Les Trois Damis
Scène 1
Éraste, Clarice
Ils entrent sur la scène en conversant.
Éraste
Que m'apprenez-vous, chère Clarice ?
Clarice
Rien que de véritable.
Éraste
Je suis bien malheureux ! Je comptais me présenter aujourd'hui à votre père.
Clarice
Hélas ! Mon cher Erafte 1
Éraste
Et, il a été accepté sur le champ.
Clarice
Sur le champ.
Éraste
Mais, vous ne le connaissez pas.
Clarice
Mon Dieu, non, je ne l'ai jamais vu.
Éraste
Et Monsieur Lisidor ne le connaît pas non plus.
Clarice
Pas plus que moi : il ne l'a jamais vu ; mais c'est le fils de son meilleur ami.
Éraste
Quelle bizarrerie ! S'il était sot et mal bâti.
Clarice
Ah ! Éraste ! Ne pouvant être à vous, les autres hommes me feront également indifférents.
Éraste
Adorable Clarice ! Que nous femmes à plaindre !
Clarice
Que voulez-vous ?
Éraste
Au moins devait-on vous consulter.
Clarice
Vous ne connaissez pas mon père : il est maître absolu dans sa famille.
Éraste
Mais, encore pouvait-il vous en toucher quelque chose.
Clarice
Oh ! Oui ; aussi m'a-t-il prévenue de son arrivée, en m'ordonnant de le bien recevoir.
Éraste
Et quand arrive-t-il ?
Clarice
Incessamment, peut-être aujourd'hui.
Éraste
Aujourd'hui ! Mon sort serait-il assez cruel ?
Clarice
Hélas ! Je suis aussi à plaindre que vous.
Éraste
Si j'avais plus de temps, peut-être qu'à l'aide de quelques amis communs, j'aurais pu faire changer les choses.
Clarice
Vaine espérance, Éraste !
Éraste
Comment ?
Clarice
Mon père a donné sa parole, rien ne l'en fera départir.
Éraste
Je suis le plus malheureux des hommes.
Clarice
Hélas !
Éraste
Et le nom de cet heureux rival ?
Clarice
Je ne fais trop si je m'en souviendrai... Da... Dam...
Éraste
Damis ?
Clarice
Damis, justement.
Éraste
Damis !
Clarice
Oui, Damis.
Éraste
N'est-il pas de Pontoise?
Clarice
Précisément.
Éraste
Est-il possible ?
Clarice
C'est lui-même : vous le connaissez?
Éraste
Beaucoup. Vous ne vous trompez point ?
Clarice
Non, certainement. D'où vient cette surprise ?
Éraste
Ce Damis-là est le dernier des hommes ; et lorsque Monsieur Lisidor le connaîtra, je ne doute point qu'il ne retire sa parole.
Clarice
Il faudrait de puissants motifs.
Éraste
Aussi s'en trouverait-il ?
Clarice
Mais, encore, expliquez-moi...
Éraste
C'est un homme sans moeurs et sans foi, qui s'est plu à mettre le désordre dans plusieurs familles honnêtes, en séduisant des filles qui avaient été jusqu'alors sans reproche.
Clarice
Ah ciel ! Que me dites-vous là?
Éraste
La vérité. Il y a quelques mois, il paraissait sincèrement attaché à Isabelle, une des plus aimables filles de Pontoise ; on s'imaginait qu'elle saurait fixer enfin son inconstance : mais il paraît qu'elle a été trompée comme toutes les autres.
Clarice
L'abominable homme ?
Éraste
Et vous ne pensez pas que de pareilles raisons soient assez fortes pour rompre un engagement : qui ne peut que vous être funeste ?
Clarice
Hélas ! Je crains bien que non.
Éraste
Vous m'étonnez.
Clarice
Non ! Mon cher Éraste, tout cela ne fera que de pures bagatelles aux yeux de mon père.
Éraste
Quelles bagatelles !
Clarice
Oui, de pures bagatelles ; mon père a là-dessus des façons de penser qui me paraissent bien étranges ; il ne fait point de différence d'une débauchée qui a dépouillé toute honte, d'avec une personne vertueuse, mais faible, qui a eu le malheur de tomber dans les pièges d'un séducteur adroit. D'ailleurs il ne connaît pas d'autres vertus dans les personnes de votre sexe, que cette probité que l'on doit apporter dans le commerce des affaires ; mais il en dispense absolument avec nous...
Éraste
Oh bien ! Damis est véritablement son homme ; il devrait l'épouser : mais vous le donner à vous, rien n'est plus injuste ; vos principes méritent au moins d'être respectés.
Clarice
Hélas ! Il ne fait état que des siens. Mais, retirez-vous ; je crains qu'il ne rentre.
Éraste
Eh mais ! Je suis venu dans le dessein de lui parler.
Clarice
C'est une démarche inutile, et qui ne sert que l'aigrir.
Éraste
Il faut en courir l'événement ; je l'attendrai.
Clarice
Non, je vous prie ; revenez plutôt.
Éraste
Et pourquoi ?
Clarice
Ah ! S'il me voyait avec vous, tout serait perdu.
Éraste
Quoi ! Dans sa propre maison ! Dans un endroit ouvert à tout le monde !
Clarice
N'importe ; il est tellement indisposé contre notre sexe, qu'il nous croit toujours coupables, lors même qu'il n'y a pas lieu à un soupçon fondé.
Éraste
Voilà une étrange tyrannie.
Clarice
Mon père m'aime beaucoup : mais je suis la victime de ses faux principes. Le malheur qu'il a eu de ne fréquenter dans sa jeunesse que des femmes vicieuses, lui a donné pour notre sexe une sorte de mépris général duquel je ne suis point exceptée. Mais... Qu'entends-je ? Ciel ! C'est lui-même... Ah ! Comment faire ?...
Éraste
Laissez ; ne craignez rien.
Scène 2
Lisdor, Clarice, Éraste
À Clarice, d'un air courroucé.
Lisdor
Monsieur, je suis votre serviteur. Que faites vous ici, Mademoiselle ?
Clarice
Mon père, je ne fais que d'entrer pour recevoir monsieur, qui demandait à vous parler.
Lisdor
Eh bien, Monsieur ; que voulez-vous de moi ?
Éraste
C'est monsieur Lisidor, sans doute ?
Lisdor
Oui, c'est moi-même. À quoi puis-je vous être utile ?
Il l'embrasse.
Éraste
Ah ! Monsieur, permettez que cet embrassement...
Lisdor
Monsieur...
Éraste
Vous exprime la joie que j'ai de vous voir. Vous ne me connaissez pas.
Lisdor
Non, en vérité.
Éraste
Je suis de Pontoise, et je m'appelle Damis.
Clarice
Qui lui va-t-il conter ?
À Clarice, qui veut sortir.
Lisdor
Eh quoi ! C'est vous, mon ami ? Ventrebleu, qu'il est bien planté ! On ne m'avait pas trompé en me disant que vous étiez un joli homme. Ici, petite fille ; un moment.
Éraste
Monsieur, vous me flattez.
Lisdor
Ah ! De la modestie ! Bien, bien, j'aime assez cela ; mais, avec votre figure, on peut s'en passer, mon gendre.
Éraste
Monsieur, j'ai toujours compté pour peu les avantages de la figure, et je commencerais aujourd'hui à faire cas de la mienne, si elle plaisait à la charmante Clarice.
Lisdor
Oui, oui, oui, elle lui plaira, je vous en réponds, moi; elle serait parbleu bien difficile ; vous pouvez compter sur ma parole. Écoute, Clarice, voilà le mari que je te donne ; n'en es-tu pas contente ?
Clarice
Je suis disposée à vous obéir en tout, mon père.
Il fait un signe de satisfaction à Clarice et la congédie.
Lisdor
Je m'en doutais ; ce que c'est que la bonne éducation !
Scène 3
Lisdor, Éraste
Lisdor
Eh bien ! Mon gendre, qu'en dites-vous ? Elle n'est pas mal au moins, ma Clarice, et vous ne devez pas être fâché de l'emplette.
Éraste
Ah ! Monsieur, je ferai le plus heureux des hommes !
Lisdor
J'ai pris tous les soins imaginables pour la bien élever : je n'en garantis pas absolument le succès : car vous savez aussi bien que moi, ce que c'est que les femmes ; mais si l'on peut répondre de quelqu'une, tenez, c'est de ma Clarice.
Éraste
Monsieur, vous pouvez en répondre hardiment : la réputation de Mademoiselle...
Lisdor
Eh ! Mon Dieu, mon gendre, ne nous faisons point d'illusions ; ma fille est bien née, je la crois sage, et vous le croyez aussi, voilà tout ce qu'il faut. Tâchons de demeurer l'un et l'autre dans cette persuasion le plus longtemps que nous pourrons, et nous ferons heureux. Oh ça ! Depuis quand êtes-vous arrivé de Pontoise ?
Éraste
À l'instant ; j'ai pris à peine le temps de me débarrasser de mes habits de voyage.
Lisdor
Vous avez bien fait ; mais il fallait descendre chez moi, et y faire conduire votre bagage : au point où nous en sommes, vous devez regarder ma maison comme la vôtre. Et le papa Géronte, comment se porte-t-il ?
Éraste
Tout doucement, autant que le comporte ton grand âge.
Lisdor
Hon ! Hon ! Mais il n'est pas si vieux.
Éraste
Non pas absolument, si vous voulez ; mais ses infirmités le vieillissent un peu.
Lisdor
Ses infirmités ! Je ne lui en connais pas d'autres que sa goutte.
Éraste
C'est cela même ; c'est une terrible infirmité que celle-là, convenez qu'elle en vaut bien d'autres.
Lisdor
Je vous en réponds, je le fais par expérience. Il souffre donc beaucoup, le bon homme.
Éraste
Excessivement.
Lisdor
J'en fuis vraiment fâché. Ce font des fruits de la vieille guerre ; nous étions deux égrillards. Mais, dites-moi, devient-il un peu plus raisonnable ; je le sermone actuellement, moi. Tenez, mon gendre, il est un temps pour tout ; on m'a dit de vos nouvelles ; je ne vous en fais pas de reproche ; à votre âge, rien n'est plus naturel.
Éraste
Moi ! Monsieur.
Lisdor
Oui, vous ; il est inutile de faire ici le mystérieux ; d'ailleurs il suffit de vous voir, mon gendre ; où est le joli homme qui n'aie eu des aventures galantes ?
Éraste
Monsieur, ce font des bagatelles que je tâche d'oublier.
À demi-bas.
Lisdor
Eh ! Oui, oui, oui, tâchez, tâchez toujours : Les nouvelles aventures font oublier les vieilles ; mais pour notre ami, franchement, je le désapprouve. Dites un peu, qu'est devenue la petite Manon, cette brune-là, qui déplait tant à Madame Géronte ?
Éraste
Monsieur, je ne fais ce que vous voulez dire.
Lisdor
Allons donc, quelle enfance ! Vous ne me persuadez pas que vous ignorez ces choses-là.
Éraste
Monsieur, en tout cas je mets tout en oeuvre pour les oublier bien vite, et j'y réussis.
Lisdor
Bien, bien ; j'aime votre discrétion, mon gendre : je ne puis vous en savoir mauvais gré ; mais apprenez que je suis l'intime de votre père, et quoique je ne l'aie pas vu depuis près de vingt ans, il n'a pas d'ami plus chaud que moi : je m'intéresse vivement à tout ce qui le concerne, et j'ai soin de le tancer, comme il le mérite, de ses folies : ainsi vous ne risquez rien de vous ouvrir à moi.
Éraste
J'y serais très disposé, Monsieur ; mais, à vous parler franchement , je m'occupe peu de la conduite de mon père, pour jouir de mon côté d'une liberté plus entière : ce sont nos conventions.
À Éraste, qui a l'air inquiet.
Lisdor
Eh ! Eh ! Eh ! L'habile garçon ! Oh ça, brisons là-dessus , monsieur le discret, nous n'en ferons pas moins bons amis. Dites un peu, il ne viendra pas, suivant toute apparence, le pauvre cher homme ? Vous avez l'air inquiet, mon gendre, qu'avez-vous ?
Éraste
Je vous demande pardon, Monsieur.... J'ai donné à mon valet... quelques ordres...
Éraste sort.
Lisdor
Liberté entière, mon gendre, liberté entière.
Scène 4
Lisdor
Lisdor
Il n'est, ma foi, pas mal, ce garçon-là, pas mal du tout. J'avais quelqu'inquiétude sur la parole que j'ai donnée à mon vieil ami, sans connaître son fils ; mais heureusement je n'ai point à me repentir, et la petite fille doit être fort contente.
Scène 5
Picard, Lisdor
Picard
Monsieur Damis.
Lisdor
Comment dis-tu ?
Picard
Monsieur Damis, monsieur.
Picard sort.
Lisdor
Mon gendre ? Eh parbleu, il sort d'ici.
Scène 6
Lisdor, Isabelle
Isabelle travestie en homme, entre une lettre à la main, et salue Lisidor sans rien dire.
Lisdor
Qui demandez-vous, Monsieur ?
Isabelle
Monsieur Lisidor : je viens lui présenter mes très humbles respects.
Lisdor
De quelle part ? Qui êtes-vous ? Voilà bien des révérences.
Isabelle
Je suis Damis, de Pontoise.
Lisdor
Qui ? Vous !
Isabelle
Voici une lettre de mon père qui vous expliquera le sujet de ma visite.
Il lit bas.
Lisdor
Voyons. C'est parbleu son écriture. Je suis confondu : voilà une étrange effronterie.
Haut.
Isabelle
Ah ciel ! Tout est découvert, je suis perdue. Cet accueil me surprend ; Monsieur, et la lettre de mon père semblait me promettre...
Lisdor
Ce n'est pas pour vous que je parle, mon cher ami ; mais il vient de m'arriver une singulière aventure.
Isabelle
Comment donc ?
Lisdor
Un maître fourbe fort d'ici, qui s'est annoncé sous votre nom.
Haut, riant forcément.
Isabelle
Damis m'aurait-il prévenue ? Le tour est vraiment original.. :
Lisdor
Dites que le tour est pendable, mon ami, dites que le tour est pendable. Comment, moi morbleu ! M'affronter ainsi, moi !... Ah ! Je lui apprendrai à qui il se joue.
Isabelle
Monsieur, je me flatte que vous ne doutez pas...
Lisdor
Eh non, vous dis-je, la chose est claire maintenant. Vous avez l'air d'un honnête homme, vous ; d'ailleurs la lettre de votre père ne me laide aucun doute... Ce drôle-là est un hardi coquin.
Isabelle
Je vous assure.
Lisdor
Mais je le tiens, et il fera la dupe de sa propre ruse.
Isabelle
Comment ferez-vous ?
Lisdor
Il doit revenir, et comme il ne sait point votre arrivée, je me propose de le confondre et de le mettre entre les mains de la Justice.
Isabelle
Ah ! Gardez-vous-en bien.
Lisdor
Et pourquoi ?...
Isabelle
Peut-être est-ce un jeune fou sans expérience.
Lisdor
Tant pis pour lui.
Isabelle
Qui ne sentait pas la conséquence d'une pareille démarche.
Lisdor
Il l'apprendra.
Isabelle
Voudriez-vous causer la perte de ce malheureux ?
Lisdor
C'est sa faute.
Isabelle
Jeter la désolation dans une famille honnête et la couvrir de honte ?
Lisdor
J'en fuis fâché. Mais si vous fussiez arrivé plus tard de quelques jours, il épousait ma fille. Hein ? L'histoire aurait-elle été gentille ? Un malheureux aventurier, que fais-je, moi ? Je m'en rapporte à vous.
Isabelle
Votre colère est juste ; mais permettez-moi aussi quelques réflexions : Si c'était quelqu'amant secret de votre fille ; car elle ne m'a jamais vu, et si elle a le coeur prévenu pour quelqu'autre, ils ont pu concerter ensemble la supercherie qui vous chagrine. Songez-y.
Lisdor
Effectivement, ce que vous me dites là peut fort bien être vrai.
Isabelle
Faites-y attention : il serait très fâcheux de prendre un parti qui compromettrait l'honneur de votre fille et le vôtre.
Lisdor
J'ai peine à croire que ma fille ait osé se prêter à une pareille action ; mais ce maudit sexe-là est si trompeur, que franchement je ne pourrais en répondre.
Isabelle
C'est pour cela que je vous conseille de demeurer en repos, et de vous contenter de faire défendre votre porte à l'imposteur.
Lisdor
Non ferai, de pardieu ; je vais commencer par interroger Clarice, et si je la trouve coupable, un bon couvent m'en fera raison.
Isabelle
Comment y parviendrez-vous ? Elle ne l'avouera pas.
Lisdor
Je l'y forcerai bien.
Isabelle
Le sexe est si dissimulé : vous le savez.
Lisdor
Oh ! S'il est dissimulé, je suis fin, moi ; et l'on ne me trompe pas aisément.
Isabelle
À votre place, ce ne serait point le parti que je prendrais.
Lisdor
Et que feriez-vous?
Isabelle
Sans revenir sur ce qui s'est passé, je bannirais le faux Damis, et je suivrais mon premier dessein.
Lisdor
Eh quoi ! Mon ami, êtes-vous toujours dans la résolution d'épouser ma fille ?
Isabelle
De tout mon coeur.
Lisdor
Que je vous embrasse, vous pensez en brave garçon.
Isabelle
Bon, ne fais-je pas que ces petites fantaisies-là passent chez les filles en aussi peu de temps qu'elles leur viennent.
Lisdor
Vous avez raison : touchez là, mon gendre ; ma foi, vous pensez sensément ; à votre âge, c'est vraiment extraordinaire. Quel âge avez-vous ? Vous me paraissez bien jeune.
Isabelle
Mais, quelques vingt-cinq ans.
Lisdor
Parbleu, on ne s'en douterait pas, à peine vous donnerais-je dix-huit ans. Morbleu, le bel âge ! Et qu'il passe vite. Mon gendre, vous vous en apercevrez.
Isabelle
Oh, Monsieur, je vois mes belles années s'écouler sans peine.
Riant.
Lisdor
Et vous ne les employez pas mal ; je sais de vos nouvelles. Eh, eh, eh, vous connaissez à Pontoise une certaine Isabelle, n'est-ce pas ? Eh, eh, eh.
Isabelle
Moi, Monsieur.
Lisdor
Vous, oui, vous. Allez, allez, mon garçon, rassurez-vous ; ce n'est pas que je vous en fasse des reproches.
Isabelle
Mais encore un coup, Monsieur, que vous a-t-on dit de cette Isabelle ?
Lisdor
Bon, ce que l'on en devoir dire ; c'est quelque petite coquette, là, comme on en trouve tant à votre âge, qui vous a fait passer agréablement quelques mois.
Isabelle
Monsieur, vous vous trompez, et vous êtes mal informé ; je ne connais point cette Isabelle, dont j'ai seulement entendu parler comme d'une très honnête fille.
Isabelle sort.
Lisdor
Encore une fois, mon gendre, je ne vous en veux pas de mal. Lorsque j'étais jeune, je faisais comme vous ; et je ne fuis pas assez injuste pour blâmer dans les autres ce dont je n'ai pu me garantir moi-même. Mais je vous amuse ici ; vous voudriez voir votre future, n'est-ce pas ? Entrez, je vous suis à l'instant.
Scène 7
Lisdor
Lisdor
Parbleu, l'aventure est comique et le véritable Damis a suivi de près l'imposteur. Un petit moment plutôt ils se rencontraient, et...
Scène 8
Picard, Lisdor
Picard
Il y a encore là-bas un Monsieur qui dit s'appeler monsieur Damis, et qui demande à vous parler.
Lisdor
Encore un Damis ? Je crois qu'il en pleut.
Picard
Ferai-je entrer, monsieur ?
Haut, à Picard.
Lisdor
Oh ! Parbleu, je tiens celui-ci. Oui ; et dis à mon gendre que je l'attends ici.