Les Deux Pâtés
Scène 1
Varanger
Il entre d'un air distrait et en regardant de tous côtés.
Il s'approche de la table et parcourt le livre sans s'asseoir.
Varanger
Où diantre Dubreuil s'est-il fourré ?... J'aurais dû le trouver ici... Mais qu'est-ce que c'est que ce livre-là ?... C'est à Dubreuil... L'étourdi ! Laisser là son livre !... Si Monsieur Brusquet était entré, il ne l'aurait tenu de longtemps...
Scène 2
Dubreuil, Varanger
Dubreuil
Ah, ah, ah , ah.
Varanger
Te voilà de bonne humeur : Monsieur Brusquet est donc sorti.
Dubreuil
Oui, à l'instant. Ah , ah , ah , ah.
Varanger
Qu'as-tu donc à rire ? Je ne t'ai jamais vu si gai.
Dubreuil
C'est ce pauvre Plumasseau qui nous est arrivé de la semaine dernière... Ah, ah, ah, ah.
Varanger
Eh bien !
Dubreuil
Je viens de le trouver assis sur les marches de l'escalier ; il pleure comme un vrai nigaud. L'originale grimace. Ah, ah, ah, ah.
Varanger
Mais encore, par quelle raison.
Dubreuil
Oh ! La raison ne doit pas nous faire rire, par exemple.
Varanger
Et pourquoi ?
Dubreuil
Voilà notre déjeuner de demain à tous les diables !
Varanger
Comment donc ?
Dubreuil
Ce fameux pâté qui en faisait l'âme, est tombé...
Varanger
Mais explique-moi donc...
Dubreuil
Il n'est rien de plus facile à concevoir. Le père de Plumasseau lui a écrit ; dans sa lettre, il a parlé du pâté, et elle est tombée entre les mains de monsieur Brusquet, cette malheureuse lettre.
Varanger
Mais c'est à Plumasseau que le pâté est adressé.
Dubreuil
Cela est vrai ; mais cette harpie de Madame Brusquet ne lui a pas donné de repos qu'il ne lui ait promis ce pâté ; il n'a pas eu la fermeté de le refuser, et il pleure actuellement, le benêt qu'il est.
Varanger
Tu as, parbleu, raison : cette histoire-là n'est rien moins que divertissante pour nous ; je n'aurais pas eu le courage d'en rire comme toi.
Dubreuil
Je suis aussi fâché que toi de la perte du pâté, mais je n'ai pu tenir contre la grimace de Plumasseau pleurant ; si tu l'avais vu, tu en aurais fait autant que moi.
Varanger
Parbleu, non. Ce contre-temps est désespérant ! Il nous faut pourtant un pâté ; comment allons-nous donc faire ?
Scène 3
Un Garde-Chasse, Varanger, Dubreuil
Un Garde-Chasse
Pour Monsieur Brusquet, de la part de monsieur le Marquis de Floricourt. Est-il là Monsieur Brusquet ?
Varanger
Non, mon ami, laissez là votre paquet.
Un Garde-Chasse
C'est un pâté de gibier qu'il lui envoie, et j'ai ordre de le remettre en main propre.
À part.
Haut.
Dubreuil
Un pâté ! Cela est heureux. Vous pouvez le laisser, mon ami, je le lui remettrai à son retour.
Un Garde-Chasse
Vous allez donc me donner pour boire ?
Il lui donne de l'argent.
Dubreuil
Cela est juste. Tiens, es-tu content ?
Un Garde-Chasse
En vous remerciant, not' bourgeois ; dame, c'est un plaisir d'avoir affaire à vous plutôt qu'à ce vilain monsieur Brusquet.
Scène 4
Dubreuil, Varanger
Dubreuil
Oh ! Parbleu, Madame Brusquet, vous ne vous moquerez pas de nous ; voilà un pâté qui est bien capable de nous dédommager de celui que vous nous avez pris.
Varanger
Il est vrai qu'il vient fort à propos ; mais, mon avis iv.0;t de le substituer à la place de celui de Plumasseau.
Dubreuil
Et à quel propos ?
Varanger
La pâté de Plumasseau nous appartient, nous n'avons rien à prétendre à celui-ci, et tout sera dans l'ordre.
Dubreuil
Diable ! Tu es bien consciencieux aujourd'hui.
Varanger
Pas plus qu'à l'ordinaire ; mais ils n'auront rien à dire.
Dubreuil
Il n'y a qu'à le remettre à Plumasseau et l'engager à nous donner le sien en échange.
Varanger
Le voici fort à propos.
Scène 5
Varanger, Plumasseau, Dubreuil
Varanger
Monsieur Plumasseau, si vous vouliez nous rendre un service, vous seriez le plus joli garçon du monde.
Plumasseau
Oh, quant à ce qui est de rendre service, mes chers camarades, nous savons assez comme il faut agir avec ses amis.
Dubreuil
C'est fort bien dit, monsieur Plumasseau : Tâchez cependant de vous défaire de ce mot de camarade. Oh ça, c'est que nous venons d'acheter un pâté pour remplacer le vôtre ; mais comme nous ne voulons point en avoir le démenti, il faudrait que vous nous fissiez le plaisir de l'échanger contre le vôtre.
Plumasseau
Oh, si ce n'est que cela, cela vaut fait. Mais n'en dites rien à Madame Brusquet au moins.
Dubreuil
Allez, ne craignez rien, n'y sommes-nous pas aussi intéressés que vous ?
Il sort avec Dubreuil, qui emporte le pâté Monsieur Brusquet entre du côté opposé.
Plumasseau
Vous avez raison. Allons, venez. Ce que c'est que d'avoir de l'esprit : voyez ! Je ne me serais jamais avisé de ce tour-là.
Scène 6
Monsieur Brusquet, Varanger
Varanger s'assied auprès de la table, et se met à travailler aussitôt qu'il aperçoit Monsieur Brusquet.
Monsieur Brusquet
Où sont donc ces messieurs ?
Varanger
Monsieur Dubreuil vient de sortir et Plumasseau est, je crois, là haut.
Pendant la marche de cette scène, M. Brusquet parcourt rapidement des yeux les papiers gui sont sur la table ; il finit par prendre la brochure.
Monsieur Brusquet
Monsieur Dubreuil, Monsieur Dubreuil serait tout aussi bien de se tenir chez lui que de venir ici une couple d'heures par jour, plutôt pour déranger les autres que pour travailler. Qu'est-ce que c'est que ce livre-là ?
Varanger
C'est à monsieur Dubreuil, qui l'a oublié hier au soir.
Il parcourt le livre. Nommer ici le titre du livre que l'on jugera à propos....
Il met le livre dans sa poche.
Monsieur Brusquet
Je m'en doutais bien. Le fou !... S'amuser à des balivernes... Des niaiseries... Il me trompera fort s'il fait jamais quelque chose, ce garçon-là.
Scène 7
Monsieur Brusquet, Plumasseau
Monsieur Brusquet
D'où diable venez-vous donc à l'heure qu'il est, Plumasseau?
Plumasseau
Eh dame, Monsieur, j'étais là haut avec un de mes compagnons.
Varanger rit.
Plumasseau se tient debout devant la table et la perce niaisement avec un poinçon.
À Varanger.
Monsieur Brusquet
Qu'est-ce que c'est donc que cet animal-là avec ses compagnons : est-ce que tu me prends pour un savetier ? Qu'il vous arrive d'entrer aussi tard à l'étude ! Mais voyez donc à quoi s'occupe ce butor là ? Va, crois-moi, retourne dans ton village, tu me parais plus dait pour conduire une charrue que pour manier la plume. Faites-lui faire promptement la signification de cette sentence des gens d'Asnières ; ils me paraissent en voie de s'accommoder.
Scène 8
Monsieur Brusquet, Monsieur de Bonneserre
Il lui ôte son manteau, et son chapeau et lui donne en place une vieille redingote et un mauvais chapeau.
Monsieur Brusquet
Entrez, Monsieur.
Monsieur de Bonneserre
Pardon, meilleurs... Monsieur Brusquet.
Monsieur Brusquet
C'est moi, que voulez-vous ?
Monsieur de Bonneserre
Un mot en particulier, s'il vous plaît.
Monsieur Brusquet
Parlez, Monsieur ; nous sommes bien ici.
Monsieur de Bonneserre
Vous êtes Procureur, Monsieur ?
Monsieur Brusquet
Oui, Monsieur.
Monsieur de Bonneserre
Et honnête homme ?
Monsieur Brusquet
Comme on doit l'être.
Monsieur de Bonneserre
J'implore votre secours et votre pitié.
Monsieur Brusquet
Moi, Monsieur !
Monsieur de Bonneserre
Hélas, oui, mon cher monsieur ; mon sort est entre vos mains.
Monsieur Brusquet
Comment cela ?
Monsieur de Bonneserre
Vous avez été chargé de porter contre moi certaine plainte.
Monsieur Brusquet
À la requête de qui ?
Monsieur de Bonneserre
De Monsieur Mondor, banquier.
Monsieur Brusquet
Comment, c'est vous...
Monsieur de Bonneserre
Oui, Monsieur.
Monsieur Brusquet
Son caissier, n'est-ce pas ?
Monsieur de Bonneserre
Oui, monsieur.
Monsieur Brusquet
Qui êtes accusé d'avoir occasionné sa banqueroute en divertissant les fonds de la caisse.
Monsieur de Bonneserre
Oui, monsieur.
Monsieur Brusquet
Parbleu, voilà un fripon bien impudent.
Monsieur de Bonneserre
Monsieur.
Monsieur Brusquet
Bien effronté, d'oser se présenter ici.
Monsieur de Bonneserre
Monsieur, point de bruit.
Monsieur Brusquet
J'en veux faire du bruit, moi. Vous êtes un malheureux.
Monsieur de Bonneserre
Monsieur.
Monsieur Brusquet
Vous mériteriez que je vous fisse arrêter sur le champ.
Monsieur de Bonneserre
Eh, monsieur, un peu plus bas, de grâce, voudriez-vous me perdre ?
Monsieur Brusquet
Eh bien, allons ; prenons le ton qu'il vous plaira : que voulez-vous me dire ?
Monsieur de Bonneserre
Hélas, Monsieur, un peu d'humanité. Vous voyez en moi le père de quatre infortunés en bas âge.
Monsieur Brusquet
À la bonne heure ; mais que voulez-vous que je fasse ? Votre partie est puissante.
Monsieur de Bonneserre
Je le sais, Monsieur.
Monsieur Brusquet
Et puis, à vous parler franchement, le crime est prouvé on ne peut pas plus clairement. Ma bonne volonté, comme vous le voyez, ne vous sera pas d'un grand secours.
Monsieur de Bonneserre
Ah, Monsieur, pardonnez-moi. Je ne vous demande que quatre jours de répit.
Monsieur Brusquet
Quatre jours.
Monsieur de Bonneserre
Oui, Monsieur, quatre jours.
Monsieur Brusquet
À la bonne heure ; et que faut-il faire ?
Monsieur de Bonneserre
Différez de quatre jours l'exécution du décret que vous avez entre les mains.
Monsieur Brusquet
Diable ! Ce que vous demandez là est bien difficile, et vous comptez pendant ces quatre jours.
Monsieur de Bonneserre
Oh, monsieur, tous mes arrangements sont faits, mes fonds dispersés, et je compte qu'alors j'aurai mis ma personne et ma fortune en lieu de sûreté.
Monsieur Brusquet
C'est sort bien fait ; mais ma procédure, moi, qui me la payera ? Si vous décampez avec la caisse, vous m'enlevez là ma meilleure hypothèque.
Monsieur de Bonneserre
Oh, monsieur , rien n'est plus juste. Tenez, j'ai là un rouleau de cinquante louis qui calmera un peu vos inquiétudes.
Monsieur Brusquet
Oui, c'est quelque chose, mais c'est que le criminel va diablement vite ; et il y a bien du papier de brouillé dans cette affaire-là. Allons, vous m'intéressez et je tâcherai de vous rendre service.
Il veut s'en aller.
Monsieur de Bonneserre
Comptez, Monsieur, sur mon éternelle reconnaissance.
Monsieur Brusquet
St, St, un mot ; votre signalement est donné, on pourrait vous avoir vu entrer chez moi et vous guetter à la sortie.
Monsieur de Bonneserre
Croyez-vous ?
Monsieur Brusquet
Il ne faut pas s'y fier.
Monsieur de Bonneserre
Comment faire ?
Monsieur Brusquet
Laissez ici votre chapeau et votre manteau, et prenez ceci et cette vieille redingote.
Monsieur de Bonneserre
Au moins, Monsieur, prenez garde qu'ils ne s'égarent.
Monsieur Brusquet
Allez, allez ; j'en aurai autant de soin que s'ils étaient à moi. Donnez-moi aussi votre canne et votre épée.
Monsieur de Bonneserre
Oh, il est inutile, monsieur, sous cette redingote, cela ne se verra point.
Monsieur Brusquet
Pardonnez-moi, pardonnez-moi ; diable, ne badinons pas ici ; ce ne sont pas des jeux d'enfants ; la moindre chose peut vous trahir.
Monsieur de Bonneserre
Mais, monsieur.
Monsieur Brusquet
Mais, Monsieur, laissez-vous conduire, sinon je ne me mêle de rien.
Monsieur de Bonneserre
Allons donc, je m'abandonne à vous.
Monsieur Brusquet
Vous faites bien. Au surplus, ne craignez rien, je vais faire parapher tout cela ne varietur.
Scène 9
Monsieur Brusquet, Varanger
À Varanger.
Varanger prend du papier.
Il lui arrache le papier et plie les marges.
Monsieur Brusquet
Ce fripon ne peut aller loin, et au bout du compte il vaut mieux que je profite de cela qu'un Prévôt. Du papier, monsieur Varanger. Comment, morbleu, vous ne faites point de marge, est-ce que vous n'en savez pas faire ?
Varanger
Si fait, mais vous ne m'en donnez pas le temps.
Monsieur Brusquet
Allons, écrivez.
Scène 10
Marquis, Monsieur Brusquet, Varanger
Marquis
Eh ! Bonjour, mon ami, Monsieur Brusquet, comment vous portez-vous ?
Dictant.
Monsieur Brusquet
Fort bien, Monsieur le Marquis, à votre service. Entre Mathurin-Blaise Porcabeus, marchand Maquignon.
Marquis
Que diable, Monsieur Brusquet, vous pourriez bien interrompre un instant votre besogne et faire quelqu'attention aux gens.
Monsieur Brusquet
Parbleu, Monsieur le Marquis, vous parlez bien à votre aise. Vous ne connaissez pas le prix du temps, vous autres, gens de qualité ; vous vous imaginez que l'honneur de votre conversation donne de quoi vivre... Mais il s'en faut bien, et ce n'est pas de cette façon-là qu'on nourrit trois grands Clercs... Monsieur le Marquis, nous sommes très honorés de vos visites ; mais les paysans nous payent notre temps.
Marquis
Vous êtes bien étrange, Monsieur Brusquet, il me semble pourtant que je paye assez bien toutes les visites que je vous rends. Mon affaire contre ce coquin de marchand de chevaux, comment va-t-elle ?
Monsieur Brusquet
Oh, ma foi, j'ai bien d'autres choses en tête ; il y a plus de six mois que je n'ai reçu d'argent là dedans.
Marquis
Cela se peut... Oui.. à peu près... mais aussi alors je vous donnai quatre louis.
Monsieur Brusquet
Bon ! Quatre louis ; il en était dû six à votre Avocat.
Marquis
Comment donc, à mon avocat , je l'ai payé moi-même.
Monsieur Brusquet
Ce sont donc les droits du Roi qui ont emporté votre argent depuis longtemps, et au-delà.
Il tire sa bourse.
Marquis
Brisons-la. Oh ça, j'ai cette affaire à coeur, je veux qu'on la poursuive ; c'est un malheureux qui m'a volé impudemment et je veux lui faire rendre gorge. Voilà encore quatre louis, Monsieur Brusquet, je vous prie de me mener cela bon train.
Monsieur Brusquet
Où est le dossier de monsieur le Marquis contre Jacques Poussif ?
Varanger
Le voilà, Monsieur.
Monsieur Brusquet
Donnez un avenir pour la prochaine audience.
Marquis
Ce n'est pas tout, mon ami monsieur Brusquet, je viens dîner sans façon avec vous.
Monsieur Brusquet
Ce m'est bien de l'honneur, Monsieur le Marquis, mais, ma foi, vous serez maigre chère.
Marquis
Oh, votre ordinaire, avec le pâté que mon Garde vous a apporté ce matin de ma part ; il ne nous en faut pas davantage.
Monsieur Brusquet
Comment, le pâté ?
Marquis
Eh, parbleu, oui ; un bon pâté de sanglier, assez bien fourni. Je l'ai fait faire exprès pour vous, mon cher ami.
Il appelle.
Monsieur Brusquet
Vous voulez rire assurément. Je vous proteste que je n'ai rien vu. Ma femme saura peut-être ce que c'est. Ma femme.
Scène 11
Madame Brusquet, Monsieur Brusquet, Dubreuil, Marquis
Apercevant Monsieur le Marquis.
Madame Brusquet
Qu'est-ce qu'il y a ? Votre servante, Monsieur le Marquis.
Monsieur Brusquet
Il est bien temps d'entrer dans une étude.
Dubreuil
Ma foi, monsieur, c'est que j'avais à faire.
Monsieur Brusquet
Ma femme, as-tu reçu un pâté de la part de monsieur le Marquis ?
Madame Brusquet
Moi ! Je ne sais pas ce que c'est.
Marquis
Comment ! Je suis certain pourtant de l'exactitude de mon garde.
Dubreuil
Madame Brusquet se trompe, elle a reçu le pâté, j'en suis témoin.
Madame Brusquet
Comment, Monsieur, vous êtes un maître impertinent de me donner un semblable démenti : comme si j'étais capable...
Dubreuil
Supprimez vos épithètes, Madame, s'il vous plait. Oui, je le soutiens, vous avez reçu le pâté de monsieur le Marquis.
Madame Brusquet
Vous pouvez me soutenir...
Dubreuil
Monsieur Plumasseau ne vous a-t-il pas remis ce matin un pâté en ma présence ? Tenez, voilà encore un livre de cette espèce que je viens de trouver et qui surement vous appartient. Emportez tout cela, et faites-moi le plaisir de chercher une autre étude.
Dubreuil
Comme il vous plaira, monsieur ; mais voilà ce qui s'appelle en bon français une querelle d'Allemand.
À Dubreuil.
À Monsieur Brusquet.
Marquis
Par la sambleu, ce tour est plaisant, mais des plus plaisants. Ma foi, mon ami, vous ne savez être dupe de personne, pas même de Monsieur Brusquet, cela est fort, au moins ; et je connais peu de personnes qui puissent se flatter d'en dire autant. Convenez de bonne foi, mon ami, que vous trouvez aujourd'hui aussi fort que vous, voilà un jeune homme que vous avez fort bien élevé, et qui sera digne un jour de marcher sur vos traces ; ceci confirme le proverbe.