Scène 1
Clitie, Damis
Clitie
Ma Cousine s'habille, et je viens vous apprendre Qu'elle a bien du regret de vous tant faire attendre ; Car de votre présence elle aura du plaisir ; Pour venir vous le dire elle a su me choisir. Votre retour la charme, et sa joie est extrême.
Damis
La charmante Clitie est toujours elle-même, Toujours l'âme sensible, et le coeur obligeant, Il ne sort de sa bouche aucun mot affligeant. Plût au Ciel qu'en revanche une fille si belle En semblable rencontre eût besoin de mon zèle ! Il n'est soins ni devoirs que ne dût éprouver...
Clitie
Patience ; Il n'est rien qui ne puisse arriver, Je me sens dans un âge à ne plus guère attendre, Vous avez un cousin dont le coeur paraît tendre, Et s'il était d'humeur à languir sous ma loi Ce que je fais pour vous, vous le feriez pour moi. Quand ma cousine aussi daigne ouïr ma harangue À lui parler de vous je prépare ma langue ; De mon zèle assidu son esprit est confus ; Eussiez-vous des défauts, j'en ferais des vertus ; Je la charme par là (car je sais par moi-même Qu'on oblige une fille en louant ce qu'elle aime, Et que lorsqu'un amant s'est rangé sous nos lois, Qui nous vante sa grâce applaudit notre choix.) J'ai cent fois d'Amarante affermi la tendresse, Et du courtois Damis si j'étais la maîtresse, Peut-être que...
Damis
Peut-être en amour n'est pas bon, Vous m'aimeriez peut-être, et peut-être que non : Quand d'un coeur une fois l'amour s'est rendu maître, Il ne veut rien devoir au secours d'un peut-être, Et quand d'une maîtresse on souhaite la main, Un bonheur dont on doute est un malheur certain. De ma chère Amarante un semblable peut-être...
Clitie
Amarante vous aime, et j'ai su le connaître, À pouvoir de sa bouche arracher cet aveu, Vous n'aurez point de peine, ou vous en aurez peu : Adieu mon cher ; souffrez qu'un moment je vous laisse, Je viendrai vous rejoindre avec votre maîtresse, À certaine Marquise elle donne à dîner Et touchant ce repas j'ai quelque ordre à donner : Entre amis tout s'excuse, et chacun s'accommode...
Damis
Je m'en vais ; je vois bien que je suis incommode, Sur le soir Amarante aura plus de loisir...
Clitie
Vous n'auriez qu'à nous faire un pareil déplaisir, Ma charmante cousine en serait si surprise...
Damis
Mais paraître en désordre auprès d'une Marquise, M'exposer de la sorte à des yeux délicats !
Clitie
Si Damis l'appréhende il ne la connaît pas : Vous ne vîtes jamais dame plus incommode, Jusqu'au ton de la voix elle observe la mode, À la nature même elle impose des lois, En user autrement c'est sentir le bourgeois, Jamais ce qui vous plaît n'a l'honneur de lui plaire, Ce qu'on croit naturel lui paraît trop vulgaire, Et c'est à cette belle une espèce d'affront Que de boire et manger comme les autres font. Aussi quoi qu'elle fasse à toute heure on la joue, Mais alors qu'on la raille elle croit qu'on la loue, Elle tourne à son gré tous les mots qu'on lui dit, Si l'on rit de la voir c'est que l'on l'applaudit, Quand on la contrefait elle croit qu'on l'imite, Elle affecte des mots qu'elle seule débite, Et comme si son âme agissait par ressorts Son esprit se démonte aussi bien que son corps. Sur tout ce qui la choque on sait bien qu'elle glose, Mais lui plaire, et déplaire est une même chose, Vos soupirs à ses yeux ne sont pas adressés, Amarante vous aime, et cela c'est assez. Jusqu'au revoir.
Damis
Ma joie est enfin apparente...
Scène 2
Le Comte, Damis
Le Comte
Oh quelqu'un, fait-il jour chez la belle Amarante ? Ah, Ah, c'est toi Baron, ne fais pas le surpris ; Et depuis quand, mon cher, es-tu donc à Paris ? Parbleu de ton voyage il faut dire la cause ; Entrons.
Damis
Tu peux entrer, mais pour moi je ne l'ose. On habille Amarante, et je viens de savoir Que dans quelques moments j'aurai l'heur de la voir, Par respect l'un et l'autre attendons qu'elle sorte. Mais peut-on me connaître à me voir de la sorte ?
Le Comte
Parbleu, Baron, tout autre y serait attrapé ; Te voilà Dieu me damne, assez bien équipé, Têtebleu ! Des collets de dentelle de Flandre ! Justice.
Damis
Quoi...
Le Comte
Parbleu, je ne veux pas t'entendre, Justice, Baron.
Damis
Mais...
Le Comte
Mais Justice.
Damis
Dis-moi...
Le Comte
Si tu m'en crois, Mon cher, ne va pas chez le Roi, Tu n'entrerais jamais dans la Salle des Gardes Qu'il ne plût sur ton nez plus de mille nasardes.
Damis
Quoi les Gardes...
Le Comte
Baron, moi qui te parle, moi, Je te dis en ami, si tu vas chez le Roi Que tu n'entreras point sans un point de Venise.
Damis
Et s'il arrivait donc que par une surprise...
Le Comte
Quelque sot ! Sur mon âme on ne me surprend point, J'ai parbleu dépensé dix mille écus en point. Mais le bon de cela, Baron, quand je m'ajuste Pour me tirer du pair je calcule si juste Que parbleu, notre ami, chez les gens comme toi Quand la mode commence elle est vieille pour moi. Il me serait beau voir les dentelles de Flandres !
Damis
N'ai-je que ce défaut que tu puisses reprendre ? De ces riches collets si tel est le pouvoir Aussi bien comme toi j'ai moyen d'en avoir : Mais dis-moi dans Paris n'a-t-on pas la franchise ? Ce qui fait l'honnête homme est-ce un point de Venise ? C'est un faible avantage à ces gens du bel air Qu'emprunter du secours pour se tirer du pair : Quand d'un sang assez bon nous avons l'heur de naître Notre éclat naturel nous doit faire paraître : C'est mon sentiment, Comte, et tu dois m'avouer...
Le Comte
Dieu me damne, Baron, tu te feras jouer, Prends garde à toi.
Damis
Pourquoi ?
Le Comte
Pourquoi !
Damis
Daigne me dire...
Le Comte
Par ma foi cher Baron, ton pourquoi me faire rire, Il est bon.
Damis
Mais pourquoi...
Le Comte
Continue.
Damis
Apprends-moi...
Le Comte
On te jouera, te dis-je, Hé demande pourquoi Je t'en prie, Allons donc, soutiens ton caractère.
Damis
Ou sois plus raisonnable, ou bien songe à te taire.
Le Comte
On te jouera.
Damis
Dis donc quel sujet on aura...
Le Comte
On te jouera, Morbleu, parce qu'on te jouera.
Damis
Mais...
Le Comte
Mais prends garde à toi, car nous avons un homme Qui fait mieux des portraits que les peintres de Rome ; Il vous dépeint, Morbleu, mais je dis traits pour traits ; Il est vrai, quelques sots ne s'en doutent jamais ; Quoi que des spectateurs tous les traits y paraissent, Plus ils sont ressemblants, moins ils les reconnaissent ; Ce qu'on a fait pour eux leur paraît pour autrui, Et tel y rit souvent de voir rire de lui.
Damis
À ce compte, ce peintre en badins vous érige ? Mais se voit-on jouer sans que l'on se corrige ? En est-il d'assez sots pour ne pas s'abstenir...
Le Comte
S'il est des sots, ma foi tu m'en fais souvenir Des sots ; Pour t'en montrer, et de plus d'une espèce. Si tu veux dès tantôt nous irons voir sa pièce, Mais il faut, notre Cher, me promettre ce point Si tu vas autre part que tu ne riras point.
Damis
Pourquoi cela ?
Le Comte
Pourquoi ? Je ne puis te le dire, On m'a dit seulement que c'est là qu'on va rire, Et j'ai fait, têtebleu, des serments qui tiendront De ne rire jamais qu'où les autres riront.
Damis
Moi qui hais ta manière, et qui suis équitable, Je ris quand j'ai de rire un sujet raisonnable, Et je tiens que tout homme à moins d'être brutal Doit rire de la chose, et non pas du signal. Car tu ris de voir rire, et ma foi je parie...
Le Comte
Et de quoi donc Baron, prétends-tu que je rie ?
Damis
De quelque endroit risible où paraisse l'esprit.
Le Comte
Parbleu l'endroit risible est l'endroit où l'on rit, Je le soutiens.
Damis
Soutiens, je suis prêt d'y souscrire ; Mais rit-on de l'endroit quand on rit d'y voir rire ? Pour juger d'un ouvrage il faut lire...
Le Comte
En effet ; Et voit-on en lisant les grimaces qu'on fait ?
Damis
Cette Pièce...
Le Comte
Ma foi j'en ai fait deux lectures, Mais je n'y puis trouver ces plaisantes postures, Eh, parlez, dépêchez, vite, promptement, tôt. On appelle cela réciter comme il faut. Verra-t-on en lisant, fût-on grand philosophe, Ce que veut dire un « Ouf » qui fait la catastrophe ? Baron « Ouf » ! Que dis-tu de ce « Ouf », placé là ? Par ma foi, cher Baron, il faut voir tout cela, Viens-y tantôt, mon fils, tu verras si j'impose. Mais venons au voyage, et m'en apprends la cause, On habille Amarante, et tu peux en deux mots...
Damis
Sa divine beauté m'a ravi le repos, De l'oser déclarer la douceur m'est permise, Chacun sait qu'à Damis Amarante est promise. Et depuis mon départ jusques à mon retour Mille écrits de sa main ont flatté mon amour. La voici.
Scène 3
Amarante, Le Comte, Clitie
Amarante
Demeurez pour nous donner des sièges.
Le Comte
Notre ami le Baron est tombé dans vos pièges, Comment Diable, il vous aime, et vous n'en disiez rien, Finette !
Amarante
Je croyais que vous le saviez bien. Damis m'aime, je l'aime ; en est-ce assez ?
Clitie
Cousine Il n'appartient qu'à lui d'aimer à la sourdine ; La Marquise d'Oriane a des appas si doux...
Le Comte
À propos d'Oriane, elle dîne chez vous, J'y dîne aussi, ma chère, et je suis de la bande, Sans façon.
Amarante
Trop d'honneur.
Scène 4
Petit-Jean, Amarante, La Marquise Oriane, Damis, Clitie, Le Comte
Petit-Jean
Madame, on vous demande.
Amarante
Nous voulons être seuls, retourne sur tes pas, Si c'est quelque fâcheux dis que je n'y suis pas.
La Marquise Oriane
La voit-on, Madame ?
Petit-Jean
Oui, mais je crains qu'elle crie. Si vous êtes fâcheuse elle sera sortie.
La Marquise Oriane
Dis que c'est Oriane.
Petit-Jean
Attendez donc un peu, Voilà qui c'est Madame, entrera-t-elle ?
Amarante
Ô Dieu, C'est Madame !
La Marquise Oriane
Servante à ma toute adorable.
Amarante
Holà, qu'on se dépêche et qu'on couvre la table, Puisque voilà Madame, il est temps de servir. Chacun se sied.
La Marquise Oriane
Quel est ce gentilhomme, il est fait à ravir ?
Amarante
C'est le Baron Damis.
La Marquise Oriane
À qui vous devez être, Madame ?
Amarante
Oui, Madame.
La Marquise Oriane
Ah, je veux le connaître.
Damis
N'eût été que j'ai craint de vous être suspect J'eusse précipité l'offre de mon respect, Madame, et désormais je prétends que mon zèle...
La Marquise Oriane
Certes sa miniature est parfaitement belle.
Clitie
Miniature ! Mon Dieu que ce mot est bien dit, Et qu'il faut pour le dire avoir bien de l'esprit ! Je suis au désespoir de ne pas le comprendre.
Le Comte
Elle n'aperçoit pas ta dentelle de Flandres, Baron.
La Marquise Oriane
Oh mon Dieu fi ! Chez le monde choisi Des beautés à la mode il faut être saisi ; La plus claire dentelle est la plus en usage, Et le point de Venise assaisonne un visage.
Clitie
Cousine, que Madame a de jolis détours, Et que cet assaisonne assaisonne un discours ! En effet, fi ! Votre âme est une malapprise ; Comment, faire l'amour sans un point de Venise !
Damis
Pour être en galant homme il faut donc de ce point.
Le Comte
Je l'ai dit, Dieu me damne, et ne m'en dédis point, Il en faut pour paraître, et de plus notre singe Fait un nouveau tableau qui sera tout de linge. Je ne t'en avertis que de peur d'accidents, S'il te voit sur mon âme il te mettra dedans. Rien n'échappe à sa plume, et dedans sa critique Il n'est point de gros dos que sa langue ne pique : À jouer tout le monde il a tant de penchant...
La Marquise Oriane
Hay, hay, hay !
Amarante
Qu'avez-vous ?
La Marquise Oriane
Que vous êtes méchant Monsieur le Comte ?
Le Comte
Moi ?
La Marquise Oriane
Je n'en puis plus, vous dis-je.
Amarante
Oh quelqu'un.
La Marquise Oriane
Ne bougez.
Amarante
J'ai peur qu'on vous néglige, Un si prompt accident vous peut être fatal.
La Marquise Oriane
Il m'a fait souvenir que je me porte mal. Hier dans une visite il se trouva des Dames Qu'Alcidon régala de L'École des Femmes ; Et qui d'intelligence avecque mon destin Ne voulurent jamais en entendre la fin : Comme si pour me perdre elles eussent fait pacte On fit cesser la pièce après le second acte, Et je ne remarquai des risibles endroits Que celui de la soupe où l'on trempe les doigts. Dans un chagrin mortel ce caprice me plonge.
Clitie
Voyez, comme les maux viennent sans qu'on y songe.
Le Comte
Dans mon âme j'enrage.
Amarante
Et pourquoi ?
Le Comte
Tout exprès, La Marquise y courait pour voir le « Le » d'Agnès.
La Marquise Oriane
Je l'ai vu, que je l'aime, et que j'en suis contente ! Ce « Le » c'est une chose horriblement touchante ; Il m'a pris « Le »... ce « Le » fait qu'on ouvre les yeux.
Le Comte
Oui, ce « Le » Dieu me damne est un « Le » merveilleux : Quand je vis que l'actrice y faisait une pose Je crus que l'innocence allait dire autre chose. Et le ruban, ma foi je ne l'attendais pas.
La Marquise Oriane
Et ce « Le », pour Madame eût-il beaucoup d'appâts ?
Amarante
J'en dirais mon avis en pouvant m'en défendre, Mais qui s'en ressouvient prit plaisir à l'entendre ; Et moi de qui l'esprit s'en est peu soucié À peine l'eus-je appris que je l'eus oublié.
La Marquise Oriane
À le revoir pour moi je serais toute prête, Ce « Le » toute la nuit m'a tenu dans la tête Ma chère ; aussi ce « Le » charme tous les galants.
Le Comte
En effet, j'en vois peu qui ne donnent dedans, La beauté de ce « Le » n'eut jamais de seconde.
Clitie
Il est vrai que ce « Le » contente bien du monde ; C'est un « Le » fait exprès pour les gens délicats.
Amarante
Elle est maligne, au moins, ne vous y fiez pas. Car je sais que ce « Le » lui paraît détestable.
Clitie
Il est vrai, ma Cousine, il me semble effroyable, Mais ce « Le » par Madame est si bien appuyé Que je meurs de regret qu'il nous ait ennuyé, Le parti qu'elle prend est celui que j'embrasse, Tout ce que dit Madame est de si bonne grâce Que je veux la prier de ne pas s'irriter Si je fais mes efforts pour la bien imiter. Sa galante façon s'insinue en mon âme.
La Marquise Oriane
Oh Madame !
Clitie
Oh Madame !
La Marquise Oriane
Oh Madame !
Clitie
Oh Madame !
La Marquise Oriane
Quoi me railler chez vous, Madame, ah je vois bien...
Clitie
Vous le dites, Madame, et vous n'en croyez rien.
La Marquise Oriane
Assurément Madame...
Clitie
Assurément...
Le Comte
Marquise Savez-vous quelles gens le matois satirise ? Des Marquis.
Damis
Des Marquis ! Il aspire si haut...
Le Comte
Je t'en vais montrer trois chapitres comme il faut ; J'ai la clef de sa pièce.
Amarante
Imprimée.
Un Laquais vient, et le Comte lui dit.
À Damis.
Le Comte
Imprimée. Oh ! Mes Laquais, Picard, Béarnais, la Ramée. Sous la tapisserie, au-dessous du miroir Tu verras cette clef, je l'y mis hier au soir ; Je croyais, palsembleu, mériter ta croyance Baron.
Damis
Quand une chose a si peu d'apparence...
Le Laquais sort.
À Damis.
Le Comte
Va quérir cette clef, et me l'apporte ici. Incrédule Baron tu seras éclairci. Mais...
Amarante
Mais quoi ? Du Critique on connaît la coutume. À ma Muse peut-être il donne un coup de plume ; Avouez ; vous riez, je le verrai bientôt.
Le Comte
« Et femme qui compose en sait plus qu'il ne faut », C'est vous.
Amarante
C'est moi ?
Le Comte
C'est vous.
Amarante
Ce n'est pas qu'il m'importe, Mais l'Auteur est hardi d'en user de la sorte, Il me doit du respect, il a dû le savoir.
Scène 5
Petit-Jean, Amarante, Damis
Petit-Jean
Un monsieur est là-bas qui demande à vous voir, Madame.
Amarante
Quel est-il, ce Monsieur ?
Petit-Jean
C'est un homme.
Amarante
Et ne t'a-t-il pas dit comme c'est qu'on le nomme ?
Petit-Jean
Le Chevalier de chose... Et la...
Amarante
Qui Dorante ?
Petit-Jean
Oui.
À Damis.
Amarante
Qu'il entre. Il vous connaît ?
Damis
Oui, Madame.
Scène 6
Le Chevalier Dorante, Le Comte, Damis, Amarante
Le Chevalier Dorante
C'est lui ! Oui, c'est lui !
Le Comte
De te voir sa surprise est extrême.
Le Chevalier Dorante
Est-ce le Baron ?
Damis
Oui.
Le Chevalier Dorante
Quoi c'est toi ?
Damis
C'est moi-même.
Le Chevalier Dorante
Comment te portes-tu, vieil ami ? touche-là. Tu viens incognito voir l'objet que voilà ?
Damis
Il est vrai.
Le Chevalier Dorante
Dieu me damne il est beau comme un ange. Cet objet.
Amarante
Chevalier, mon Dieu, point de louange, Un homme comme vous Critique au dernier point Fait assez de plaisir quand il ne médit point. La critique est blâmable après tout, et j'avoue...
Le Chevalier Dorante
Ce que vous blâmez là, tout le monde le loue, Il est vrai, je critique, et je m'en trouve bien, De bien faire ma Cour c'est l'unique moyen ; La Satire est en règne et le point de Venise, Et le reste on le nomme une pure sottise.
Damis
Et pour plaire à présent il ne faut en ce cas...
Le Chevalier Dorante
Que de la médisance, et de riches rabats. Je plais aussi, Dieu sait.
Damis
Toi, plais-tu ? Chose vraie.
Le Chevalier Dorante
Si je plais ! Ce Collet est le moindre que j'aie, J'ai ma foi chez le Roi de secrets ennemis Mutinés contre moi de me voir si bien mis : Moi qui vois leur envie, et qui sais leur bêtise J'achète si souvent quelque point de Venise Que pour mieux les punir d'avoir cru m'outrager Je me ruine exprès pour les faire enrager, Dieu me damne. Vois donc si je plais. Pour médire Tu te peux informer si Dorante s'en tire. On me craint, sur mon âme, et je passe en tous lieux Pour un des Courtisans qui critiquent le mieux : Mais aussi, je fréquente et je joue à la paume Avec le médisant le meilleur du Royaume : Le compère vous drape, et vous mord en riant, C'est de nos courtisans le démon foudroyant, Il les pique !
Amarante
À la fin craint-il point qu'on s'en choque ? J'en sais un enragé dont souvent il se moque ; À son meilleur ami je veux bien l'avouer.
Le Chevalier Dorante
J'en sais vingt trop heureux de se laisser jouer : Oui, j'en sais de ravis qu'on leur fasse la guerre ; Témoins trois l'autre jour qu'on nommait du Parterre, Et qui dans une Loge où chacun les voyait Riaient comme des fous de ce qu'on les jouait. Aussi loin qu'au Critique aucune âme s'oppose Aussi doux que du lait il faut boire la chose ; On ne peut l'attaquer sans en être marri ; De tous nos Turlupins c'est un homme chéri ; Contre qui que ce soit ils prendront sa défense.
Damis
Et ces sortes de gens vous imposent silence ? Ce que Paris peut-être a de plus odieux, Des Turlupins...
Le Comte
Baron, tu pourrais parler mieux, J'en suis un.
Damis
Qui toi ?
Le Comte
Moi.
Damis
Mais l'Ami, tu te blâmes.
Le Comte
Et oui, oui. Dans la Clef de L'École des Femmes Tu verras qui de nous a le plus de raison ; Je suis le Turlupin de la moindre Maison, Tous les autres... Mais tiens, mon Laquais me l'apporte.
Scène 7
La Ramée, Le Comte, Damis, Amarante, Le Chevalier Dorante, La Marquise Oriane, Clitie
au Comte
La Ramée
Je n'ai point vu de Clef que la clef de la porte.
Le Comte
Peste le sot.
Damis
Sait-il ce que c'est que cela ?
Le Comte
Je te jure Baron qu'elle est en ce lieu-là.
La Ramée
Je gage que non.
Le Comte
Paies.
Damis
Crois-moi, Comte, allons, gage !
Le Comte
L'un de nous deux, Laquais, est un sot personnage.
La Ramée
Ce n'est pas moi, Monsieur.
Le Comte
Tais-toi donc, s'il te plaît. La Marquise l'a lue, elle sait ce que c'est.
Amarante
Mais parlez de sa Pièce, et soyez équitable, Que vous en semble ?
Le Chevalier Dorante
À moi ? Je la trouve admirable. Comment la trouves-tu, Comte ?
Le Comte
Admirable.
Le Chevalier Dorante
Et vous ?
La Marquise Oriane
Admirabilissime.
Amarante
Entre nous ?
Le Chevalier Dorante
Entre nous.
Amarante
Mais là, sans vous trahir, la trouvez-vous passable ?
Le Chevalier Dorante
Admirable, Monsieur, du dernier admirable.
Damis
Je puis, sans l'avoir vue en dire autant que toi ; Quand on loue une Pièce il faut dire pourquoi, Et tu dois nous donner une raison valable.
Le Chevalier Dorante
Par plus de vingt raisons je la trouve admirable.
Clitie
Par plus de trente.
Damis
Écoute, on te croit si tu veux, Mais de tant de raisons j'en dirais une, ou deux.
Le Chevalier Dorante
Te dirai-je pourquoi je la trouve admirable, Parce que cette Pièce est admirable.
Le Comte
Diable ! Ta raison est bonne.
Clitie
Ah !
La Marquise Oriane
J'allais le dire aussi.
Le Chevalier Dorante
Il s'en faut rapporter à Monsieur que voici, C'est un Auteur.
Scène 6
Le Chevalier Dorante, Amarante, Lisidor, Damis, Le Comte, Clitie, La Marquise Oriane
Le Chevalier Dorante
Mon cher, pour contenter ces Dames Donnez-nous votre avis sur L'École des Femmes : Vous verrez si la Pièce a pour lui des appâts.
Amarante
Oui, jugez-en.
Lisidor
Madame, on ne m'en croirait pas ; Et puis, d'en bien juger je ne suis pas capable.
Damis
Ah, Monsieur Lisidor vous êtes un fin Diable, Au succès de l'Auteur vous prenez trop de part.
Amarante
Point, Monsieur Lisidor est un homme sans fard. J'en croirai bonnement ce qu'il en voudra dire. On déteste sa Pièce, et chacun la déchire ; Pour moi qui n'y vois rien que de bien assorti Contre tous ces Messieurs je soutiens son parti. Ils ont beau l'abhorrer je la trouve admirable.
Lisidor
Votre parti, Madame est le plus raisonnable. Ce que vous soutenez tout Paris le soutient.
Le Chevalier Dorante
Bon, ma foi, c'est bien fait la Connaisseuse en tient.
Le Comte
Comme tu dis, bon.
Clitie
Bon.
Amarante
J'en parais peu marrie.
Le Chevalier Dorante
Il vous vient de payer de votre raillerie. Le Seigneur Lisidor est un homme d'esprit.
Damis
Mais Monsieur Lisidor doit prouver ce qu'il dit.
Amarante
S'il l'a fait trouver bonne il sera fort habile.
Lisidor
En vérité, Madame, il n'est rien si facile. Jamais scène plaisante eût-elle tant d'appâts Que la Scène d'Arnolphe à qui l'on n'ouvre pas ? N'a-t-on pas pour Alain une estime secrète Quand pour ouvrir la porte il appelle Georgette ?
Le Chevalier Dorante
Ah, ah, ah.
Le Comte
Quel Compère !
Le Chevalier Dorante
Il entend son métier.
La Marquise Oriane
À miracle.
Clitie
À merveille.
Amarante
Il faut...
Le Chevalier Dorante
Point de quartier, Allons, Allons.
Lisidor
Ensuite, Est-il rien qui ne plaise Dans ce que dit Arnolphe à la fille niaise ? Rien de plus innocent se peut-il faire voir ? Il arrive des champs, et désire savoir Si durant son absence elle s'est bien portée ; « Hors les Puces la nuit qui m'ont inquiétée » Répond Agnès. Voyez ce qu'elle adresse à l'auteur, Comme il sait finement réveiller l'auditeur. De peur que le sommeil ne s'en rendît le maître Jamais plus à propos vit-on puces paraître ? D'aucun trait plus galant se peut-on souvenir ? Et ne dormait-on pas qu'il n'en eût fait venir ?
Le Chevalier Dorante
Tudieu !
Le Comte
C'est raisonner.
La Marquise Oriane
Divinement.
Clitie
Courage.
Le Chevalier Dorante
Diable ! Qu'un tel ami fait valoir un ouvrage !
Le Comte
Je t'en réponds.
Lisidor
Le Grès, n'est-il pas étonnant ? Voit-on rien de si preste, et de si surprenant ? Aucun des auditeurs osait-il se promettre Qu'Agnès sût seulement ce que c'est qu'une lettre ? Et pour la lettre seule où l'on voit tant d'amour Faut-il pas que l'auteur ait rêvé plus d'un jour ? Cependant dans une heure une innocente extrême La compose, l'écrit, et la rend elle-même, Quoi qu'Arnolphe l'éclaire avec un oeil perçant ; Un pareil procédé n'est-il pas innocent ? Lui voit-on démentir son niais caractère ?
Le Chevalier Dorante
Oh, oh, Comte !
Le Comte
La peste !
La Marquise Oriane
On ne saurait mieux faire.
Clitie
Je le crois.
Damis
Mais Dorante il pouvait s'affranchir...
Le Chevalier Dorante
Hé Baron !
Damis
Si...
Le Chevalier Dorante
Ma foi, tu ne fais que blanchir. Près d'un homme si docte on fait mieux de se taire.
Lisidor
Est-il rien de si beau que l'endroit du Notaire ? Et cet endroit charmant qu'on a tant admiré Avec tout l'Art possible est-il pas digéré ? Le petit Dialogue est d'une adresse extrême ; Car ce que dit Arnolphe il le dit en lui-même, Et les moins délicats sont d'accord de ce point Qu'on ne peut pas répondre à ce qu'on n'entend point ; Cependant par un jeu dont l'éclat doit surprendre L'un ne veut pas répondre à ce qu'il doit entendre ; Et pour des deux côtés faire voir des appâts. L'autre répond sans peine à ce qu'il n'entend pas.
Le Chevalier Dorante
C'est tout dire.
Le Comte
Fort bien.
Clitie
Vivat.
La Marquise Oriane
Il extasie.
Le Chevalier Dorante
Le Seigneur Lisidor comme il se mortifie.
Amarante
Je pourrais lui répondre, et je crois entre nous...
Le Chevalier Dorante
Dieu me damne, Madame, il en sait plus que vous, Des raisons qu'il vous dit nulle n'est contestable.
Lisidor
Enfin le dénouement n'est-il pas admirable ! Le voyage d'Oronte est-il pas assuré ? Et le retour d'Enrique est-il pas préparé ? Vous m'allez alléguer que touchant cet Enrique On le tire aux cheveux pour quitter l'Amérique ; Et que durant la Pièce en aucun des endrets On ne s'aperçoit point qu'il soit père d'Agnès ; Mais il n'est point d'auteurs dont la plume m'apprenne Que dans ce qu'on attend il n'est rien qui surprenne ; Au contraire on croit beau ce qu'on trouve étonnant ; Et ce qu'on n'attend pas est toujours surprenant.
Le Chevalier Dorante
De s'en mieux démêler je dépite le Diable.
Le Comte
Répondez, Madame.
Le Chevalier Dorante
Elle ! Il est insurmontable.
La Marquise Oriane
Il oublie un endroit effroyablement bon Où l'on parle d'Agnès qui joue au Corbillon ; Pour moi quand je l'ouis mon plaisir fut extrême.
Le Chevalier Dorante
Vous verrez sur ma foi, que c'est « Tarte à la crème ».
La Marquise Oriane
Oui, c'est « Tarte à la crème », et je l'aime d'amour.
Le Comte
Parbleu « Tarte à la crème » a fait bruit à la Cour.
Le Chevalier Dorante
Pour moi, je ne vois rien qui me charme de même.
Amarante
Qu'y trouvez-vous de beau ?
Le Chevalier Dorante
Moi ? Rien. « Tarte à la crème » Madame.
Amarante
Il faut répondre, et je voudrais du moins Que de bonnes raisons appuyassent mes soins, Car enfin pour l'auteur votre zèle est extrême.
Le Chevalier Dorante
« Tarte à la crème ».
Damis
Ami, tu dois...
Le Chevalier Dorante
« Tarte à la crème » Ami.
Amarante
Quoi qu'il en pense il nous doit être égal, Il aime trop l'auteur pour en dire du mal.
Le Chevalier Dorante
Je soutiens, sans l'aimer, quoi que l'envie oppose Que sa Pièce tragique est une belle chose.
Amarante
Sa Pièce tragique ?
Le Chevalier Dorante
Oui.
Le Comte
Sa pièce tragique ?
Le Chevalier Dorante
Oui.
Amarante
Je n'ai jamais rien vu de tragique de lui.
Le Comte
Ni moi.
Lisidor
Ni moi.
La Marquise Oriane
Ni moi.
Le Chevalier Dorante
Qu'est-ce qu'il représente ?
Amarante
Nommez-vous Tragédie une pièce plaisante ?
Damis
Tu te moques de nous, Chevalier.
Le Chevalier Dorante
Pourquoi ?
Damis
Bon ; Appelle-t-on tragique un poème bouffon ?
Le Chevalier Dorante
Vous blâmez justement ce qu'il faut qu'on admire, Quoi, Morbleu du tragique où l'on crève de rire, C'est cela qu'on appelle un mélange d'appas.
Amarante
Mais le tragique est noble, et n'a rien de si bas.
Le Chevalier Dorante
Mais je sais le Théâtre, et j'en lis la Pratique ; Quand la scène est sanglante une pièce est tragique.
Le Comte
Oui.
Lisidor
Sans doute.
La Marquise Oriane
Il est vrai.
Damis
Sans contredit.
Amarante
D'accord.
Le Chevalier Dorante
Dans celle que je dis, « Le petit Chat est mort ».
Le Comte
C'est le bien prendre !
Lisidor
Oh, oh !
La Marquise Oriane
Sa remarque est certaine.
Damis
Quoi ? Le trépas d'un chat ensanglante la scène ?
Amarante
Dans une tragédie un Prince meurt, un Roi.
Le Chevalier Dorante
« Nous sommes tous mortels, et chacun est pour soi », Et je tiens qu'une pièce est également bonne. Quand un matou trépasse, ou quelque autre personne.
Le Comte
Tu sais le théâtre !
Lisidor
Oui.
La Marquise Oriane
Son langage est profond.
Damis
Mais...
Le Comte
Mais réponds, réponds, réponds, réponds, réponds.
Damis
Quoi...
Le Comte
Réponds donc Baron.
Damis
Tu penses me confondre, Et tu crois...
Le Comte
Par ma foi, tu ne saurais répondre.
Damis
Je ne le puis de vrai tant que tu parleras, Mais enfin si...
Le Comte
Ma foi, si tant que tu voudras. Sa raison...
Amarante
Sa raison est aisée à combattre.
Le Chevalier Dorante
Il est vrai que l'auteur n'entend pas le théâtre.
Amarante
Mais ce n'est pas l'entendre, après tout.
Le Chevalier Dorante
Oh que non ; Quand un homme en burlesque a su faire un sermon, Il me semble pourtant qu'on n'est pas malhabile ; L'Auteur prend l'agréable, et le joint à l'utile ; À ce que veut le peuple il se rend complaisant ; Et le force de rire en le catéchisant.
Le Comte
Tudieu ! Tu l'entends.
Lisidor
Oh.
Damis
Tu n'as rien dit qui vaille.
Le Chevalier Dorante
Pourquoi Baron ?
Amarante
Pourquoi ? Retournons la médaille. Outre qu'un Satirique est un homme suspect, Au seul mot de Sermon nous devons du respect : C'est une vérité qu'on ne peut contredire ; Un Sermon touche l'âme, et jamais ne fait rire ; De qui croit le contraire on se doit défier ; Et qui veut qu'on en rie en a ri le premier.
Le Comte
C'est mal répondre !
Lisidor
Puth.
Le Chevalier Dorante
Pitoyable critique !
Damis
Dites donc ce que c'est que d'être satirique ?
Le Chevalier Dorante
Que d'être Satirique ?
Damis
Oui.
Le Chevalier Dorante
C'est satiriser.
Amarante
Oui, mais satiriser c'est railler ; mépriser ; Ainsi pour l'obliger quoi que vous puissiez dire, Votre ami du Sermon nous a fait la Satire ; Et de quelque façon que le sens en soit pris, Pour ce que l'on respecte on n'a point de mépris.
Le Comte
Bagatelle !
Damis
Mais Comte, après tout je m'engage...
Le Comte
Je serais bien fâché de t'ouïr davantage, Tu m'as trop fatigué par tes sottes raisons.
Amarante
Il ne peut rien répondre à ce que nous disons ; Mais Dorante sait bien qu'on ne peut mettre en doute.
Le Chevalier Dorante
Moi ; Je n'écoute pas si le Comte n'écoute.
Damis
Tu sais...
Le Comte
Je n'entends pas.
Amarante
Je crois...
Le Chevalier Dorante
Ni moi non plus.
Damis
Mais...
Le Comte
La, la, la, la, la, lare, la, la, la, la, la, la.
Amarante
Quoi...
Le Chevalier Dorante
La, la, la, la, lare, la, la, la, la, la, la.
Damis
Si...
Le Comte
La, la, la, la, la, lare, la, la, la, la, la, la, la, la.
Amarante
Vous...
Le Chevalier Dorante
La, la, la, lare, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la.
Damis
Ma foi vous me rendez confus.
Amarante
Pour moi, je les écoute, et je les étudie, Car il faut de ceci faire une Comédie ; Je crois que dans son genre elle aurait ses appâts.
Le Chevalier Dorante
À ce dessein, ma foi, je ne m'oppose pas, Car je sais que mon rôle y serait raisonnable.
La Marquise Oriane
Le mien y serait court, mais assez agréable.
Lisidor
Et le mien, ce me semble y serait assez bon.
À Amarante.
Le Comte
Pour Damis, à merveille il ferait le bouffon, La Sottise en sa bouche est placée en son centre. Vous savez composer, travaillez-y.
Amarante
Moi ? Diantre, Je n'ai garde.
Le Chevalier Dorante
Et qui donc, la fera comme il faut ?
Amarante
Un garçon que je sais qu'on appelle Boursault...
Le Comte
Je le connais, Pécore.
Damis
Il est bien chez la Muse.
Le Comte
Il s'amuse à la Muse, et la Muse l'amuse.
Amarante
Mais les vers de Boursault sont assez bien choisis.
Le Comte
Je le soutiens, Madame, un Butor parisis, Une grosse pécore, une pure mazette.
Damis
Mais où la jouerait-on quand Boursault l'aurait faite ?
Amarante
À l'Hôtel de Bourgogne, où les plus délicats...
Le Chevalier Dorante
Ah, Je vous promets bien qu'on ne l'y jouera pas : Le Critique est à craindre, on a peur qu'il n'éclate, Et l'Hôtel de Bourgogne a passé sous sa patte. S'ils étaient avisés de vouloir le bourrer, Où les pauvres acteurs pourraient-ils se fourrer ? Toute la Normandie a-t-elle assez de pommes Pour jeter à la tête à ces malheureux hommes ? Ils ne le feront pas, je te le dis encor, Dieu me damne.
Damis
Écoutez, je connais Floridor, Je prendrai son avis si cela se peut faire, Et je vous l'enverrai s'il vous est nécessaire. Un petit dénouement est utile à cela, Que faire ?
Scène 8
Petit-Jean, Amarante
Petit-Jean
On a servi, Madame.
Amarante
Le voilà, Je le donne à l'épreuve au plus grand Satirique, C'est de cette façon que finit la Critique, Et les plus dégoûtés trouveront des appâts Quand après du comique ils auront un repas.