Comédie ballet · 1752 · 5 actes

Le Carnaval et la Folie

d’Antoine Houdart de la Motte

Représentation
≈ 34 min
Distribution
6 hommes
Répliques
179
Écriture
En vers
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
La Folie H 56 ≈ 11 min 5
Le Carnaval H 35 ≈ 8 min 5
Momus H 29 ≈ 6 min 5
Plutus H 14 ≈ 2 min 2
Jupiter H 9 ≈ 2 min 3
Choeur N 17 ≈ 2 min 5
Vénus H 5 ≈ 1 min 2
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle PrologueIIIIIIIV
La Folie absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Le Carnaval absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Momus absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Plutus absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Jupiter absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Choeur absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Vénus absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
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Prologue

Scène 1

Jupiter, Vénus, Choeur, Momus, Choeur Des Déesses

Jupiter

Qu'à nos voeux ici tout réponde ; Versez-nous, versez-nous la céleste liqueur. Versez, que le Nectar enchante notre coeur, Qu'il y porte une paix profonde.

Vénus

C'en est assez ; goûtons des plaisirs plus parfaits, Et que le tendre Amour à son tour nous inspire. Régnez, Amour, régnez, rassemblez vos attraits; Triomphez, sur nos coeurs étendez votre empire. Mais, qu'à son gré chacun soupire ; Laissez-nous le choix de vos traits.

Choeur

Régnez, Amour, régnez, rassemblez vos attraits ; Triomphez, sur nos coeurs étendez votre empire.

Jupiter

Mais, qu'à son gré chacun soupire ; Laissez-nous le choix de vos traits.

Momus

Ne vous faites point violence : Junon est encor à Samos, Profitez bien de son absence.

NEPTUNE danse avec THETIS, APOLLON avec DIANE, MARS avec PALLAS, et BACCHUS avec CÉRÉS.

Jupiter

Téméraire Censeur, laisse-nous en repos. Que l'on chante ici, que l'on danse. Livrons-nous à tous nos désirs ; Sur notre puissance Réglons nos plaisirs.

Vénus

Heureux un coeur que l'Amour blesse. Ah ! Que ses chaînes ont d'appas ! Mettons tous nos plaisirs à lui céder sans cesse : Le pouvoir des Dieux ne vaut pas Une si charmante faiblesse.

Momus

Vous ne vous lassez point de plaisirs, ni d'amour; Quand cesserez-vous donc de suivre leur empire !

Vénus

Quand vous cesserez de médire.

Momus

Ah ! Vous voulez aimer toujours.

On danse.

Jupiter

Que de nos chants tous les Cieux retentissent. Que les Jeux, que les Ris signalent ce beau jour. Chantons Bacchus, chantons l'Amour ; Qu'ils sont charmants quand ils s'unissent !

Vénus

Dieu d'Amour, réserve-nous tes charmes, C'est pour nos coeurs que tes plaisirs sont faits ; Fais-nous sans alarmes Goûter leurs attraits. Doux moments, Doux transports des amants, Ne pouvez-vous naître Qu'après les tourments ? Aimons tous. Tendre Amour, blesse-nous : Qui peut craindre pour maître Un Vainqueur si doux ? Tes biens trop aimables Sont trop peu durables ; Fixe-les pour nous.

VÉNUS danse avec MARS, et VULCAIN se mêle avec eux pour les observer.

Choeur Des Déesses

Viens, Amour, avec tous tes charmes, Que les Jeux viennent sur tes pas. Nous aimons tes douces alarmes ; Tes chaînes, tes feux sont remplis d'appas. Prends tes traits, prépare tes armes, Et viens te venger des coeurs qui n'aiment pas.

Scène 2

Mercure, Momus, Jupiter, Choeur Des Dieux

Mercure

Quittez, quittez ces Jeux, en faveur de l'Amour : Que de nouveaux soins les suspendent. Dans un moins superbe séjour De plus doux plaisirs vous attendent. J'ai volé, j'ai servi vos feux ; Et mille charmantes mortelles N'aspirent qu'au moment heureux De vous voir soupirer près d'elles.

Momus

Suivez, suivez Mercure, abandonnez les Cieux. Livrez-vous aux plaisirs ; qu'en vain la Gloire gronde, L'Amour est un plus digne objet : Aimez ; il est un Roi qui prend le soin du monde ; Jouissez du loisir qu'un mortel vous a fait.

Jupiter

De tes ris outrageants c'est trop souffrir l'injure, Cesse, Momus, de troubler nos désirs ; FuiS, va chez les mortels exercer ta censure , Et laisse ici les Dieux maîtres de leurs plaisirs.

Momus

Le Destin m'a soumis au Maître du tonnerre, J'obéis à ses lois, et je vous quitte tous ; Mais j'espère bientôt vous revoir sur la terre, Sous des formes dignes de vous.

Les Amours volent pour conduire les Dieux.

Choeur Des Dieux

Allez, Amours, conduisez-nous ; Sous divers changements, trompons les yeux jaloux.

Acte I

Scène 1

Momus

Momus

Cessez, Mortels, cessez l'honneur que vous nous faites, Ne perdez plus d'encens pour nous. Vous adorez, insensés que vous êtes, Des Dieux encor plus insensés que vous. Ils n'ont pu soutenir ma censure importune, Ils m'ont chassé de leur séjour ; Cherchons le Carnaval, c'est lui qui dès ce jour Peut réparer mon infortune. Mais il paraît.

Scène 2

Le Carnaval, Momus

Le Carnaval

Bacchus, laisse-moi soupirer ; Amour, laisse-moi boire Mon coeur entre vos mains se plaît à se livrer ; Entre vous deux partagez la victoire. De tendresse et de vin je me veux enivrer, L'Amour fait mes plaisirs, et Bacchus fait ma gloire. Bacchus, laisse-moi soupirer ; Amour,laisse moi boire.

Momus

Tu vois l'Objet de la haine des Dieux, Dans le Censeur de leurs caprices ; Ils m'ont banni du Ciel, et le Maître des Cieux Veut jouir en paix de ses vices. C'est toi désormais que je sers. Souffre que sur tes pas pour jamais je m'engage ; Et que du Nectar que je perds, Ton vin charmant me dédommage.

Le Carnaval

Que mes biens désormais soient communs entre nous, Qu'à jamais l'amitié nous lie. Pour commencer des noeuds si doux, Écoute, c'est à toi que mon coeur se confie. Tu vois ce séjour enchanté : Le Repos règne sur ces rives. L'Abondance y nourrit la molle Volupté. Du rocher que tu vois le paisible Léthé Répand jusqu'aux Enfers ses ondes fugitives. Plutus et la Jeunesse en ce charmant séjour Goûtent un sort exempt de peines : Dès longtemps le fidèle Amour Les a liés de ses plus douces chaînes, Et l'aimable Folie en a reçu le jour.

Momus

Quoi ! Quel secret enfin va suivre cette image ?

Le Carnaval

Cher Momus, la Folie est l'Objet qui m'engage.

Momus

Que votre choix est beau ! Que vos liens sont doux. Vous ne pouviez trouver de Maîtresse plus belle : Elle seule est digne de vous, Et vous seule êtes digne d'elle.

Le Carnaval

Tel se moque de mes ardeurs, Qui suit ses lois sans la connaître ; Par des charmes secrets elle enchante les coeurs, Et j'ai mille rivaux qui ne pensent pas l'être.

Momus

Malgré tous vos rivaux, l'Amour doit réunir Deux coeurs où le Destin mit tant de ressemblance ; Trop digne de la préférence, Vous êtes sûr de l'obtenir.

On entend une symphonie.

Le Carnaval

Momus, je suis aimé de l'objet qui me blesse, Et l'Hymen va bientôt par ses aimables noeuds Achever de me rendre heureux, Si j'y fais consentir Plutus et la Jeunesse. Mais ils viennent au bruit de ces concerts charmants. Le temps n'affaiblit point leur flamme : Il semble que l'Amour lance à tous les moments Quelque trait nouveau dans leur âme.

Scène 3

Plutus, La Jeunesse

Plutus

Vous m'aimez, je vous aime, à Que notre sort est doux !

Plutus

Pour vous ma constance est extrême.

La Jeunesse

Je n'aimerai jamais que vous.

Plutus

Vous m'aimez, je vous aime, Que notre sort est doux ! Non , non, l'Amour lui-même, Ne peut aimer plus tendrement que nous.

Plutus

Jeunesse brillante, Tous les plaisirs suivent vos pas ; Sans vous rien ne me contente, r Vous donnez à tout mille appas : Il n'est point dans les Cieux de Déesses si belles. Le charme de la nouveauté Accompagne toujours vos grâces immortelles ; Vous êtes la seule beauté, Qui peut faire des coeurs fidèles.

La Jeunesse

Aimable Dieu, de qui la main dispense Ce qui rend les mortels heureux, Votre vaste puissance Réunit pour vous tous les voeux : En vous cherchant la peine devient chère, On se fait de vous voir le plus charmant plaisir ; Le bonheur même de vous plaire En irrite encor le désir.

Plutus

Amour, de notre flamme accroît la violence, Vole, viens resserrer nos noeuds ; Pour le prix de notre constance, Nous ne voulons qu'être plus amoureux.

Le Théâtre change, et représente le Palais à Plutus.

Plutus

Que tout vous parle ici de l'ardeur qui m'enchante : Déesse, voyez en ces lieux S'élever à ma voix puissante Un Palais digne de vos yeux.

Les suivants de PLUTUS viennent offrir de riches présents à LA JEUNESSE. Ils lui rendent leurs hommages, et la suite de LA JEUNESSE se mêle avec eux.

Plutus

Vous,qui suivez mes pas, servez l'amour extrême Où mon coeur s'est abandonné ; Venez offrir à ce que j'aime Tout ce que le Sort m'a donné.

Scène 4

La Folie, Plutus, Choeur, Le Carnaval

La Folie

Cessez, Jeux indiscrets, ou manquait la Folie ; Qu'ici tout se taise à ma voix. Je ne veux point souffrir de Fête où l'on m'oublie, Et l'on ne doit ici rire que sous mes lois.

Plutus

Quoi ! Vous osez....

La Folie

En vain ce discours vous offense. Je dois la vie à votre amour, Mais ne me comptez pas sous votre obéissance ; L'honneur de m'avoir mise au jour Vous paye assez de ma naissance. Abandonnez cette île, ou m'y laissez régner.

Plutus

Enfin il faut céder à votre violence ; Puisque de vous guérir nous perdons l'espérance, La raison doit nous éloigner.

On danse.

La Folie

Demeurez, il suffit de votre obéissance. Rappelons les plaisirs que j'avais écartés, Que tout à m'obéir s'apprête ; Ne craignez rien ; loin de troubler la Fête, Je veux vous attendrir par mes chants ; écoutez ; Que votre règne commence ; Revenez, doux Plaisirs ; Plaisirs, revenez tous ; Mais revenez encor plus doux ; Vous languissiez sans moi, brillez par ma présence.

Choeur

Chantons, du Dieu de l'Or célébrons les appas, Chantons la Jeunesse et ses charmes.

Choeur

Tous les coeurs lui rendent les armes.

Choeur

Tous les coeurs volent sur ses pas.

Choeur

Pour mériter son secours favorable, On brave la fureur et des vents et des mers.

Choeur

Elle seule embellit les plus affreux déserts , Et sans elle il n'est point de séjour agréable.

On danse.

Choeur

Non, non, tout l'univers N'a rien de plus aimable.

La Folie

Souffrez que l'Amour vous lie, Jeunes coeurs, cédez à ses feux : Sans l'Amour et la Folie, Il n'est point de moments heureux. L'Amour m'a prêté ses armes, C'est à moi de lancer ses traits ; Ne craignez point ses alarmes, J'y répands les plus doux attraits. Souffrez que l'Amour vous lie, Jeunes coeurs, cédez à ses feux : Sans l'Amour et la Folie, Il n'est point de moments heureux. Suivez une erreur charmante, Jouissez d'un bonheur constant ; La tendre Folie enchante, La Sagesse en fait-elle autant ? Souffrez que l'Amour vous lie, Jeunes coeurs, cédez à ses feux : Sans l'Amour et la Folie, Il n'est point de moments heureux.

Choeur

Au Dieu d'Amour livrez votre âme, Le Plaisir naît de ses ardeurs : Qu'il triomphe, qu'il vous enflamme, Qu'il enchaîne à jamais vos coeurs.

Le Carnaval

Vous voyez la Déesse à qui je rends les armes : Dieux charmants, de ma flamme accordez moi le prix. Elle est la Déesse des Ris, Et je suis l'ennemi des Chagrins et des Larmes, Si par un doux hymen nos destins sont unis, Que vos neveux auront de charmes !

LA FOLIE s'en va avec un signe de moquerie.

Plutus

Tout flatte vos désirs,nous approuvons vos feux.

Le Carnaval

Belle Déesse... Ô Ciel : elle a quitté ces lieux ! De votre aveu sa pudeur s'est blessée, Elle a fui des discours qui l'ont embarrassée ; Allons faire éclater mes transports à ses yeux.

Choeur

Au Dieu d'Amour livrez votre âme, Le plaisir naît de ses ardeurs : Qu'il triomphe, qu'il vous enflamme, Qu'il enchaîne à jamais vos coeurs,

Acte II

Scène 1

Le Carnaval

Le Carnaval

Sous les lois de l'Hymen je me range sans peine, Mon coeur y trouve des appas ; Dieu du vin, n'en murmure pas, Tu dois t'applaudir de ma chaîne. Les doux plaisirs qu'il prépare pour moi Mettront le comble à ta victoire : Les fruits de mon hymen ne naîtront que pour toi, Bacchus, je les voue à ta gloire,

Scène 2

Le Carnaval, La Folie, Choeur

Le Carnaval

Enfin la Beauté que j'adore Va s'unir avec moi par les noeuds les plus doux : L'Hymen va soulager le feu qui nous dévore ; Que nous serons d'heureux époux !

La Folie

Nous ne le sommes pas encore.

Le Carnaval

Plutus et la Jeunesse approuvent mon ardeur, Quel autre peut encore me nuire ?

La Folie

Moi.

Le Carnaval

Vous ?

La Folie

J'allais sans eux faire votre bonheur ; Leur aveu vient de le détruire.

Le Carnaval

Vous voulez rire ?

La Folie

Non, non, apprenez une fois À connaître mieux la Folie. Je ne suis point soumise aux lois De ceux qui m'ont donné la vie ; Le contraire de leur envie Détermine toujours mon choix,

Le Carnaval

Quoi ! Malgré les plaisirs où l'Hymen nous convie....

La Folie

Cet hymen, ces plaisirs ne sont plus de saison.

Le Carnaval

Vous changeriez, Perfide ! Et par quelle injustice !...

La Folie

Je vous aimais sans raison, Et je change par caprice.

Le Carnaval

Ciel, me réserviez-vous à ce cruel supplice !

La Folie

J'entends votre coeur soupirer De l'excès de votre martyre : Goûtez, si vous voulez, le plaisir d'en pleurer, Mais laissez-moi celui d'en rire.

Le Carnaval

Non, non, n'espérez pas jouir de mes douleurs.

La Folie

Ne cachez point les alarmes Que vous causent mes rigueurs : Versez du moins quelques pleurs, Pour la gloire de mes charmes.

Le Carnaval

Non, non, n'espérez pas jouir de mes douleurs. Je dégage mon coeur et je vous rends le vôtre, Ce n'est plus qu'au dépit que je [m]e veux livrer, Amour, celle de m'assurer Que nous étions faits l'un pour l'autre : Ce n'est plus qu'au dépit que je me veux livrer.

La Folie

Vous pouvez éprouver le charme Des ondes dont ce fleuve arrose ces coteaux. Ne croyez pas que votre oubli m'alarme, Ma beauté me promet mille esclaves nouveaux.

Le Carnaval

Vous serez contente, Inhumaine ; J'éteindrai tous les feux dont mon coeur est rempli Indigne d'Amour et de haine, Vous ne méritez que l'oubli. Fuyons ; souffrons enfin que la raison me guide, Je vais loin de vos yeux briser d'indignes fers : Je vais entre nous deux, Perfide, Mettre tout l'espace des mers. Allons...

La mer se soulève et les vents grondent.

La Folie

Ah ! N'ayons pas l'affront que l'on me quitte. Neptune, tu me dois l'hommage des mortels ; C'est moi qui par leurs mains ai dressé tes Autels, Refuse ton onde à sa fuite.

La Folie

Vous voyez mon pouvoir ; tous les vents furieux Ont troublé le repos de l'onde, La terre tremble, le ciel gronde, Les flots s'élèvent jusqu'aux Cieux.

Choeur

Ciel ! ô Ciel !

La Folie

Quels malheureux périssent !

Une troupe de Matelots descendent d'un vaisseau échoué.

Choeur

Mille abîmes profonds s'offrent à nos regards ; Les ondes et la mort entrent de toutes parts : Dieux ! ô Dieux ! Que nos cris, que nos voeux vous fléchissent,

Scène 3

La Folie, Chef des Matelots, Choeur, Léthé

La Folie

Ce sont mes favoris que vous voyez venir, L'orage sur ces bords les contraint de descendre : Ne vous éloignez pas ; ils pourront vous apprendre À perdre un triste souvenir.

Chef des Matelots

Nos compagnons victimes de l'orage, Ont souffert à nos yeux un trépas plein d'horreurs ; Privés au fond des eaux des funèbres honneurs, Leurs mânes vont errer sur le fatal rivage. Ne nous exposons plus à de pareils malheurs.

Choeur

Que les vents loin de nous exercent leur ravage, Évitons à jamais les écueils et l'orage.

Léthé

Ô vous que le Sort livre à des maux déplorables ! Venez chercher ici la fin de vos malheurs : Avec mes ondes favorables, J'en répands l'oubli dans les coeurs.

Les matelots vont boire des eaux du fleuve pendant son récit.

Choeur

De ce Dieu secourable éprouvons les faveurs.

Léthé

Je calme en un instant les chagrins les plus sombres. En vain le doux Nectar fait le bonheur des Dieux : Il est encor moins précieux, Que ces paisibles eaux qui coulent pour les Ombres.

Chef des Matelots

Embarquons-nous, tout rit à nos désirs ; Le vent propice nous seconde : La Fortune et tous les plaisirs Nous attendent au bout du monde.

Les Matelots lui rendent leur hommage. Elle les touche de sa Marotte, ce qui leur donne une nouvelle ardeur.

La Folie

Arrêtez, Ingrats, arrêtez ; Et du moins en partant rendez-moi votre hommage. C'est moi qui vous trace l'image Des biens et des plaisirs que vous vous promettez, Et votre espoir est mon ouvrage. Arrêtez, Ingrats, arrêtez, Et du moins en partant rendez-moi votre hommage.

On danse.

La Folie

L'orage en amour présage un doux sort, Le plus cher des plaisirs nous attend au port. Un beau jour s'apprête, Tout sert nos désirs : Voyez la tempête Céder aux Zéphirs. L'orage en amour présage un doux sort, Le plus cher des plaisirs nous attend au port. Passez au rivage L'hiver de vos ans, Craignez moins l'orage Dans votre printemps ; Voguez en paix et bravez la rage Des flots et des vents. L'orage en amour présage un doux sort, Le plus cher des plaisirs nous attend au port.

Les danses continuent.

La Folie

Jeunesse trop timide, Venez vous embarquer ; L'amour est votre guide, Rien ne peut vous manquer : Voguez, malgré l'orage, Au gré de vos désirs ; Laissez sur le rivage Les soins et les soupirs ; Et mettez du voyage, Les jeux et les plaisirs.

Les Matelots se rembarquent.

La Folie

Vents qui ne troublez point les flots, Régnez sur les humides plaines : Fuyez, Vents orageux , laissez l'onde en repos : Éole, resserre leurs chaînes.

Scène 4

Le Carnaval, La Folie

Le Carnaval

La raison contre vous n'a que de faibles armes ; Je ne puis vaincre mon ardeur ; Les efforts que je fais pour oublier vos charmes, Les gravent encor mieux dans le fonds de mon coeur. Il est temps qu'à mes feux votre caprice cède, Commencez mes plaisirs, et terminez mes maux.

La Folie

Je vous laisse avec le remède, Vos yeux vous ont appris le pouvoir de ces eaux.

Scène 5

Le Carnaval

Le Carnaval

Oui, Perfide, il est temps que mon dépit éclate: Puisons ici l'oubli de mes folles amours. Mais non, pour oublier l'Ingrate Le vin est le plus sûr secours. Éteins mes feux, brise ma chaîne, Dieu du vin, guéri ma langueur : Verse, verse à longs traits ta charmante liqueur ; Et pour me venger de ma peine, Viens noyer l'Amour dans mon coeur. Je vais chercher Momus ; je veux qu'à tasse pleine Il m'aide à triompher de mon indigne ardeur. Bacchus, rends aujourd'hui ma victoire certaine, Verse, verse à longs traits ta charmante liqueur ; Et pour me venger de ma peine, Viens noyer l'Amour dans mon coeur.

Acte III

Scène 1

Momus

Momus

À de nouveaux transports mon ami s'abandonne ; La table et mes conseils n'ont pu l'en garantir. Pour servir son amour il m'en a fait sortir : Du moins dans l'emploi qu'il me donne, Cherchons de quoi m'en divertir. Mais la Déesse vient.

Scène 2

Momus, La Folie

Momus

Cruelle, à quel tourment Avez-vous livré votre amant ! Ce n'est plus cet aimable Maître Qui savait nous instruire à noyer nos chagrins ; Au milieu même des festins, Il sent son désespoir s'accroître ; Le verre lui tombe des mains, L'Univers va le méconnaître,

La Folie

Quoi, Momus !

Momus

Votre trahison L'a mis dans un trouble effroyable.

La Folie

Ah ! S'il en perdait la raison , Que je le trouverais aimable !

Momus

Si pour vous sa folie est un charme si doux, Il est depuis longtemps digne de votre flamme : Le jour qu'il soupira pour vous, La raison sortit de son âme,

La Folie

Cessez donc de plaindre des feux Qui l'ont débarrassé d'une raison cruelle : N'est-il pas encor trop heureux, D'être délivré d'elle ?

Momus

Insultez-vous encore à son trouble amoureux ?

La Folie

La raison pour un coeur n'est qu'un bien rigoureux, Et sa perte est un avantage. Vous-même, seriez-vous heureux, Si vous étiez plus sage ?

Momus

Quittons des détours superflus, C'est assez éprouver votre âme : Si vous m'aviez paru trop sensible à sa flamme, Je vous aurais caché qu'il ne vous aime plus.

La Folie

Quoi !...

Momus

De son coeur l'Amour n'est plus le maître, Ces eaux que vous-même. ...

La Folie

Ah ! Le Traître !

Momus

Elles ont fini son tourment.

La Folie

Juste Ciel ! Puis-je croire un si grand changement ?

Momus

l'oubli succède aux feux que vous aviez fait naître ; Affranchis désormais d'amour et de chagrin, Nous pourrons, du soir au matin, Boire à longs traits, chanter et rire : Belles, le verre en main nous braverons vos coups ; Et nous ne songerons à vous, Que pour le plaisir d'en médire.

Elle jette sa Marotte.

Elle se laisse tomber.

La Folie

C'en est donc fait, tu n'es plus sous ma loi ; Ingrat, tous tes serments sont autant de parjures ; Si j'avais outragé ta foi, Qui t'empêchait, Cruel, d'éclater en murmures ? Il fallait m'accabler d'injures ; C'aurait été du moins te souvenir de moi. Je ne me connais plus dans ma douleur profonde. Que tout sente avec moi mes déplaisirs cruels, Abandonnons le soin du monde, À la triste Raison livrons tous les mortels. Déchirons, déchirons le voile salutaire, Qu'au devant de leurs yeux je déployais toujours ; Et que privés de mon secours, Ils sentent, comme moi l'excès de leur misère. Vous, allez sceptre vain, dont j'impose mes lois : Vous n'êtes plus pour moi qu'un inutile poids. Que sert tout cet éclat ? Que sert mon rangs suprême, Quand l'ingrat que j'aimais m'ose sacrifier ? Ah ! Puisqu'il a pu m'oublier, Je voudrais m'oublier moi-même !

Prenant la marotte de LA FOLIE.

Momus

La joie et la douleur, tout en elle est extrême, Cet ornement peut servir mes désirs. Mais j'ai pitié du trouble où son âme se livre. Vous, qu'elle a choisi pour la suivre, Venez, et dans son coeur rappelez les plaisirs.

Scène 3

La Folie, Un Poète, Choeur, Un Musicien

La Folie

Craignez de vous faire Un triste destin ; Si vous voulez plaire Chassez le chagrin : Dès que l'on s'y livre On perd ses appas. Eh ! Qui voudrAit suivre Désormais vos pas ? Est-il doux de vivre, Quand on ne plaît pas ?

Un Rideau s'ouvre au fond du Théâtre, et laisse voir un Salon rempli de musiciens, auxquels un Maître de musique bat la mesure : Il paraît en même temps un Professeur de Folie, suivi de plusieurs écoliers.

La Folie

Quoi ! Je verrais mes appas s'effacer ! Non, non, à ma douleur j'aime mieux renoncer. Qu'avec moi le Plaisir tienne ici son empire, Que tout le ressente et l'inspire. Vous, mes chers compagnons, paraissez, venez tous,

La Folie

Qu'en ces lieux chacun chante ; Que l'Echo chante avec nous. Tout nous rit, tout nous enchante ; Goûtons les biens les plus doux. Heureux un coeur qui s'oublie ! Devenons encor plus fous ; De notre aimable folie Rendons les sages jaloux.

La Folie

Son Professor di pazzia ; Volate, Scholari ; Sarete Dottori Nell'arte d'allegria.

La Folie

Volate, Scholari ; Sarete Dottori Nell'arte d'allegria.

Il chante avec l'écolier.

La Folie

Cantate, cantate. Amorosi sospiri Son il canto di cuori.

Un danseur et une Danseuse dansent autour de lui.

La Folie

E la prima lettione. La secunda ballate.

La Folie

La terza, rimate.

Un Poète

L'ardore .... D'Amore ... .

La Folie

Bene , bene.

Un Poète

L'ardore, D'Amore.... Egoia d'el cuore.

À Tous.

La Folie

Bene, bene, bene. Cantate, ballate, rimate : E d'ella pazzia la perfettione,

Choeur

Cantate, ballate, rimate. E d'ella pazzia la perfettione.

Un Musicien

Amour, fais-nous ressentir tes feux, Triomphe, triomphe, viens nous rendre heureux. Que tes faveurs soient pour les plus fous. Fuyez, Sagesse, Fuyez, Vieillesse, Nos tendres plaisirs ne sont pas faits pour vous, Amour, fais-nous ressentir tes feux, Triomphe, triomphe, viens nous rendre heureux. Puni les cruelles Et les inconstants ; Attendri les belles, Fixe les amants ; Qu'ils soient tous fidèles, Qu'ils soient tous contents.

La Folie

Venez poursuivre ailleurs cette réjouissance ; Le changement de lieux plaît à mon inconstance.

Scène 4

Momus

Momus

Il faut qu'avec cet ornement, J'aie encor le plaisir de tromper son amant.

Scène 5

Le Carnaval, Momus

Le Carnaval

Qu'apprendrai-je, Momus, de l'objet de mes voeux ?

Momus

Je viens d'en triompher sans peine, L'Amour a dans son coeur fait renaître ses feux ; Et pour éterniser sa chaîne, Elle veut que l'hymen y joigne encor ses noeuds.

Le Carnaval

Ah ! Momus, cher Momus, que tu me rends heureux !

Momus

Du nouvel amour qui l'engage Elle suivra toujours la loi : Son coeur désormais moins volage, M'a juré de n'aimer que moi.

Le Carnaval

Que vous ?

Momus

Reconnaissez ce gage de sa foi.

Le Carnaval

Ô Ciel !

Il sort.

Momus

Épargnez-vous une plainte frivole. Que le Dieu du vin vous console Du coeur d'une ingrate beauté. Que pour ce Dieu charmant votre ardeur se réveille ; Venez, courez au vin que vous avez quitté ; Vous trouverez au fond de la bouteille, Le repos et la liberté.

Les vents brisent le palais.

Le Carnaval

Le suivrai-je ?... Mais quoi ! Laisser une volage S'applaudir en repos de m'oser outrager ? Non, il faut la punir : c'est mériter l'outrage, Que de n'oser pas s'en venger. Toi, sombre et triste Hiver, Divinité puissante ; Si jamais sur tes pas j'ai conduit les Plaisirs ; Si par mes soins ton règne enchante, Plus que le règne heureux de Flore et des Zéphirs : Reconnais mes faveurs au gré de mes désirs ; Rends aujourd'hui ma vengeance éclatante. Volez, volez, rapides Aquilons, Faites sur ce Palais les effets de la foudre ; Qu'il se brise, qu'il tombe en poudre : Élevez en ces lieux d'horribles tourbillons. Que cette île devienne un séjour effroyable, Faites-y déborder les flots ; Qu'elle soit à jamais l'image épouvantable De l'horreur du premier chaos.

Acte IV

Scène 1

La Folie

La Folie

Mon amant dans mes fers est toujours arrêté, Au trouble de ces lieux je vois trop qu'il m'adore. Malgré le secours du Léthé, Puisqu'il se venge, il m'aime encore. Quel triomphe pour mes attraits ! Ah ! Que sa vengeance m'enchante ! L'air mugissant, l'onde grondante, Les arbres arrachés dans le sein des forêts, Les rochers renversés, et la terre tremblante, Ah ! Que ce spectacle m'enchante ! Quel triomphe pour mes attraits !

Scène 2

La Folie, Le Carnaval, Momus

La Folie

La guerre qu'en ces lieux les vents ont déclarée, Est donc l'effet de vos transports ? En croirons-nous l'impétueux Borée ? Il jure qu'il vous sert en ravageant ces bords.

Le Carnaval

N'en doutez point ; il venge un amour qu'on outrage.

La Folie

Quoi ? vous m'aimez encore !

Le Carnaval

Eh ! Puis-je vous haïr ! Vainement je m'excite à la haine, à la rage : Ce coeur, ce lâche coeur ne saurait m'obéir. Bacchus me suit et Momus m'abandonne. Silène rit de mes voeux superflus ; Moi-même je m'oublie et ne n'enivre plus, Que d'un amour qui m'empoisonne.

La Folie

Que ces transports charment mes yeux !

Le Carnaval

Faut-il ne les sentir que pour une infidèle ? Perfide, reconnais les lieux où tu m'avais promis une ardeur éternelle.

La Folie

Tu vois dans ces jardins cette eau suivre son cours, Nos soupirs s'y mêlaient au murmure de l'onde. Regarde ces sombres détours, Nos amours y croissaient dans une paix profonde : Ces arbres, ces rochers sont témoins de ta foi ; Dans ce lieu même où mon amour te blesse, Mille fois les Échos m'ont redit après toi, Je jure de t'aimer sans cesse.

La Folie

Plaignez toujours ainsi la rigueur de vos maux. Non, le sommeil n'a point de si puissants pavots. C'est vainement que mes yeux s'en défendent. Les vents m'ont ôté le repos, Vos tendres plaintes me le rendent.

Le Carnaval

Ciel ! Quel est donc pour moi ce mépris obstiné ! Vous ajoutez encor l'outrage à vos parjures.

La Folie

Pourquoi m'éveillez-vous ? Contraignez vos murmures, Respectez le repos que vous m'avez donné.

Le Carnaval

C'en est trop, Déesse inhumaine, Craignez le désespoir où vous m'avez jeté. De mille affreux transports mon coeur est agité, Et la Rage y confond et l'Amour et la Haine.

La Folie

Est-ce donc là l'effet qu'a produit le Léthé. Ses eaux n'ont pas éteint l'ardeur qui vous possède ; Mes traits de votre coeur ne sont pas effacés. L'eau vous est un fâcheux remède, Vous n'en aurez pas pris assez.

Le Carnaval

Ah ? Chaque mot accroît le courroux qui m'entraîne !

La Folie

Il faut aux amants plus d'un jour Pour briser une aimable chaîne : Et l'oubli ne prend pas sans peine La place d'un premier amour.

Le Carnaval

Perfide, vous avez éprouvé le contraire. En moins d'un jour vos feux se sont éteints

Momus

Et voilà désormais le Dieu qui sait vous plaire.

La Folie

Ciel ! Qui peut avoir mis mon sceptre dans ses mains !

Scène 3

La Folie, Le Carnaval, Momus

La Folie

Quittez cet ornement que je tiens des Destins Et par qui tout se range à mon obéissance. Quoi ! Vouliez-vous sur les humains, Usurper ma puissance ?

Le Carnaval

Eh ! N'est-ce pas de vous que Momus en ce jour A reçu ce gage d'amour !

Momus

Je vous ai trompé l'un et l'autre : Mais c'est assez jouir de son trouble et du vôtre. Nous n'avons plus de regrets à former, Et chacun a suivi le penchant qui l'inspire : Le vôtre était de vous aimer, Le mien était d'en rire.

Scène 4

Plutus, Le Carnaval, La Folie

Plutus

Ah ! Cruel, fuyez de ces lieux : N'êtes-vous pas content de cet affreux ravage ! Fuyez, n'offrez plus â nos yeux Un ennemi qui nous outrage.

Le Carnaval

Ah ! Pardonnez l'effet d'un transport amoureux.

Plutus

Non , non, perdez toute espérance : Allez porter ailleurs votre rage et vos voeux : Nous ne voudrons jamais, après ce trouble affreux D'une si funeste alliance.

La Folie

Vous ne le voulez plus ?

Plutus

Non.

On entend une symphonie, et JUPITER descend sur des nuages avec VÉNUS, BACCHUS et MERCURE.

La Folie

Et moi je le veux, Pour couronner sa flamme Et trouver nos liens charmants, Voilà les sentiments Où j'attendais votre âme.

Plutus

Mais, quels nouveaux concerts et quels brillants nuages ! Les Dieux de leur présence honorent ces rivages.

Scène 5

Jupiter, Vénus, Choeur, Momus, Bacchus, Mercure, La Folie, Le Carnaval

Le théâtre représente le Palais du CARNAVAL.

Jupiter

Ne combattez plus leurs désirs : Le Sort veut que l'Hymen et l'Amour les unissent ; Et qu'à ce noeud charmant, par de nouveaux plaisirs, Le Ciel et la Terre applaudissent ; Que ce jardin se change en un palais pompeux ; Qu'un trône s'élève pour eux, sQu'ils y goûtent en paix une douce victoire,

Vénus

Volez, Amours, volez, aimables Jeux ; Venez combler nos plaisirs et leur gloire.

Troupe de différents Peuples qui viennent rendre hommage au CARNAVAL. Ils prennent de sa main des Masques, et de celle de LA FOLIE des Marottes; et reviennent masqués se placer sur des gradins.

Jupiter

Vous, Mortels, accourez ; tout ici vous engagez À célébrer de si beaux noeuds ; Que vos plaisirs soient votre hommage, Le Sort ne les unit que pour vous rendre heureux.

Choeur

Rassemblons-nous, dansons, folâtrons, chantons tous Célébrons par nos chants une chaîne si belle, Que leur flamme soit éternelle.

À Momus.

Jupiter

J'exerce à l'avenir un pouvoir glorieux, Viens recevoir les dons des Dieux. Toi, prends part à nos Jeux. Je te promets de rire. Mais sois moins téméraire et contrains-toi pour nous.

Momus

La Fête et leur hymen sont si dignes de vous ! Le moyen d'en médire !

Deux Matassins apportent une robe couverte de masques. On la met au Carnaval, tandis que Jupiter et Vénus chantent.

Momus

Viva, viva, sempre viva, Il Dio d'ell'allegria

Jupiter

Sùsù pigliate Quella divina veste, Quando è come vi piacera, Ogni volto si cangiera.

Choeur

Viva, Viva, sempre viva, Il Dio d'ell'allegria.

Bacchus

Ti corona il pampino , Sarai sempre Dio dél vino.

Choeur

Viva, Viva, sempre viva, Il Dio d'ell'allegria.

Mercure

Quel scettro che ti do Ti fa il Re del Joco.

On danse.

La Folie

Viva, viva, sempre viva, Il Dio d'ell'allegria.

Le Carnaval

Folâtrez, folâtrez, rien ne doit vous contraindre. La charmante Folie est toujours de saison : Qui perd une fois la raison, N'a plus que son retour à craindre.

La Folie

Tendres haut-bois, douces musettes, Par vos sons amoureux célébrez ce grand jour : Battez, Tambours, sonnez, Trompettes : Mars me doit son hommage aussi bien que l'Amour.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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