L'Espérance
Scène 1
La Crainte, La Parade
Air : Des folies d'Espagne.
La Crainte
Oui , je suis la Dèesse de la crainte ; Je sens, et j'inspire aux hommes la peur ; Et, dans mes maux, hélas ! Loin d'être plainte, Chacun se moque , et rit de mon malheur. Quel fort cruel que le mien ! Condamnée à errer sans celle dans les avenues du temple de l'Espérance, et à détourner ceux qui veulent voir cette Déesse ; je ne l'ai jamais entrevue ; et je ne puis m'imaginer encore qu'elle existe.
La Parade
Suivez-moi, c'est ici le chemin.
Air : Dans le fleuve d'oubli, biribi, je veux boire.
La Crainte
Est-ce un rien qui m'étonne ? N'entends-je pas un bruit Qui me fuit ? Ah ! tout mon corps frissonne ? La frayeur a surpris Mes esprits ; À présent une humeur sombre S'empare de mon coeur ; Et, j'ai peur, De mon ombre, de mon ombre.
La Parade
Je vous dis que nous le trouverons à la fin.
Air : Des Fraises.
Elle se retire et grimpe sur un arbre.
La Crainte
Mais j'entends quelque rumeur ; Quelqu'un vient, ce me SEmble, ... Ah ! Je sens tant de frayeur , Qu'un enfant me ferait peur... Je tremble, je tremble, je tremble. Cherchons quelqu'endroit sûr, pour observer de loin ce que c'est.
Scène 2
La Parade, Léandre
La Parade
Mais, Monsieur le beau Léandre, pourquoi vous obstinez-vous t'a croire qu'jen n'saurais vous conduire za l'Espérance, donc ?
Léandre
Tenez, Madame la Parade vous avez beau dire ; vous ne pourrez pas réussir davantage ; votre gendre est usé.
Air : Vous avez raison, la Plante.
La Parade
Vous avez raison, la Plante ; Et, moi, j'ai raison aussi ; Dans ceci ; Car pour combler notre attente ; Tenez, lisez-vous d'ici : Le Temple de l'Espérance.
Léandre
R, a, n... Rance... Le voici. Eh bien ! Allons, conduisez-moi donc za l'Espérance, si vous pouvez.
Scène 3
La Crainte, La Parade, Léandre, L'Espérance
les arrêtant
La Crainte
Arrêtez, pauvres dupes que vous êtes ; où courez-vous ?
La Parade
Nous allons nous rassurer cheux la Déesse de l'Espérance.
Léandre
Oui, nous voulons t'entrer dans l'Espérance, si elle se prête à ça.
La Crainte
Donnez-vous bien de garde de la voir...
La Parade
Eh ! Pour queue raison, Madame ?
La Crainte
C'est que l'Espérance vous trompera ; c'est une donneuse de Galbanum.
La Parade
Eh ! Qu'êtes-vous, vous, qui nous détourner d'aller à l'Espérance ?
Léandre
Oui, Madame, qu'êtes-vous ?
Air : Margot, sur la brune.
La Crainte
Je fuis fille unique De la terreur panique ; Et je communique Aux hommes mes frissons ? Je ne présente Que l'épouvante, Et je n'enfante, Que les soupçons.
Fin de l'Air : des Voyelles anciennes.
La Parade
À ces traits nous vous connaissons. Madame, vous êtes la crain, ain , ain , ainte.
La Crainte
À l'avouer je suis contrain, ain, ain, ainte.
La Parade
En ce cas là, ce n'est pas vous que nous devons consulter pour voir l'Espérance.
Léandre
Pardi, non, c'n'est pas vous qui nous mettrez dedans... dedans son temple.
Air : Martin, Moine de Mise.
La Crainte
Ah ! oui dà, l'Espérance. À des Batteleurs Permettra la présence ? Allez, plats farceurs ; Il n'est point pour vous d'espérance ! Craignez les railleurs. Mais, croyez-vous bonnement que vous la verrez ? Pouvez-vous vous flatter qu'un genre aussi rebutant que celui de la Parade, puisse amuser encore des Spectateurs qui ont un ton excellent, qui ont déjà vu de ces misères-là ; et, qui en sont à la nausée.
La Parade
Ne l'écoutons pas ; entrons dans le Tempe.
Léandre
Mais cependant il est vraisemblable...
La Crainte
El-le va vous chas-ser ; Hélas ! Pour vous je tremble, e , e , e.
La Parade
Frère, pour la ros-ser, Veux-tu nous joindre en-sem-ble , e , e , e ? Allons, retirez-vous, vilaine, que nous frappions ta la porte du Tempe.
Air : Le Cabaret est mon réduit.
L'on a pris ce couplet-ci, tout brand, d'un Opéra-comique de Messieurs Le Sage, et Fuzelier, intitulé "L'Espérance aussi" ; et qui est au VIIème Volume du Théâtre de la Foire. C'est un vol manifeste, dont on s'accule. Mais le dialogue ne permettant pas de dire autre chose, que ce qui est dans ce couplet, l'on a cru pouvoir se permettre en conscience de le voler, attendu que l'on aurait fait ce couplet là le premier, s'il n'eût pas été fait auparavant. L'on se refusera difficilement à cette raison là, que l'on trouvera aussi solide qu'elle l'est.
La Crainte
Chez les Déesses l'on s'y prend D'une façon plus délicate ; À leur porte mon Enfant,
L'Espérance
L'on ne frappe point, l'on gratte : L'on ne frappe point, L'on ne frappe point, L'on ne frappe point, l'on gratte;
Même air.
Léandre
Ah ! Tu veux donc rester ici, Tu vas en avoir, vieille rosse.
Ils donnent des coups de bâton à la Crainte et la mettent en fuite.
La Parade
Oui, c'est le dos que voici Qu'on ne gratte pas, qu'on roue. Qu'on ne gratte pas, Qu'on ne gratte pas, Qu'on ne gratte pas, qu'on roue.
Air : Lampons, lampons ; Camarades, Lampons.
bis.
bis.
Ensemble.
La Parade
Frère, nous avons bien fait, De la chasser tout-à-fait. Oui, cette forte Déesse N'inspire que la faiblesse ; Heurtons, frappons Chez l'Espérance entrons.
Léandre
Oh, oh ! Sa porte s'ouvre d'elle-même.
Scène 4
Léandre, La Parade, L'Espérance
Air : Le Cabaret est mon réduit.
Léandre
Mais quelle Déesse paraît ?
La Parade
Eh ! Sûrement c'est l'Espérance. À son ancre on la reconnaît, Oui, c'est elle qui s'avance ;
Léandre
Ma foi si ce l'est, ma foi si ce l'est, C'est une belle espérance.
L'Espérance
À l'enfant, dans fon ber-ceau ; Au prisonnier dans sa ca-ge, Au vieillard, près du tombeau, Je fais montrer tout en beau. Aux prudes, d'un certain âge, Je promets l'appren-tis-fa-ge De l'Amour d'un Jou-venceau, Je fais montrer tout en beau ; Je cache au Guerrier nou-veau, De la mort l'affreuse i-mage ; Et même du ma-ri-a-ge J'a-douicis jusqu'au tableau. Je fais montrer tout en beau. Oui, mes enfants, je suis l'Espérance. Dites, moi vos désirs, et je vous ferai voir tout possible.
La Parade
Et - le montre tout en beau.
L'Espérance
Les biens présents n'ont pas D'aussi grands ap-pas, L'on ne les sent pas. Mortels i-ci bas, Ne faites de cas Que des biens futurs, Je vous les rends sûrs.
La Parade
Quel front serein ! Des coeurs il bannit le chagrin.
Léandre
Son aspect seul nous réjoui, Dès qu'on l'aperçoit, De tout on jou-it.
L'Espérance
Un plaisir qu'on attend Touche bien autant, Et même est plus grand Qu'un plaisir qu'on prend. L'espoir d'en avoir Va bien au delà, Du plaisir qu'on a.
La Parade
Quel air ouvert ! Ah ! L'on perd tout quand on vous perd !
Léandre
De grâce, restez avec nous.
La Parade
Dé-es-se, que ferions-nous, Sans vous.
L'Espérance
Vos voeux sont triomphants ; Allez, mes enfants, Je reste céans. Vos jeux bienséants, Auront en tout temps Des succès constants, Vous plairez longtemps.
Léandre
Nos jeux bienséants, Déesse ! Vous ne nous connaissez donc pas ?
La Parade
C'est donc une ironie ?
L'Espérance
Point du tout, Madame la Parade. Ne sentez-vous pas que la bienséance des Parades est de manquer de décence ? Allez, mes amis, les équivoques un peu claires, et présentées par les côtés agréables, sont de l'essence de votre spectacle et, ce qui le fera réussir. Voyez si je tous connais.
Léandre
Quoi ! Déesse, vous pensez que nos licences licencieuses plairont encore !
L'Espérance
Plus que jamais.
Se retournant vers les Spectateurs.
La Parade
Je le crois, moi. Ignia qu'ça qui ravigotte ces messieurs et ces dames.
Air : Margot, sur la brune.
Léandre
Comme elle cajole ! Comme elle nous enjôle ! Comme elle cajole !
La Parade
Eh bien , écoutons-là.
Léandre
Quelle est courtoise ! Quelle est matoise ! Comme elle amboise ! Quel bien c'est-là, Si ces Messieurs croient cela !
L'Espérance
Mais, ne me croyez pas moi seule ; consultez là-dessus le Dieu de la Gaieté qui s'avance.
Scène 5
Léandre, La Parade, Le Dieu de la Gaieté, L'Espérance
Léandre
Ah, ah ! C'est-là le Dieu de la Gaieté !
La Parade
Gnia qu'faire dell'dire, car je m'suis sentie toute joyeuse en le voyant tant seulement.
Le Dieu de la Gaieté
Guai, guai, guai ! Disons d'aimables chansons, Amis, rions, dansons et nous amusons. Aimez-vous le vin ? J'en ai de divin, Mon Champagne est mousseux, Quoiqu'il soit vieux. Que d'avance l'Espéranc-ce Réveille en nous le désir ; Et qu'ensui-te L'on profite De chaque plaisir Qu'elle vient offrir, Guai, guai, etc. Allons voir des Iris, Des Philis, des Cloris. J'en sais qui ne demandent qu'à faire Notre affaire, Allons, frère, Grande chère et beau feu, Et jou-ons gros jeu. Guai, guai, etc.
L'Espérance
Quelle gaieté !
La Parade
Queu père de joie !
Léandre
Sarpedié ce Dieu-là est un bon humain ! Voyez comme il s'humanise.
Le Dieu de la Gaieté
Eh morbleu, trêve de compliments ; et vive la joie et le plaisir ! Voyons donc, mes enfants, ce que nous ferons ce soir. D'abord je compta vous donner à souper, et nous rirons...
Léandre
Seigneur Dieu, paravant le souper, si ça vous amusait , v'la Madame la Parade, qui s'offre de vous... là... de vous...
Le Dieu de la Gaieté
Eh mais je le veux bien, moi.
La Parade
Oui, j'offre de vous même... de vous mettre eune Parade.
Léandre
Mais paravant d'en risquer eune, je voudrais être sûr qu'elle ne déplaira pas, et voici mes raisons de trembler, qu'un poète targique de mes amis , m'a tourné zet bistourné t'en vers alexandrins, à cette fin de rendre ces raisons là pus frappantes.
La Parade
Eh bien, oui, oui, va, va dis tes vers ; je te répondrai en prose ; ou je disloquerai des vers en impromptu, qui vaudront bien ceux qu'ils t'ont fait zaprendre par coeur.
Se retournant vers l'Espérance.
Il met son chapeau, pour déclamer avec plus de dignité, et déclame d'un ton ampoulé.
Léandre
Quel est votre dessein, et, par quel goût malade , Faites-vous en ce jour revivre la Parade ? Les morts, après trente ans , sortent-ils du tombeau ? Ça n'est pas si aisé qu'ça est facile. J'en fais juge la Déesse, et le Dieu de la Gaieté. Que Madame me permette de mettre mon chapeau ;
Elle montre les spectateurs.
La Parade
Depuis que les Français ne donnent rien de beau, Qu'il faut absolument pleurer aux comédies ; Et qu'il faut ou bâiller, ou rire, aux tragédies ; Je viens sur leurs débris établir mes tréteaux, Et, par mes jeux plaisants, amuser ces badauds.
Léandre
Eux !... Du bon ton, ... de l'air, ... reconnaissant l'empire, Ils vous voudront du mal de les avoir fait rire. Ils se divertiront, et s'en repentiront ; S'amuseront, riront, et s'en indigneront. Des chevaliers français tel est le caractère... Mais enfin quel projet à l'Auteur téméraire, Qui, ramassant, partout, des propos de rebut, Prétend être joué ? Parlez, quel est son but ?
La Parade
D'aller par la Parade au temple de mémoire, Et par-là de voler à la gloire.
Léandre
À la Foire.
La Parade
À la gloire.
Léandre
A la Foire.
La Parade
Allons, tais-toi, mâchoire.
Air : C'est au pays de Cocagne.
Le Dieu de la Gaieté
Oui, dans une pièce de la Foire, Si l'on peint bien les humains , Ce chemin peut conduire à la gloire ; L'on y va par tous chemins. Anacréon, par des chansons à boire, Faites sans soin, Ne tient-il point un assez bon coin Dans le temple de mémoire ? Arrêtez, beau Léandre, la Parade n'a pas tant de tort. Car enfin si l'on rend bien la nature, que ce soit dans une farce, que ce soit à la Foire, ou sur le Théâtre français, qu'importe ? N'y a-t-il pas toujours à cela un petit mérite donc ?
L'Espérance
Le Dieu de la Gaieté a raison, et je promets tout à ses efforts, moi.
La Parade
L'Espérance me promet tout ; et ce Dieu charmant me donne gain de cause. Nous jouerons la Parade, et nous réussissons. Pas vrai, Déesse ?
L'Espérance
Vous aurez un succès éclatant.
Air : Catalinette.
Le Dieu de la Gaieté
Par l'Espérance, Regardez combien L'on a de bien ! Elle dispense De posséder rien. Dès qu'elle opère, L'on ne peut rien voir, Jamais en noir. Tant qu'on espère, L'on croit tout avoir. Sûrement. Ventre saint Gris, (c'est le juron du bon Henri Quatre, qui n'aimait que moi, et les femmes,) en toutes choses n'en croyez jamais que l'Espérance.
Léandre
Eh oui, nous croirons avoir amusé ; et nous aurons ennuyé. Vla ce qui arrivera.
Air : Le joli, belle Meunière, le joli Moulin.
L'Espérance
Qu'en comptant sur l'assistance Et sur la bonté De ce Dieu, dont la présence Donne la gaieté, Vous tournerez l'Espérance En réalité. Eh non, vous dis-je, vous réussissez pleinement, je vous le promets : oui, oui, je vous jure...
La Parade
Que le Dieu de la Gaieté reste donc avec nous.
Le Dieu de la Gaieté
Moi, ma petite Reine, je veux faire plus ; je veux être des vôtres, je veux jouer dans vos pièces, avec quelques restrictions pourtant.
La Parade
Je vous prends au mot, et vous reçois sans début. Il est bien facé pour inspirer la joie.
Léandre
Pas moins, Déesse, ne nous abandonnez pas.
Le Dieu de la Gaieté
Eh mais, Benet, est-ce que l'Espérance a jamais abandonné personne.
L'Espérance
En est-il un seul exemple ?
Léandre
Mais comment faites-vous pour être ainsi en même-temps partout ?
L'Espérance
Je sais me re-pro-duire en cent lieux dif-férents, Pour répandre mes biens aux petits comme aux grands, D'un bout de la terre , jusqu'à l'autre bout, Je sème mes bienfaits, et je rè-gne par-tout. Oh dame !
Léandre
C'est fort singulier !
La Parade
C'est fort particulier !
Le Dieu de la Gaieté
Mais, oui-da, mon beau Cavalier, Ce-la ne peut point s'al-li-er : C'est fingu-lier, et fort par-ti-cu-lier.
La Parade
Mais, mon doux Seigneur, encore un mot : nous allons donc glisser à ces Seigneurs et à ces demoiselles, des libertés gallicanes ; v'là qu'est ben ; mais vous savez que notre fieque est devenu chaste à faire grincer les dents, dans les discours seulement ; faura-t-il que je retranche queute chose, des choses, que...
Le Dieu de la Gaieté
Ne te conduis point par autrui ; Si ce siècle pédant se cho-que D'u-ne or-du-re ou d'une équivoque, N'importe ; poursuis; C'est tant pis pour lui, S'il veut mettre aujourd'hui La ver-tu dans l'ennui, Qu'on e-xige moins de décence, Dans les propos que l'on tiendra ; Mais dans les moeurs plus d'innocence ; Plus on en dira, Moins l'on en-fera ; La vert-tu re-nai-tra , La gaieté reviendra. Bon, bon, ma pauvre Parade, va toujours ton train gaîment, et moque toi de cela.
La Parade
Plus on en dira, moins l'on en fera ; ça n'accommodera pas les femmes, ça.
L'Espérance
Belle réflexion ! - Encore, si elle allait au fait.
Le Dieu de la Gaieté
J'y viens, moi. Ah ça, mes enfants, il y a un tempérament à prendre dans tout ceci. Laissons reposer Madame la Parade, et jouons un Opéra-comique. Je suis instruit que vous venez d'en recevoir un à votre théâtre ; il est intitulé Joconde ; et, je sais même qu'il est traité d'un ton assez élevé, et que...
La Parade
Oui, ça est nobe, et trop nobe ; je n'aime pas ça moi ; mais par complaisance pour le Dieu de la Gaieté...
Léandre
Oui, nous pourrons vous ennuyer, par complaisance...
Le Dieu de la Gaieté
Vous n'ennuierez point. Je connais les couplets de ce Joconde ; ils sont gaillards. Mais, auparavant que d'aller nous habiller, il faut chanter ceux que j'ai faits moi-même, en l'honneur et gloire de la Déesse de l'Espérance.
L'Espérance
Volontiers !
Le Dieu de la Gaieté
C'est un vaudeville.
L'Espérance
Et c'est à moi à commencer.
Vaudeville
L'Espérance, Léandre, La Parade, Le Dieu de la Gaieté
Refrain.
L'Espérance
Mes promesses font promptes, Les effets en font sûrs ; Je donne des à comptes Sur les plaisirs futurs ; Je fais jouir d'avance ; Je rapproche les temps. Et guai, guai, guai, l'espérance Rend tous les coeurs con-tents.
Léandre
Une Coquette sage Lui doit tous ses talents $ Sans que son coeur s'engage, Elle a quatre galants : Et de la préférence Les flatte en même-temps Et guai, guai, etc.
La Parade
C'est par son influence Qu'une fille se croit Être femme d'avance, Du Galant qu'elle voit : Souvent en conséquence Elle emploie le temps. Et guai, guai, etc.
L'Espérance
À deux époux, qu'engage L'hymen, et non l'Amour, Je promets le veuvage À chacun, tour-à-tour ; Et, de la survivance Les flatte, en même-temps. Et guai, guai, etc.
Le Dieu de la Gaieté
Lucrèce fut la seule Qui brava son pouvoir ? À la mort, la Bégueule, Courut par désespoir ; Par-là, le sexe en France Jamais ne périra. Et guai , guai, l'Espérance Le ragaillardira.