Proverbe · 1785

Les etrennes

de Thomas Garnier

Représentation
≈ 19 min
Distribution
5 femmes
Répliques
96
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Une Gouvernante F 19 ≈ 6 min 4
Mimy F 29 ≈ 5 min 6
Babet F 24 ≈ 4 min 2
Madame Dorsigny F 11 ≈ 3 min 1
Cécile F 13 ≈ 2 min 2
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Les Etrennes
Une Gouvernante absentabsentabsent
Mimy absent
Babet absentabsentabsentabsentabsent
Madame Dorsigny absentabsentabsentabsentabsentabsent
Cécile absentabsentabsentabsentabsent
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Les Etrennes

Scène 1

Mimy

Elle se regarde avec complaisance dans le miroir et ajuste sa coiffure.

Elle lève les épaules.

Elle place une épingle.

Elle fait des mines devant le miroir.

Elle sourit de différentes manières.

Mimy

Voilà qui va à merveille... Je suis bien contente de Maman, et des étrennes qu'elle m'a données... Que la petite Monrose va endéver quand elle verra mon bonnet à dentelles... Hier, elle faisait tant la petite glorieuse ! À peine osait-on l'approcher : retirez-vous, Mademoiselle, vous allez gâter mon bonnet ; s'il était de blonde ou de gaze comme les vôtres, je ne m'en embarrasserais pas... La petite bégueule ! Jamais je n'ai vu tant faire la renchérie ; et cela est laid, laid à faire peur, et d'une bêtise !... Une épingle ici ne serait pas mal. Bien... Il viendra aujourd'hui beau coup de monde à la maison, pour souhaiter une bonne année à maman... de beaux meilleurs.... Je me tiendrai à côté d'elle... Ils me regarderont... Ils me trouveront jolie... Quand ils mèneront des compliments, je ferai comme cela. Fi donc, cela ressemble à cette vieille madame Dorimont, quand elle veut faire la jolie... Comme ceci... Bon... Ah, quel plaisir !

Scène 2

Une Gouvernante, Mimy

Une Gouvernante

Cela non, Mademoiselle, votre plaisir ne sera pas ausi complet que vous l'espérez, j'y mettrai bon ordre.

Elle pleure.

Mimy

Ah ! Ma bonne.... c'est que.... je.... Vous m'avez fait bien peur.

Une Gouvernante

Il s'agit bien de cela, vraiment. J'ai entendu vos petits discours, Mademoiselle, ils sont fort jolis, ils m'annoncent des inclinations que je suis très charmée de connaître.

Mimy

Oui, allez ; vous m'avez fait une peur, que je n'en puis plus ; et vous savez que maman n'aime pas que l'on me fasse peur, elle sait bien que cela me rend malade.

Une Gouvernante

Vous voudriez me faire prendre le change, mais vous vous trompez ; c'est le fonds de coquetterie et d'orgueil que je viens de découvrir en vous qui me fait peur à moi, elle est plus vraie que la vôtre cette peur là, et malheureusement mieux fondée. Je fuis bien fâchée de troubler votre joie, Mademoiselle ; mais je vous avertis qu'il faut renoncer pour aujourd'hui à désoler Mademoiselle Monrose et à plaire aux beaux messieurs vous aurez la bonté d'ôter ce bonnet-là et de mettre aujourd'hui votre coiffure la plus commune.

Mimy

Ma bonne, je vous en prie, laissez-moi mon bonnet ; je ne dirai pas à maman que vous m'avez fait peur.

Une Gouvernante

Je m'y attendons bien. Non, mademoiselle ; je n'ai point de compétition à faire avec vous ; si j'avais à faire grâce, vous vous y prendriez mal pour l'obtenir. Apprenez que, quand je punis, c'est que je le crois nécessaire, et que rien ne peut me faire changer. Vous mettrez votre bonnet de tous les jours, entendez-vous ? Cela est décidé ; prenez votre parti de bonne grâce. Je reviens à l'instant et je compte vous trouver coiffée ; sinon, gare le bonnet de nuit.

Mimy

Ma bonne, je vous en prie, pardonnez-moi; cela ne m'arrivera plus.

Elle sort.

Une Gouvernante

Je le compte bien. C'est inutilement que vous me priez, car vous ne porterez pas aujourd'hui ce bonnet-là. Mais soyez sage, modeste, et surtout point orgueilleuse... Si je n'ai point sujet de me plaindre de vous pendant tout le reste de la semaine ; c'est Dimanche les Rois... Je ne vous en dis pas davantage. Je vous promets que vous serez contente de moi. Allons, dépêchez-vous, madame Durosoy est avec ses filles auprès de madame votre mère : on vous a déjà de mandée plusieurs fois.

Scène 3

Mimy

Elle tire du carton un bonnet.

Elle regarde le bonnet en levant les épaules.

Elle se met en devoir d'ôter celui qui est sur sa tête.

On entend du bruit.

Elle ôte promptement son bonnet.

Mimy

Voilà qui est fâcheux. Cette misérable porte ! Si j'avais eu soin de la tenir fermée... Mais dépêchons-nous ; si Cécile et Babet allaient monter, elles me verraient ôter mon bonnet pour en mettre un plus commun, et puis elles se douteraient de toute l'histoire. Oh, je serais désespérée... Pourvu que maman ne s'avise pas de parler devant elles de mon bonnet neuf... Il faut donc mettre cela aujourd'hui. Allons donc. Mais aussi Dimanche... Ah Ciel ! Voici du monde...

Scène 4

Babet, Cécile, Mimy

Babet

Eh bien, Mimy, es-tu morte ? Il y a une heure que nous t'attendons ?

Cécile

Pour cela, Mademoiselle, vous n'êtes pas trop honnête ; il faut venir vous chercher jusque dans votre chambre.

Mimy

C'est que je me coiffais, mes bonnes amies, et...

Elle ramasse le bonnet.

Babet

Tu te coiffais ? Tu es bien longue à te coiffer. Tiens, malpropre que tu es, voilà ton bonnet à terre.

Elle veut prendre le bonnet.

Mimy

Cela est vrai.

Babet

Attends donc, que nous l'examinions ; mais, voilà du beau ; comment, diantre, de la dentelle ? Je n'en porte point encore, moi, et si j'ai un an et demi plus que toi.

Cécile

Oui ; cela est assez propre et bon pour toi, Mimy ; c'est plus honnête que ces petites saloperies que tu portais. Ce font sûrement tes étrennes ?

Babet

Oh ça, ma bonne, amie Mimy, j'ai une envie des plus grandes de te voir ce bonnet-là. Allons, que je t'aide à le mettre.

Mimy

Non, ma bonne amie, je ne le mettrai pas aujourd'hui.

Babet

Pourquoi donc ?

Mimy

Non ; c'est que... tiens... l'ouvrière a encore quelque chose à y faire.

Babet

Bon, tu te moques ; ce bonnet-là est fini, et très fini.

Mimy

Mon Dieu, que tu es terrible ! C'est... le ruban qui n'est pas bien choisi.

Cécile

Il est vrai qu'il est des plus communs.

Elle veut lui mettre le bonnet.

Babet

Ce ruban-là ? Je le trouve des mieux assortis. Allons, pas tant de façons, tu fais la petite mutine, je crois.

Mimy

Non, quand je te dis que je ne veux pas le mettre et que je ne le mettrai pus.

Babet

Oh, oh, tu le prends sur un drôle de ton. Eh bien, fais comme tu jugeras à propos.

Cécile

En vérité, Mademoiselle, c'est bien mal te connaître l'amitié que l'on a pour vous.

Mimy

Comme vous me désolez ! Oh bien, tenez, je vous avouerai que c'est ma bonne qui me l'a défendu.

Babet

Comment dis-tu ? Ta bonne !

Cécile

Voici une bonne histoire.

Babet

Comment, tu es assez sotte, à ton âge, pour te laisser maîtriser par ta bonne ?

Mimy

Cela vous est bien aisé à dire : c'est que c'est une personne bien sage, bien prudente, et qui me veut beaucoup de bien, que ma bonne ; du moins maman me le dit à chaque instant, et elle veut que je lui obéisse comme à elle-même.

Babet

Comme à elle-même ; à une domestique ? Mais cela est épouvantable !

Cécile

Effectivement, c'est une espèce de fermante qu'une gouvernante. On peut mettre ça à la porte quand on le veut ; n'en ayons nous pas eu jusqu'à trois ?

Mimy

Oh, ma bonne n'est pas une gouvernante comme les autres.

Babet

Comme les autres ou non ; c'est une domestique enfin.

Cécile

Oui, tu as raison, une domestique, et ta mère t'ordonne d'obéir à une domestique ? Ah Ciel ! Pour moi l'on m'assommerait plutôt.

Mimy

Mais, est-ce que vous n'avez pas une gouvernante aussi, vous ?

Babet

Vraiment, oui, nous en avons une ; mais je voudrais bien, pour voir, qu'elle s'avisât de faire la maîtresse, comme je la ferais dénicher bien vite.

Mimy

Oh ! Ici il n'y a que maman qui a le droit de chasser les domestiques.

Babet

Imbécile que tu es, est-ce que tu ne fais pas comment il faut s'y prendre pour faire chasser un domestique qui déplait ?

Cécile

Pour cela, tu es bien neuve.

Mimy

Dame, j'avoue bonnement que je n'en fais pas autant que vous.

Babet

Tu te souviens bien, ma soeur, de cette demoiselle Colette, notre première gouvernante, comme elle voulait faire la maîtresse, la sévère, nous mener à fa volonté ; mademoiselle nous donnait des tâches ; mademoiselle voulait nous faire apprendre des leçons ; mademoiselle faisait la rapporteuse, et puis c'étaient toujours des querelles épouvantables. Cela n'a pas duré longtemps, va ; j'ai su la désoler si à propos ; la desservir si adroitement auprès de ma maman ; enfin, j'ai tant fait des pieds et des mains, qu'elle a été obligée de décamper.

Cécile

Elle était bien tenace celle-là ; maman avait bien de la confiance en elle... Nous avons eu des peines... des peines... mais à la fin nous en sommes venues à bout. Croirais-tu que nous l'avons forcée à demander elle-même son congé ?

Babet

Et toutes celles qui font venues depuis, ont pris un autre ton ; nous les avertissions d'avance ; nous faisions nos conventions, et lorsqu'elles y manquaient, crac, à la porte.

Mimy

Que vous êtes heureuses ! Je n'aurais jamais cette hardiesse-là, moi ; je fais pour tant bien lui faire quelques petits chagrins ; pour peu qu'elle me touche, elle ne me donnerait qu'un petit coup sur l'épaule, je pleure, je crie de toutes mes forces. Maman vient, ma bonne lui raconte tout et je suis encore grondée par-dessus le marché.

Babet

Pauvre nigaude ! Il faut raconter l'histoire différemment.

Mimy

Oh oui ; mais c'est que c'est une femme qui dit toujours vrai que ma bonne ; maman le sait bien.

Babet

Allons donc, tu es un enfant. Il faut avoir de la fermeté, lui dire tout net que tu n'es pas faite pour lui obéir ; au contraire, parce que les domestiques ne doivent pas commander aux maîtres, sans quoi elle te mènera toujours par le nez.

Cécile

Sans doute. Il faut faire un peu sentir à ces gens-là ce qu'on est, ce qu'ils nous doivent.

Scène 5

Une Gouvernante, Babet, Cécile

Une Gouvernante

Mesdemoiselles Durosoy, que faites-vous donc ici, s'il vous plait ?

Babet

Mais, je crois que nous n'avons aucun compte à vous rendre.

Une Gouvernante

Vous êtes bien incivile pour une demoiselle de votre condition. Eh bien, apprenez, mademoiselle, que vous en avez à me rendre, que vous êtes ici chez moi, que vous ne deviez pas y monter sans ma permission.

Babet

Qu'en dis-tu, ma soeur ? Nous nous imaginions pourtant être chez madame Dorsigny.

Cécile

Je le pensais comme toi, mais nous nous trompons, comme tu vois.

À la Gouvernante.

Babet

Ah, ah, ah, ah, cela est plaisant. Je vous demande bien des pardons, Madame. Ah, ah, ah, ah.

Cécile et Babet continuent de rire.

Une Gouvernante

Mais , je vais de surprises en surprises. Oui ; mesdemoiselles, je suis ici chez moi ; vous n'ignorez pas que je suis gouvernante de mademoiselle Mimy ; partout où je suis auprès d'elle, j'ai l'honneur de représenter madame sa mère, et ici plus particulière ment qu'ailleurs. En vérité, je ne puis m'empêcher de vous dire que vous êtes bien grossières ; quand vous ne respecteriez en moi que mon âge...

Babet

Grossière vous-même ; mais, avec votre permission, nous ne sommes pas faites à respecter des domestiques.

Cécile

Oh, mon Dieu ! Nous n'avons pas reçu cette éducation-là, par exemple.

Une Gouvernante

Il paraît que vous en avez reçu une excellente. Mademoiselle Mimy a dû beaucoup profiter de votre conversation.

Babet

Certainement ; si elle veut nous croire, elle n'obéira plus à des gens à qui elle doit commander.

Une Gouvernante

Je m'aperçois que vous vous êtes entre tenues de très jolies choses. Allez, mes chères demoiselles, vous n'excitez rien chez moi que la pitié. J'avais seulement à vous dire que la visite de madame votre mère est finie et qu'elle vous attend pour s'en aller. Vous ne pouvez trop vous hâter de vous rendre auprès d'elle.

Cécile

Vous voulez donc bien recevoir nos respects.

À la Gouvernante, d'un sérieux affecté.

Elle sort avec sa soeur, en éclatant de rire.

Babet

Que je te voie tantôt avec ton bonnet neuf ; sinon... Madame, j'ai l'honneur d'être... Ah, ah, ah, ah.

Scène 7

Une Gouvernante, Mimy

Une Gouvernante

Voilà deux méchantes pestes ! Si je les avais soupçonnées aussi dangereuses, elles ne seraient certainement pas entrées ici. Mais que signifie, s'il vous plaît, ce bonnet neuf qu'elles veulent vous voir tantôt ?

Mimy

Ah ça, c'est mon bonnet d'étrennes. Pourquoi ne voulez-vous pas que je le mette aujourd'hui ?

Une Gouvernante

Pourquoi ? La question est singulière, Mademoiselle ; vous le savez aussi bien que moi, pourquoi ; d'ailleurs, je vous le défends, cela doit suffire.

Mimy

Oh, vous le défendez... Vous le défendez... Est-ce que je suis faite pour...

Une Gouvernante

Parlez plus haut, Mademoiselle, ce que vous avez à dire mérite d'être entendu.

Mimy

C'est vrai... Une servante... faire la maîtresse.

Une Gouvernante

Fort bien , mademoiselle, vous avez admirablement profité. Si l'on vous laide faire, vous égalerez bientôt vos maîtresses ; je ne fais pourtant pas si madame votre mère aimerait que vous prissiez de pareilles leçons ; je l'entends, je crois, il faut lui demander l'on avis.

Scène 7

Madame Dorsigny, Mimy, Une Gouvernante

Madame Dorsigny

Pourquoi ne descendez-vous donc point, mademoiselle, depuis le temps qu'on vous appelle ? Mais, qu'est-ce que je vois ? Vous voilà toute en désordre, décoiffée, le visage rouge, les yeux humides... Est-ce que vous auriez eu querelle avec votre bonne ? Vous savez que je n'aime pas cela.

Mimy

Non, maman, c'est que... c'est elle qui...

Madame Dorsigny

Qui, elle ? De qui parlez-vous donc, s'il vous plait ?

Mimy

Maman, c'est de ma bonne, qui veut me mettre aujourd'hui en pénitence sans sujet.

Madame Dorsigny

C'est votre bonne qu'il faut l'appeler, ou bien mademoiselle. Qu'il vous arrive de prendre de semblables tons. Quant à la pénitence, vous la méritez sûrement ; ainsi je prétends que vous la subissiez sans murmurer.

Une Gouvernante

J'ai surpris, ce matin, mademoiselle se regardant avec complaisance dans son miroir, et tenant des discours d'une coquette consommée. J'ai pris le parti, pour rompre ce penchant, de lui défendre de mettre aujourd'hui son bonnet d'étrennes.

Madame Dorsigny

Vous avez fort bien fait, mais cette explication était inutile ; on doit vous obéir sans examen.

Une Gouvernante

Point du tout, Madame ; je suis ici sur le pied de servante, j'y dois faire les volontés de tout le monde ; n'est-ce pas Mademoiselle Mimy ? Ne font-ce pas là les leçons que vous ont données les demoiselles Durosoy ?

Madame Dorsigny

Mais, voilà qui est horrible ; comment, petite impertinente ! Vous avez tenu de pareils propos?

Une Gouvernante

Non, madame, il faut lui rendre justice, elle est trop bien née, pour parler ainsi. Elle s'est seulement laissé aller aux mauvais propos des demoiselles Durosoy, qui font bien les deux plus dangereuses petites personnes et les plus mal élevées que je connaisse.

Madame Dorsigny

Je suis bien aise d'apprendre cela. Oh bien, mademoiselle, je vous défends très expressément de voir jamais les demoiselles Durosoy ; si ce n'est en ma présence et lorsque je ferai à portée d'entendre tous vos discours et de n'en pas perdre une seule parole.

Mimy

Elles sont venues me chercher, Maman.

Madame Dorsigny

Cela suffit. Je prétends que vous respectiez votre Gouvernante, que vous la regardiez comme une autre moi-même et que vous lui obéissiez en tout sans hésiter.

Mimy

Oui, maman.

Madame Dorsigny

Prenez garde à ce que vous me promettez. Vous savez combien je vous aime ; eh bien, si vous manquez le moins du monde à ce que je viens de dire, vous perdez, sans ressource, mon amitié. Allons, demandez excuse à votre bonne.

Mimy

Ma Bonne, je suis bien fâchée...

Une Gouvernante

Cela suffit, Mademoiselle ; j'oublie tout, j'espère que vous tiendrez parole à Madame votre mère ; car comme je le disais à l'instant, vous avez un assez bon caractère, il serait bien fâcheux qu'il fut gâté par la mauvaise compagnie des demoiselles Durosoy.

Madame Dorsigny

C'est à quoi je vous prie de tenir la main. J'aurai soin de mon côté qu'elles ne se voient que lorsque cela sera indispensable, et toujours en ma présence.

Une Gouvernante

Madame, en faveur du repentir de mademoiselle, vous voudrez bien qu'elle mette aujourd'hui le bonnet dont vous lui avez fait présent.

Madame Dorsigny

Elle ne le mérite guère ; mais vous êtes la maîtresse.

Mimy

Maman... Ma Bonne... que je vous embrasse... Cela ne m'arrivera plus jamais.

À sa fille.

Madame Dorsigny

C'est bien, ma fille, allons ; achevez de vous coiffer, dépêchez-vous, je vous mènerai avec moi faire quelques visites. Il n'y a rien qui forme autant les enfants que cet usage, et quelque embarrassant qu'il soit très souvent, il fera toujours le mien. Souvenez-vous bien d'aujourd'hui, et du danger que l'on court lorsqu'on fréquente de mauvaises compagnies.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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