La Poupée
Scène 1
Mademoiselle Minette
Impromptu.
Mademoiselle Minette
Eh bien ! Mademoiselle, ferez-vous ce que je vous dis ? Voulez-vous bien vous tenir droite ? Songez que je suis votre bonne, et qu'une bonne a droit de vous faire obéir, de vous gronder quand elle veut, et de vous corriger quand vous n'obéirez pas... Eh bien !... À qui est-ce que je parle ? Voulez-vous... Eh bien !... Ah ! Vous avez de l'humeur... Eh bien ! Vous aurez une tape sur l'épaule, comme ma bonne m'en donne souvent plus mal-à-propos ; oui, je ne suis pas si méchante pour vous, que ma Bonne l'est pour moi, et vous n'en êtes pas plus obéissante ; mais je ferai tout comme elle, et vous aurez affaire à moi.
Scène 2
La Bonne, Mademoiselle Minette
La Bonne
Ah ! ah ! Mademoiselle, vous dites-là de jolies choses à votre poupée ; je vous frappe donc mal-à-propos ; je fuis donc méchante ; allons donnez-moi votre Poupée tout-à l'heure. Elle prend la poupée. Vous ne la reverrez de huit jours pour vous apprendre à lui tenir de pareils discours.
Mademoiselle Minette
Mais, ma Bonne, je ne savais pas que vous étiez-là ; oh ! Rendez-moi ma Poupée.
La Bonne
Non, Mademoiselle.
Mademoiselle Minette
Vous ne voulez pas ?
La Bonne
Non, vous dis-je, elle est avec vous en trop mauvaise compagnie ; vous lui dites des menteries, et cela n'est pas bien.
Mademoiselle Minette
Eh bien ! Ma Bonne, c'est vrai, je lui ai dit que vous êtes méchante, et ce ne sont pas des menteries, comme vous voyez, puisque vous voulez m'ôter ma poupée ; aussi pourquoi écoutez vous ce que je lui dis ? Ça n'est pas bien d'écouter les personnes qui parlent ensemble, seriez-vous bien aise que je vous écoutasse moi, quand vous causez avec Dubois, le valet de chambre de mon Papa, et qui vous dit bien d'autres choses que tout ce que j'ai dit à ma Poupée ?
La Bonne
Mademoiselle, quand je cause avec lui, nous ne disons du mal de personne.
Mademoiselle Minette
Ah ! Vraiment, je le sais bien, vous ne vous dites que des choses sort gracieuses à l'une et à l'autre.
La Bonne
Voilà qui est bien, il ne s'agit point de cela.
Mademoiselle Minette
Eh bien ! Rendez-moi ma poupée.
La Bonne
Non, vous ne l'aurez pas, sûrement.
Mademoiselle Minette
Vous ne voulez donc pas me la rendre, une fois, deux fois, vous ne voulez pas ?
La Bonne
Non.
Mademoiselle Minette
Eh bien ! Emportez-la, je sais bien ce que je ferai.
La Bonne
Eh ! Que ferez-vous s'il vous plaît ?
Mademoiselle Minette
Allez, je me la ferai bien rendre. Ah ! Tenez, j'entends parler Monsieur de la Fayette, qui est mon bon ami et celui de Maman : je m'en vais lui dire qu'il me la fasse rendre.
La Bonne
Ah ! Vous pouvez lui dire tout ce qu'il vous plaira, mais il ne me forcera pas de vous la rendre.
Scène 3
Mademoiselle Minette, Monsieur De La Fayette, La Bonne
Mademoiselle Minette
Mon bon ami, tenez, voilà ma Bonne qui vient de me prendre ma Poupée, parce que je causais avec elle, et qui veut me la garder pendant huit jours.
Monsieur De La Fayette
Et pourquoi cela ? Ah ! La Bonne, rendez la poupée à Mademoiselle Minette, à ma considération.
La Bonne
Non, Monsieur, je vous considère beaucoup, mais j'ai des raisons de punir Mademoiselle des propos ridicules qu'elle tient à sa poupée, en lui ôtant les moyens de s'entretenir avec elle, comme elle fait, sur mon compte.
Monsieur De La Fayette
Eh ! Qu'est-ce qu'elle lui disait donc sur votre compte ?
Mademoiselle Minette
Eh bien ! Je lui disais, que vous êtes méchante, ma Bonne ! Et cela est vrai, tant que vous ne voudrez pas me rendre ma poupée.
Monsieur De La Fayette
Allons, la Bonne, rendez-la lui, elle ne le dira plus.
La Bonne
Non, Monsieur, vos prières sont inutiles, je ne la rendrai pas.
Mademoiselle Minette
Voyez, mon bon ami, si j'ai tant menti que ma Bonne le dit ; mais demandez lui donc plus fort.
Monsieur De La Fayette
La Bonne. Je veux absolument, je veux absolument que vous rendiez à Minette sa poupée.
La Bonne
Et moi, je ne veux pas la rendre.
Mademoiselle Minette
Vous voyez, comme elle est obstinée ; eh bien ! Elle dira que c'est moi ; je sais bien quel qu'un qui me la fera rendre.
La Bonne
Oui, nous verrons.
Scène 4
Monsieur De La Fayette, Mademoiselle Minette, La Mère, La Bonne
Monsieur De La Fayette
Madame, je vous donne le bonjour. Ah ! Madame, Mademoiselle Minette a bien du chagrin.
Mademoiselle Minette
Ah ! Ma chère Maman, vous venez bien à propos ; baisez-moi donc, ma petite Maman.
La Mère
Bonjour, Minette. Eh bien ! Qu'est-ce qu'il y a donc ? Quelque mécontentement que vous avez donné à votre Bonne, je gage, Mademoiselle ; vous savez que je n'aime pas cela.
Mademoiselle Minette
Ni moi non plus, Maman, car c'est toujours moi qui en suis punie : mais, Maman, je ne saurais plus avoir recours qu'à vous, pour l'avoir ma poupée, que ma Bonne m'a ôtée.
La Mère
Votre Bonne vous a ôté votre Poupée, apparemment parce que vous le méritez.
La Bonne
Oui, Madame, Mademoiselle lui dit des choses qui ne sont pas bien ; elle lui fait entendre que je suis méchante, que je ne sais ce que je dis, ce que je fais.
La Mère
Ah ! ah ! Mademoiselle, en ce cas votre Bonne a bien fait.
Mademoiselle Minette
Eh bien ! Ma chère Maman, faites-moi la rendre, cela ne m'arrivera plus, je vous le promets.
Monsieur De La Fayette
Allons, Madame, cette promesse là doit vous désarmer ; Mademoiselle Minette n'a plus que vous pour ressource, car elle a prié sa Bonne inutilement ; mon crédit n'a rien fait non plus, ainsi...
À l'enfant.
La Mère
Je veux bien que vous lui rendiez sa poupée, la Bonne, pour cette sois-ci. Mais la première fois qu'il vous arrivera, Mademoiselle, de tenir avec votre Poupée des propos qui déplairont à votre Bonne, je ne veux pas qu'elle vous la rende de la vie.
Mademoiselle Minette
Oui, Maman.
La Mère
Je veux que vous ayez pour votre Bonne, autant de respect que pour moi.
Mademoiselle Minette
Oui, Maman.
La Mère
Que vous soyez assez raisonnable pour penser qu'elle tient ma place auprès de vous, parce que je ne puis pas y être toujours.
Mademoiselle Minette
Oui, Maman.
La Mère
Et qu'enfin, lui déplaire, c'est déplaire à moi-même.
Mademoiselle Minette
Oui, Maman.
À l'enfant.
La Mère
Allons, la Bonne, rendez-lui sa poupée pour cette fois-ci. Et vous , Mademoiselle, songez à ce que vous me promettez, et à me tenir parole.
Mademoiselle Minette
Oui, Maman.
La Bonne
Tenez, Mademoiselle, la voilà ; vous êtes bienheureuse que votre Maman...
En tenant la Poupée.
Mademoiselle Minette
Oui, ma Bonne... Ah ! La voilà. Je savais bien moi que je l'aurais, mais j'ai eu bien de la peine... Allez ma bonne, soyez tranquille, je ne lui parlerai plus jamais de vous du tout, du tout. Oh ! Je vois bien que sans Maman... Mais le Proverbe a raison qui dit que...
Les Gourmandes
Scène 1
Caroline, Joséphine
Caroline
Ma soeur, Fanchette ne revient point pour nous donner à gouter, et il est six heures.
Joséphine
Dame, mon Papa l'a envoyée en commission bien loin, bien loin ; il est dans la boutique ; veux-tu que je lui demande à gouter ?
Caroline
Bon, il nous donnera du pain sec ; il y a dans le buffet un bon morceau de tourte de frangipane.
Joséphine
Et puis un reste de pot de confitures.
Elle ouvre le buffet.
Caroline
Mon Papa est occupé dans la boutique avec des Marchands. Tiens, vois-tu, ma Soeur, mangeons-en un peu sans que cela paroisse.
Joséphine
Allons voyons, as-tu un couteau?
Elle coupe de la tourte.
Caroline
Oui, tiens, coupons d'abord de la tourte. Tiens, voilà pour toi, et puis voilà pour moi, vois ; il n'y paraît presque pas.
Elle coupe.
Joséphine
Non, mais je n'en ai guère, prêtes-moi ton couteau. Tiens, je m'en vais prendre encore ce petit coin-là.
Caroline
Et moi donc, donnes m'en par-là.
Joséphine
Oui, mais la tourte s'en va.
Caroline
Oh dame ! C'est si bon : donnes-moi encore ça, tiens, plus que ça : ah ! Voilà le morceau tout cassé, comment allons-nous faire ?
Joséphine
Eh bien ! Mangeons tout, nous laisserons le buffet ouvert, et nous dirons que c'est le chat qui l'a mangé.
Elles partagent le reste de la tourte.
Caroline
Tu as raison, cela vaudra mieux que de laisser ce petit morceau tout rompu, tiens.
Joséphine
Ah ! Que c'est bon de la tourte de frangipane ; quand je ferai grande et que j'aurai de l'argent, j'en veux manger à tous mes repas.
Caroline
La voilà partie tout-à-fait.
Joséphine
Et la mienne aussi : et des confitures, en veux-tu ?
Caroline
Oui, un peu, mais n'en faisons pas comme de la tourte ; ne mangeons pas tout : tiens, voilà une petite cuillère pour toi et une pour moi, prenons dans le pot chacune à notre tour.
Joséphine
Oui, prends. Caroline prend, et elles continuent ainsi chacune à leur tour. À moi, à toi, à moi, à toi, à moi : oh ! Voilà déjà le fond du pot que je vois.
Caroline
Ma soeur, voilà mon frère qui revient de l'école, caches donc vite tout cela, et fermons le buffet ; dépêche-toi donc, dépêche-toi donc. Joséphine ferme le buffet.
Scène 2
Petit Dulac, Caroline, Joséphine, Monsieur Dulac
Petit Dulac
Mes soeurs, où est donc Fanchette ? Avez-vous gouté ?
Caroline
Non, nous l'attendons, elle est allée en commission, elle va revenir.
Petit Dulac
Oh ! Moi, j'ai faim, je m'en vais prendre à gouter dans le buffet.
Caroline
Mon frère, n'ouvrez pas le buffet, vous savez bien que mon Papa ne veut pas que nous prenions à gouter nous-mêmes.
Petit Dulac
Mais moi, j'ai faim, et je ne veux prendre que du pain.
Joséphine
Oh ! Tu n'ouvriras pas le buffet ; Fanchette va revenir , attends un moment, nous attendons bien nous.
appelle de la boutique
Monsieur Dulac
Dulac, qu'est-ce que vous faites là dedans ?
Il sort et va dans la boutique.
Petit Dulac
Rien, mon Papa.
Scène 3
Joséphine, Caroline
Elle s'ouvre le buffet.
Joséphine
Bon, le voilà occupé dans la boutique, achevons le pot de confitures, c'est à moi à prendre.
Caroline
Non, c'est à moi.
Joséphine
Mademoiselle, c'est à moi. Elles prennent toutes les deux ensemble dans le pot.
Caroline
Voyez-vous ce que vous faites, Mademoiselle, il n'y a plus rien à présent ; c'est pourtant vous qui êtes si gourmande...
Joséphine
Ah ! C'est bien vous même : comment allons-nous faire maintenant ? Et quand on s'apercevra qu'il n'y a plus ni tourte, ni confitures...
Elle casse le pot de confitures.
Caroline
Sais-tu ce qu'il faut faire ? Voilà le chat qui dort, enfermons-le dans le buffet, cassons le pot de confitures avant, et on croira que c'est le chat qui a tout mangé et tout cassé.
Joséphine
C'est bon, c'est bon, tiens le voilà, prends garde qu'il ne s'en aille.
Elle met le chat dans le buffet.
Caroline
Ah que non ; donne, tiens. Voilà le buffet bien fermé, vas, nous sommes des bonnes.
Scène 4
Petit Dulac À Fanchette, Fanchette, Petit Dulac, Joséphine, Caroline
Petit Dulac À Fanchette
Ma Mie, nous vous attendons, pour nous donner à gouter.
Fanchette
Vous ne pouviez pas en prendre ?
Petit Dulac
Dame, mes soeurs n'ont pas voulu.
Joséphine
Non, mon Papa a défendu qu'on ouvre le buffet, quand vous n'y êtes pas, ma Mie.
Fanchette
Allons, je m'en vais vous en donner, attendez un moment. Elle entend le bruit du chat dans le buffet. Mais, qu'est-ce que j'entends donc là, dans ce buffet ?
Caroline
Dame, nous ne savons pas.
Petit Dulac
C'est le chat qui est enfermé dans le buffet, je gage.
Joséphine
Peut-être bien : oh ! Cela serait drôle.
Fanchette
Peste soit du chat, il m'a fait peur.
regarde dans le buffet
Petit Dulac
Ma Mie, il a cassé le pot de confitures ; bon, il a mangé le reste de la tourte de diner.
Caroline
Ah ! Le vilain chat, il faut le battre ; attendez, je m'en vais tâcher de l' attraper.
Fanchette
Mais, comment se fait-il que ce chat s'est trouvé enfermé dans le buffet, Mesdemoiselles ?
Joséphine
Ma Bonne, ce n'est pas notre faute, c'est vous, peut être, avant de vous en aller...
Caroline
Vous étiez bien pressée, ma Bonne, et vous aurez enfermé ce maudit chat, sans y prendre garde : il se fourre partout.
Fanchette
Mesdemoiselles, il y a quelque chose là dessous ; regardez moi.
Joséphine
Eh bien ! Ma bonne, n'allez-vous pas croire que c'est nous à présent.
Fanchette
Oui, c'est quelque nouveau tour de votre façon, car vous êtes si gourmandes !
Caroline
Ah ! Ma Bonne, je vous assure... Demandez plutôt à mon frère.
Fanchette
Oui, demandez à mon camarade, qui est aussi malin que moi.
Scène 5
Monsieur Dulac, Petit Dulac, Fanchette, Caroline, Joséphine
Monsieur Dulac
Mais, qu'est-ce donc que ce train là ?
Petit Dulac
Ce n'est rien, mon Papa ; c'est le chat qui était enfermé dans le buffet, qui a mangé le reste de la tourte et des confitures, et qui a cassé le pot.
Fanchette
C'est ce que Monsieur et ces Demoiselles veulent me faire croire ; ils ont tout mangé apparemment, et ont tâché de tout mettre sur le compte du pauvre chat, qu'ils ont enfermé dans le buffet.
Monsieur Dulac
C'est-il vrai, Mesdemoiselles ?
Caroline
Non, je vous assure, mon Papa.
Joséphine
Oh ! Pour ça non, ce n'est pas nous.
Au petit Dulac.
Monsieur Dulac
Ce n'est pas vous. Et vous, Monsieur, vous ne dites rien.
Petit Dulac
Dame, mon Papa, si je ne dis rien, c'est que je n'en sais rien ; je sais seulement que je n'ai pas gouté, et que j'ai bien faim.
Joséphine
Et moi aussi.
Caroline
Et moi aussi...
Fanchette
Les vilains enfants ! On ne peut pas tourner le dos un moment.
Monsieur Dulac
Voilà qui est bien, Fanchette, une autre fois vous prendrez garde à fermer votre buffet.
Fanchette
Monsieur, je vous assure qu'il était fermé, et que le chat n'était pas dedans quand je suis sortie, car il dormait sur une chaise.
Monsieur Dulac
Allons, en voilà assez de dit : il est trop tard maintenant pour faire gourer des enfants, il n'y a qu'à tout de suite leur donner à souper.
Fanchette
Eh bien ! Leur souper est tout prêt, c'est un morceau de boeuf à la mode.
Monsieur Dulac
Soit, faites-les souper, puisqu'ils n'ont pas goûté.
Monsieur Dulac y va.
Petit Dulac
Oh ! Tant mieux. On cogne à la boutique,
Scène 6
Fanchette, Caroline
Les trois enfants se mettent à table.
Fanchette
Allons, Monsieur et Mesdemoiselles, voilà votre souper, prenez vos serviettes.
Fanchette
Tenez, voilà chacun un bon morceau sur votre assiette ; tâchez de manger proprement.
Caroline
Oui, ma Mie.
Scène 7
Joséphine, Monsieur Dulac, Caroline, Petit Dulac, Fanchette
Joséphine
Ce coquin de chat ! Oh ! Si je le tenais, comme je le battrais !
Monsieur Dulac
Allons, Mesdemoiselles, mangez, puisque vous avez si faim.
Caroline
Aussi nous mangeons bien, mon Papa.
Petit Dulac
Pour moi, je n'ai jamais eu tant faim.
Caroline
Mon frère, tu n'as plus rien, veux-tu mon morceau ?
Petit Dulac
Oui, donne.
Joséphine
Oh ! Tiens, je t'en prie, prends le mien aussi, et mange le vite.
la bouche toujours pleine
Petit Dulac
Donne, mais dame, je ne peux pas manger tout à la fois.
Monsieur Dulac
Ah ! Ah ! Mesdemoiselles, je vous y prends ; voilà donc l'appétit que vous avez ; vous faites manger tout votre souper à votre frère, et vous avez fait semblant d'avoir faim pour me tromper...
Caroline
Mais, mon Papa, c'est que...
Monsieur Dulac
Vous accusez le chat d'avoir mangé la frangipane et les confitures, et vous n'avez pas faim : allons, allons, je dais maintenant à quoi m'en tenir, et vous serez punies comme deux insignes gourmandes.
Caroline
Ah ! Mon Papa, je vous assure.
Monsieur Dulac
Chansons que tout cela, les chats peuvent manger de la frangipane, mais les chats ne mangent pas de confitures : vous n'avez pas pensé à cela, mais il faut vous l'apprendre : allons, montez toutes deux dans votre chambre, et je donne ordre à Fanchette, de vous corriger. Comme vous le méritez.
Joséphine
Ah ! Mon Papa, eh bien, c'est vrai ; nous vous demandons pardon, cela ne nous arrivera plus.
Caroline
Non, mon Papa, plus jamais.
Monsieur Dulac
Cela est inutile ; allons, partez, partez vite. Fanchette, vous m'entendez bien.
Elle emmène Joséphine et Caroline.
Fanchette
Oui, Monsieur, je vous réponds que je ne les épargnerai pas, car c'est tous les jours la même chose ; ce sont deux gourmandes fieffées.
Caroline
Ah ! Ma mie.
Joséphine
Ma petite Bonne...
Monsieur Dulac
Et toi, mon ami, je te rends justice, tu n'es point leur complice, je le vois bien à ton appétit ; mais on peut bien dire, en fait de gourmandise et de malice, de tes soeurs, que les deux font la paire ; elles sont rusées, mais je leur apprendrai cette sois-ci que...