Proverbe · 1889

Le carnaval du Baron de Papaver

de P. G.

Représentation
≈ 18 min
Distribution
2 femmes, 2 hommes
Répliques
118
Écriture
En vers
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Le Baron de Papaver H 56 ≈ 11 min 10
Titine F 23 ≈ 3 min 4
Le Chevalier Pierrot F 27 ≈ 3 min 5
Le Magister H 11 ≈ 1 min 2
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Le Carnaval du Baron de Papayer
Le Baron de Papaver
Titine absentabsentabsentabsentabsentabsent
Le Chevalier Pierrot absentabsentabsentabsentabsent
Le Magister absentabsentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
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Le Carnaval du Baron de Papayer

Scène 1

Le Baron de Papaver

Le Baron de Papaver

Parbleu, c'est évident, il se moque de moi, Mon vieil ami, le Marquis de Gaudoi. Loin d'admirer une sagesse austère Qui m'a fait délaisser la Cour pour cette terre, Il voit, raillant mon changement de goût, Non pas un philosophe en moi, mais un grigou. L'âge a passé, Marquis, sur nos folles ripailles Et je suis revenu des plaisirs de Versailles. Cette lettre, pourtant, trouble un peu mon repos, Car, on a beau se mettre au-dessus des propos, On n'aime pas, à juste titre, Aux yeux des gens d'esprit à passer pour une huître. Ici, que manque-t-il à mon ambition ? Rien ; rien, sinon peut-être a ma distraction Quelque variété. Parfois, c'est vrai, ma vie Me semble bien avoir quelque monotonie. J'allais hier pêcher et je chasse aujourd'hui Le lièvre ou le canard, mais pas toujours l'ennui. Du Baron Papaver faut-il que l'on suppose Que dans l'isolement le cerveau s'ankylose ? Non, morbleu, non, je veux prouver Que dans son propre fonds, partout, on peut trouver Tout ce qu'il faut pour charmer l'existence. Qu'ai-je besoin de l'assistance D'un tas de fats ? Sans eux, dans ce séjour. Ne puis-je transporter les plaisirs de la Cour ? Vraiment, c'est une idée. Il faut que je la mette En exécution sans plus tarder. - Fanchette ?

Scène 2

Le Baron de Papaver, Le Chevalier Pierrot

Le Baron de Papaver

Ma fille, écoute ici : nous allons, dès ce soir, Transformer, vois-tu bien, ce paisible manoir En un lieu de splendeurs, de joie et de délices, Cours chez la mère Epi, rafle les pains d'épices, Chandelles, ratafia, galette, tout enfin, Ce que dans sa boutique on trouve de plus fin ; Que Jean monte à cheval pour porter ce message Au galop, de ma part, à tout le voisinage : « Château de Papaver, ce soir, grand festival ! »

Le Chevalier Pierrot

Mais nous ne sommes pas encore en carnaval.

Le Baron de Papaver

N'importe, j'anticipe, il est de toute urgence Qu'ici l'on rie, on s'amuse et qu'on danse. Je ne puis t'expliquer tous mes desseins profonds ; Mais, autrement, je me morfonds. Un jour de plus et c'est fait de ma tête. Tu vas aller inviter à la fête, Au bal masqué, magique étourdissant...

Le Chevalier Pierrot

Un bal masqué !

Le Baron de Papaver

Ce sera ravissant. Le grand bailli, mais il faut qu'il se mette En blanc pierrot ; et puis aussi, Fanchette, Le magister eh asinus dispos, Et le docteur... tiens, en Parque Atropos.

Le Chevalier Pierrot

Après, Dame, il faudra, je vous le dis sans phrase, Aux petites maisons vous chercher une case.

Le Baron de Papaver

Impertinente ! Hélas ! Ton rustique cerveau Ne saurait démêler le subtil écheveau De ces déductions fines et déliées, Dans mon esprit orné même assez embrouillées, Qui m'ont fait adopter ce moyen aujourd'hui Contre l'humour noire et l'ennui.

Le Chevalier Pierrot

Il ne faut pas, car ce serait fâcheux, Tant d'esprit, croyez-moi, Monsieur, pour être heureux.

Le Baron de Papaver

Mon enfant, ta remarque est juste, Mais l'esprit délicat et la nature fruste Ont des besoins différents pour objet. Fais ce que je t'ai dit.

Le Chevalier Pierrot

J'y cours (J'ai mon projet).

Scène 3

Le Baron de Papaver

Le Baron de Papaver

Elle ne manque pas, il faut le reconnaître, D'un certain sens, cette fille champêtre. Mais ne sait rien, dans son étroit séjour, De la ville, ni de la cour. J'en veux, ce soir, aux bonnes gens candides Montrer les agréments splendides. Morbleu ! Leur éblouissement Devra doubler mon divertissement.

Scène 4

Le Magister, Le Baron de Papaver

Le Magister

À Monsieur le baron, mon humble révérence.

Le Baron de Papaver

Ah ! C'est vous, magister, on vous a fait, je pense, Mon message.

Le Magister

Oserai-je, à ce même propos, Respectueusement, adresser quelques mots, Que la philosophie à son vassal inspire ?

Le Baron de Papaver

Que diable voulez-vous donc dire ?

Le Magister

L'idée à Papaver de donner un grand bal Est un dessein original. Aristote y consent, mais Platon le condamne, Épicure l'approuve et Zénon...

Le Baron de Papaver

Est un âne. Que me chantez-vous là ?

Le Magister

Sans indiscrétion, Permettez-moi deux mots de dissertation : Pour passer au concret, sachons d'abord abstraire : Tout homme veut trouver le bonheur sur la terre, Mais sachons distinguer, séparons l'objectif Du pur et simple subjectif.

Le Baron de Papaver

Vous m'assommez, allez donc vous faire laniaire.

Le Magister

Je ne veux pas, Monseigneur, vous déplaire.

Le Baron de Papaver

Eh bien, laissez-moi donc et que votre objectif Soit de faire au plus tôt votre préparatif Pour mon grand bal masqué.

Le Magister

J'ai trop de déférence Pour commettre envers vous la moindre irrévérence, Mais, si vous vouliez bien m'accorder un instant...

Le Baron de Papaver

Pour me rompre la tête.

Le Magister

Hélas ! J'aurais pourtant, Au moyen seulement de quelque syllogisme À l'école emprunté de l'Aristotélisme...

Le Baron de Papaver

Assez !

Le Magister

Le voulez-vous soit en baralipton, Barbara, celarent, ou bien en feiapton ?

Le Baron de Papaver

Allez vous promener, ou bien, jour de ma vie !...

Le Magister

J'y cours. Ô grand succès de la philosophie !

Scène 5

Le Baron de Papaver, Titine

Le Baron de Papaver

Je crois vraiment que ce sot animal Avait dessein de blâmer mon grand bal. Allons tout préparer pour... Mais voilà Titine, La petite fermière ; elle parait chagrine. Qu'as-tu donc, mon enfant, quel air embarrassé ? Explique-toi, voyons, je suis un peu pressé ; Vite, dis-moi ce qui t'amène.

Titine

Ah ! Monsieur le Baron, nous sommes dans la peine.

Le Baron de Papaver

Que vous est-il donc arrivé ?

Titine

Ah ! Notre vache est morte et le cochon crevé. Si vous saviez, notre maître, à cette heure, Comme chez nous on se désole, on pleure ; Si vous voyiez, couchés sur le côté, Ces pauvres animaux, ça vous ferait pitié, Les yeux fermés, la bouche ouverte, C'est trente beaux écus de perte.

Le Baron de Papaver

Va, je te plains. Pour distraire et chasser Ton ennui, viens ce soir danser.

Titine

On n'a guère le coeur, par chez nous, à la joie ; Ma mère dans les pleurs se noie Mon père est abattu depuis qu'on a trouvé La vache morte et le cochon crevé, Si vous voyiez les tristes têtes Des pauvres gens, des pauvres bêtes.

Le Baron de Papaver

Pourrais-je, en les voyant, leur rendre la santé À tes parents, aux bestiaux la gaîté ? Égayer les bestiaux, veux-je dire, au contraire, Et ressusciter... Ah ! Tu m'embrouilles l'affaire.

Titine

Fanchette m'a promis votre compassion. Et m'a dit...

Le Baron de Papaver

Je prends part à votre affliction Et veux la soulager. Tiens, sans tant de paroles, Prends, Titine, ces dix pistoles.

Titine

Merci, merci, notre maître si bon, Pour papa, pour maman, la vache et le cochon. Merci, merci.

Scène 6

Le Baron de Papaver, Le Chevalier Pierrot

Le Baron de Papaver

Vais-je enfin, à loisir Pouvoir songer à mon plaisir ? Te voilà de retour, Fanchette. Bon, ma commission est faite.

Le Chevalier Pierrot

Tout sera prêt, Monsieur, j'ai, chez la mère Epi, Pris tout le pain d'épice et les pommes d'api. Jean est parti porter votre message ; Vous aurez tout le voisinage, Si cela peut vous contenter.

Le Baron de Papaver

Je crois que je n'aurai plus rien à souhaiter.

Le Chevalier Pierrot

J'ai rencontré, bien triste et désolée, La fille à vos fermiers du bas de la vallée. Si vous aviez pu voir ces braves gens...

Le Baron de Papaver

Bon, j'irai leur porter des mots encourageants Un autre jour. Les pleurs de la fillette M'ont un moment troublé, mais c'est affaire faite. Le mal est réparé, préparons le plaisir. Tu feras disposer, sans prendre de loisir, Deux rangs de lampions le long de l'avenue, Pour éclairer les gens et récréer sa vue, Et tu me sortiras du coffre ces habits De beau polichinelle à boutons de rubis. Donne ensuite un coup d'oeil a tout, à la cuisine. Va, fais vite.

Le Chevalier Pierrot

Oui, monsieur.

Scène 7

Le Baron de Papaver, Titine

Le Baron de Papaver

Tiens, revoilà Titine.

Titine

Quel malheur !

Le Baron de Papaver

Je sais bien, tu me l'as déjà dit, La vache, le cochon.

Titine

Oh ! Ce n'est pas fini.

Le Baron de Papaver

La volaille, à son tour, aurait-elle, ma mie, Succombé maintenant à cette épidémie ?

Titine

Ah ! Monsieur, c'est bien pis, et le malheur chez nous À présent est entré tout a fait, voyez-vous.

Le Baron de Papaver

Cela tombe bien mal. Allons, conte-moi vite, Car je suis très pressé, ce que c'est ma petite.

Titine

Mon bon grand-père, à tout il préférait Notre vache défunte et le défunt goret. Il aimait tant et l'une et l'autre bête Que de leur mort il a perdu la tête.

Le Baron de Papaver

Pauvre bonhomme, on sait qu'il contenait Peu de chose déjà, je crois, sous son bonnet.

Titine

Et pour se consoler dans une telle peine, Il s'est mis à vider trois pots sans prendre haleine.

Le Baron de Papaver

Quel avaloir ! Mais qu'importe cela ?

Titine

C'est que, notre maître, voilà, Qu'après il est tombé, j'en suis toute saisie, On dit que c'est dans la paralysie.

Le Baron de Papaver

Bon, voilà ce que c'est de boire sans raison.

Titine

Ah ! Monsieur, le chagrin est dans notre maison, Ma mère est folle et mon père Avec elle se désespère. Si vous pouviez d'un bon avis...

Le Baron de Papaver

Quel contre-temps ! Aujourd'hui je ne puis, Pourtant votre douleur me touche. Tiens, écoute, il faut qu'on le couche Et qu'il boive de l'eau, je le verrai demain.

Titine

Mais il va nous falloir payer le médecin, Les sinapismes, la bourrache, Et nous avons perdu le cochon et la vache.

Le Baron de Papaver

Allons ! Prends ce ducat. Et d'ailleurs tout espoir N'est pas perdu. J'irai demain le voir.

Titine

Oh merci, Monsieur le Baron, Pour grand-papa, la vache et le cochon.

Scène 8

Le Baron de Papaver, Le Chevalier Pierrot

Le Baron de Papaver

Rien qu'avec deux ou trois vassaux de cette espèce Il ne resterait pas grand temps pour la paresse. Comment être insensible aux maux que l'on entend ? Avec quelques écus tout s'arrange pourtant. Allons, à la gaîté ; voyons, si pour ma fête, Selon mes ordres, tout s'apprête.

Le Chevalier Pierrot

Votre costume...

Le Baron de Papaver

As-tu repassé le jabot, Brossé le juste-au-corps, ciré chaque sabot ?

Le Chevalier Pierrot

J'ai tout mis en état. Mais, auprès de la grille, J'ai rencontré Titine, pauvre fille !

Le Baron de Papaver

C'est bon, elle est venue encore me trouver.

Le Chevalier Pierrot

Ah ! Vous savez alors ce qui vient d'arriver.

Le Baron de Papaver

Eh ! oui, te dis-je. - As-tu pris soin qu'on illumine ?

Le Chevalier Pierrot

Les lampions sont posés. - Cette pauvre Titine !... Son grand-père...

Le Baron de Papaver

Je sais, je sais. - La mère Epi A-t-elle, dis-moi, tout fourni ?

Le Chevalier Pierrot

Tout est disposé dans l'office. Hélas ! Ces malheureux, à votre bon service Depuis un si long temps, qu'ils sont donc éprouvés.

Le Baron de Papaver

Je sais les accidents qui leur sont arrivés. J'y compatis. - Et Jean a-t-il fini ses courses ?

Le Chevalier Pierrot

Vos invités viendront. - Les voilà sans ressources, Ils auraient bien besoin de consolation.

Le Baron de Papaver

Ah ça ! Vas-tu finir ta lamentation ? Ils auront une vache, un cochon, le bonhomme Sera soigné, grâce à la somme Que j'ai fournie ; il n'est plus rien d'argent.

Le Chevalier Pierrot

Êtes-vous sûr, Monsieur, qu'avec un peu d'argent On satisfasse à tout ?

Le Baron de Papaver

Eh ! Laisse-moi tranquille, Le temps me manque, il ne m'est pas facile De faire plus pour le moment ; Mais il est temps pour tout.

Le Chevalier Pierrot

Vous dites bien, vraiment.

Le Baron de Papaver

Tu vas voir, tout à l'heure, ici, nous allons rire, Pour dissiper l'ennui rien ne vaut et n'inspire Comme le bal masqué. Dans chaque masque on voit Se révéler plus qu'on ne croit Les penchants et le caractère. Tel croit faire un contraste et dévoile au contraire Le fonds de sa nature. En pierrot s'étant mis, Crois-tu que le bailli figure une Thémis Différente de celle à qui nous voyons presque Rendre plus d'un arrêt fol et carnavalesque ? Crois-tu que le docteur sera mal à propos Muni des grands ciseaux de la parque Atropos ? Et quant au Magister, sa figure de cuistre Sans masque est bien assez comiquement sinistre.

Le Chevalier Pierrot

Oui, ce sera très drôle ; à force de railler, Nous n'aurons plus le temps peut-être de bailler.

Le Baron de Papaver

J'y compte bien ; allons faire notre toilette ; L'heure du bal approche, allons, Fanchette.

Scène 9

Titine, Le Baron de Papaver, Le Chevalier Pierrot

Titine

Au secours, au secours !

Le Baron de Papaver

Comment, encor, toujours ! C'est trop fort.

Titine

Ah ! Monsieur, la ferme anéantie, Et mon pauvre papa noyé dans l'incendie, Ma mère brûlant dans le puits. Au secours !

Le Baron de Papaver

Qu'est-ce que tu dis ? Elle est folle.

Titine

Au secours, au secours !

Le Baron de Papaver

Elle est folle !

Le Chevalier Pierrot

L'affreuse catastrophe embrouille sa parole. On comprend qu'à la ferme un feu vient d'éclater.

Titine

Au secours !

Le Chevalier Pierrot

Du secours, vite, il faut lui porter.

Le Baron de Papaver

Il nous manquait cela. Quelle diable d'affaire ! Mais sa narration n'est pourtant pas bien claire. Voyons, remets-toi donc, qu'on te comprenne enfin.

Titine

Comme je revenais, au bout de mon chemin, J'aperçois tout à coup la flamme Qui dévorait la ferme. Alors, la mort dans l'âme, J'accours et l'on m'apprend, qu'en y puisant de l'eau ; Mon père est tombé dans le puits avec son seau ; Que ma mère, en voulant sauver quelques affaires, S'est brûlée, et mes petits frères, On craint, on tremble pour leurs jours.

Le Chevalier Pierrot

Affreux événement !

Titine

Au secours, au secours !

Le Baron de Papaver

Courons jeter de l'eau.

Titine

Ce n'est plus nécessaire, Tout est fini, détruit.

Le Baron de Papaver

Alors, que faire ? Pourquoi crier tout le temps : au secours ! Puisqu'il n'est plus maintenant de recours ?

Le Chevalier Pierrot

Ah ! Monsieur le Baron, il faut que l'on procure À ces gens un abri, qu'on panse la brûlure De la femme, qu'on cherche et soigne tes petits. Qu'on retire l'homme du puits.

Le Baron de Papaver

C'est juste, allons, que l'on amène vite Au château tous ces gens sans gîte. Fais-y pour eux préparer logements, Nourriture et médicaments. Je vais aussi m'en occuper moi-même Et voir ce qu'il en est de ce désastre extrême.

Titine

Merci de vos bontés. Au secours, au secours !

Le Baron de Papaver

Eh bien ! Ne vois-tu pas, Titine, que j'y cours ?

Le Chevalier Pierrot

Puis, on fera reconstruire la ferme.

Le Baron de Papaver

Ah ! Nous voilà du travail à long terme, Je n'aurai plus le temps de m'ennuyer.

Le Chevalier Pierrot

Sans carnaval.

Le Baron de Papaver

Bon, j'allais oublier Ma soirée, au milieu d'une alerte si vive, Mes invités ; j'entends déjà que l'on arrive. Comment faire ? À quoi diable aussi fus-je songer ? En employant son temps, son coeur et sa richesse, À consoler, à soulager, Autour de soi, le malheur, la tristesse, On ne connaît, je le vois aujourd'hui, Jamais le vide, ni l'ennui.

Scène 10

Le Magister, Le Baron de Papaver, Le Chevalier Pierrot, Tous, Titine

Le Magister

C'est, Monsieur, ce que, tout à l'heure, Du syllogisme dont j'ai posé la majeure...

Le Baron de Papaver

Assez, venez plutôt nous aider tous au val.

Le Chevalier Pierrot

Non, Monsieur, vous pouvez à votre carnaval Vous livrer pour ce soir.

Le Baron de Papaver

Comment, quand l'incendie...

Le Chevalier Pierrot

Je dois vous l'avouer, n'est qu'une comédie. Le grand-papa, la vache, le cochon, Comme le feu dans la maison, Tout cela n'était qu'une feinte. Me pardonnez-vous ?

Le Baron de Papaver

Sois sans crainte, Tu m'as rendu service et les yeux m'as ouvert Va, c'est le dernier bal masqué de Papaver.

Le Chevalier Pierrot

Au moins qu'il soit joyeux, puisqu'ici l'on confesse Qu'il est un temps pour tout, même pour l'allégresse.

Air des Bossus.

Tous

Contenons-en, chaque chose à son temps Et chaque temps aussi ses agréments. Ne mêlons pas l'automne et le printemps, Sachons, suivant tes différents moments, Prendre ce qui contient à chaque temps.

Le Baron de Papaver

À la jeunesse, il faut les ornements, Plaisirs légers et divertissements ; Mais l'âge mûr plus sérieusement Doit réfléchir et ne peut follement Trouver jamais parfait contentement.

Le Chevalier Pierrot

À la cour on divertit brillamment, Quelquefois a la ville méchamment. À la campagne on sait parfaitement Se récréer, s'amuser autrement, Innocemment même et naïvement.

Titine

Un faux bonheur nous attire, inconstants, Si vanité remplit mal nos instants, Mais, a tout âge, en tous lieux, en tous temps, La charité, pour nous rendre contents, Seule, vraiment, a des charmes constants.

Le Magister

Souffrez, Messieurs, qu'a ce dernier moment, Je place enfin un petit argument : Si la majeure en a quelque agrément, La mineure est un divertissement, La conséquence est-elle au baillement ?

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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