Comédie · 1889

Le Docteur Sourabaya

d’Adolphe Carcassonne

Représentation
≈ 15 min
Distribution
1 femme, 3 hommes
Répliques
175
Écriture
En prose
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Bonne-Maman F 52 ≈ 4 min 3
Roger H 30 ≈ 4 min 4
Le Docteur Sourabaya H 38 ≈ 4 min 1
Félix H 50 ≈ 3 min 3
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Le Docteur Sourabaya
Bonne-Maman absentabsent
Roger absent
Le Docteur Sourabaya absentabsentabsentabsent
Félix absentabsent
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Le Docteur Sourabaya

Scène 1

Roger, Félix

La chambre de Félix. - Une table au milieu. - Un sofa a droite. - Portes des deux côtés et au fond. Au lever du rideau, Félix est allongé sur le sofa, Roger est assis auprès de lui.

Roger

Ah ! Ça, mon cher Félix, est-ce que cette maladie va durer longtemps encore ?

Félix

J'en ai peur.

Roger

Il me semble pourtant qu'elle devrait être guérie.

Félix

Tu n'y penses pas. Vois donc tout ce que j'ai : coliques, douleurs de reins, et surtout un affaiblissement dans la jambe droite qui me fait marcher comme un boiteux. Avec cela...

Roger

Quoi ! Il y a autre chose?

Félix

Bien sûr ; avec cela des maux de tête et des étourdissements à ne pas pouvoir rester debout.

Roger

Et même à dormir debout.

Félix

Tu as l'air de ne pas me croire.

Roger

Veux-tu que je te dise toute ma pensée ?

Félix

Dis.

Roger

Eh bien ! Non, je ne crois pas à ta maladie.

Félix

C'est trop fort !

Roger

Je crois plutôt que tu tiens à te faire dorloter et surtout à ne pas aller à l'école.

Félix

Ce que tu dis là n'est pas d'un ami.

Roger

Tu sais combien ta bonne maman est faible pour toi et tu en profiles.

Félix

Elle me voit souffrir et elle cherche à me soulager.

Roger

Elle n'y est pas encore parvenue.

Félix

Pas encore, c'est vrai.

Roger

Et je crains qu'elle n'y parvienne pas de longtemps.

Félix

C'est bien possible.

Roger

J'ai donc raison de croire que tous les maux dont tu te plains ne sont qu'un prétexte.

Félix

Et moi, j'ai raison de croire que tu n'es pas mon ami.

Roger

Au contraire, tu devrais me remercier de ma franchise. Crois-moi, mon cher Félix, dans ce que tu fais il y a un mauvais service et une mauvaise action.

Félix

Ah ?

Roger

Le mauvais service retombe sur toi. Si tu continues à ne pas aller à l'école, que deviendras-tu plus tard ? Tu ne sais rien et tu n'apprends rien ; tu seras donc toute ta vie un ignorant.

Félix

Ça ne me chagrine pas.

Roger

C'est ton droit, puisqu'il ne s'agit que de toi ; mais ce qui devrait te chagriner, et voilà la mauvaise action, c'est la triste existence que tu fais à ta bonne maman. Pauvre femme ! Elle n'a que toi, elle ne pense qu'à toi, et tu la rends malheureuse par tes plaintes et par des souffrances qui...

Félix

Vas-tu recommencer ?

Roger

Non, si cela t'ennuie.

Il porte la main à son ventre.

Il sort en boitant par la porte de droite.

Félix

Eh bien ! Oui, cela m'ennuie... Après tout, garde tes observations pour toi et laisse-moi tranquille... Je fais ce que je veux et cela ne te regarde pas... Tu me rends encore plus malade. Ah ! Quelles coliques !

Scène 2

Roger

Il se dirige vers la porte du fond lorsque Bonne Maman entre ; elle a dans la main un petit sac en papier qu'elle met sur la table.

Roger

Il a peut-être raison... Qu'ai-je avoir dans ce qu'il dit souffrir ? Qu'ai-je à faire avec ses coliques ? Qu'il soit actif ou paresseux, intelligent ou bête, que m'importe ? Ma foi, qu'il fasse ce que bon lui semble.

Scène 3

Bonne-Maman, Roger

Bonne-Maman

Bonjour, mon ami, vous êtes venu voir Félix.

Roger

Oui, Madame, je suis venu passer un moment avec lui.

Bonne-Maman

Que vous êtes gentil !... Mais je ne vois pas ce cher enfant.

Roger

Il reviendra bientôt.

Bonne-Maman

Encore indisposé ! Toujours souffrant ! C'est affreux à son âge.

Roger

Voilà longtemps qu'il est ainsi.

Bonne-Maman

Plus de trois mois. Aussi, mon inquiétude est très vive et elle s'augmente encore chaque jour. Mon cher Félix ! Que de souffrances à la fois ! Maux de tête, coliques, douleurs de reins... Mais ce qui me tourmente le plus, c'est l'affaiblissement de la jambe droite ; je crains une paralysie. Ah ! Si un pareil malheur arrivait, j'en mourrai.

Roger

Pauvre femme !

Bonne-Maman

Je le crois, mais cela n'arrivera pas et il ne faut pas désespérer.

Bonne-Maman

C'est cependant désespérant, car, je le répète, il me semble voir Félix dépérir chaque jour.

Roger

Il doit, sans doute, manquer d'appétit ?

Bonne-Maman

Non ; au contraire, il mange très bien.

Roger

Et il doit avoir des nuits très agitées ?

Bonne-Maman

Pas du tout, il dort très bien. Je vais auprès de lui chaque nuit et j'ai toujours remarqué que son sommeil est calme et paisible. Sans cela, que serait devenu mon pauvre petit ?

Roger

N'avez-vous pas consulté un médecin ?

Bonne-Maman

J'en ai même consulté plusieurs.

Roger

Eh bien ?

Bonne-Maman

Ils n'y comprennent rien ; leurs ordonnances n'ont produit aucun effet.

Roger

Les maux de tête et les coliques ne sont pourtant pas difficiles à guérir.

Bonne-Maman

Oui, mais la paralysie de la jambe ?

Après un silence.

Roger

C'est là votre plus grande crainte. Eh bien ! Écoutez-moi.

Bonne-Maman

Dites, mon enfant.

Roger

Un ami de mon père vient d'arriver de l'Inde avec un docteur célèbre dont les cures ont fait grand bruit sur les bords du Gange. Le docteur Sourabaya est considéré, dans ces pays lointains, comme un véritable sauveur. Tout le monde parle de sa science et des découvertes qu'il a faites. Or, comme il loge à la maison, je vais, si vous le voulez, le prier de se rendre ici ; je suis sûr qu'il viendra tout de suite. Le voulez-vous ?

Bonne-Maman

Si je le veux ! Mais j'en suis bien heureuse ! Oui, j'accepte avec reconnaissance l'offre obligeante que vous me faites et je vous en remercie de tout mon coeur.

Il se dirige vers le fond, puis il se retourne.

Roger

Je me rends donc auprès du docteur. Ce ne sera pas long, puisque nous sommes presque voisins. Ne dites rien à Félix de cette visite. Il faut que le docteur se rende bien compte de son état pour indiquer le traitement à suivre.

Elle court l'embrasser. Roger sort.

Bonne-Maman

Soyez tranquille. Merci, mon enfant... Ah ! Que je vous embrasse !

Scène 4

Bonne-Maman, Félix, Une Bonne

Félix rentre et se met à boiter en regagnant le sopha.

Bonne-Maman

Je n'ai jamais eu autant d'espoir qu'aujourd'hui... Il me semble que ce docteur va guérir mon cher Félix... L'Inde est le pays des merveilles et la science, là-bas, a des secrets qui nous sont inconnus.

Bonne-Maman

Eh bien ! Mon chéri, comment te sens tu ?

Félix

Très mal, Bonne Maman, très mal.

Bonne-Maman

Quoi ! Tu souffres toujours autant ?

Félix

Autant et même plus. Ma jambe est lourde comme elle ne l'a jamais été ; je ne puis presque plus marcher.

Bonne-Maman

Aie du courage, tu guériras.

Félix

Tu me le dis toujours et je ne suis pas guéri.

Bonne-Maman

Mais je suis sûre que lu le seras. Voyons, mon chéri, essaie un peu de marcher.

Il se lève et il fait quelques pas avec effort et en boitant beaucoup.

Il se remet sur le sofa.

Félix

Pourquoi me fatiguer encore ?.. Enfin, si tu le veux... Tu vois bien que je ne puis pas. Je ne guérirai jamais.

Bonne-Maman

Moi, je sais le contraire. Il faut avoir un peu de patience.

Félix

C'est bon à dire.

Bonne-Maman

Tiens, voilà pour t'en donner un peu.

Félix

Des gâteaux ?

Bonne-Maman

Oui, et des meilleurs que j'ai pu trouver... Mange d'abord ce baba, il a l'air excellent.

Félix

Il est parfait et je le mange très volontiers. Tu n'en as porté qu'un, Bonne Maman ?

Elle prend des petits biscuits ronds et plats.

Bonne-Maman

Oui, mon chéri, mais je t'ai apporté autre chose. Des biscuits...

Il mange.

Félix

Qu'on appelle des patiences... Je les aime aussi beaucoup.

Bonne-Maman

Je suis heureuse de te voir manger ainsi.

Félix

Est-ce qu'il n'y en a plus ?

Bonne-Maman

En voilà encore.

Félix

C'est très bon et, comme tu le dis, ça fait prendre patience... Est-ce qu'il n'y en a plus ?

Bonne-Maman

Non, mon enfant, ça ne peut pas durer toujours.

Félix

Ne te fâche pas, Bonne Maman.

Riant.

Bonne-Maman

Me fâcher ! Pourquoi ? Ce n'est pas moi, c'est le sac qui est à bout de... patience.

Une Bonne

Le docteur Sourabaya.

Félix

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Le docteur entre tenant une trousse qu'il pose sur la table ; il est enveloppé dans une grande robe et il porte une barbe noire. Il est suivi de deux aides également enveloppés dans une robe et portant une barbe ; ils se placent de chaque côté de la porte du fond. - La bonne sort.

Bonne-Maman

C'est un savant docteur indien qui...

Scène 5

Le Docteur Sourabaya, Aide De Droite, Aide De Gauche, Bonne-Maman, Félix, Un Des Aides, Autre Aide, Roger

Le Docteur Sourabaya

Indiana ! Ramayana ! Mayana !

en s'inclinant profondément

Aide De Droite

Ramayana !

même jeu

Aide De Gauche

Ramayana !

Se reprenant.

Le Docteur Sourabaya

Salufa, Madama, al noma Brahma... Pardon, Madame, je vous parle indien... C'est un oubli... Excusez-moi.

Bonne-Maman

Vous n'ayez pas à vous excuser, docteur ; c'est nous qui avons à vous demander pardon du dérangement que nous vous causons en vous faisant venir ici.

Le Docteur Sourabaya

Les docteurs sont faits pour tous les dérangements, même ceux d'intestins... Vous avez ici un malade, n'est-ce pas ?

Bonne-Maman

Oui, docteur, mon cher petit Félix.

Le Docteur Sourabaya

De quoi souffrez-vous ?

Félix

De la tête, des reins et du ventre.

Bonne-Maman

Parle aussi de ta jambe engourdie.

Le Docteur Sourabaya

Ah ! Il y a une jambe engourdie ?

Bonne-Maman

Oui, et c'est ce qui m'inquiète le plus.

À Félix.

Félix se met sur son séant et le docteur vient poser l'oreille sur sa tète.

Le Docteur Sourabaya

Nous verrons cela tout à l'heure. Commençons par le commencement ; occupons-nous de la tête. Mettez-vous sur votre séant.

Bonne-Maman

Que faites-vous, docteur ?

Le Docteur Sourabaya

J'ausculte le cerveau.

Bonne-Maman

Ah ?

Il remet l'oreille sur la tête de Félix et il demeure ainsi un instant.

Le Docteur Sourabaya

En Europe, où la science est encore fort en retard, on ausculte la poitrine. Chez nous, on ausculte aussi le cerveau et l'on voit très clairement ce qui s'y passe. Vous avez presque toujours des douleurs, n'est-ce pas ?

Félix

Oui.

Le Docteur Sourabaya

Et, par moments, elles deviennent plus fortes ?

Félix

Oui.

Le Docteur Sourabaya

C'est bien cela, j'ai vu.

Bonne-Maman

Eh bien ! Docteur ?

Le Docteur Sourabaya

Le cerveau s'est gonflé et ce gonflement cause les douleurs éprouvées. Quand ces douleurs deviennent plus vives, c'est qu'il se forme un gonflement sur le gonflement.

Bonne-Maman

Ah ! Mon Dieu !

Le Docteur Sourabaya

Cela a été déterminé par un excès de travail.

Félix

Oui, bonne maman, le docteur a raison et j'ai besoin de repos.

Le Docteur Sourabaya

D'un repos absolu.

Bonne-Maman

Très bien.

Le Docteur Sourabaya

Passons maintenant au ventre. Voyons, avez-vous des coliques do haut en bas ?

Félix

Oui, de haut en bas.

Le Docteur Sourabaya

Pas de long en large ?

Félix

Non, de haut en bas.

Le Docteur Sourabaya

C'est bien cela, c'est un ver perpendiculaire.

Bonne-Maman

Mon pauvre petit !

À Félix.

Le Docteur Sourabaya

Un ver rongeur de premier degré. Vous aimez beaucoup les gâteaux, sans doute ?

Bonne-Maman

Beaucoup, peut-être trop.

Le Docteur Sourabaya

N'en accusez pas le sujet, Madame. C'est le ver qui aime les gâteaux et qui manifeste son désir en se remuant et en donnant ainsi des coliques. Il est inutile de s'occuper des maux de reins, ils tiennent à la même cause et j'indiquerai tout à l'heure ce qu'il faut faire.

Félix

Il faut un repos absolu.

Le Docteur Sourabaya

Maintenant, passons à la jambe.

Bonne-Maman

Oui, docteur.

Le Docteur Sourabaya

Quelle est celle dont vous souffrez ?

Félix

La droite ; je n'en souffre pas, mais je ne puis pas m'en servir.

Félix se lève et il fait quelques pas en boitant très fortement.

Le Docteur Sourabaya

Ce qui est pire, car il est toujours facile de guérir une douleur. Voyons, levez-vous et marchez.

Le Docteur Sourabaya

Cela vous fatigue.

Il se rassied sur le sofa.

Félix

Beaucoup.

Le Docteur Sourabaya

Vous éprouvez une grande lourdeur, comme si votre jambe dormait, n'est-ce pas ?

Félix

Oui.

Le Docteur Sourabaya

Vous devez sentir aussi un certain engourdissement dans la jambe gauche ?

Félix

Oui.

Le Docteur Sourabaya

C'est très grave et vous avez bien raison d'en être préoccupée.

Bonne-Maman

Vous m'effrayez, docteur.

Félix

Il me faut un repos absolu.

Le Docteur Sourabaya

C'est une paralysie.

Bonne-Maman

Je le pressentais.

Le Docteur Sourabaya

Or, écoutez bien ceci : Quand un oeil s'en va, l'autre le suit ; quand un poumon se prend, l'autre se prend aussi. La jambe droite du sujet est prise de paralysie, et voilà que la gauche commence à l'être. Il faut un remède immédiat et énergique.

Bonne-Maman

De grâce ! Docteur, apportez ce remède.

Il ouvre la trousse de laquelle il sort un bistouri et il s'approche de Félix.

Le Docteur Sourabaya

Le voilà.

Félix

Ah ! Ça ! Qu'est-ce que vous allez faire ?

Le Docteur Sourabaya

Je vais vous couper la jambe droite.

Félix

Hein ?

Bonne-Maman

Que dites-vous ?

Le Docteur Sourabaya

Il le faut, il le faut absolument. Si nous ne coupons pas la jambe droite, la gauche se paralysera, puis, le corps, puis, la tête, puis...

Bonne-Maman

Puis ?

Le Docteur Sourabaya

Ce sera fini. Il faut donc couper et couper immédiatement.

Félix

Non ! Je ne veux pas !

Bonne-Maman

Pourtant, mon chéri...

Félix

Je ne veux pas !

Le Docteur Sourabaya

Quand le docteur Sourabaya a fait une prescription, il faut qu'on l'exécute.

Félix

Je ne veux pas ! Je ne veux pas !

Le Docteur Sourabaya

Ramayana ! Mayana !

Un Des Aides

Ramayana !

Autre Aide

Ramayana !

L'un des aides sort une corde de sa robe.

Le Docteur Sourabaya

Préparationa cordona.

Les aides vont vers Félix qui bondit sur lui-même et se met à courir sur la scène sans songer à boiter. Les aides le poursuivent en criant :

Le Docteur Sourabaya

Empoignana garçona, opérationa jamba ! Ramayana ! Mais ils ne peuvent l'atteindre.

Le Docteur Sourabaya

Il me semble qu'il est plus dégourdi qu'engourdi.

Bonne-Maman

En effet et je n'y comprends rien. Après avoir fait, avec, la même rapidité, deux fois le tour de la scène, Félix vient se réfugier auprès de Bonne maman.

Bonne-Maman

Monsieur mon petit-fils, vous ne pouviez plus marcher et je vous vois courir ; vous étiez très malade et vous voilà très bien. Qu'est-ce que cela signifie ?

Félix

Cela signifie... Cela signifie... Vrai, je n'ose pas.

Bonne-Maman

Dire la vérité est le meilleur moyen de faire pardonner les fautes commises.

Félix

Eh bien ! Oui, je dirai tout : Pour avoir des gâteaux et ne pas aller à l'école, j'ai fait le malade.

Bonne-Maman

Gourmand et paresseux ! C'est affreux !... Et dire que j'ai cru à celte maladie !

Le Docteur Sourabaya

Beaucoup trop, en vérité.

Bonne-Maman

Mais, docteur, vous y avez cru vous-même.

Il ouvre sa robe et il enlève sa barbe, les aide ; en font autant.

Le Docteur Sourabaya

Non, le docteur Sourabaya ne pouvait croire... À ce que l'ami Roger et ses frères n'ont jamais cru.

Félix

Roger !... Tu m'as fait une fière peur !

Roger

Je le crois bien. Je me suis servi de tous les mots dont se sert mon cousin Émile, l'étudiant en médecine, et j'ai même pris sa trousse qu'il a laissée hier à la maison. Tu as eu grand peur, mais il fallait mettre fin à la comédie jouée.

À Bonne maman.

Félix

Et je t'en remercie. Bonne maman, me pardonnes-tu ?

Roger

Le pardon est le traitement que j'impose.

Félix

Je suis déjà bien puni, puisque je vois que je n'aurai plus de gâteaux.

Bonne-Maman

En te pardonnant, je ne puis supprimer ce que tu aimes ; je te porterai donc des gâteaux, mais à l'école et à l'école seulement.

Félix

Bonne maman, j'y rentre demain, sans faute.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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