Comédie · 1697

Les vacances

de Florent Carton dit Dancourt

Représentation
≈ 52 min
Distribution
3 femmes, 5 hommes
Répliques
401
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Lépine H 91 ≈ 12 min 18
Monsieur Grimaudin H 61 ≈ 7 min 9
Monsieur Maugrebleu H 35 ≈ 6 min 5
Madame la Roche F 43 ≈ 6 min 8
Clitandre H 51 ≈ 4 min 7
Le Magister H 16 ≈ 4 min 3
Madame Périnelle F 30 ≈ 4 min 6
Angélique F 28 ≈ 3 min 5
Greffier N 22 ≈ 2 min 7
Choeur N 9 ≈ 1 min 1
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle
Lépine absentabsentabsentabsentabsentabsent
Monsieur Grimaudin absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Monsieur Maugrebleu absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Madame la Roche absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Clitandre absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Le Magister absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Madame Périnelle absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Angélique absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
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Scène 1

Le Magister, Lépine

Le Magister

Non, palsanguenne, vous avez beau dire, Monsieur de Lépine, je ne saurais m'accoutumer à stilà.

Lépine

Mais qu'est-ce que cela vous fait, Monsieur le Magister ? Puisqu'il faut que nous ayons un Seigneur une fois, que nous importe qui le soit ?

Le Magister

Que nous importe ? Morgué, Ça est honteux que le cousin du Meunier de Rougemare, Monsieur Grimaudin, devianne Signeur du village de Gaillardin : je ne puis avaler cette pilule-là.

Lépine

C'est un honnête homme, qui a gagné du bien, et...

Le Magister

Un Procureur honnête homme, et qui est devenu riche encore ! En vela une belle marque.

Lépine

Il a des amis, de bonnes connaissances, et nous nous trouverons bien de sa protection.

Le Magister

Ly ? Il nous fera des procès à tous tant que je sommes : mais morgué je m'en gausse ; je sommes quatre ou cinq dans le village qui ly taillerons de la besogne, sur ma parole.

Lépine

Et que ferez-vous ?

Le Magister

Ce que je ferons ? Il n'est morgué pas plus gentilhomme que nous. Je sis collecteur, moi, Dieu marci, cette année ; palsanguenne, j'aurai le plaisir de mettre notre nouviau Signeur à la taille.

Lépine

Qu'est-ce que cela produira ?

Le Magister

Que je le ferons enrager, et s'il ne veux avoir la paix, il a de petits droits que je ly ferons pardre. Oh ! Je ne nous mouchons pas du pied, afin que vous le sachiais.

Lépine

Vous êtes un homme entendu et entreprenant, je vois bien cela.

Le Magister

Morgué, vous avez itou un peu d'esprit, gobergeons-nous ensemble de ce cousin de Meunier, qui viant être notre Signeur, maugré que j'en ayons.

Lépine

Mais je ne puis avec bienséance, moi...

Le Magister

Quoi ! Parce qu'il vous a fait Procureur Fiscal ? Parguenne, il vous a baillé une belle charge. Acoutez, n'y a que deux mots qui sarvent ; vous êtes nouveau venu dans le village aussi bien que ly, ne vous brouillez point avec les habitants. C'est un petit avis que je vous baille, vous y ferez vos petites réflexions. Votre valet, Monsieur de Lépine.

Scène 1

Lépine

Lépine

C'est une assez méchante engeance que la race paysanne, et notre Monsieur Grimaudin a toute la mine de n'être pas content dans la suite de l'acquisition qu'il vient de faire. Le voici, je pense. Le Magister a ma foi raison ; voilà un fort vilain Seigneur de Paroisse.

Scène 3

Monsieur Grimaudin, Lépine

Monsieur Grimaudin

Hé bien, mon pauvre Lépine, je suis sur mes terres ; et me voilà pourtant, en dépit de l'envie, propriétaire du Château et de la Seigneurie de Gaillardin.

Lépine

Et à fort bon marché, n'est-ce pas ? On ne vous rapportera ni argent faux, ni vieilles espèces du paiement que vous avez fait.

Monsieur Grimaudin

Oh : pour cela non, je t'en réponds ; je me la suis fait adjuger pour les frais d'une instances que j'ai eu l'esprit de faire durer dix-sept ans, et le fond du procès n'est pas jugé encore.

Lépine

Quelle bénédiction ! Vous tirerez encore de là de bonnes nippes.

Monsieur Grimaudin

Je l'espère. Quand des gens de notre profession ont un peu d'honneur et de conduite, ils font de bonnes maisons en bien peu de temps ; n'est-il pas vrai ?

Lépine

La peste, oui. Vous autres Procureurs de Cour Souveraine, vous avez souvent de bonnes occasions : mais un pauvre diable comme moi...

Monsieur Grimaudin

Laisse-moi faire, j'achèverai ta fortune ? Va ; quoique je n'eusse encore cette Terre-ci qu'à bail judiciaire, quand tu revins de Flandres l'année passée, j'ai trouvé le moyen de t'en faire le Procureur Fiscal : m'en voilà maintenant Seigneur, par la grâce de Dieu et du Châtelet ; tu es mon filleul, tu as de bons principes, je te pousserai, tu iras loin sur ma parole.

Lépine

Il ne tiendra pas à moi que je ne fasse quelque chose dans la Robe, j'ai des inclinations admirables.

Monsieur Grimaudin

Sur ce pied-là, je veux, avant qu'il soit dix ans que tu aies une petite Terre.

Lépine

Je vous bien obligé, mon parrain.

Monsieur Grimaudin

Il y a plaisir, oui, de venir ainsi passer les Vacances dans ses petits États ?

Lépine

Assurément.

Monsieur Grimaudin

Il y a peu de mes Confrères qui en puisse faire autant.

Lépine

Il n'y an aura jamais qui fasse son chemin si promptement que vous ; et si, ils aiment à aller vite ces Messieurs-là.

Monsieur Grimaudin

J'en attends ici trois ou quatre, que j'ai priés de me venir voir avec leurs familles pendant les Vacances.

Lépine

Vous ne manquerez pas de compagnie.

Monsieur Grimaudin

Je veux les régaler de manière à les faire crever de dépit

Lépine

Ils seront tous bien fâchés de vous voir faire si bonne figure.

Monsieur Grimaudin

Je le crois comme cela.

Lépine

N'est-ce pas aujourd'hui que vous faites la cérémonie de prendre possession...

Monsieur Grimaudin

Selon le monde qui viendra : je ne prétends pas que cela se fasse incognito, non ; j'ai donné ordre que tout le Village se mît sous les armes, j'aime à faire parler de moi.

Lépine

C'est la folie de tous les grands hommes.

Monsieur Grimaudin

Que je vais vivre heureux ! Je suis veuf premièrement.

Lépine

Oui ; mais vous avez deux grands enfants.

Monsieur Grimaudin

Bon, le garçon s'est fait soldat, il n'oserait revenir ; et Dieu merci c'est un fripon que je suis en droit de déshériter, et de ne jamais voir.

Lépine

Cela est bien heureux.

Monsieur Grimaudin

Et pour la fille, c'est une coquine qui ne vaudra pas mieux que son frère. Je veux la marier à un vieux greffier, dont je suis sûr qu'elle ne voudra point ; et je la gênerai tant, je la gênerai tant, qu'elle fera quelque sottise, qui m'autorisera à la mettre dans un Couvent. Oh ! J'ai des vues bien judicieuses.

Lépine

Oh, pour cela, vous êtes né coiffé, d'avoir des enfants qui secondent si bien vos bonnes intentions.

Monsieur Grimaudin

Tout conspire à mon bonheur, et je m'en vais avoir le plaisir de faire la fortune d'une personne que j'aime.

Lépine

Vous êtes amoureux ?

Monsieur Grimaudin

Oui, mon enfant. Est-ce que Madame la Roche ne t'a parlé de rien ?

Lépine

Vous voulez épouser Madame la Roche ?

Monsieur Grimaudin

Épouser Madame la Roche ! Tu rêves, je pense.

Lépine

Pourquoi non ? Pour l'acquit de votre conscience peut-être. Il y a longtemps qu'elle est votre gouvernante ; et depuis la mort de la défunte, il n'est pas que vous ne lui ayez promis quelquefois...

Monsieur Grimaudin

Cela était bon quand je n'étais que simple Procureur ; mais à présent...

Lépine

Ah ! Le petit inconstant qui change avec la fortune !

Monsieur Grimaudin

Je veux te la faire épouser, à toi, laisse-moi ménager cela. La voici, je vais sur le champ lui proposer.

Lépine

Non, non, mon parrain ; si le coeur m'en dit, je ferai ma proposition moi-même.

Scène 4

Madame la Roche, Monsieur Grimaudin, Lépine

Madame la Roche

Qu'est-ce que c'est donc, Monsieur, est-ce vous qui faites venir ici une Compagnie de Gens-d'armes, pour prendre possession de votre terre avec plus d'éclat ?

Monsieur Grimaudin

Comment donc ? Que veux-tu dire ?

Madame la Roche

Ils sont plus de cinquante hommes à cheval, qui logeront cette nuit dans le village : ils disent qu'ils se sont détournés de trois lieues pour passer par ici.

Monsieur Grimaudin

Ils prennent bien de la peine et pourquoi ne vont-ils pas leur chemin ?

Lépine

C'est quelque Officier de votre connaissance, apparemment, qui vient vous rendre visite pour honorer votre prise de possession.

Monsieur Grimaudin

Oui ; mais il ne fallait pas qu'il vînt avec tant de monde.

Madame la Roche

Venez donc voir ce que vous en ferez ; ils veulent mettre leurs chevaux dans le Château, parce qu'il n'y a pas assez d'écuries dans le village.

Monsieur Grimaudin

Leurs chevaux dans le Château ! Ah, ah, je leur ferai bien voir... Allons, allons, mon filleul, un bon procès-verbal de Dieu, commençons toujours par là.

Lépine

Autant de papier timbré perdu, mon parrain : on ne gagne rien à plaider avec ces gens-là.

Scène 5

Martine, Monsieur Grimaudin, Lépine, Madame la Roche

Martine

Hé vite, hé tôt, Monsieur dépêchez-vous.

Monsieur Grimaudin

Qu'est-ce qu'il y a ?

Martine

Deux carrosses tout pleins de Madames, et une charretée de procureurs qui venont d'arriver dans la cour de la ferme. Ils sont pêle-mêle avec de grands soudards qui carressont les femmes, et qui battont les hommes. Ils disent tretous que vous leur faites pièce.

Monsieur Grimaudin

Mon pauvre filleul !

Lépine

Vos petits États sont mal policés, mon parrain, il y faut mettre ordre.

Madame la Roche

Il n'y a point de temps à perdre.

Monsieur Grimaudin

Tu as raison ; je m'en vais leur faire donner assignation par mon Sergent, à ce qu'ils aient à se retirer, et à en venir par-devant le Bailli dans la huitaine, avec protestation de les prendre en partie en leur propre et privé nom, en cas de désordre.

Lépine

Leur signifiant que vous êtes Procureur, n'est-ce pas ?

Madame la Roche

Hé, Monsieur, vous n'y songez pas : ces gens-là jetteront votre Sergent dans le puits, et ils mettront le feu à la maison ; c'est moi qui vous le dis.

Monsieur Grimaudin

Mais voilà qui est extraordinaire, des Cavaliers dans ce Village-ci, ce n'est point un passage de troupes.

Lépine

Il y a là-dessous quelque chose que je ne comprends pas bien : je m'en vais voir un peu ce que cela veut dire, et je viendrai vous en rendre compte, laissez-moi faire.

Monsieur Grimaudin

Oui, c'est bien dit, parle aux gens de guerre, et je m'en vais recevoir les gens de robe.

Scène 6

Madame la Roche

Madame la Roche

Et je vais de mon côté moi lui préparer plus d'embarras que la guerre et la robe ne lui en peuvent faire.

Scène 7

Angélique, Madame la Roche

Angélique

Hé bien, ma chère Madame la Roche, je ne me trompais point dans mes conjectures : ce vilain Greffier, que je t'ai dit qui me venait voir au Couvent, et qui faisait tant le radouci.

Madame la Roche

Je n'en ai pas douté non plus que vous. Il est amoureux de vous sans contredit ?

Angélique

Son amour est autorisé de l'aveu de mon père, et il vient ici pour m'épouser : le voilà qui arrive.

Madame la Roche

Cela ne se peut pas. Il est vrai pourtant que votre père est assez fou : mais il ne l'est point assez pour...

Angélique

Quel homme, ma chère Madame la Roche ! Avec quelle dureté il en a toujours agi avec mon frère et avec moi ! J'ai bien à me plaindre de la nature de m'avoir donné pour père...

Madame la Roche

Mon Dieu ! Ne vous plaignez point si fort, il n'est peut-être pas tant votre père que vous vous l'imaginez ; et la défunte... Baste : le bon homme mérite assez d'avoir des héritiers de contrebande.

Angélique

Je te l'ai déjà dit, Madame la Roche, son dessein est de me persécuter, pour m'obliger, comme mon frère, à prendre un parti.

Madame la Roche

Oh ! Je ne vous crois pas d'humeur à vous enrôler, quelque chose qu'il puisse faire.

Angélique

Il veut que je fasse quelque extravagance, te dis-je.

Madame la Roche

Hé bien, faites, ce sera sa faute ; et s'il ne faut que cela pour le contenter, je ne vois pas que la chose soit bien difficile.

Angélique

Que tu es extravagante !

Madame la Roche

Point, je vous parle sérieusement : à la vérité je comprends bien, que comme vous êtes peu entreprenante, vous ne hasarderez jamais la chose toute seule, et qu'il vous faut un associé.

Angélique

Ah ! Ma chère Madame la Roche !

Madame la Roche

Vous soupirez ? Votre associé est tout trouvé, je gage, ce n'est plus que la résolution qui vous manque ? Je vous en donnerai moi, ne vous mettez pas en peine.

Angélique

Il n'y en aurait point que je ne fusse capable de prendre, si je voyais jour à ne les pas prendre inutilement.

Madame la Roche

Qu'est-ce à dire inutilement ? Vous appréhendez qu'on ne veuille pas de vous ? Allez, allez, les jeunes gens d'à présent ont beau être ridicules et s'en faire accroire, il n'y en a point qui pousse la sottise jusques-là.

Angélique

Ah ! Qu'il y a peu de solidité dans le coeur des hommes, ma chère enfant.

Madame la Roche

Est-ce que vous y avez déjà été attrapée ?

Angélique

Non, vraiment, je ne m'en plains pas : mais...

Madame la Roche

Vous ne vous en plaignez pas : mais vous avez sujet de vous plaindre peut-être ? Allons, allons, dites-moi franchement vos petites affaires : vous avez quelque godelureau dans le coeur ou dans la cervelle, sur ma parole.

Angélique

Hélas ! Non, c'est un jeune Officier, qui venait au Couvent où j'étais, voir une de ses parentes.

Madame la Roche

Ah ! Ah ! Ce jeune Officier-là est bien fait, je gage ?

Angélique

Tout ce qu'on peut l'être.

Madame la Roche

Il a de l'esprit ?

Angélique

Au-delà de l'imagination.

Madame la Roche

Vous vous aimez ?

Angélique

Nous avions fait partie pour cela ; mais il est parti pour l'armée. On m'a fait sortir du Couvent, j'ignore où il est ; il ne sait ce que je suis devenue ; je n'ai point de ses nouvelles.

Madame la Roche

Voilà une partie d'amour assez dérangée, à ce qu'il me semble ; et je ne vois pas que nous la puissions renouer à temps pour rompre celle du Greffier, vous verrez qu'il en faudra faire quelque autre.

Angélique

Oh, pour cela non ; mais si celle que je te dis se trouvait faisable...

Madame la Roche

Voici la femme du Substitut, Madame Perrinelle.

Angélique

Ce Greffier de malheur est avec elle.

Scène 8

Madame Périnelle, Greffier, Madame la Roche, Angélique

Madame Périnelle

Qu'est-ce que cela veut donc dire, Madame la Roche ? Ah ! Voilà aussi Mademoiselle Angélique Grimaudin. Vraiment, vous avez un plaisant original de père ; inviter d'honnêtes gens à venir le voir dans un château dont il n'est pas le maître, et où le Roi met garnison de gens d'armes.

Greffier

Et une garnison insolente, qui manque de respect à Madame Perrinelle.

Madame Périnelle

Oui, des coquins qui ont l'audace de donner des croquignoles à Monsieur le Greffier.

Greffier

Oh, ils n'y ont pas osé venir plus de trois ou quatre fois, et je leur ai bien dit que si cela continuait...

Madame la Roche

Si vous leur aviez parlé d'abord un peu ferme...

Greffier

Je ne prenais pas garde à moi dans les commencements ; je ne songeais qu'à Madame Perrinelle. Quant on est avec des femmes...

Madame Périnelle

Ces brutaux-là n'ont plus de considération pour le beau sexe.

Greffier

Ils vous trouvaient jolie. La peste ! Au retour d'une campagne ces drôles-là ne s'embarrassent non plus de honnir une femme de robe...

Madame Périnelle

Ils ont du goût dans leur brutalité, c'est dommage qu'ils manquent de savoir-vivre.

Greffier

C'est la faute de Monsieur Grimaudin, de n'avoir pas prévu...

Madame Périnelle

Patience, patience, je ne lui laverai pas mal la tête.

Angélique

Vous n'avez donc point encore vu mon père, Madame ?

Madame Périnelle

Non, Mademoiselle Grimaudin.

Angélique

Je vais le faire chercher, Madame Perrinelle.

Madame Périnelle

Vous me ferez plaisir, Mademoiselle Grimaudin.

Angélique

Il viendra vous recevoir, comme vous le méritez, Madame Perrinelle.

Madame Périnelle

Je m'y attends bien, Mademoiselle Grimaudin.

Angélique

Ne vous impatientez pas, Madame Perrinelle.

Madame Périnelle

Ce sont mes affaires, Mademoiselle Grimaudin, ce sont mes affaires.

Madame la Roche

Je vous donne le bonjour, Madame Perrinelle.

Scène 9

Madame Périnelle, Greffier

Madame Périnelle

C'est donc là la petite créature que vous vous destinez à épouser, Monsieur de la Paraphardière.

Greffier

Oui, Madame, qu'en dites-vous ? Comment vous semble-t-elle ?

Madame Périnelle

Fort ridicule, fort laide, fort sotte, fort bête, et fort impertinente.

Greffier

Madame...

Madame Périnelle

La petite insolente ! Madame Perrinelle par-ci, madame Perrinelle par-là ; elle a peur que j'oublie mon nom, je pense.

Greffier

C'est un enfant, Madame, il ne faut pas prendre garde...

Madame Périnelle

Mais je voudrais bien savoir où cela peut prendre tout l'orgueil dont cela est pétri ? Quoi ! Parce que son père, que j'ai vu petit clerc chez mon oncle l'Auditeur, au sortir de calotin, a trouvé le secret de s'approprier un mauvais Château, qui dans le fonds n'est pas grand'chose ?

Greffier

Non, vraiment, cela ne me paraît pas si joli que je l'avais ouï dire.

Madame Périnelle

s

Greffier

Si je l'ai vue ? Il n'y a ni cour, ni jardin ; mais à cela près pour une maison de campagne, c'est bien la plus jolie chose...

Madame Périnelle

N'est-il pas vrai ? Quelle vue ! C'est ma folie, à moi, que la vue.

Greffier

Vous avez bien raison, il n'y a rien de plus nécessaire à la campagne. Et dites-moi un peu, n'êtes-vous pas venue chez moi au Pré Saint-Gervais ?

Madame Périnelle

Oh, tant de fois ! J'étais si fort amie de la défunte !

Greffier

C'est un petit endroit bien troussé, n'est-ce pas ? Je n'y ai guères qu'un demi arpent d'enclos cela est ménagé, cela est ménagé. Voilà ce qu'on appelle des maisons de campagne ?

Madame Périnelle

Assurément ; mais des bâtiments du temps du Roi Guillemot, comme celui-ci ! Oh, ce que j'en ai déjà vu ne me plaît pas du tout.

Greffier

Voici Monsieur Grimaudin, madame.

Scène 10

Monsieur Grimaudin, Greffier, Madame Périnelle

Monsieur Grimaudin

Hé, à quoi vous amusez-vous donc ? Toute la compagnie est en peine de vous. Il y a déjà de ces Messieurs à la chasse, des Dames dans le Parc, le reste joue à l'ombre dans la Salle de mon Château, et vous voilà encore ici, vous autres ?

Greffier

Ma foi, Monsieur Grimaudin, nous avons trouvé, en arrivant, une compagnie qui nous a effarouchés, franchement.

Madame Périnelle

Vous avez là de vilains hôtes, si vous voulez qu'on vous le dise.

Monsieur Grimaudin

Ce sont des troupes du Roi qui passent sur mes terres, Madame, je ne puis me dispenser de les recevoir. Entre Seigneurs hauts Justiciers, on est obligé à certains devoirs l'un envers l'autre. Je relève de lui, au moins.

Greffier

Je le crois bien vraiment.

Scène 11

Lépine, Monsieur Grimaudin, Greffier, Madame Périnelle

Lépine

Ah ! Monsieur, voici de belles affaires.

Monsieur Grimaudin

Comment donc ?

Lépine

Vos gens de Justice ont bien pris leur temps pour vous rendre visite.

Monsieur Grimaudin

Qu'est-il arrivé ?

Lépine

Trois de ces Messieurs avaient pris des fusils pour aller tirer du côté du petit bois.

Monsieur Grimaudin

Je sais cela, hé bien ?

Lépine

Cinq ou six de ces égrillards avec le Maréchal des Logis, les ont rencontrés.

Greffier

Ils ne les ont pas insultés, peut-être ?

Lépine

Oh non, Monsieur, de toute la compagnie il n'y a eu que votre visage qui leur a déplu.

Madame Périnelle

Ils leur ont ôtés leurs fusils, peut-être ?

Lépine

Non, Madame, ils ont chassé avec eux-mêmes, et ils leur ont trouvé tant de disposition, l'air si noble, les armes si belles, qu'ils disent que ce serait dommage de ne pas mettre en oeuvre de si bons hommes ; ils les ont enrôlés, et à l'heure que je vous parle...

Madame Périnelle

Comment enrôlés ?

Lépine

Oui, vraiment, il n'y a pas de milieu, il faut qu'ils marchent.

Greffier

Cela est épouvantable.

Monsieur Grimaudin

Ce sont des pièces qu'on me fait.

Madame Périnelle

Cela me paraît comme cela, oui ; mais il n'y a pas de plaisir à être exposée...

Scène 12

Madame la Roche, Monsieur Grimaudin, Lépine, Madame Périnelle, Greffier

Madame la Roche

Hé, Monsieur ! Quelle misère est-ce là ? On n'est pas en sûreté dans votre maison.

Monsieur Grimaudin

Est-il arrivé quelque chose de nouveau ?

Madame la Roche

Oui, vraiment. Venez en empêcher les suites, s'il vous plaît.

Monsieur Grimaudin

Mais qu'est-ce que ce peut-être ?

Madame la Roche

La femme de Monsieur le Commissaire, et celle de Monsieur l'Avocat, sont entrées dans le parc ; le Sous-Lieutenant de cette compagnie et le Cornette y étaient avant elles.

Lépine

Ils ont voulu aussi les enrôler, peut-être ?

Madame Périnelle

Ils ne leur ont point fait d'insolence ?

Madame la Roche

Non, vraiment, au contraire, beaucoup d'honnêtetés, et ils veulent à toute force les mener souper avec eux à la Croix blanche.

Monsieur Grimaudin

Vraiment, cela ne se fait point ; et ces officiers-là ne savent pas...

Madame la Roche

Pardonnez-moi, ils savent bien que ce sont des bourgeoises : ils disent qu'ils les aiment mieux que des femmes de qualité.

Monsieur Grimaudin

Ah ! Je suis au désespoir.

Madame la Roche

Cela est chagrinant ; les maris sont à la chasse encore, s'ils allaient revenir...

Lépine

Bon, revenir ; les maris sont enrôlés aussi de leur côté. Je me donne au diable, il faudra que les femmes marchent à la chasse encore, s'ils allaient revenir...

Monsieur Grimaudin

Je vais parler à ces Messieurs-là, Madame la Roche.

Madame la Roche

Dépêchez-vous au moins.

Monsieur Grimaudin

Entrez au Château, Madame Perrinelle.

Madame Périnelle

Qu j'y entre, moi ? Que j'y entre ? Et si dans l'humeur où sont ces enrôleurs-là, ils allaient aussi s'emparer de moi, Monsieur Grimaudin ?

Greffier

Ne vous alarmez point, vous n'avez rien à craindre. Allons, Madame.

Lépine

Oh ! Pour cela non, je le garantis de tout, ils ont provision de vivandières.

Scène 10

Lépine

Lépine

Ouais, qu'est-ce que tout cela veut dire ? On cherche à faire insulte à mon parrain le Procureur, sur ma parole ; et pour moi le coeur ne me dit rien de bon. Il me semble que j'ai vu quelques visages de ma connaissance.

Scène 14

Clitandre, Lépine

Clitandre

Les affaires prennent assez bon train, et la plupart des paysans sont disposés comme je le souhaite.

Lépine

Je ne sais ce que cela veut dire, le temps présent ne va point trop mal, mais je crains diablement l'avenir à cause du passé.

Clitandre

Oh, palsanbleu, monsieur le Procureur, je vous ferai régaler de manière que vous vous repentirez d'être devenu Seigneur du Village aux dépends de mon oncle.

Lépine

Ah ! Ventrebleu, j'avais bien raison.

Clitandre

Voilà un visage qui ne m'est pas inconnu.

Lépine

Je suis perdu, c'est mon dernier maître, c'est lui-même.

Clitandre

C'est un coquin, qui m'a volé, je pense ?

Lépine

Il pense mal, mais il pense vrai, c'est moi-même.

Clitandre

Si je ne craignais point de me méprendre.

Lépine

La conversation finirait mal, ne l'entamons point, tirons nos chausses.

Clitandre

Monsieur, Monsieur de Lépine ?

Lépine

Plaît-il, Monsieur ?

Clitandre

Je ne me trompe point.

Lépine

Pardonnez-moi, Monsieur, vous me prenez pour un autre, je ne me nomme pas Monsieur de Lépine.

Clitandre

Tu ne te nommes pas Lépine, pendart ?

Lépine

Non, Monsieur, ni Lépine, ni pendart, je vous assure.

Clitandre

Ce n'est pas toi qui m'as quitté en Flandres l'année dernière, au commencement de la campagne ?

Lépine

En Flandres, Monsieur ?

Clitandre

Oui, coquin, en Flandres ; oserais-tu dire le contraire ?

Lépine

J'ai quelque idée confuse de vous avoir vu en ce pays-là.

Clitandre

Quelque idée confuse ?

Lépine

Oui, Monsieur, et en faveur de l'ancienne connaissance, s'il y a quelque chose pour votre service...

Clitandre

Il y a pour mon service que tu commences par me rendre...

Lépine

Oh ! Je me donne au diable, Monsieur, si c'est moi qui vous l'ai prise.

Clitandre

Comment ? Quoi, prise ?

Lépine

Non, la peste m'étouffe, je ne sais ce que c'est. N'allez pas ici me redemander...

Clitandre

Et si tu n'avais rien pris, qu'appréhendes-tu que je te demande ?

Lépine

Ah ! Que vous en savez long. Je vous vois venir, vous m'allez parler d'une bourse, d'un diamant, d'une boîte à portrait, je gage ?

Clitandre

Pour un homme qui n'a pas fait le coup, tu es bien informé de ce qu'on m'a volé, du moins.

Lépine

Ce sont des idées confuses ; mais dans le fonds...

Clitandre

Oui, je le vois bien, tu n'as que des idées confuses : mais comme les miennes sont certaines, si tu ne me rends les soixante louis qui étaient dans ma bourse...

Lépine

Ah ! Ah ! Ah ! Soixante louis ! Il n'y en avait que trente neuf, ou le diable m'emporte.

Clitandre

Trente neuf fois. Mon diamant de quatre cents écus ?

Lépine

Comment, quatre cents écus ! Ah ! Monsieur, il faut avoir de la conscience ; ou l'Orfèvre, ou vous, vous êtes des fripons ; il n'y a pas de milieu. Je suis honnête garçon, moi, si j'en ai eu plus de quatre cents trente cinq livres...

Clitandre

Tu as vendu le diamant ? Et la boîte ? Le portrait ?

Lépine

Oh ! Pour le portrait, je vous le rendrai. Celui qui a acheté la boîte n'en a point voulu, il est d'une vieille.

Clitandre

Il faut me rendre tout, autrement tu peux bien compter...

Lépine

Hé ! Miséricorde, Monsieur, ne me perdez pas, je suis un enfant de famille ! Mon grand-père est sergent, mon père cabaretier, mon oncle fripier, et ma mère sage-femme ; ne déshonorez pas notre maison, je vous le demande en grâce.

Clitandre

Lève-toi. Que fais-tu ici ; y as-tu quelque connaissance ?

Lépine

Si j'en ai ? Je suis un des premiers Magistrats du village, Monsieur ; Procureur fiscal à votre service.

Clitandre

Toi, Procureur ? Et par quelle aventure ?

Lépine

Ce n'est point par aventure, Monsieur ; c'est par raison. Je me suis de tout temps senti les inclinations preneuses, comme vous l'avez éprouvé vous-même ; et parce que ces petites inclinations-là ont quelquefois de mauvaises suites, tant pour le repos de ma conscience, que pour exercer ma passion dominante sans aucun risque, mes amis m'ont conseillé de me faire Procureur. Mais que venez-vous faire ici, Monsieur ? Qui diantre vous y amène ?

Clitandre

C'est ma Compagnie qui doit y passer le quartier d'hiver.

Lépine

Votre Compagnie !

Clitandre

Oui : j'ai demandé ce Village au bureau, j'ai eu le crédit de l'obtenir, et j'y viens faire expirer sous le bâton, ou à force de persécutions du moins, un maraud de Procureur qui a eu l'insolence de se faire adjuger la Terre de mon oncle.

Lépine

Je m'en étais bien douté ; mon parrain ne sera pas tranquille dans ses petits États.

Clitandre

Hem, que dis-tu ?

Lépine

Je dis que ce maraud de Procureur est mon parrain, Monsieur.

Scène 15

Le Magister, Lépine, Clitandre

Le Magister

Palsanguenne, Monsieu l'Officier, vous devez être bian content de nous : je venons de disposer les billets ; et en conséquence de vos bonnes intentions pour notre nouviau Signeur, conformément à celles que j'avais itou pour ly-da, de vos cinquante hommes, j'en ons déjà logé trente cinq, tant dans son Château que dans sa farme ; ils seront morgué là à bouche que veux-tu : c'est un fesse-mathieu qui a de quoi, ne vous boutez pas en peine.

Lépine

C'est un petit Seigneur bien aimé que mon parrain.

Clitandre

Voilà qui est bien. Et les autres qu'en avez-vous fait ? Où sont-ils ?

Le Magister

Je les avons envoyés tous quinze chez un de ces nouviaux Monopoleux, qui a depuis peu acheté à nos dépends une petite métairie au bout du Village ; par ainsi je ne serons pas trop chargés : et comme vous ne nous incommodez pas, soyez les bienvenus.

Clitandre

Vous me paraissez un homme de tête.

Le Magister

Oh, palsanguenne oui, j'en ai une, et des plus têtues, je vous en réponds : quand je l'ai parfois chauffée d'une certaine manière... Et à propos de ça : j'ai une petite grâce à vous demander, s'il vous plaît, vous nous ferez l'honneur de demeurer ici tout l'hiver, peut-être ?

Clitandre

Selon les affaires qui m'y retiendront, ou celles qui m'appelleront à Paris.

Le Magister

Morgué, n'importe, de près ou de loin ; comme note nouviau Signeur est un vilain, un manant, un goujat de Robe, vous serez toujours le maître ; je vous demande votre protection contre ly.

Clitandre

À propos de quoi ?

Le Magister

À propos de ce que je veux ly faire du dépit.

Clitandre

Hé ! De quelle manière ?

Le Magister

Morgué, je voudrais bian ne ly pas ôter mon chapiau, non plus que je fais à trois ou quatre filles qui m'avons fait pièce. Baillez-moi cette permission-là, Monsieur l'Officier, je vous en prie.

Clitandre

Très volontiers, Monsieur la Magister, vous ferez tant de sottises qu'il vous plaira, je ne vous en empêcherai point, je vous assure.

Le Magister

Grand mercy, Monsieu. Que j'allons voir de gens penauds ! Oh tatigué, je sis un fier compère.

Lépine

Voilà un maître fou qui ne nuira pas aux bons desseins que vous avez pour le Procureur.

Scène 16

Madame Périnelle, Clitandre, Lépine

Madame Périnelle

Oh pour cela non, je n'y demeurerai point ? Voilà qui est résolu, je m'en retourne, oui, je m'en retourne.

Clitandre

Qu'est-ce que c'est que cette honnête Bourgeoise-ci ?

Madame Périnelle

C'est une trop mauvaise compagnie pour passer les Vacances, que la compagnie d'une Compagnie de Cavalerie.

Lépine

Comment diable, Monsieur ? C'est l'original du portrait de vieille que je veux vous rendre.

Clitandre

Madame Perrinelle ! Quelle maudite rencontre !

Madame Périnelle

Clitandre en ce pays-ci ! Hé ! Par quelle heureuse destinée l'amour prend-il ainsi le soin de nous rassembler à la campagne, mon cher enfant ?

Clitandre

Madame...

Madame Périnelle

Je ne vous attendais à Paris que dans quinze jours : mais je vous y attendais avec toutes les grâces...

Lépine

Elle les a laissées en ce pays-là, sur ma parole.

Madame Périnelle

J'ai envoyé mon mari passer l'hiver à Bourges, il ne nous ennuiera pas tant cette année-ci que l'autre.

Clitandre

Madame !

Madame Périnelle

À propos, ne seriez-vous point un des Officiers de ces canailles qui sont ici, par parenthèse ?

Clitandre

Oui, Madame, c'est ma Compagnie.

Madame Périnelle

Vous avez une Compagnie fort mal morigénée, fort mal instruite, fort mal élevée, je vous en avertis ; mais puisque vous la commandez, nous en aurons raison. Je vais vous annoncer au Château. Vous y viendrez, je pense ? Au moins qu'on s'aperçoive un peu, je vous prie, que c'est à moi qu'on devra votre visite.

Scène 17

Clitandre, Lépine

Clitandre

Je ne m'attendais point à trouver ici cette vieille folle-là. Elle est des amies du Procureur, apparemment ? La connais-tu dis.

Lépine

Oh, pas tant que vous, Monsieur, à beaucoup près ; mais c'est la vieille du portrait, je l'ai d'abord reconnue. Vous n'êtes pas mal en quartier d'hiver pour cette année. Un Procureur à la campagne, Madame Perrinelle à Paris, vous serez bien payé de vos ustensiles.

Scène 18

Angélique, Madame la Roche, Clitandre, Lépine

Angélique

La compagnie que mon père a fait venir ici, se divertira mal ; et sa prise de possession ne sera pas tranquille.

Madame la Roche

Il en ordonne la cérémonie burlesque avec grand soin, et il me semble qu'il s'en fait une belle affaire. Il a fait venir un Suisse de Gonesse avec toute sa famille.

Clitandre

Que vois-je Lépine ?

Lépine

Vous voyez une fort jolie fille, et une fort bonne femme, c'est un assortiment des plus commodes.

Angélique

Ah, Madame la Roche ! Voilà ce jeune Officier dont je te parlais, qui venait au Couvent.

Madame la Roche

Cela n'est pas possible ?

Clitandre

La jolie fille ne m'est pas inconnue, Lépine.

Lépine

Bon, tant mieux, vous aurez bientôt fait connaissance avec la bonne femme.

Clitandre

La surprise où je suis, Madame, de vous trouver à la campagne dans un temps...

Angélique

Cette aventure est toute des plus imprévues pour moi, je vous l'avoue, et je ne m'attendais pas...

Lépine

Je ne m'y attendais pas non plus, moi, la peste m'étouffe ; et je gage que Madame la Roche est aussi surprise de votre connaissance, que vous êtes surpris de vous rencontrer, et Monsieur votre père ne sera pas moins surpris d'une chose aussi surprenante. Oh diable, il y aura bien de la surprise dans tout ceci, sur ma parole.

Madame la Roche

Mais que les surprises ne vous fassent perdre le jugement. Vous voilà à même de renouer la partie : mort de ma vie, finissez-la, il n'y a point de temps à perdre.

Clitandre

Par quelle heureuse destinée, Madame...

Madame la Roche

On vous expliquera tout cela. C'est le même hasard qui l'a conduite ici, qui vous y amène. Vous vous aimez tous deux, vous vous retrouvez ; vous ne vous séparerez pas sans boire.

Angélique

Tu es vive, Madame la Roche, et tu prends les choses d'une manière...

Madame la Roche

Aussi n'y a-t-il qu'un mot qui serve. Vous m'avez dit que Monsieur vous aime, et que vous ne le haïssez pas ; je ne vois pas qu'on puisse être mieux d'accord. Hé que faut-il de plus pour un bon mariage.

Clitandre

Elle a raison, et je vous donne ma parole que le seul but de mon amour...

Lépine

Allez, je le connais, je vous réponds de lui ; il fera bien les choses.

Scène 19

Monsieur Maugrebleu, Clitandre, Madame la Roche, Angélique, Lépine

Monsieur Maugrebleu

Qu'est-ce que c'est donc que cela, mon Capitaine ? Vous vous amusez à la moutarde, pendant qu'on vous fait des recrues d'une distinction et d'une utilité...

Clitandre

Oh ! Que tu es ivre, mon pauvre garçon.

Monsieur Maugrebleu

Comme de coutume, je ne hausse, ni ne baisse ; chacun a ses petites talents dans ce monde : vous aimez le cotillon, moi j'aime la bouteille ; et...

Madame la Roche

Hé ! Je crois, Dieu me pardonne, que c'est votre frère, Madame, dont il y a si longtemps qu'on a eu de nouvelles ; ce pauvre Charlot !

Clitandre

Comment, son frère ?

Monsieur Maugrebleu

Qui est l'animal qui parle de Charlot ? Oh ! Réformez, réformez votre style, s'il vous plaît, je suis Premier Maréchal des Logis de la Compagnie de ce gentilhomme-là, afin que vous le sachiez.

Madame la Roche

Je ne me trompe point, c'est lui-même.

Angélique

Cet ivrogne-là serait mon frère ?

Monsieur Maugrebleu

Qu'est-ce à dire ivrogne, et votre frère encore ? Vous me cajolez ! Vous me voulez attraper. Allons, mon Capitaine, ne nous amusons point à ces carognes-là.

Lépine

Madame la Roche a parbleu raison, c'est le fils de mon parrain.

Monsieur Maugrebleu

Oh ! Pour toi, je te remets, tu es Lépine, le filleul de mon père, un grand fripon ; oui, je te reconnais : mais pour vous autres...

Madame la Roche

Vous ne vous ressouvenez pas de Madame la Roche ?

Monsieur Maugrebleu

De Madame la Roche ? Si parbleu, c'était une bonne diablesse. Ne serait-ce point vous ?

Madame la Roche

C'est moi-même.

Monsieur Maugrebleu

Je crois, ma foi, qu'elle n'a point menti ; et voici une vivante qui ressemble à ma soeur : mais non, si fait, le diable m'emporte, c'est elle-même. Parlez donc, ho, mon Capitaine, bride en main, s'il vous plaît. Pour Madame la Roche, vous irez le galop, si vous pouvez ; mais pour ma soeur...

Angélique

J'ai bien de la confusion que mon frère...

Clitandre

N'en rougissez point, Madame, il est honnête homme, et je me fais honneur de son amitié.

Monsieur Maugrebleu

Mais je me donne au diable si je comprends rien à tout ceci. Vous vous connaissez tous, vous vous rencontrez tous ici, vous vous entendez tous comme larrons en foire. Mon capitaine, qu'est-ce que cela signifie ?

Madame la Roche

Que votre Capitaine va devenir votre beau-frère.

Monsieur Maugrebleu

Il va le devenir ? Ne l'est-il point déjà ? Il ne faut pas que je sache rien de ça, au moins, je vous en assure ; car je suis un brutal.

Madame la Roche

Au contraire, vraiment nous prétendons que tout le monde le sache, et que Monsieur votre père qui est ici en soit informé des premiers.

Monsieur Maugrebleu

Mon père qui est ici ? Quel peste de conte ! Hé ! Qu'est-ce qu'il ferait ici, mon père ?

Lépine

Ce qu'il y ferait ? Il y vient prendre possession de la Terre qu'il s'est fait adjuger depuis trois semaines.

Monsieur Maugrebleu

Comment possession de la Terre, mon Capitaine ! Ce maroufle de Procureur à qui nous venons donner des étrivières, il se rencontre que c'est mon père, cela est par ma foi drôle.

Clitandre

Quoi, Madame, c'est Monsieur votre père qui...

Angélique

C'est lui qui est depuis peu Seigneur du Château que vous voyez.

Monsieur Maugrebleu

Cela change la thèse, au moins ; et je ne puis pas en conscience, moi, donner les étrivières à mon père.

Madame la Roche

Que veut-il donc dire ?

Clitandre

J'étais ici dans le dessein de troubler son acquisition : mais je vous assure que bien loin de faire la moindre démarche...

Monsieur Maugrebleu

Oh ! Les choses s'accommoderont, je vois bien cela : l'acquisition demeurera à mon père, et ma soeur servira de pot de vin ; pourvu que je trouve aussi mon petit compte dans ce petit marché-là, moi.

Clitandre

Vous l'y trouverez. Ma lieutenance est vacante, je vous la donne.

Monsieur Maugrebleu

Bon tant mieux, grand merci, beau-frère : il n'est morbleu rien tel pour faire fortune que le canal des femmes ; et combien de grands Officiers seraient très subalternes, s'ils n'avaient eu de jolies soeurs ou de jolies cousines ?

Madame la Roche

La grande affaire est à présent de faire consentir votre père.

Monsieur Maugrebleu

Il consentira à tout, j'en donne sa parole, et le filleul et moi nous allons lui faire entendre...

Clitandre

Monsieur de Lépine, au moins songez...

Lépine

Je comprends, Monsieur, je suis payé d'avance, je travaillerai utilement, sur ma parole. Allez faire ensemble un petit tout de promenade seulement ; mais fort court surtout, je vous suis caution qu'à votre retour les affaires seront bien avancées.

Clitandre

Laissons nos intérêts entre leurs mains ; allons ensemble, Madame.

Scène 20

Monsieur Maugrebleu, Lépine

Monsieur Maugrebleu

Allons, filleul, mène-moi voir mon père, j'ai impatience d'avoir cet honneur-là, il y a longtemps que je lui dois une visite.

Lépine

Il ne s'attend à rien moins qu'à celle-ci, et il ne sera pas mal étonné.

Monsieur Maugrebleu

Je suis curieux de savoir comment il me recevra, il en usa mal avec moi la dernière fois que nous nous complimentâmes.

Lépine

Le voici avec un de ses confrères, je pense.

Scène 21

Greffier, Monsieur Grimaudin, Monsieur Maugrebleu, Lépine

Greffier

Il faut parler au Capitaine, Monsieur Grimaudin. Il n'est pas naturel qu'on enrôle ainsi trois honnêtes Bourgeois qui viennent de bonne foi chez vous pour...

Monsieur Grimaudin

Ne vous mettez pas en peine, on me les rendra, vous dis-je, ou je ferai sonner le tocsin sur tous ces gens-là. Mes paysans me prêteront main-forte, laissez faire.

Monsieur Maugrebleu

Présentez-moi donc, filleul, toi qui es en grâce.

Lépine

Il ne sera pas nécessaire que vous en veniez à ces extrémités-là, mon parrain : et voilà un des premiers Officiers de la Compagnie qui vient ici vous assurer...

Monsieur Maugrebleu

Je suis bien votre serviteur, Monsieur mon père, et j'ai bien de la joie...

Monsieur Grimaudin

Comment, hé, c'est mon fils, c'est ce fripon de Charlot...

Monsieur Maugrebleu

Fort à votre service, mon père : mais ne m'appelez plus comme cela, je vous prie, cela vous ferait peut-être reprendre avec moi des prérogatives que je supprime. Je m'appelle Monsieur Maugrebleu, Lieutenant de Cavalerie ; que cela vous suffise : et plus de familiarité, s'il vous plaît.

Monsieur Grimaudin

Tu as Lieutenant de Cavalerie ?

Monsieur Maugrebleu

Et vous, Seigneur de Paroisse ? Vous vous poussez dans la robe, je me pousse dans l'épée, ma soeur se pousse... baste, elle fait aussi fortune à l'heure qu'il est, chacun se pousse à sa manière. Oh ! Nous sommes une famille bien fortunée, nous autres.

Monsieur Grimaudin

Qu'est-ce à dire, ta soeur fait fortune.

Monsieur Maugrebleu

Oui, mon Capitaine l'épouse, je la lui ai donnée en mariage ; l'Aumônier du Régiment, qui est ici, en va faire la cérémonie.

Monsieur Grimaudin

Ah ! Ah, voici qui est admirable. Mais j'ai promis ma fille à Monsieur que voilà, moi.

Monsieur Maugrebleu

À ce visage-là ? Cet animal-là serait mon beau-frère ! Je n'en voudrais morbleu pas pour mon palefrenier.

Greffier

Monsieur Grimaudin ?

Lépine

La guerre donne des sentiments bien nobles et bien relevés, au moins.

Monsieur Grimaudin

Mais sérieusement parlant.

Monsieur Maugrebleu

Couvrons-nous, mon père, et parlons doucement.

Lépine

De peur de vous faire mal, mon parrain.

Monsieur Grimaudin

Ouais.

Monsieur Maugrebleu

Vous dites donc, Monsieur mon père que...

Monsieur Grimaudin

Je dis qu'on n'aura pas ma fille malgré moi, et que je ne prétends pas...

Lépine

Oh ! Pour cela, mon parrain, vous êtes dans votre tort.

Monsieur Grimaudin

Je suis dans mon tort, moi ?

Monsieur Maugrebleu

Oui, sans contredit. Explique-lui la chose, filleul.

Monsieur Grimaudin

Je n'ai que faire d'explication, et je...

Lépine

Pardonnez-moi, mon parrain, donnez-vous patience.

Greffier

Votre fils et votre filleul se moquent de vous, je vous en avertis.

Monsieur Grimaudin

C'est ce qu'il me semble : mais...

Monsieur Maugrebleu

C'est le neveu de l'héritier de celui sur qui vous avez fait décréter cette Terre-ci, que mon Capitaine.

Monsieur Grimaudin

Oui.

Lépine

Vous comprenez bien, Monsieur ?

Monsieur Grimaudin

Quoi ? Je comprends bien ?

Lépine

Vous venez prendre possession de la Terre sans la permission de l'oncle, remarquez bien cela.

Monsieur Grimaudin

Hé bien ?

Monsieur Maugrebleu

Hé bien ! Le neveu prend possession de la fille sans votre permission. Voilà ce que fait le mauvais exemple.

Monsieur Grimaudin

Je me moque de cela, et je ne donnerai point les mains...

Lépine

Si vous ne faites pas les choses de bonne grâce, vous ne jouirez pas tranquillement de la Terre ; ils sont venus ici pour vous faire déguerpir, je vous avertis.

On entend un bruit de hautbois.

Monsieur Grimaudin

Est-il possible ? Me dis-tu vrai ?

Monsieur Maugrebleu

Qu'est-ce que cette musique-là ? Nos Hautbois sont de la symphonie, je pense.

Scène 22

Colin, Monsieur Grimaudin, Lépine

Colin

Hé, venez vite, Monsieur, tout le village est dans la cour du Châtiau, qui vient vous faire la révérence.

Monsieur Grimaudin

Mais j'avais dit qu'ils attendissent mes ordres pour...

Colin

C'est Mademoiselle votre fille, et le Capitaine de ces gens-d'armes, qu'ils disont qui est votre gendre, qui les avont envoyés pour vous divartir, et pour commencer le prélude de leurs noces.

Lépine

Cela est plus avancé que vous ne croyez, au moins : et tenez les voilà, ils vous diront ce qui en est ; ils sont sincères.

Scène 23

Monsieur Grimaudin, Angélique, Clitandre, Monsieur Maugrebleu, Greffier, Lépine

Monsieur Grimaudin

J'apprends ici de jolies choses, mademoiselle ma fille.

Angélique

On vous l'a dit, mon père ? Je croyais vous en apporter la première nouvelle. Monsieur veut m'épouser, il a déjà le consentement de mon frère et le mien, nous venons vous prier d'y joindre le vôtre, et de...

Clitandre

Si vous voulez jouir paisiblement de la Terre de Gaillardin, Monsieur, il faut, s'il vous plaît, souscrire aux conditions...

Monsieur Grimaudin

Je souscris à tout, Monsieur, pourvu que je demeure Seigneur de Paroisse, et qu'on me rende tous les honneurs dus à la qualité de...

Monsieur Maugrebleu

On vous les rendra. Je vous arme Chevalier, moi. Voilà mon ceinturon, mon épée et mon plumet par dessus le marché : il faut être Chevalier pour recevoir les hommages du village.

Monsieur Grimaudin

Écoute, ne raille pas ici.

Monsieur Maugrebleu

Si je raille que la peste m'étouffe. Voilà notre famille fort ennoblie. Mon Capitaine fera aussi ma soeur Chevalière, il lui donnera tantôt l'accolade.

Monsieur Grimaudin

Écoutez, mon gendre, puisque vous voulez l'être, je prétends...

Clitandre

Vous serez content, et vous allez voir un échantillon de la complaisance qu'auront pour vous et les habitants du village, et les Cavaliers de ma compagnie. Qu'on fasse venir ces gens qui sont au Château.

Monsieur Maugrebleu

Les voici qui viennent d'eux-mêmes.

Greffier

Et nos trois enrôlés, que deviendront-ils ?

Monsieur Maugrebleu

Ils n'ont qu'à financer les frais de la noce et de la cérémonie, je les relâcherai moi, j'en fais mon affaire.

Lépine

Et Monsieur le Greffier qu'en ferons-nous ?

Monsieur Maugrebleu

Hé ! Que diable faire d'un Greffier ? Il prendra patience. Allons, enfants, vive la joie. Honneur à votre nouveau Seigneur, et au beau-père de notre Capitaine.

Divertissement

Suissesse Chante, Choeur, Suissesse, Un Procureur, Plusieurs Procureurs, Paysans et Dragons, Une Petite Paysanne, Une Paysanne, Le Magister, Le Barbier, La Meunière, Procureur Fiscal, Monsieur Maugrebleu

Plusieurs Paysans et Paysannes, un Suisse, une Suissesse, des Procureurs, et des Cavaliers en bottes, viennent pour faire honneur à la prise de possession de Monsieur Grimaudin.

Suissesse Chante

Que chacun se prépare À faire de son mieux En ces lieux, Fanfare, fanfare, fanfare.

répète

Choeur

Fanfare, fanfare, fanfare.

Suissesse

Célébrons la victoire D'un Procureur fameux, Qui de son écritoire, S'est fait un destin glorieux. Que chacun se prépare À faire de son mieux En ces lieux, Fanfare, fanfare, fanfare.

Choeur

Fanfare, fanfare, fanfare.

Suissesse

En dépit de l'envie, Sans bombes et sans artillerie, Il se rend maître d'un Château, Entouré d'un fossé plein d'eau. Que chacun se prépare À faire de son mieux En ces lieux, Fanfare, fanfare, fanfare.

Entrée de la Suissesse seule.

Choeur

Fanfare, fanfare, fanfare.

Entrée du Suisse et de la Suissesse.

chante

Un Procureur

Le Village Vient rendre hommage, Et faire honneur À son nouveau Seigneur. Tous à la fois, À haute voix, Chantons ce personnage, Et ses fameux exploits.

Entrée de deux procureurs qui sont insultés par deux cavaliers, qui leur ôtent leurs robes, et les chassent du théâtre.

Plusieurs Procureurs, Paysans et Dragons

Nous sommes en vacances, Confrères, Faisons bonne chère, Passons le temps ; Laissons là toute affaire, Procès, Inventaire, Moquons-nous de nos Clients. L'affreuse chicane, Qui rend diaphane Le pauvre plaideur, Rend la face Bien grasse Au Procureur.

Entrée de deux petits paysans et d'une petite paysanne.

chante

Une Petite Paysanne

Aimez ailleurs désormais, Dit l'autre jour une coquette À des soupirants de Palais ; Voici la Campagne faite, Hors de Cours et de Procès. Jusqu'au temps de la verdure, Les Guerriers de retour, Nous vont apprendre en amour Une nouvelle procédure.

On apporte un fauteuil, dans lequel se place Monsieur Grimaudin, sous un grand parasol, ayant à ses côtés deux paysans qui lui servent de gardes, l'un avec un vieux mousquet, et l'autre avec une hallebarde rouillée, tous deux en baudrier et en épée.

chante

Une Paysanne

Un jour L'amour Eut un Procès, En plein Palais, On lui fit rendre Tous les coeurs qu'il avait su prendre. Il a juré depuis ce temps Que tous les gens De chicane et de pratique Qui plaideraient dans sa boutique, Seraient condamnés aux dépens.

Un Procureur

Compagnons, dansons tous un branle Jusqu'à demain, Et que partout on mette en branle Cloche et tocsin. Voici Monseigneur Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Choeur

Voici Monseigneur Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Le Magister

Jamais le gros cheval de Troie Fait de sapin, N'entrit avec plus grande joie Chez le Troyen, Que Monseigneur de Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Choeur

Que Monseigneur de Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Le Barbier

Je suis le Barbier du Village, Nommé Mambrin, Je raserai le gros visage Et le groin, De Monseigneur de Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Choeur

De Monseigneur de Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

La Meunière

Sur un bras de votre Rivière J'avons du bien, Et je viens offrir la Meunière Et son Moulin À Monseigneur de Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Choeur

À Monseigneur de Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Procureur Fiscal

Il faut désormais que j'écrive Sur parchemin, En lettres d'or dans nos Archives En beau latin, Vivat, mon parrain Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Choeur

Vivat, son parrain Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Monsieur Maugrebleu

Amis, c'est trop chanter sans boire, Allons, enfin, Pour terminer gaiement l'histoire, Fêter le vin De mon papa de Grimaudin, Dans son Château du Gaillardin.

On porte Monsieur Grimaudin dans son Château, où il est suivi de tous les acteurs et actrices de la comédie et du divertissement.

Choeur

De son papa de Grimaudin Dans son Château du Gaillardin.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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