Opéra comique · 1758

La veuve indécise

de Jean-Joseph Vadé

Représentation
≈ 17 min
Distribution
2 femmes, 2 hommes
Répliques
191
Écriture
En vers
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Alison F 62 ≈ 5 min 8
Colin H 42 ≈ 4 min 6
Mathurin H 43 ≈ 4 min 5
Suson F 42 ≈ 3 min 7
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Acte unique
Alison absentabsentabsentabsent
Colin absentabsentabsentabsentabsentabsent
Mathurin absentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
Suson absentabsentabsentabsentabsent
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Acte unique

Scène 1

Alison

ARIETTE.

Elle sort.

Alison

D'un triste veuvage Je voudrais sortir : On peut, à mon âge, Recevoir l'hommage Qu'offre le plaisir. Colin en partage Prétend m'obtenir ; Mathurin fait rage, Et veut mettre ombrage À son désir D'un dur esclavage L'Amour dédommage. Qui des deux choisir ? Mais je présage Que le repentir Pourrait venir. Allons à ce sujet consulter ma cousine, et profitons de ses conseils.

Scène 2

Mathurin, Colin

Mathurin

Oui, te dis je ; son penchant pour moi la détermine.

DUO.

Colin

Oh ! Je suis sûr que c'est moi qu'elle va couronner.

Mathurin

N'y prétends pas. De ma richesse Elle fait cas N'y prétends pas. De ma richesse Elle fait cas. Tiens, crois-moi, cesse Ces vains débats ; N'y prétends pas.

Colin

N'y prétends pas ; Car ma tendresse Vaut tes ducats. N'y prétends pas ; Car ma tendresse Vaut tes ducats. Je veux sans cesse Suivre ses pas; N'y prétends pas.

Mathurin

Mais quel droit as-tu pour y prétendre ?

Colin

Eh ! Quel droit as-tu, toi, de me la contester ?

Mathurin

Moi ? J'étais l'ami du défunt ; elle m'aimait aussi dès ce temps-là : ainsi j'ai pour moi l'ancienneté.

Colin

Oh ! Moi, c'est depuis son veuvage qu'elle m'aime ; ainsi j'ai pour moi la nouveauté.

Mathurin

Arrange-toi comme tu voudras, mais je n'en démordrai pas.

Colin

Ni moi non plus.

Mathurin

Eh ! Mais ! Tu veux donc te faire frotter ?

Colin

Par qui ?

DUO.

Mathurin

Par moi.

Mathurin

Ah ! voyons donc ; C'est tout de bon : Pauvre garçon ! Tais-toi, poltron. Commence donc : C'est tout de bon. Pauvre garçon! Tais toi, poltron, Poltron, poltron.

Colin

Tu le veux donc ? Oui, tout de bon : Pauvre garçon ! Tais-toi, poltron. Commence donc : Oui, tout de bon. Tais-toi, poltron ; Tais-toi, poltron, Poltron, poltron.

Scène 3

Suson, Alison, Mathurin, Colin

Suson

Pourquoi donc tout ce bruit ?

Alison

Pourquoi donc tout ce vacarme ?

Mathurin

C'est lui qui veut me disputer ton coeur.

Colin

C'est lui qui prétend l'emporter sur moi.

Alison

Mais vraiment cela me fait honneur.

Mathurin

C'est votre faute aussi.

Alison

Pourquoi donc ?

Colin

Sans doute, depuis six mois que vous nous bercez d'espérance.

Suson

Ils ont raison ; pourquoi ne pas se déterminer ?

Alison

Cela t'est bien aisé à dire ; mais je considère bien des choses.

Suson

Quoi ?

Alison

Ce n'est pas un marché d'un jour ; j'ai le bonheur d'être veuve : si j'étais sûre de l'être une seconde fois, je n'y regarderais pas de si près.

Suson

Tu plaisantes, mais il faut une fin.

Mathurin

Sans doute il faut une fin.

Colin

Eh ! Faut-il tant barguigner ? Dites-nous vos sentiments une bonne fois.

ARIETTE en Dialogue.

Alison

Te vais faire un heureux.

Suson

Lequel des deux....

Mathurin

Aimes tu mieux ?

Colin

Que mon ardeur Touche ton coeur.

Mathurin

À mon amour Cède en ce jour.

Alison

Je vais choisir.

Mathurin

Ah ! Je le crois, Ce sera moi ?

Colin

Ce sera moi ; J'aurai sa foi. Décide-toi, Décide-toi.

Alison

Mais !

Colin

Quoi !

Alison

Mais !

Mathurin

Quoi !

Suson

Décide-toi.

Alison

Oh ! Non, ma foi.

Colin

Ce sera moi, J'aurai sa foi.

Mathurin

Oh ! Je le crois, Ce sera moi ?

Mathurin

Décide-toi.

Alison

Oh ! non, ma foi.

Mathurin

Il n'y a qu'un mot qui serve. Voyons.

Colin

Que de façons ! Parlez.

À Mathurin.

ARIETTE.

Alison

Votre caractère Est vif et sincère Votre amour constant Mérite assurément Que l'on vous préfère À tout autre Amant. Oh ! Plus vous me pressez, moins je pourrai me décider. Donnez-moi du moins le temps de réfléchir.

Mathurin

Quel aveu charmant!

Colin

Ah ! Dieux, Quel tourment!

Alison

Ta flamme m'est chère ; Chut ! C'est un mystère : Ton amour constant Mérite assurément, Que l'on te préfère À tout autre amant.

Colin

Quel retour charmant !

Mathurin

Ô Dieux ! Quel tourment !

Alison

Que pour me plaire Chacun persévère : Peut être un bon moment Finira le mystère. Un coeur qui diffère Agit prudemment.

Il sort.

Mathurin

Ingrate ! Sur un tel caprice je vais réfléchir à mon tour.

Scène 4

Suson, Colin, Alison

Suson

Quoi ! Toujours balancer !

Colin

Jarni, pourquoi faut-il que je sois amoureux ?

Alison

Suson, conseille moi.

Colin

Que voulez-vous qu'elle vous dise ? C'est votre coeur qui doit vous conseiller.

Suson

C'est bien dit. Que ne prends-tu Colin !

Alison

J'aurais bien aimé Mathurin, mais, non ; il me semble que tu as raison : Colin est mieux mon fait. Va je te prends.

ARIETTE.

Colin

Oui, c'est un parti sage : Alison sait choisir ; Car je puis en ménage Remplir tout son désir. Je suis homme à l'épreuve, Un vrai mari de veuve. Demandez au Canton Si je suis bon luron, Si je suis franc garçon ; On ne vous dira pas, non : Car je puis en ménage Remplir tout son désir. Déjà mon coeur nage Dans le plaisir Je suis homme à l'épreuve, Un vrai mari de veuve. Demandez au canton Si je suis bon luron, Si je suis franc garçon ; On ne vous dira pas, non ; Et tous à l'unisson Vous diront : Colin est bon, Bon, bon, bon, bon. Que je suis satisfait ! Oh ! Tatigoi, vous ne vous repentirez pas de la préférence que vous me donnez.

Alison

Suson, ai-je bien fait ?

Suson

Oui, j'approuve ton choix ?

Alison

Mathurin va faire le diable. Il est riche et puissant dans le village. Il peut nous nuire, et je crains...

Il sort.

Colin

Ne craignez rien. Je vais l'observer.

Scène 5

Alison, Suson

Alison

Oui, oui, je serais mieux...

Suson

À quoi rêves tu ?

Alison

C'est que...

Suson

Eh ! Bien ?

Alison

C'est que... Tiens, il faut te le dire, Colin ne m'aura pas.

Suson

Bon ! Autre caprice ! Et tu viens de le lui promettre.

Alison

C'est vrai ; mais j'ai eu tort.

Suson

Que peux-tu lui reprocher. Il est jeune, il t'aime....

Alison

Mais il n'a rien.

ARIETTE.

Suson

Dans le Mariage À quoi sert le bien ? L'Epoux qui n'a rien Est beaucoup plus sage, Est bien moins volage. L'époux qui n'a rien Jamais ne partage. Un tendre langage, C'est de tout ménage Le plus doux lien. Toujours empressé. Jamais courroucé, Le mari demande ; La femme commande, Et voit les plaisirs Prévenir ses désirs.

Alison

Tu as beau dire, je crois pourtant que Mathurin ferait mieux mon affaire.

Suson

Quel esprit indécis !

Alison

Dis-lui que je veux lui parler.

Elle sort.

Suson

J'y cours de ce pas.

Scène 6

Alison

ARIETTE.

Alison

Il est convenable Qu'une femme raisonnable, Quand il s'agit d'un choix, Regarde à deux fois. Colin est aimable, Je m'en aperçois ; Mais Mathurin est agréable Hélas ! Pour chacun ! Mon coeur est sensible. Des deux que n'est-il possible De n'en faire qu'un ? Colin gémira; Mais enfin n'importe: Mathurin l'emporte, Il m'épousera.

Scène 7

Mathurin, Alison

Mathurin

Suson vient de me dire que vous vouliez me parler.

Alison

Oui, cela est vrai.

Mathurin

Et est-il vrai encore ce qu'elle m'a dit ?

Alison

Quoi ?

Mathurin

Que vous aviez, enfin, rendu justice à mon amour.

Alison

Oui, cela est vrai.

Mathurin

Ah ! Si tu savais à quel point ma flamme...

Alison

Elle est entre nous mutuelle.

ARIETTE.

Récitatif obligé.

Mathurin

Chère Alison, Mon coeur gémissait. Palpitait Dans le doute : Mais le plaisir devient bien plus flatteur Par les peines qu'il coûte. Ah ! Combien ce soir, Je vais en avoir À te posséder toute ! Je t'embrasserai, Te dorloterai ; Je te conterai, Je t'endormirai, Je te bercerai, Te réveillerai, Puis je te dirai, Tout ce qui te flatte : Ton oeil guilleret, Dont le feu me plaît, Autant m'en dira: Tout pour moi sera. Je vais tout disposer pour notre Mariage.

Alison

Ne tarde pas.

Mathurin

Je reviendrai bientôt. Souffre que sur ta main mon amour prenne un gage,

Alison

Volontiers.

Il sort.

Mathurin

Mon rival sera ma foi bien sot.

Scène 8

Suson, Alison

Suson

Eh ! Bien, cousine, es-tu contente ?

Alison

Oui.

Suson

Ton choix est donc fait ?

Alison

Oui.

Suson

Quel effort ! Et c'est sans retour ?

Alison

Oui, oui, ne crains rien.

ARIETTE.

Suson

Eh ! pourquoi tant attendre, S'il faut passer par là ? Le soin de se défendre Ne sert pas de cela. C'est un meuble nécessaire Que d'avoir un époux. Au hasard pourvoyons-nous, Le choix n'avance guère. Volages et jaloux, Ils se ressemblent tous. Il nous faut au village Un mari jeune et dodu. À cela près, femme sage Prend le premier venu. Au bout du compte, tu as fort bien fait. Cousine, allons de la gaieté, pense à ton hymen.

Alison

Je n'y pense que trop.

Suson

Comment !

Alison

Je ne sais... mais...

Suson

Tu ne voudrais pas te dédire, peut-être?

Alison

Pourquoi non ?

Suson

Mais, tu deviens donc folle ?

Alison

Il y va de ma liberté.

Suson

Tout comme il vous plaira. Je ne vous conçois plus.

Alison

Qu'est-ce que cela te fait ? Tu peux t'engager, si tu veux.

Suson

Mais enfin, pour qui penches-tu ?

Alison

Je suis encore indécise. Mathurin m'aime, il est vrai. Il est riche, j'en conviens ; mais il est si délicat... Un mari comme celui-là ne durerait pas six mois.

Suson

C'est donc pourquoi il faut s'en tenir à Colin.

Alison

Mais je te l'ai dit, il n'a pas de bien.

Suson

Si ces deux-là ne te conviennent pas, cherches en un troisième.

Alison

Ne pense pas rire, chacun d'eux n'a que la moitié des qualités que je voudrais trouver dans un mari, et c'est ce qui cause mon embarras.

Suson

Il faut te décider. J'attends que tu aies fait ton choix pour faire le mien, et je m'en ennuie à la fin.

Elle sort.

Alison

En ce cas, choisis toi-même qui tu voudras ; car je ne veux plus ni de l'un ni de l'autre.

Scène 9

Suson

ARIETTE.

Suson

Un aveu mérité Pénètre, enchante, Quand il est dicté Par la sincérité. La grâce touchante De l'ingénuité, Toujours augmente La beauté ; Mais la plus charmante Qui suit la pente De l'inégalité, N'est jamais contente; Une flamme inconstante Sans cesse épouvante La volupté.

Scène 10

Mathurin, Colin, Suson

Mathurin

Je te fais compliment.

Colin

Oh ! Je te félicite.

Suson

C'est bon ; chacun de son côté s'imagine avoir réussi.

Mathurin

On se rend à tes voeux.

Colin

Point du tout ; c'est à ton mérite.

Mathurin

Il pense l'épouser.

Colin

Il croit l'emporter sur moi. Parbleu ! Je veux m'en divertir.

Mathurin

Je ne puis m'empêcher de rire.

DUO.

Suson

Oui, oui, le chose est fort plaisante.

Mathurin

On la lui garde, Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ce minois là. L'épousera Tiens, tiens, regarde Vois-tu cela ? On t'en ratissera.

Mathurin

C'est lui qui l'aura. Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ce bijou-là L'emportera. Tiens, tiens, regarde Vois-tu cela ? On t'en ratissera.

Mathurin

Tiens, vois-tu : si Alison ne prononce pas en ma faveur, je perds cent écus.

Colin

J'y consens.

Suson

Hé bien ! Ils sont perdus.

Mathurin

Pourquoi donc ?

DUO.

Suson

C'est qu'à vous deux ma cousine renonce.

Mathurin

Ah ! La diablesse ! Pauvre Colin ! Notre tendresse A même sort, Et la tigresse Nous met d'accord. Elle a tort.

Colin

Ah ! La tigresse ! Pauvre Mathurin ! Notre tendresse A même sort, Et la tigresse Nous met d'accord. Très tort.

Mathurin

Morgué, v'là qu'est fini, je n'y pense plus.

Suson

Eh ! Bien, tiens, si tu veux.....

Mathurin

Si je veux... Oh ! Si tu veux toi-même : je ne demande pas mieux ; accepte ma main.

Suson

Ma cousine fait une sottise ; je me garderai bien de l'imiter.

À part.

Haut.

Colin

Vous avez raison. Bon ! Mon rival me laisse le champ libre ; quand je serai tout seul, il faudra bien qu'Alison me choisisse. Mais la voici.

Scène 11

Suson, Alison, Colin, Mathurin, Quatuor

Suson

Alison, viens donc vite.

Alison

Pourquoi faut-il doubler le pas ?

Suson

Mathurin.

Alison

Mathurin.

Colin

Épouse ta cousine.

Alison

Bon ! Quel conte !

Mathurin

Eh ! Non, non, ce n'est point un conte.

Alison

Plaît-il ?

Suson

C'est en honneur.

ARIETTE.

Alison

Quelle insolence ! Quelle impudence ! Ah ! Peut-on voir Un trait plus noir. Tous trois d'intelligence Tramer mon désespoir ! Au mois d'avance Il fallait savoir Que votre inconstance Romprait l'alliance Qu'on me faisait prévoir. Ô Dieux !

Suson

Dame, arrange-toi donc. Tu le veux, puis tu ne le veux plus. Après cela tu le regrettes ; on n'a jamais vu d'esprit comme le tien.

Alison

Taisez-vous.

Suson

La chose n'est pas faite ; si tu veux, je te céderai mes droits.

Mathurin

Mais qu'est-ce que vous faites donc, vous, à votre tour ?

Colin

Pourquoi donc cela ? Vous êtes si bien ensemble ; et pargué, tenez vous y.

Haut à Alison.

Suson

Ne crains rien ; c'est pour l'amener où nous voulons. Eh bien ! Le coeur t'en dit-il ?

Colin

Fi donc, encore une fois.

Suson

Moi, je prendrai Colin.

ARIETTE.

Alison

Non pas, ma mie, Gardez vos noeuds ; Celui qui vous lie Flatte trop vos voeux : Je suis ravie Qu'un tel amoureux Enfin justifie L'excès de vos feux. Mais moi, je veux N'aimer de ma vie; J'en jouirai mieux. Je suis ravie Qu'un tel amoureux Enfin justifie L'excès de vos feux. Oui-dà.

Colin

Vous avez raison ; aussi bien quand vous le voudriez, je ne le voudrais plus.

Alison

Toi ?

Colin

Non, et je vais de ce pas trouver Claudine.

Alison

Tu l'aimes donc ?

Colin

Oh ! Que cela ne vous inquiète pas.

Alison

Perfide.

Colin

À la bonne heure ; mais j'ai pris mon parti.

Alison

Écoute moi donc.

Colin

Non.

Alison

Colin ?

Colin

Adieu.

Alison

Viens donc, j'ai quelque chose à te dire.

Colin

Qu'est-ce que c'est ?

Alison

Touche-là, je te donne la préférence.

Colin

Je crois bien, parce que je suis tout seul.

Alison

Non, c'est parce que je t'aime.

Colin

Est-il bien vrai ?

Alison

Oui.

Colin

Puis-je compter sur toi ?

Alison

J'en fais serment.

Mathurin

Si tu lui donnes encore le temps de la réflexion, elle pourrait bine se dédire. Jarni ! Prends-là au mot.

À Alison.

Colin

Tu as raison. Eh bien ! C'est fait ; allons vite chez le notaire.

Mathurin

Ne faisons qu'une seule noce pour nous quatre, et vive le joie.

Quatuor

Tu m'obtiens, Je t'obtiens. Mes plaisirs sont les tiens : Plus d'alarmes ; Tous les biens, Tous les charmes, Sont dans nos liens.

Vaudeville

Ensemble, Colin

Ce Vaudeville est de M. NAU.

Air : La raison propose.

Ensemble

Une fille à dix-huit ans A de la prudence, Sur le choix de ses amants Quand elle balance. Lorsqu'elle est sur le retour, Et qu'on lui parle d'amour, C'est une sottise Que d'être indécise. Pour l'hymen faut-il quitter Un amant sincère. Ce n'est pas sans hésiter Sur ce qu'on va faire. Mais si chez notre vainqueur Nous voyons quelque froideur, C'est une sottise Que d'être indécise. Si quelque riche barbon Près de nous soupire, Ne répondons oui ni non À ce qu'il désire. Mais si, par un bon contrat Il nous assure un état, C'est une sottise Que d'être indécise. Lorsqu'une Belle, en aimant, Cherche le mystère ; Qu'elle veut secrètement Voguer à Cythère, Entre nos petits collets Et tous ces fringants plumets, C'est une sottise Que d'être indécise.

AU PARTERRE.

Colin

Balancez à m'épouser, J'y consens, ma chère, Si moudre, bluter, sasser Vous pouvez tout faire ; Mais puisque votre moulin Ne peut aller sans Colin, C'est une sottise Que d'être indécise. Voici le moment, Messieurs, D'une épreuve rude. Pour l'auteur et les acteurs Quelle incertitude ! Par un geste de la main Décidez notre destin. Frappez la reprise De la Veuve Indécise.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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