Proverbe · 1783

Le bossu

de Louis de Carmontelle

Représentation
≈ 19 min
Distribution
2 femmes, 2 hommes
Répliques
137
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Président N 62 ≈ 10 min 7
Madame de Saint-Clair F 25 ≈ 3 min 3
Madame de Mouson F 22 ≈ 3 min 3
Monsieur de Pirmont H 20 ≈ 2 min 2
Tourangeau H 8 ≈ 1 min 4
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Le Bossu
Président
Madame de Saint-Clair absentabsentabsentabsent
Madame de Mouson absentabsentabsentabsent
Monsieur de Pirmont absentabsentabsentabsentabsent
Tourangeau absentabsentabsent
PDF

Le Bossu

Scène 1

Tourangeau, Président

Tourangeau

Il y a un monsieur qui a envoyé savoir si vous étiez chez vous, Monsieur le Chevalier.

Président

Monsieur le Chevalier ! Comment, depuis que nous sommes ici, tu ne peux t'accoutumer à dire Monsieur le Président ?

Tourangeau

Je vous demande pardon, Monsieur le Président : c'est que lorsque nous sommes seuls, je n'y pense jamais; mais devant le monde vous savez bien....

Président

Allons, c'est bon. Qu'est-ce que c'est que ce monsieur.

Tourangeau

C'est un officier, à ce qu'on m'a dit.

Président

Je parie que c'est Pirmont.

Tourangeau

Pirmont ? Oui, c'est comme cela qu'on l'a nommé.

Président

Il faut le laisser entrer.

Tourangeau

J'entends quelqu'un ; c'est peut-être lui.

Président

Sors ; c'est lui-même.

Scène 2

Président, Monsieur de Pirmont

Président

Monsieur, donnez-vous donc la peine d'entrer.

Monsieur de Pirmont

Monsieur le Président, vous serez sans doute étonné de ma visite ; mais j'ai été si surpris hier à l'assemblée, lorsque je vous ai vu, de vous trouver une parfaite ressemblance avec un de mes amis, que je me suis proposé d'avoir l'honneur de vous venir voir ; et plus je vous regarde, plus cette ressemblance augmente.

Président

Vous voulez apparemment parler de mon frère le Chevalier. Il est un peu mieux fait que moi pourtant, convenez-en.

Monsieur de Pirmont

Monsieur....

Président

Et puis il a ses deux yeux, et je ne lui ressemble guère de ce côté-là : mais en quoi je lui ressemble beaucoup, c'est que je vous aime réellement autant qu'il peut vous aimer.

Monsieur de Pirmont

Monsieur, je voudrais fort mériter l'honneur que vous me faites.

Il hausse le bandeau qu'il a sur un oeil.

Président

Il ne faudra pas attendre longtemps pour cela.

Monsieur de Pirmont

Que vois-je ?

Président

C'est moi-même.

Il l'embrasse.

Monsieur de Pirmont

Ah, Chevalier ! Par quelle aventure ?

Il remet son bandeau.

Ils s'asseyent.

Président

Je vais te l'expliquer. Asseyons-nous.

Monsieur de Pirmont

Je ne comprends rien à cette mascarade !... Pourquoi cette bosse aussi ?

Président

À présent ce n'est qu'une plaisanterie ; mais c'est une chose très sérieuse qui m'a fait prendre ce parti-là. J'ai eu une affaire avec un homme que j'ai dangereusement blessé : comme il se porte mieux, tout est fini. Dans le premier moment j'ai craint qu'il ne mourût, et j'ai voulu me mettre en sûreté. J'ai un frère qui se nomme le Président de Rouvigny, qui est bossu et borgne, et qui voyage en Italie. J'ai pris le parti de prendre son nom et sa tournure, et de venir ici. Tu sais que Lyon rassemble la meilleure compagnie ; j'y ai mené la vie la plus agréable depuis que j'y suis, et sans la moindre inquiétude.

Monsieur de Pirmont

Mais puisque ton affaire est arrangée, pourquoi ne pas reprendre ta forme ordinaire, et ne pas retourner à Paris ?

Président

Tu ne croiras pas que, fait comme me voilà, j'ai fait deux conquêtes ici.

Monsieur de Pirmont

Bon !

Président

Mais de tout ce qu'il y a de mieux. Ce sont deux veuves fort riches.

Monsieur de Pirmont

Que tu trompes peut-être ?

Président

Pas toutes les deux ; mais une d'elles, pour venger l'autre.

Monsieur de Pirmont

Est-ce celle auprès de qui tu étais hier ?

Président

Oui, Madame de Saint-Clair, que je ne peux pas souffrir.

Monsieur de Pirmont

Tu as raison : malgré sa beauté, c'est une femme odieuse ; elle est vaine, orgueilleuse, présomptueuse....

Président

Méprisante, dédaigneuse, insoutenable ! Pour Madame de Mouson....

Monsieur de Pirmont

C'est une femme comme il y en a peu ; elle n'emprunte aucun art pour se faire aimer ; elle enchante par une noble simplicité ; tout attire vers elle, et elle inspire une heureuse confiance : sans oser espérer d'en être aimé, on désire de lui plaire. Le charme qu'elle répand sur tout ce qui l'environne, surpasse même ce qu'on appelle bonheur avec une autre. Si c'est elle que tu veux venger, tu as bien raison.

Président

Elle-même. Tout bossu et borgne que j'étais forcé de paraître, j'essayai de lui plaire, et j'y réussis au point que je fus préféré à tous ceux qui s'empressaient autour d'elle. Cela m'y attacha encore plus fortement : je lui proposai de l'épouser, et elle y consentit.

Monsieur de Pirmont

Mais il n'y a pas de bonheur pareil au tien.

Président

Je n'en conçois pas de plus grand. Madame de Saint-Clair, rivale en beauté de Madame de Mouson, fit des plaisanteries très amères sur son goût pour moi ; je fus un peu inquiet que cela ne la détachât.

Monsieur de Pirmont

Il fallait te montrer tel que tu es.

Président

Je voulus pousser cela plus loin, et j'eus de quoi être content ; car Madame de Mouson me dit les propos que Madame de Saint-Clair avait tenus sur son choix, mais que cela n'était pas étonnant de sa part, que c'était plutôt la figure qui la déterminait que le mérite personnel. Je fus enchanté de la façon de penser de Madame de Mouson sur moi ; et dans la joie où j'étais...

Monsieur de Pirmont

Tu lui fis voir que tu ne méritais pas les plaisanteries de Madame de Saint-Clair ?

Président

Point du tout ; je formai le projet de l'en faire repentir.

Monsieur de Pirmont

Et comment ?

Président

En la rendant amoureuse de moi.

Monsieur de Pirmont

J'aime cela tout-à-fait ; je voudrais que tu eusses réussi.

Président

On ne peut pas plus. Mais j'entends Madame de Mouson : viens souper ici ce soir, et tu seras témoin de la vengeance que j'ai imaginée. Elles y souperont toutes les deux.

Monsieur de Pirmont

Je vais faire une visite, et je reviens tout de suite.

Scène 3

Tourangeau, Président, Madame de Mouson

Tourangeau

Madame de Mouson.

Président

Ah, Madame, il est bien honnête à vous d'arriver de si bonne heure !

Madame de Mouson

Honnête ! Ce n'est pas là le mot, Président, convenez-en. Vous savez le plaisir que j'ai à être avec vous.

Président

Madame, il ne peut pas surpasser le mien, je vous le jure. Si vous pouviez concevoir le bonheur que je goûte en vous aimant, cette sorte d'admiration que j'ai pour moi, d'avoir pu toucher un coeur comme le vôtre ! Réellement vous finirez par me rendre d'un amour-propre excessif.

Madame de Mouson

Vous en dites autant peut-être à madame de Saint- Clair.

Président

Sûrement ; j'étudie auprès de vous tout ce que je dois lui dire, et elle n'imagine pas que c'est à vous qu'elle le doit.

Madame de Mouson

Mais elle est fort jolie, et je ne serais pas surprise qu'à la fin elle ne parvint à vous plaire réellement.

Président

Cela ferait honneur à mon goût, à ma façon de penser, surtout après la comparaison que je dois faire de vous à elle. Quelle différence ! Que son âme est loin de ressembler à la vôtre ! Quel esprit que le sien ! En vérité, il n'y a que le désir de vous venger qui puisse me faire supporter l'excès d'ennui et de dégoût qu'elle m'inspire.

Madame de Mouson

Vous le dites, et je le dois croire ; mais je n'aime point ce désir que vous avez de me venger. Je vous l'ai déjà dit : que m'importe ce qu'elle a pu dire et penser ? Était-elle faite pour sentir tout ce que vous valez ? Tenez, Président, c'est plus votre amour-propre que ma gloire que vous voulez satisfaire.

Président

S'il n'était question que de mon amour-propre, la manière dont elle l'a attaqué m'inquiéterait peu ; je ne tiens pas beaucoup aux défauts qu'elle m'a reprochés.

Madame de Mouson

Eh bien, en voilà assez. Mandez-lui tout simplement que vous êtes revenu à moi, et que je vais vous épouser. Si elle vous aime, elle sera assez punie par le regret de vous perdre.

Président

Oui, mais elle ne conviendrait pas qu'elle m'a aimé, et je veux que tout le monde le sache.

Madame de Mouson

Vous dites qu'elle consent à vous épouser.

Président

Il est vrai.

Madame de Mouson

Que voulez-vous de plus ?

Président

Elle veut que nous partions secrètement pour sa terre de Saint-Clair, pour aller nous y marier, et ne revenir que quand elle croira qu'on ne parlera plus de ce mariage ; moi, je n'aime pas le mystère avec elle, je veux que mon triomphe éclate.

Madame de Mouson

Allons, vous êtes fou. Finissez cette plaisanterie-là.

Président

Dès ce soir même.

Madame de Mouson

Comment ?

Président

Elle vient souper ici avec vous.

Madame de Mouson

Quel est votre projet ?

Président

Puisque vous êtes arrivée avant elle, il faut que vous vous cachiez ; sûrement elle va venir. Entrez dans ce cabinet, et vous n'en sortirez que quand vous le jugerez à propos. Vous me ferez des reproches de vous avoir sacrifiée à elle ; je ferai l'étonné de l'excès de jalousie que vous montrerez ; elle sera enchantée de triompher devant vous, et je me charge du reste.

Madame de Mouson

À quoi cela sera-t-il bon ?

Président

À l'humilier, et peut- être à la corriger.

Madame de Mouson

Vous ne la corrigerez point ; et je me suis bien des fois repentie de la lettre que vous avez exigée de moi, pour la faire tomber dans le piège que vous vouliez lui tendre. Il n'y a peut-être jamais eu que vous qui ait désiré de celle qu'il aime, qu'elle lui écrive qu'elle ne l'aime plus.

Président

Cela a bien réussi. J'entends quelqu'un ; sauvez-vous dans le cabinet.

Elle entre dans le cabinet.

Madame de Mouson

Avouez que vous me faites faire tout ce que vous voulez.

Scène 4

Tourangeau, Madame de Saint-Clair, Président

Tourangeau

Madame de Saint-Clair.

Madame de Saint-Clair

En vérité, Président, il faut que je vous aime beaucoup, pour venir ici aujourd'hui.

Président

Quand ce ne serait que pour me charmer de nouveau par cette assurance...

Madame de Saint-Clair

Sans votre souper, je ne serais pas sortie, Président ; mais je vous avoue que j'ai tout espéré du plaisir de me trouver chez vous.

Président

Vous me comblez de joie ! Et je ne sais pas de quoi vous pouvez vous plaindre ; car en honneur vous n'avez jamais été si belle : vos yeux....

Madame de Saint-Clair

Ne les regardez pas, Président.

Président

Que je me refuse au plaisir d'y lire mon bonheur ? Ah ! Je ne me traiterai jamais avec tant de cruauté.

Madame de Saint-Clair

Il semble que vous m'aimiez réellement.

Président

Comment réellement ? Qui pourrait vous en faire douter un instant ? Vous m'alarmez.

Madame de Saint-Clair

Je ne sais, je crains que vous ne vous trompiez vous-même : de plus, vous revoyez Madame de Mouson. Elle a bien des charmes, Président. C'est une personne d'un si grand mérite ; elle en avait tant découvert en vous : les hommes sont flattés de cela, c'est tout simple ; et puis elle a tant de grâces, un peu gauches à la vérité ; mais vous autres, vous ne distinguez pas tout cela.

Président

Tout ce qui peut charmer en vous m'a-t-il échappé ?

Madame de Saint-Clair

Ah ! Point de comparaison, s'il vous plaît ; je craindrais trop d'être anéantie devant elle. C'est une bonne petite femme : je l'ai aimée autrefois.

Président

C'est dans ce temps-là que vous avez blâmé son goût pour moi.

Madame de Saint-Clair

Ah ! Ne parlons plus de cela ; je me fais horreur à moi-même de vous avoir si mal connu. Je me suis fait justice depuis, en vous disant qu'elle n'était pas digne de vous ; et je vous l'ai prouvé, je crois, en vous aimant.

Président

J'en suis pénétré de reconnaissance. Elle a été piquée que je vous préférasse.

Madame de Saint-Clair

Oui, elle a eu la sottise de vous écrire qu'elle ne vous aimait plus. Je vous avoue que celui-là m'a charmé.

Président

C'était une noirceur que vous m'aviez faite là, d'avoir ridiculisé son goût pour moi.

Madame de Saint-Clair

Je vous l'ai dit, si je ne vous avais pas déjà aimé, ce qu'elle peut faire m'importe-t-il assez pour devoir m'en occuper ?

Président

Oui, mais la manière dont vous vous êtes récriée partout, n'annonçait rien qui me fût favorable ; vous aviez même fait penser comme vous la plupart des femmes de Lyon. Puisque vous m'aimez, la réparation ne doit rien vous coûter.

Madame de Saint-Clair

Mais je vous épouse, Président, que voulez-vous de plus ?

Président

Que ce ne soit pas dans votre terre ; que ce soit ici, aux yeux de toute la ville.

Madame de Saint-Clair

C'est une folie que cette prétention-là. D'ailleurs la représentation me déplaît à mourir.

Président

Vous n'êtes pas accoutumée au monde ?

Madame de Saint-Clair

Ce n'est pas cela, mais.....

Président

Mais, c'est que vous rougissez de votre choix, après le langage que vous avez tenu.

Madame de Saint-Clair

Quelle idée !

Président

Mais pourquoi ne pas déclarer ce mariage ? Si vous ne voulez pas qu'il se fasse ici, je vous suivrai partout où vous voudrez.

Madame de Saint-Clair

Si vous voulez que je vous en dise la véritable raison, c'est que je promis, à la mort de mon mari, de ne jamais me remarier. Il est vrai que je n'étais qu'un enfant.

Président

On connaît la valeur de ces promesses -là, et elles ne doivent point vous arrêter.

Madame de Saint-Clair

Rien ne peut vaincre ma répugnance là-dessus.

Scène 5

Tourangeau, Madame de Saint-Clair, Président

Tourangeau

Monsieur de Pirmont.

Madame de Saint-Clair

Quoi ! Vous connaissez Monsieur de Pirmont?

Président

Il est mon ami depuis longtemps ; je n'ai point de secrets pour lui, Madame ; consentez que je lui apprenne mon bonheur.

Madame de Saint-Clair

Puisqu'il est de vos amis, il partagera sûrement notre satisfaction. Oui, monsieur, j'épouse le Président ; mais j'exige de vous de n'en point parler encore.

Scène 6

Madame de Mouson, Madame de Saint-Clair, Monsieur de Pirmont, Président

Madame de Mouson

Pour moi, Madame, qui ne suis point dans le secret, j'espère que vous ne trouverez pas extraordinaire que j'apprenne à tout le monde qu'après avoir si hautement blâmé mon goût pour le Président, vous vouliez bien l'épouser pour réparer vos torts.

Madame de Saint-Clair

Quoi, Madame ?....

Madame de Mouson

J'ai tout entendu, et vos projets, et tout ce que vous avez dit de moi ; et comme je ne veux pas que votre façon de penser sur mon compte soit un secret non plus, je vais l'apprendre à tout le monde, ainsi que votre mariage.

Monsieur de Pirmont

Mesdames, si vous voulez passer dans le salon, il y a déjà nombreuse compagnie, à qui vous ferez sûrement le plus grand plaisir.

Madame de Saint-Clair

Eh bien, madame, je vais y aller. Quelque chose que vous disiez, mon sort vous fait envie, puisque la jalousie vous a portée à nous écouter ; et le choix d'une femme aussi parfaite que vous, ne peut que me faire honneur : il vous en restera toujours la gloire de m'avoir éclairée sur ce que vaut le Président. Oui, madame, je l'épouse; je vous l'apprends, et j'en recevrai vos compliments avec la plus grande satisfaction.

Président

Voilà tout ce que je voulais.

Madame de Mouson

Vous jouissez de tout votre triomphe ; mais du moins vous ne blâmerez plus l'amour qu'il m'a inspiré.

Madame de Saint-Clair

Non, madame ; je vous promets de n'en plus parler.

Madame de Mouson

Président, passons dans le salon.

Président

Non, madame; il faut savoir auparavant si Madame de Saint-Clair voudra souper ici.

Madame de Saint-Clair

Oui, oui, Président, tous mes scrupules sont levés.

Président

Les miens ne le sont pas tout-à-fait. Je vous ai fait une trahison abominable, j'en conviens ; mais vous m'aviez traité avec trop de mépris. J'ai voulu vous prouver que j'étais plus digne que vous ne pensiez, d'être aimé d'une honnête femme ; et après vous avoir tout avoué, je dois vous apprendre aussi que ce n'est que Madame de Mouson pour qui je puisse vivre, et que je l'épouse.

Madame de Saint-Clair

Quoi ! Monstre....

Il ôte son bandeau, et fait disparaître sa bosse.

Président

J'ai pu vous le paraître jusqu'à présent ; mais je vais me montrer tel que je suis.

Madame de Saint-Clair

Que vois-je !....

Madame de Mouson

Est-il bien possible !....

Président

Oui, Madame, je ne suis point le Président de Rouvigny ; mais son frère, le chevalier de la Millière, l'ami de Pirmont, qu'une affaire d'honneur avait fait cacher sous le nom du Président.

Madame de Mouson

Et vous m'avez laissé ignorer tout cela ? Ah, Chevalier !...

Président

Je voulais vous venger de madame, avant de vous rien apprendre, afin que vous ne puissiez pas l'empêcher : ce que vous auriez sûrement fait, si vous aviez tout su.

Madame de Saint-Clair

Monsieur de Pirmont, donnez-moi la main, je vous prie.

Président

Quoi, Madame, vous ne soupez pas ici ?

Elle s'en va.

Madame de Saint-Clair

Je ne veux les revoir de ma vie.

Président

Pirmont, tu reviendras ?

Monsieur de Pirmont

Sûrement.

Scène 7

Madame de Mouson, Président

Madame de Mouson

Je voudrais pouvoir cacher cette aventure à tout le monde.

Président

Vous êtes trop bonne, Madame.

Madame de Mouson

Ne paraissez encore aujourd'hui qu'en Président de Rouvigny.

Président

Je ne le puis ; je veux avoir le plaisir de voir approuver votre choix hautement, et ne plus vous exposer à trouver encore une Madame de Saint-Clair.

Madame de Mouson

Ah ! Chevalier, je n'avais pas besoin de vous voir mieux que vous n'étiez, pour vous aimer toujours.

Président

C'est ce qui fera que toute ma vie vous ne me verrez occupé que de ma reconnaissance et de mon bonheur.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

Du même auteur

Apprendre ce rôle pour de vrai ? Dans l’app Réplique, les autres personnages te donnent la réplique, et l’app te fait retrouver ton texte jusqu’à ce que tu le saches.