Proverbe · 1785

Les soeurs de lait

de Thomas Garnier

Représentation
≈ 16 min
Distribution
6 femmes
Répliques
114
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Julie F 34 ≈ 5 min 5
Mathurine F 21 ≈ 4 min 5
Henriette F 31 ≈ 4 min 7
Madame Beaupré F 15 ≈ 4 min 3
Javotte F 7 ≈ 1 min 3
Magdelon F 6 ≈ 1 min 2
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Les Soeurs de Lait
Julie absentabsentabsentabsent
Mathurine absentabsentabsentabsent
Henriette absentabsent
Madame Beaupré absentabsentabsentabsentabsentabsent
Javotte absentabsentabsentabsentabsentabsent
Magdelon absentabsentabsentabsentabsentabsentabsent
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Les Soeurs de Lait

Scène 1

Madame Beaupré, Henriette

Madame Beaupré traverse le théâtre pour sortir ; dans le même instant Henriette le traverse du côté opposé, sa mère l'arrête.

Madame Beaupré

Venez ici, Henriette ; où est votre soeur ?

Henriette

Elle est dans le jardin, où je crois qu'elle s'amuse à courir après des papillons.

Madame Beaupré

La belle occupation ! Votre soeur est bien folle, bien légère ; elle n'est cependant plus un enfant ; et il me déplait fort de la voir courir de minuties en minuties avec autant d'ardeur que l'on devrait en avoir pour les choses sérieuses. Pour vous, Henriette, je suis plus contente de vous ; quoique vous ne soyez que la cadette, vous montrez plus déraison, et vous êtes moins évaporée. Que faisiez-vous là-haut ?

Henriette

Ma chère mère, je repassais ma leçon de clavecin d'hier ; parce que mon maître m'a dit qu'il ne pouvait pas venir aujourd'hui.

Madame Beaupré

C'est bien fait. Je sors pour quelques affaires ; lorsque votre soeur fera rentrée, je vous charge de lui témoigner mon mécontentement. Je veux que vous lui donniez des avis, et comme vous avez plus de raison qu'elle, j'entends qu'elle ait des égards pour vous, et qu'elle vous écoute avec docilité. Dites-lui cela de ma part, entendez-vous ?

Madame Beaupré sort.

Henriette

Oui, ma chère mère.

Scène 2

Henriette

Madame Beaupré est à peine sortie, qu'Henriette se redresse et se regarde dans les glaces en se donnant des airs.

Elle lève les épaules.

Henriette

Pour cela, Mademoiselle Julie, je vais bien rabattre votre caquet. Quoique vous soyez mon aînée, il faudra que vous m'obéissiez actuellement ; oui, que vous m'obéissiez : car c'est surement ce que ma mère a voulu dire. Aussi n'est-il pas étrange que ce soit l'âge qui établisse la subordination ; comme si, quoique plus jeune, on ne pouvait pas être plus raisonnable. Moi, par exemple, ne suis-je pas faite pour commander à cette folle-là, qui n'a non plus d'intelligence... Qui, au lieu d'étudier ses leçons de clavecin, s'amuse à causer avec le Jardinier, et à lui voir planter ses choux ; qui est assez simple pour lui donner tout son argent, plutôt que d'en acheter des bijoux qui lui feraient honneur.

Scène 3

Julie, Henriette

Julie

Ma soeur, ma soeur, viens voir les beaux papillons que j'ai attrapés.

Henriette

Oui, cela est bien beau vraiment.

Julie

Ils font charmants, te dis-je ; je n'en ai point encore vu de si brillants.

Henriette

Oui, en vérité ; voilà une occupation bien digne d'une fille de votre âge.

Julie

Tu te trompes, ma soeur, ce n'est qu'un amusement.

Henriette

Eh bien, soit : voilà un amusement d'une belle espèce, et qui te fera bien de l'honneur dans le monde. Au lieu de t'appliquer à ton clavecin que tu négliges entièrement.

Julie

Oh ! Mon clavecin m'ennuie ; et je ne veux d'amusements que ceux qui me plaisent.

Henriette

Tu as un goût vraiment distingué.

Julie

Comme tu voudras ; mais veux-tu que je te dise, j'aime la liberté, moi, surtout dans mes divertissements. Qu'ai-je affaire de cet homme au ton rogue et dur, qui vient d'un air de pédant m'apprendre à me divertir, et qui ne parvient qu'à m'ennuyer autant que je le vois très souvent s'ennuyer lui-même.

Henriette

Quelle petitesse d'idées !

Julie

Que veux-tu ! Je pense comme cela. Je me plais singulièrement dans notre jardin ; j'y respire un air de liberté qui m'enchante. La fleur que j'ai vu naître, est celle que je préfère pour me parer ; je trouve, ce me semble, un meilleur goût au fruit que j'ai vu croître et mûrir, et que je cueille de ma main. Ces amusements, s'ils n'ont pas le brillant des tiens, sont au moins fort innocents.

Henriette

C'est fort bien dit ; mais, ma mère, qui n'a pas le goût rustique comme toi, est fort mécontente, et tu devrais pour la satisfaire.

Julie

Oui, je voudrais de tout mon coeur, pour lui plaire, que le clavecin fut plus de mon goût... À propos, que je t'apprenne une nouvelle.

Henriette

Comment donc ?

Julie

Mais une nouvelle qui te fera sûrement bien du plaisir.

Henriette

Eh quoi encore ? Dis donc vite.

Julie

Devine.

Henriette

Oh! je ne lais pas deviner ; tu m'impatientes.

Julie

Notre maman-nourrice est ici.

Henriette

Ah, mon Dieu, voilà ta nouvelle !

Julie

Mais, oui.

Henriette

C'est là cette bonne nouvelle, cette grande nouvelle ?

Julie

Est-ce qu'elle ne te fait pas plaisir.

Henriette

Mais, ni plaisir, ni peine ; je crois que je ne suis pas faite pour m'occuper beau coup de ces gens-là.

Julie

Elle est pourtant ta nourrice aussi bien que la mienne.

Henriette

À la bonne heure.

Julie

Elle a amené nos deux soeurs de lait, Magdelon et Javotte.

Henriette

Que m'importe !

Julie

Tu es bien froide ; il me semble que la reconnaissance...

Henriette

Point de leçons, s'il vous plait, Mademoiselle ; c'est à moi de vous en donner. Songez feulement à vous comporter avec plus de retenue qu'à votre ordinaire.

Julie

Eh mais, mais, tu badines, je crois.

Henriette

Point du tout. Demandez à ma mère, elle fait que j'ai plus de raison que vous ; et elle m'a chargée de vous commander. Entendez-vous, Mademoiselle ? Ainsi prenez garde de vous compromettre dans l'accueil que vous ferez à votre nourrice.

Elle sort en sautant et en chantant.

Julie

Brrr ; comme je me moque de tes ordres.

Scène 4

Henriette

Aussitôt qu'elle aperçoit entrer Mathurine, elle va s'asseoir dans un coin du théâtre, tire de son sac une pièce de broderie et travaille.

Henriette

Eh bien ! Voyez donc cette extravagante ; comme elle est rétive, opiniâtre. Oh pour cela, j'en aurai raison. Mais bon, voici la nourrice ; elle ne l'aura sûrement pas ren contrée.

Scène 5

Mathurine, Henriette, Magdelon, Javotte

Mathurine entre d'un air épanoui ; ses filles la suivent d'un air honteux et décontenancé.

Mathurine

Eh, bonjour, m'n'enfant, mon Henriette ; Jésus ! Comme la v'là brave et grandelette !

Henriette

Bonjour, ma bonne.

Mathurine

Comme ça est devenu grand et gentil ; moi qui ai vu ça si petit. Mon Dieu ! Ça me confond. Embrasse-moi donc, ma pauvre enfant ; je pleure de joie.

Henriette

Plus doucement, ma bonne ; vous me faites mal.

Mathurine

Mon Dieu, comme t'es devenue délicate, indifférente du depuis qu'tu n'es plus au village. Dame, c'est que je t'aimons toujours bian tretous.

Henriette

C'est bien fait, ma bonne.

Mathurine

Tians, v'là ta soeur Magdelon qui est si contente de te voir, alle est aussi grande que toi ; mais, trédame , alle n'est ni aussi gente, ni aussi brave. Approche, Magdelon.

Magdelon

Ma mère, je suis honteuse.

Henriette

Elle a raison, nourrice ; vous êtes trop familière.

À Magdelon.

Mathurine

Comment, est-ce que tu ne la reconnais plus ? C'est ta soeur Magdelon ; je vous baillais mon lait dans le même temps. Aussi vous vous aimiais, vous vous embrassiais. Allons, nigaude, approche, approche donc.

Magdelon

Si vous vouliais permettre...

Henriette

Doucement, doucement donc, vous allez gâter mes habits.

Magdelon

Ah ! Ma mère, ce n'est pas là ma soeur Henriette qui m'aimait tant.

Mathurine

Si fait, si fait, c'est alle-même ; mais c'est qu'alle n'est plus au village. Ses biaux habits l'y faisont torner la tête, vois-tu ; not' pauvreté l'y fait honte, et not' amiquié l'y fait déshonneur.

Magdelon

Est-ce que je n'avons pas de l'honneur itou, nous autres, quoique je soyons pauvres.

Javotte

Oh, pour ma soeur Julie, alle a un meilleur coeur qu'ça, je gage.

Mathurine

Tu pardras, m'n'enfant. Va, je parierois moi, que c'est la même chose. Est-ce que stelle-ci ne nous baillait pas assez de signifiances d'amiquié. Tant que je les avons au village, vois-tu, alles font douces, accortes ; alles nous font des amiquiés, des carresses ; maman-nourrice par-ci, ma soeur Magdelon par-là ; oh, je vous aimons tant, j'aurons tant soin de vous... vous ne manquerais jamais. Mais, à la ville, ils nous les gâtont ; alles devenont fiares, ingrates...

Henriette

Ma bonne, finissez vos propos, s'il vous plait. Si j'ai été nourrie chez vous, on vous a bien payée sans doute, et vous n'avez rien à dire.

Elle pleure.

Mathurine

Oh ! Madame vot'mère m'a toujours bian aidée, bian reconnue, et j'aurions tort de nous plaindre d'elle ; mais vous que j'ons nourrie, que j'ons soignée comme not' enfant, à qui j'avons bouté not' affection tout ainsi comme, nous avoir ainsi rebutées... Ça est bian rude.

Henriette

Mais vous êtes folle, ma bonne.

Scène 6

Julie, Mathurine, Javotte, Henriette

Julie

Eh ! Vous voilà, maman-nourrice, il y a une heure que je vous cherche.

Mathurine

Bonjour, mameselle Julie.

Julie

Ah ! Et voici m'amie Javotte ; comment te portes-tu ?

Javotte

Bian de l'honneur à nous, mameselle Julie.

Julie

Eh bien, pourquoi ne m'appelles-tu pas ta soeur ? Est-ce que je ne suis pas ta bonne amie ? Mais tu pleures, je crois ; qu'as-tu donc ?

Javotte

C'est ma mère qui a du chagrin.

Julie

Mais oui ; vous pleurez aussi, maman-nourrice ; et toi aussi, Magdelon ; qu'est-ce que tout cela lignifie donc ? Le papa-nourricier serait-il malade ?

Mathurine

Non, Dieu marci, mameselle Julie.

Julie

Oh ! Pour le coup, vous m'impatientez avec vos révérences, et vos mameselle Julie. Maman-nourrice, je me rappelle toujours avec reconnaissance les soins que vous avez eus de moi.

Javotte

Quand je vous le disais, ma mère, qu'elle avait le coeur bon stelle-là.

Julie

Et toi, ma petite Javotte, je t'aime toujours de tout mon coeur.

Javotte

Bian obligée, mameselle Julie.

Julie

Finirez-vous ; ou bien je vais me fâcher tout à fait.

Mathurine

Trédame, je parlons comme on nons l'a commandé. A c't'heure qu'ous êtes grand'dame ; je ne sommes pas daignes de vot' amiquié.

Julie

Voilà de bien sots propos. Ce n'est pas moi qui les tiens, maman-nourrice ; allez, je vous ferai attachée toute ma vie ; je n'oublierai jamais que je dois à vos foins ce qui en fait le bonheur.

Mathurine

La daigne enfant ! V'là parler ça ? V'là qu'est d'eun bel exemple pour les enfants fiars et ingrats qui nous méconnaissons.

Henriette

Oh ! Je n'y tiens pas.

Scène 7

Julie, Mathurine, Javotte, Magdelon

Elle va prendre un petit coffre de carton, qu'elle ouvre.

Julie

Bon ! La voilà partie, maman-nourrice, je vous attendais avec impatience. Tenez, voilà une coiffure et un mouchoir de cou que je vous garde depuis longtemps.

Mathurine

La brave enfant !

Julie

Et toi, Javotte, voilà un petit coeur d'or que je veux que tu portes toujours pour te ressouvenir de moi.

Javotte

Oh ! Je n'ons pas besoin de ça pour vous aimer de tout not' coeur, mameselle Julie.

Julie

Encore mameselle Julie. Oh bien, tu n'auras pas le coeur d'or, et tu ne feras plus ma bonne amie, si tu ne m'appelles pas ta soeur.

Javotte

Eh bien, ma soeur, je vous remarcie.

Elles s'embrassent.

Julie

Allons , embrasse-moi. Et toi, ma pauvre Magdelon, il faut que je te trouve aussi quelque chose. Ah ! Tiens, voilà une petite croix d'argent. Dame, je ne peux pas te donner davantage actuellement.

Magdelon

Oh ! Mameselle... C'est toujours plus... Je ne méritons pas...

Julie

Allons, prends et ne fais pas la sotte.

Magdelon

Grand marci, mameselle Julie.

Mathurine

Pour le coup, je n'y tenons plus ; v'là un coeur ça, auprès de l'autre : je sommes bian consolée du chagrin qu'alle m'a donné.

Julie

Comment donc ?

Mathurine

Ta soeur, m'n'enfant, qui ne te vaut pas, faut voir ; si tu savais comme alle nous a reçues, en faisant la madame ; comme alle nous a rebutées quand j'avons voulu l'y faire amiquié. Tians, j'en fis encore toute je ne sais comment ; et c'te pauv' Magdelon, alle ne peut pas s'en remettre.

Julie

Allez, allez, il ne faut pas prendre garde à cela. Est-ce que je na vous reste pas, moi ? Ne vous inquiétez pas, je vous aimerai pour deux ; je serai aussi la soeur de Magdelon, ainsi vous ne perdrez rien.

Scène 8

Madame Beaupré, Mathurine, Julie

Apercevant Mathurine.

Madame Beaupré

Eh bien, Mademoiselle, avez-vous assez couru, assez folâtré toute la journée. Fi, n'avez-vous pas de honte, un petit garçon est moins dissipé que vous. Ah, ah, vous voilà, Mathurine, bonjour.

Mathurine

Je qis vot' sarvante, Madame Beaupré.

Madame Beaupré

Voilà, je crois, vos filles, les soeurs de mes enfants ; comme elles sont grandes et fortes, cela doit vous faire plaisir à voir, nourrice ?

Mathurine

Dame, madame, ça m'est itou bien agréable.

Madame Beaupré

Ont-elles vu leurs soeurs ? Car c'est ainsi que je veux qu'elles appellent mes filles. Sans doute qu'Henriette a été bien contente de vous voir.

Mathurine

Ah ! Not' dame, vous avais toujours eu plus de bontés pour moi que je n'en sommes daignes.

Madame Beaupré

Qu'est-ce à dire, nourrice ? Vous n'avez point l'air contente. Vous aurait-on mal reçue ? Je voudrais bien savoir cela, par exemple ; Mademoiselle Julie, vos folies me préparent-elles quelque nouveau chagrin ?

Julie

Moi, ma chère mère ; maman-nourrice vous dira si je ne l'ai pas reçue avec plaisir.

Madame Beaupré

Je le crois, mais cela ne suffit pas. Peut-être lui aurez-vous dit quelque chose de désagréable : car vous êtes si folle, si inconséquente.

Mathurine

Oh ! Madame, ben du contraire.

Madame Beaupré

Mais encore ; je veux savoir ce qui vous chagrine, nourrice. Peut-être n'aura-t-elle pas fait d'amitié à sa soeur... Oui, c'est cela sûrement : ces petits airs ne me conviennent point du tout, Mademoiselle : imitez votre soeur Henriette ; elle est douce, sage , posée ; elle a l'âme sensible, reconnaissante, généreuse, je suis sûre qu'elle aura accablé sa soeur de caresses.

Scène 9

Madame Beaupré, Henriette, Mathurine, Julie

Madame Beaupré

Eh bien, Henriette, n'êtes-vous pas contente de voir votre soeur et votre nourrice ?

Henriette

Mais, oui, ma chère mère.

Elle embrasse Henriette.

À Julie.

Madame Beaupré

Je vous le disais bien, qu'elle est sensible et bien née, ma fille Henriette. Mais, qu'est-ce que je vois entre vos mains, nourrice ? je gage que ce font des présents de ma fille Henriette. Ah ! Que je suis contente de cette marque de sa reconnaissance et de won attachement ; les larmes m'en viennent aux yeux de satisfaction. Ah, ma chère Henriette, tu seras la consolation de mes vieux jours. Et vous, Mademoiselle, profitez d'un si bel exemple, si votre légèreté vous le permet.

Mathurine

Je vous fais excuse, not' dame, c'est mameselle Julie qui m'a baillé ça ; v'là itou ce qu'alle a donné à mes filles.

Madame Beaupré

Quoi ! C'est vous, Julie ! Vous ne m'en disiez rien.

Julie

Ma chère mère, je ne croyais pas que cela en valut la peine.

Madame Beaupré

Et Henriette ?

Mathurine

Oh ! Madame, je ne sommes pas daignes de l'approcher ni de l'y parler, alle est trop grand'Dame.

Madame Beaupré

Oui dà.

Henriette

Ma chère mère, vous ne croyez pas...;

À part, après un instant de silence.

Madame Beaupré

Rentrez, mademoiselle. Je vois que j'ai été la dupe de leurs caractères, et cela arrivera toujours à ceux qui au lieu d'approfondir les coeurs, ne s'arrêteront qu'à la superficie.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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