Comédie · 1881

Les lilas blancs

de Camille Allary

Représentation
≈ 17 min
Distribution
2 femmes, 1 homme
Répliques
82
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Cécile de Bryans F 42 ≈ 14 min 4
Julia F 34 ≈ 3 min 1
Gaston de Bryans H 6 ≈ 1 min 1
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Les Lilas Blancs
Cécile de Bryans
Julia absentabsentabsent
Gaston de Bryans absentabsentabsent
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Les Lilas Blancs

Scène 1

Cécile de Bryans

À Madame Hélène Petit, de l'Odéon.

Avec nn soupir.

Se débarrassant du bouquet, de son burnous et de ses gants.

Rangeant ses cheveux devant la glace.

S'asseyant devant le feu, et approchant ses pieds de la flamme.

Avec animation.

un silence.

Debout, indigne.

Furieuse.

Calmée.

Songeuse.

Songeant, allongée sur le sofa.

Ôtant ses bracelets.

Tristement, avec un soupir de regret.

Très agité.

Ette saisit son bouquet et, de rage, le jette loin d'elle.

Ramassant le bouquet, repentante.

Surprise.

Très intriguée.

Lisant.

Stupéfaite.

Elle pose son bouquet sur un guéridon.

Refléchissant.

s'asseyant.

S'animant.

Émue.

Très troublée.

Dans son trouble, elle laisse le billet sur cheminée.

Regardant par la fenêtre dont elle écarte les rideaux.

On frappe à la porte de droite.

Elle tombe assise. On frappe de nouveau. D'une voix affaiblie.

Cécile de Bryans

Allons, voilà mes petits bonheurs envolés ! C'était bien la peine de faire tant de frais de toilette ! C'est toujours ainsi, d'ailleurs. Vous recevez une de ces invitations sur papier bristol au bas desquelles le traditionnel on dansera est écrit en caractères plus apparents... C'est chez une amie. Vous acceptez avec plaisir parce que vous vous promettez devons amuser jusqu'au matin. Pendant huit jours vous courez les couturières pour vous occuper de votre costume. vous voulez être la plus belle. Le fameux soir arrive... Vous partez en voiture... Vous montez un large escalier ruisselant de lumière où, de marche en marche, des têtes niaises de laquais émergent des corbeilles de fleurs. Les invités arrivent un à un... L'orchestre prélude par un quadrille... Des cavaliers timides, le gilet en coeur, un gardénia à la boutonnière, vous regardent de leur place avec des yeux qui semblent vous dire : Madame, je ne vous connais pas, mais vous êtes adorable ; voulez-vous me faire l'honneur de danser avec moi ? Puis, tout à coup pour une cause imprévue, il vous faut quitter le bal et retourner chez vous !... Adieu la fête et les plaisirs si amoureusement caressés !... C'est justement ce qui m'est arrivé ce soir. - Mon mari et moi devions passer la nuit chez Julia. Nous étions arrivés depuis une heure... Les invités étaient nombreux... Des hommes du monde, des politiqueurs, des artistes, ce qu'à tort ou à raison l'on a l'habitude d'appeler le tout-Paris. Soudain, Gaston que j'avais laissé dans la salle de jeu, s'approche de moi et me dit à l'oreille « Ma chère, donne-moi ton bras ; nous rentrons. - Déjà ? - Il le faut. - Je voudrais bien savoir. - Tu ne dois pas savoir. - Pourtant, cette retraite précipitée a bien une raison ? - Un de mes bons amis vient de me faire prier d'aller, sur-le-champ, le rejoindre au club. Je n'en sais pas davantage. - C'est, paraît-il, pour une affaire très grave ? - Apparemment. - Et tu me quittes pour courir après ton ami ? C'est dire que je ne suis pas la préférée. - Je te répète qu'il le faut. - Vous êtes trop aimable. » Là-dessus, il me ramène ici, puis, comme j'avais boudé tout le long du chemin, remonte en voiture après m'avoir souhaité une heureuse nuit. Et me voilà ! Ah ! C'est charmant, tout à fait charmant !... Passe encore s'il m'avait quitté pour une raison sérieuse... Mais c'est son club qui l'attire, et je ne me plaindrai pas ! Nous verrons bien ! Je ne crois ni à son club, ni à cet ami qui, disait-il, le faisait demander !... Le club est le bonhomme de paille auquel les maris frivoles font endosser leurs fautes. Le club cache, le plus souvent, la maîtresse pour laquelle, avant de se ruiner, on déserte la chambre conjugale ! Une maîtresse !... Oh ! Si j'en étais sûre !... Si j'avais des preuves !... C'est cela... Il n'y a plus à en douter... Autrement, pourquoi m'eût-il laissée lui qui, jadis, avait tant de câlineries pour moi ; lui qui me disait : « Ne regarde plus les étoiles sans quoi, j'irai les arracher du ciel pour t'en faire un collier. » Il n'y a pourtant que huit mois que nous sommes mariés. Déjà huit mois! Ah ! C'était délicieux les premiers jours ! Nous ne nous séparions jamais. - Il m'aimait beaucoup ; moi, je l'aimais... un peu et lorsque nous étions las de causer, assis l'un à côté de l'autre, dans le kiosque, au fond du parc mystérieux, nous passions des heures entières à nous regarder... Ses yeux avaient, dans l'ombre, des lueurs phosphorescentes sa tête fine était entourée d'une auréole de lumière et, en m'avançant un peu, je voyais très distinctement au-dessous de sa bouche un petit signe que je baisais. D'autres fois, la nuit, nous allions faire un tour de bois en calèche. - C'était dans la belle saison ; l'air était tiède. Des rayons de lune, jouant parmi les hautes futaies, coupaient de bandes lumineuses le sable des allées désertes... Les chevaux marchaient au pas, la tête haute, secouant leurs gourmettes... Les flaques d eau éparses dans le gazon semblaient des fragments de miroirs brisés. Les feuillages sombres susurraient. Effrayées par la clarté rouge des lanternes, des mésanges réveillées en sursaut, déployaient soudainement leurs ailes et filaient droit devant nous, rapides comme des flèches. Moi, pelotonnée dans un coin, les yeux clos, je faisais semblant de dormir... Alors, Gaston se penchait sur moi, prenait ma main, et ses lèvres brûlantes se posaient tantôt sur le poignet entre le gant et la manchette, tantôt là, sur le cou, derrière la nuque, pour y mettre un de ces longs baisers silencieux qui vous secouent de la tête aux pieds. Maintenant, ce n'est plus ça !... Monsieur va au club... Non, il ne va pas au club !... Tandis que je suis seule, ici, à l'attendre, il me trompe, j'en suis certaine... Oh ! Mais je me vengerai... Je me vengerai, et dès demain encore... Ah ! Ce sera facile, les occasions ne manquent pas... Pauvre innocent bouquet ! J'ai passé ma colère sur lui, comme s'il était cause du chagrin qui m'arrive. Suis-je injuste ! Le voilà tout abîmé. Les tiges des lilas sont brisées. Louise le portera dans ma chambre et, cette nuit, son parfum bercera mon rêve. Que vois-je ! Une lettre ? Une lettre écrite au crayon ?... Voyons ça. « Je vous aime, je vous aime éperdument ! Mes regards vous l'ont dit, sans doute, et c'est pour cela ; cruelle, que vous m'évitez. Moi, je meurs du désir de vous répéter ces mots à genoux. Une occasion se présente ; laissez-moi en profiter. Cette nuit, dès que vous vous retirerez du bal, chez vous. Ne vous inquiétez de rien, toutes mes dispositions sont prises. » Pas de signature. Je parlais de vengeance tout à l'heure, la voilà la vengeance ! L'occasion est belle, ce me semble, et si je voulais bien... Voyons, avant tout, il s'agit de connaître le nom de celui qui a osé m'adresser le billet. Je ne me suis séparée de mon bouquet qu'au moment où je prenais possession du piano afin d'accompagner Julia qui, vivement sollicitée, allait chanter le Vallon. Or, Julia était à ma droite, et, à l'autre bout du piano, accoudé sur la console, il y avait le comte Maxime de Ferry, l'aide de camp du général Boissier. Nous étions isolés dans notre coin. Les autres invités jouaient de l'éventail ou écoutaient à distance. Si j'ai bonne mémoire, personne ne s'est approché de nous, personne. C'est donc ou Julia ou Monsieur de Ferry qui a glissé ce billet parmi mes fleurs. Julia n'avait pas d'intérêt à le faire. Je la connais assez pour savoir qu'il ne lui viendra jamais à l'idée de se moquer de moi... Quant au comte Maxime, heu ! C'est différent... Ce poulet m'explique bien des choses et je commence à voir clair dans votre jeu, mon gentilhomme ! Pourquoi donc venait-il à toutes les soirées auxquelles j'étais invitée ?... Pourquoi donc papillonnait-il sans cesse autour de moi ?... Pourquoi donc, quand il me regardait, ses yeux avaient-ils des éclairs ?... Pourquoi donc, pendant la valse, lorsque, confiante, je m'abandonnais à lui, sa main pressait-elle si fort la mienne ?... Folle que je suis, je n'avais pas vu cela ! Ce soir, l'occasion lui aura paru favorable. Mon bouquet se trouvait à portée de sa main, il s'en est emparé sans que je m'en aperçoive, - cette musique était si difficile à déchiffrer et a traîtreusement caché sa déclaration sous ces lilas. Voilà bien les hommes : ils ne sont véritablement heureux que lorsqu'ils réussissent à détourner une femme du droit chemin. - C'est qu'il est très beau garçon, le comte Maxime - un brun au profil mâle et fier avec de grands yeux veloutés, et puis, son teint chaud et doré, sa moustache fournie, lui donnent un air martial qui lui sied à ravir. Est-ce drôle, mon coeur bat plus vite... Est-ce que je l'aime ?... Ce n'est pas possible... Je n'aime que Gaston, je n'ai jamais aimé que Gaston... Mais j'y songe le comte Maxime va venir, il me l'annonce dans sa lettre et il viendra. Si mon mari rentrait !... Que faire, bon Dieu ! Que faire ? Il faut qu'il ait perdu la tête, ce comte ! Un rendez-vous, chez moi, à minuit et demie !... Quelle aventure !... Si je sortais ? Ah ! J'entendS le roulement sourd d'une voiture... La voici... Elle ralentit sa course elle s'arrête devant ma porte. La sonnette s'ébranle... Je suis perdue !... Quelle audace !... Oser pénétrer ici à pareille heure !... Que vont dire mes gens ?... Je n'oserai plus les regarder en face. C'est lui, je me sens défaillir ! Entrez !

Scène 2

Cécile de Bryans, Julia

Elle entre par la droite. Toilette de soirée, un bouquet à la main.

Cécile de Bryans

Toi ici !... Que t'arrive-t-il ?

Julia

C'est à moi qu'il conviendrait de t'adresser cette question ; tu es pâle comme un lys et tes mains brûlent. Qu'as-tu ?

Cécile de Bryans

Presque rien... Une simple contrariété.

Julia

Est-ce sérieux ?

Cécile de Bryans

Je le crains.

Julia

Au temps heureux de notre enfance, j'étais ta confidente, je partageais tes joies et tes peines, je te consolais quelquefois pourquoi n'en serait-il plus ainsi aujourd'hui ?

Cécile de Bryans

Tu as raison, je vais tout de dire... Tu t'es, sans doute, aperçue que Gaston m'a fait quitter ton bal de très bonne heure ?

Julia

En effet ; tous mes invités l'ont remarqué.

Cécile de Bryans

Comme tu dois le penser, cette brusque sortie avait un motif.

Julia

Quel motif ?

Cécile de Bryans

Monsieur, mon mari me trompe, ma chère.

Julia

Comment !... Gaston ?....

Avec des larmes dans la voix.

Cécile de Bryans

Oh ! J'en suis convaincue !.. C'est pour aller rejoindre sa maîtresse qu'il m'a ramenée... Il languissait probablement de la voir... Elle lui avait donné rendez-vous, et comme feu le roi-soleil, à cause de moi, elle a failli attendre !... Après huit mois de mariage, conçoit-on cela !

Julia

Regarde-moi donc en face, grande enfant que tu es.

Cécile de Bryans

Non, j'aime mieux pleurer : les larmes soulagent.

Julia

C'est que, précisément, j'ai la prétention de les tarir, ces fameuses larmes.

Cécile de Bryans

N'essaye pas de me dissuader, ce serait peine perdue.

Julia

Veux-tu que je te dise où il est, en ce moment, ton gueux de mari ?

Cécile de Bryans

Tu le sais ?

Julia

Est-ce que je ne sais pas tout !

Cécile de Bryans

Défends-le si tu peux ; que fait-il, pendant que je me désespère ?

Julia

D'abord, il court le risque de s'enrhumer ; ensuite, il y a gros à parier qu'il tempête contre l'ami qui t'a chargé de cette mission délicate.

Cécile de Bryans

Un ami ?... Une mission ?...

Julia

Monsieur de Boucoyran a été gravement insulté, hier soir, au club, autour d'une table de baccarat, et il chargé ton mari et le mien d'aller demander une réparation par les armes a son adversaire. Comprends-tu, maintenant ?

Cécile de Bryans

Pourquoi Gaston ne m'a-t-il pas parlé de cette vilaine affaire ?

Julia

Probablement parce qu'il a craint de t'inquiéter.

Cécile de Bryans

Et je l'accusais !

Julia

Et peut-être, aussi, comme je le défendais, m'as-tu prise pour sa complice ?

Cécile de Bryans

Je l'avoue.

Julia

Triple folle !

Cécile de Bryans

Oui, triple folle !... Je tiens le bonheur, je sens cet oiseau rare frissonner dans ma main, et au lieu de chercher à lui rendre sa captivité plus douce, j'ai failli l'étouffer.

Julia

À propos, tes larmes, ta jalousie, tes suppositions m'ont fait oublier que je suis venue pour quelque chose de bien plus grave.

Cécile de Bryans

Qu'est-ce encore ?

Julia

Ne t'inquiète donc pas ! Pourrais-tu me montrer le bouquet que tu avais au bal ?... Simple curiosité de femme.

Cécile de Bryans

Regarde derrière toi, sur ce guéridon.

Julia

C'est le mien !... J'en étais sûre !

Cécile de Bryans

Ce bouquet t'appartient ?

Julia

Puisque j'accours pour te le réclamer !... Tu ne t'étais pas aperçue de l'erreur ?

Cécile de Bryans

Pas du tout.

Julia

Je l'avais posé sur ta console du piano, près du tien, tandis que je chantais. En partant, tu es sortie si précipitamment, que tu as pris les lilas blancs pour les roses-thé.

Cécile de Bryans

Ce n'est donc pas à moi qu'était adressé le billet !

Julia

À chacun son bien.

Cécile de Bryans

Voici tes lilas.

À part.

Haut.

Julia

Plus de poulet !... Ah ! La fine mouche ! Je commence à comprendre... Cécile, tu as tort de n'être pas franche avec moi ; il avait autre chose avec ce bouquet.

Cécile de Bryans

Autre chose ?

Julia

Un billet, probablement.

Cécile de Bryans

Serait-ce ceci ?

Julia

Précisément. As-tu parcouru ces pattes de mouche ?

Cécile de Bryans

Le hasard les a mises sous mes yeux, et...

Julia

Le hasard ?... Tu as cru qu'elles étaient pour toi ?

Cécile de Bryans

Dame, en admettant que le bouquet m'appartenait, il fallait bien admettre, comme conséquence, qu'il en était de même du billet.

Julia

Pauvre innocente par quelles transes tu as dû passer en m'entendant monter ton escalier ?

Cécile de Bryans

J'en tremble encore.

Julia

Tu me prenais pour l'autre. Ah ! Comte Maxime, vous qui êtes habitué à faire des victimes, que ceci vous serve de leçon ; ne recommencez pas, sinon, tout hussard que vous êtes, nous allons vous tirer les oreilles.

Cécile de Bryans

Que feras-tu ?

Julia

Je vais lui écrire que s'il ne cesse pas les ridicules prévenances dont il m'accable, je communique sa lettre à mon mari.

Cécile de Bryans

Tu ferais cela ?

S'approchant de la cheminée.

Elle la brûle.

Julia

Je le crois parbleu bien ; il est indispensable que je prenne ma revanche. Quant à sa déclaration, traitons-la comme elle le mérite.

Cécile de Bryans

Garde-moi le secret.

Julia

Je te fais la même prière. surtout, ne songe plus au comte de Ferry.

Bruit lointain de sonnette.

Cécile de Bryans

Je te le promets. j'ai hâte d'oublier ce moment de faiblesse. N'as-tu pas entendu sonner ?

Julia

Si fait.

Cécile de Bryans

C'est Gaston qui rentre. Je distingue le craquement de ses bottes.

Elle court vers la porte de droite.

Julia

Je me sauve.

Cécile de Bryans

Non, par la serre ; à moins que tu ne veuilles lui dire bonjour.

Julia

Oh ! Je n'y tiens pas du tout...

Cécile de Bryans

Merci de ta visite matinale.

Julia

Bonne nuit !

Scène 3

Cécile de Bryans

Cécile de Bryans

Maudit bouquet ! Me voilà délivrée de ce parfum malsain qui troublait la sérénité de mon foyer. Dieu ! Que je suis heureuse !

Scène 4

Gaston de Bryans, Cécile de Bryans

Gaston de Bryans

Du feu, enfin !... Brr !...

Cécile de Bryans

Comme tu m'as fait languir !

Gaston de Bryans

C'est cet imbécile de Georges qui m'a mis en retard avec ses histoires... Brr !... Brr !...

Cécile de Bryans

Je t'aime !

Gaston de Bryans

Tiens, tu ne boudes plus ?

Cécile de Bryans

Non, j'ai réfléchi. J'ai l'intention de signer un traité de paix.

Gaston de Bryans

Ah ! Tant mieux ! D'abord, si tu es aimable, tu vas me laisser réchauffer un instant ; je grelotte.

Cécile de Bryans

Tu te réchaufferas plus tard.

Gaston de Bryans

Sois charitable, ma petite femme, je t'assure que je suis transi... Brr !

Cécile de Bryans

Viens, je t'aime !

Gaston de Bryans

Sacrebleu ! Mes pieds sont glacés!

Cécile de Bryans

Viens, te dis-je, j'ai sommeil !

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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