner la preuve en ce moment ; Je viendrai te rejoindre en cet appartement, Pour te jurer cent fois que mon âme t'adore. Mon père est en ces lieux ; De crainte qu'il ne vienne ici pour nous surprendre, Fais que tout ferme au mieux, Et qu'on ne puisse enfin nous voir, ni nous entendre. » Ô bonté sans exemple ! Adorable princesse, Quoi pour mon vit encor votre con s'intéresse ? Et toi, mon vit, et toi ?

Conine

Juste ciel ! Qu'il est beau ! Ô con trois fois heureux qui baise ce moineau.

Vitus

Pourquoi donc interrompre ainsi ma périodec? Hélas ! Qu'une servante est souvent incommode. Et toi, mon vit, et toi, des vits le plus heureux, Fais donc en ma faveur un effort généreux ; Et, puisqu'on ne l'a vue jamais rassasiée, Par mes coups redoublés, fais si bien qu'épuisée, Elle tombe sans force, et me confesse enfin Que j'ai seul le pouvoir de lasser son conin. Va lui dire aussitôt qu'avec impatience J'attends en ce moment de son con la présence.

Scène 12

Vitus

Vitus

Conine de lorgnait, tu lui fais appétit : Il est vrai, j'aurais dû la jeter sur le lit... Qu'importe, quand j'aurai bien foutu Messaline, Je pourrai m'amuser à sa chère Conine : Pour cela mon honneur serait-il offensé ? Ma gloire est de bander, de foutre, c'est assez. Eh ! Combien en est-il, non pas un, mais cinquante, Qui foutent la maîtresse, ensuite la Suivante ? Mais mon bonheur approche : on vient, j'entends du bruit, En fermant les rideaux, précipitant la nuit, En croirai-je mon coeur ? Est-ce vous, ma princesse ?

Scène 13

Conine, Vitus

Conine

C'est moi, mon cher Vitus.

Vitus

Masquée ! Pourquoi ça ? Vous tenez quelque chose, et je sens...

Conine

Halte-là. Ce sont de grands mouchoirs environ six et trente.

Vitus

Grands Dieux ! Vous croyez donc ma pine être assez forte Pour pouvoir empeser vos mouchoirs de la sorte ? Détrompez-vous, Madame ; cherchez en d'autres lieux Des vits plus abondands et qui vous foutent mieux.

Conine

Faut-il que jusques-là le traître me ravale ! Le foutre te plairait, mais avec ma rivale, Tu ne saurais bander, perfide, et je l'entends : Eh bien ! Connais moi donc, regarde s'il en est temps ; Vois ce que mon amour m'avait fait entreprendre. Tu demeures surpris ? J'ai voulu te surprendre. Ta surprise me venge, et bientôt a l'instant, Tu vas savoir un fait beaucoup plus important.

Scène 14

Premier Garde, Second, Vitus, Garde, Conine

Premier Garde

Ah ! Seigneur, écoutez.

Second

C'est moi qui veux apprendre...

Premier Garde

Écoutez-moi, Seigneur.

Second

Seigneur, daignez m'entendre.

Premier Garde

Il ne sait pas sa langue.

Second

Il grasseye en parlant.

Premier Garde

Je fais bien les récits.

Second

J'ai la voix de Le Grand.

Vitus

Oh ! Vous m'étourdissez.

Second

C'est par excès de zèle.

Vitus

Je vais par un seul mot finir votre querelle : Commencez le récit, et vous le finissez, Nous verrons qui des deux se sera surpassé. Faites-nous apporter à chacun une chaise, Pour entendre un récit, il faut être à son aise.

Premier Garde

À peine la Princesse avait quitté ces lieux, Nous la voyons sortir, la fureur dans les yeux ; Elle entre avec transport dans la salle des gardes, Et dit au capitaine, en déchirant ses hardes, Otez-moi ma chemise : il le fait : sur un banc La princesse aussitôt et se couche et s'étend. Nous dévorons des yeux ses belles cuisses et blanches, Ses fesses, et sa gorge, et ses aimables hanches, Sa motte rebondie, et son con tout charmant. Ah ! Seigneur, je ne puis en parler qu'en bandant. Que chacun, nous dit-elle, vite et s'arme et s'apprête, De Vénus aujourd'hui je célèbre la fête ; Vous n'aurez aucun mal, j'en donne ici ma foi, Venez, je le permets, bandez et foutez-moi. Elle dit, et chacun l'admire et la contemple, Et notre capitaine, en nous donnant l'exemple, La fout, Seigneur, la fout six coups sans déconner. On nous commande alors de nous déboutonner. Nous nous déboutonnons, et tout, selon sa charge, Se couche dessus elle, et la gout et décharge Le nombre des fouteurs ne l'intimide pas, Tenant son cavalier ferme dedans ses bras, Donnant des coups de cul, rapprochant chaque fesse, Jamais il ne se vit se semblable allégresse. Enfin, lorsque chacun, suivant son appétit, Eut foutu, refoutu, chacun lave son vit. Mais, prodige étonnant, qu'on ose à peine croire, Et qui ne sortira jamais de ma mémoire ; La princesse voulut se relever du banc, Elle fait un effort, mais il est impuissant. Le foutre, qui s'était répandu sur la planche, S'était si fort collé, tant aux reins, qu'à la hanche, Qu'elle ne pouvait plus tourner d'aucun côté ; Cependant par nos soins, nous l'en avons ôté : Et j'avouerai, Seigneur, que, jamais de ma vie, Je ne vis de la sorte une femme si aguerrie.

Second

Vous m'avez ordonné de parler le dernier, Je rendrai mon discours aussi net et que denier. La princesse parut, de ses exploits charmée Autant que pouvait être un général d'armée Qui sort victorieux d'un combat incertain. Dans son appartement elle rentre soudain, Et se fait, à l'instant, par ses filles de chambre, Laver le cul, le con, ainsi que chaque membre. Après avoir ainsi fait son ablution, Elle prit aussitôt sa résolution. Je forme, ce dit-elle, une noble entreprise, Faites sortir mon char de dessous ma remise, Qu'on y mette à l'instant mes six chevaux entiers, Je prétends de Molas visiter les quartiers. Sitôt dit, sitôt fait ; elle monte, et se place, Elle se fait conduire au chemin de Thalasse ; À son ordre son char s'arrête, elle descend : Nous sommes tous surpris des pleurs qu'elle répand ; Mais, malheur imprévu que produisaient ses larmes ! Elle veut s'enfermer...

Vitus

En quel endroit ?

Garde

Aux Carmes. En faisant ses adieux, elle nous dit ces mots : La vertu de mon con se perd dans le repos. Je remplis un dessein digne de mon courage : J'ai tâté jusqu'ici du Marquis et du page, Du Suisse, du soldat, et du Grand Amiral, Pour eux enfin mon con s'était rendu banal, Il faut faire une fin, je veux tâter du moine, Je laisse là le soin pour courir à l'avoine. Elle nous quitte alors, et les moines joyeux, Sans doute en ce moment la foutent qui mieux mieux. Son père, mais en vain, dans de rudes alarmes, Tâche à la dégoûter de ce couvent de Carmes ; Mais elle lui répond en ouvrant de grands yeux : Faites-moi donc des vits qui puissent bander mieux. Je ne crains point du tout ici d'être ratée, Je les contenterai, je serai contentée. Que puis-je souhaiter ? Ma force est dans mon con. Et la leur est toujours dans leurs vits et couillons. Mais, quoi ! Déjà l'ardeur de foutre les rassemble, Sortez, Seigneur, sortez, et laissez-nous ensemble : Son père l'abandonne et lui dit en courroux, Tu veux y demeurer ? Demeures, je m'en fous.

Vitus

C'est bien, je ne veux pas davantage en entendre ; Je vous offre mon vit, si vous voulez le prendre, Madame, il est à vous.

Conine

Je ne puis le haïr, Et lorsque vous parlez, c'est à moi d'obéir.

Vitus

Oublions Messaline, et sans aller plus outre, Que l'on nous laisse ici, venez.

Conine

Où, Seigneur ?

Vitus

Foutre.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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