Monologue · 1887

Le malade réel

d’Ernest d' Hervilly

Représentation
≈ 16 min
Distribution
1 femme, 1 homme
Répliques
95
Écriture
En vers
Dans l’app
Importable

Distribution

Par ordre d’importance. Temps de parole estimé au débit d’une représentation.

RôleRépliquesTemps de paroleScènesPart du texte
Sganarelle H 41 ≈ 7 min 3
Toinette F 32 ≈ 4 min 3
Médécin Louis Xv N 4 ≈ 1 min 1
Chirurgien N 4 ≈ 1 min 1
Médécin De Molière N 6 ≈ 1 min 1
Tous Les Médécins N 3 ≈ 1 min 1
Qui joue avec qui, scène par scène
Rôle Le Malade Réel
Sganarelle
Toinette
Médécin Louis Xv absentabsent
Chirurgien absentabsent
Médécin De Molière absentabsent
Tous Les Médécins absentabsent
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Le Malade Réel

Scène 1

Toinette, Sganarelle

Les domestiques se retirent. Au public.

Hochant la tête.

Sganarelle tousse.

Toinette

Allez. Ne revenez que s'il pleut ou s'il vente... On me nomme Toinette, et je suis la servante De monsieur Sganarelle, un vieillard aujourd'hui !... Dame, il fut, m'a-t-on dit, médecin... malgré lui... Sous Louis quatorze ! Or, vous voyez d'ici l'âge Qu'a maintenant Monsieur, l'honneur de ce village !... Un jour, veuf, il revint, pris de noirs vertigos, Au bois qui fut témoin de ses premiers fagots, Et... (mère-grand alors était toute jeunette...) Bref, nous l'avons soigné, de Toinette en Toinette, Jusqu'à présent : voilà l'austère vérité. Monsieur va mal ; il a le moral affecté. Le coffre est bon, oui, mais ce n'est plus Sganarelle Trouvant dans un flacon l'oubli d'une querelle, Et puis chantant ! Non, non. Le vieil esprit gaulois De Monsieur a perdu sa santé d'autrefois ; On dirait à le voir, pâle, parlant à peine, Qu'on rencontre Hippolyte aux portes de Trézène. On n'entend plus chez nous son franc rire ébranler Les vitres, et parfois les casser ! Pour parler Aux gens de ce temps-ci, Monsieur met des mitaines ; Sa langue ne court plus les grasses prétentaines De jadis. Ah ! Monsieur décline, c'est certain ; Il ne dit plus... trompé... maintenant qu'en latin ! Il gaze ; il est discret ; c'est poliment qu'il grogne ; Il ne m'appelle plus, comme au bon temps, Carogne ! Hélas ! Enfin sa verve, il la jette à vau-l'eau. Oui, ne jure-t-il pas, par un nommé... Boileau Qu'« il ne reconnaît point l'auteur du Misanthrope Dans le sac ridicule où Scapin s'enveloppe ! » Oui, messieurs, il l'a dit, ce mot triste, hier soir, Du ton d'un homme grave armé d'un habit noir ! Mais je l'entends...

Sganarelle

Toinette.

Toinette

Eh bien, monsieur ?

Il sort de sa maison.

Sganarelle

Toinette.

Scène 2

Sganarelle, Toinette

Sganarelle

Toinette ! Vengeons-nous ! Va faire table nette Dans mon cabinet ! Prends les volumes brochés Que tu verras, là-bas, pêle-mêle couchés, Et porte-les-moi tous...

Toinette

Où ça ?

Sganarelle

Par la fenêtre !

Sganarelle retient Toinette par sa robe, au moment où elle se dispose à exécuter ses ordres avec un empressement facile à concevoir.

Toinette

Avec joie ! Et j'y cours ! Monsieur va donc renaître ! Quoi ! Serait-ce un remords ?

Sganarelle

Tu les rejetteras tous Sans les lire !

Toinette

Jarni ! Pour qui me prenez-vous ?

Il s'assied.

Sganarelle

Attends. Ouf ! Prends d'abord les pièces de théâtre Parmi tous ces bouquins...

Toinette

Oui, monsieur.

Sganarelle

Et sur l'âtre De ta cuisine, empile, empile-les, corbleu !

Toinette

Ah ! Jamais la Saint-Jean n'aura vu pareil feu !

Avec désespoir.

Sganarelle

Toinon ! Je suis bien bas, ce matin. On me tue ! Ils veulent, ces auteurs, qu'un mari s'habitue À prendre un révolver, et même un chassepot, Pour punir sa moitié, quand il est fait... capot !

Toinette

Voilà d'étranges gens ! L'abominable mode !

Sganarelle

Tu l'as dit !

Toinette

Peut-on être à ce point incommode !

Sganarelle

Ah ! Je suis bien malade, et mes noires humeurs Me viennent de ces gens, et c'est d'eux que je meurs ; Oui, je m'en vais d'avoir trop vu de comédies Modernes. J'éteindrais plus de vingt incendies Avec les pleurs qu'on verse en ces actes joyeux...

Toinette

Ah ! Les gaietés du siècle ont tari bien des yeux !...

À la foule.

Sganarelle

Voilà plus de cent ans que je n'ai ri, Toinette, Du rire qu'en ce coin de la vieille planète, En France, on entendit au temps de Rabelais ! Ah ! Quels vins frelatés ont brûlé mon palais Depuis Molière, hormis aux heures romantiques : Alors on m'a versé des grands crus authentiques Sains et chauds ! Mais ce temps n'est plus. D'autres auteurs Sont venus : Ô piquette ! Ô pauvres spectateurs ! Hélas ! Et je languis et je ne sais plus mordre. L'école du Bon-sens a mis tout en bel ordre, Et je me suis soumis, et j'ai perdu mes dents. J'imite de Conrart les silences prudents. Sganarelle à présent, afin d'oublier l'heure Trop lente à s'écouler, au seuil de sa demeure S'assied, ma bonne, et vient, muet et soucieux, S'enivrer du soleil, ce grand rire des cieux. Ainsi fais-je, ainsi font tous ceux de ma famille. Un malade réel, c'est moi, ma pauvre fille. Rien ne peut me guérir. J'ai perdu tout espoir, Et je suis un vieillard qui voit venir le soir ! Où sont, ô Tabarin ! Nos superbes années ? Las ! Dans l'herbier du temps, elles sèchent fanées ! À moi ! Sauve-moi donc, monde contemporain ! L'esprit gaulois se meurt ! Du gros sel ! De l'entrain ! Un peu de la folie en ma jeunesse éparse ! Voyons, du diable-au-corps ! Du bouffon ! Une farce !

Toinette

Le diable s'est fait vieux, changement de décors, Monsieur ; et nous n'avons, nous, que l'ermite-au-corps.

Sganarelle

Toinette !

Toinette

Bien, monsieur. Je prends un ton plus grave. Donc, vous êtes malade, et vous faites le brave... Voyons... pourquoi ne pas tâter... du médecin ?...

Il n'en peut croire ses oreilles.

Sganarelle

Tu dis ?...

Toinette

Du médecin...

Sganarelle

Tu dis ?...

Toinette

Un...

Il dessine la seringue d'un geste.

Il tombe épuisé dans son fauteuil.

Sganarelle

Assassin ! Mais tu ne sais donc pas !... Tu ne sais donc plus lire ?... Tu !... Mais rappelle-toi que la plume et la lyre, Que jadis inspira le vieil esprit gaulois Prirent la Faculté pour champ de leurs exploits ! Mais rappelle-toi donc cet horrible mélange De médecins meurtris et traînés dans la fange, Que Sganarelle seul, vomissant le latin, Laissa derrière lui chez Géronte, un matin ! Mais rappelle-toi donc quelle effroyable botte Je poussai dans le ventre auguste d'Aristote ! Souviens-toi des combats sanglants que j'ai livrés À ceux qui prennent tout sous leurs bonnets carrés ! Souviens-toi des brocards immortels que la Scène Sur Hippocrate, ô Ciel ! Comme sur Avicenne, Jeta, pendant plusieurs siècles à pleins paniers ! Le théâtre est rempli, des caves aux greniers, Ne t'en souviens-tu pas ? Des innombrables claies Où j'ai cloué tous ceux qui vivent de nos plaies ; Souviens-toi de Molière ! Et vous, sachant mon nom, S'ils avaient à soigner Sganarelle, Toinon, Ce que les médecins feraient à ce coupable ! Oh ! De quoi chacun d'eux serait-il capable ! Toinon ! J'entends déjà rire les bistouris ! Et les potiers d'étain de l'énorme Paris S'apprêtent à fourbir les... Foin de cette engeance ! Non ! Vous ne m'aurez pas, scalpels de la vengeance !

Toinette

Là là, tous doux, monsieur ! Menteurs et charlatans Sont seuls de nos gaietés à jamais mécontents ; Mais, comme un vrai dévot, le savant véritable Comprend toute critique et n'est point irritable. Vous vous trompez, monsieur : J'en appelle aux passants ! Les ânes bâtés seuls trouvent nos bâts blessants. Rassurez-vous, monsieur. Vous n'avez rien à craindre Des médecins.

Sganarelle

Par qui tu veux me faire étreindre ?

Elle appelle.

Toinette

Oui, monsieur. Vous verrez, avant que d'être mort, Qu'ils sont tous sans rancune, et que vous avez tort... Holà ! Des médecins ! De toutes les époques !

Sganarelle

Miséricorde ! À l'aide ! Eh quoi ! Tu les évoques Tous, depuis le déluge ! Au meurtre !

Toinette

Eh ! Monsieur, non ; Depuis le Roi-Soleil seulement.

Sganarelle

Ah ! Toinon ! Je meurs...

Toinette

Les voici...

Entrée des médecins. Musique.

Sganarelle

Ciel !

Scène 3

Sganarelle, Toinette, Médécin De Molière, Médécin Louis Xv, Chirurgien, Aide-major, Un Médecin de Nos Jours, Apothicaires, Matassins, Tous Les Médécins, Choeur General

Les médecins apparaissent de tous les côtés à la fois. Sganarelle, après avoir essayé de fuir, mais en vain, retombe comme pétrifié d'horreur dans son fauteuil. Une bande d'apothicaires et de matassins, conduits par un médecin du temps de Molière se déploie au fond de la scène.

Sganarelle

Avec arme et bagage ! Oh ! Quel affreux parfum de ces gens se dégage...

Toinette

Ne les irritez pas, monsieur. Ils sont cléments : J'affirme qu'ils n'ont pas changé leurs instruments !

Il montre les seringues.

Sganarelle

Vade ! Vade retro, fantômes que vous êtes ! Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes !

à ses hommes

Médécin De Molière

Halte ! Front !

Sganarelle

Front, dit-il... Je respire en ce cas.

Toinette

Monsieur, ils ont l'air doux...

Sganarelle

Doux ? Comme le trépas ! Mon Dieu ! Cet homme en noir, s'il allait dire : En joue !

Il s'avance et salue profondément Sganarelle.

Médécin De Molière

Monsieur, je suis heureux.

À part.

Sganarelle

Monsieur... Je l'amadoue ; Il faut ruser ici.

Il veut prendre la main de Sganarelle.

Médécin De Molière

Monsieur, je suis charmé... Permettez-moi...

Sganarelle

Pardon. Êtes-vous désarmé ?

Médécin De Molière

Eh ! Qui ne l'est pas devant Molière et son génie ! La bile, l'atrabile, enfin l'acrimonie S'en vont, rien qu'à vous voir, du sang artériel, Et le foie enflammé ne distille que miel : Salut donc, vénérable du grand Molière ! Comme l'ivrogne au vin, comme à l'ormeau le lierre, À l'auteur de Tartuffe on s'attache à jamais ! Le bézoard coûteux, qu'à chacun je promets, Ne guérira jamais un esprit chagrin comme Le fait le créateur du Bourgeois gentilhomme...

Sganarelle

Tu l'entends ! Il avoue ! Il avoue, entends-tu : Le bézoard, dit-il, n'eut jamais de vertu !

Il salue et se retire en arrière.

Médécin De Molière

Nous nous dessécherions la glande salivaire À vous dire, monsieur, combien on le révère, Ce Molière dont l'oeuvre aussi puissant que fin, AEre perennius ! N'aura jamais de fin.

Sganarelle

Ces messieurs sont bien bons, Toinette, mais qu'ils sortent ! Timeo medicos et les présents qu'ils portent.

Le médecin Louis XV s'avance.

Toinette

Quoi ! Ne voyez-vous pas combien vous vous trompiez !

Sganarelle

Ouais ! Quel est celui-ci ?

Il pirouette.

air dégagé

Médécin Louis Xv

Je viens mettre à vos pieds Les sentiments d'amour que le pays de France Nourrit pour votre aïeul, votre aïeul, ce Térence Qui naquit sous un chou des halles de Paris. Je fus le médecin des vapeurs d'une Iris, D'une marquise enfin ; cette beauté cruelle Riait souvent de voir du fond de sa ruelle Mon tricorne galant, mon jonc à pomme d'or, Auprès d'une Marton, la fleur du corridor !...

Toinette

Voyez, le beau docteur !

Médécin Louis Xv

Mais tous mes quatrains, peste ! Célébraient Célimène. Ô magnifique Alceste, Ton indignation, foi du docteur-trumeau, Nous manqua fort au temps du neveu de Rameau ! Pandore avait vidé sa boîte sur la terre...

Sganarelle

Mais il restait au fond Arouet de Voltaire !

Il secoue son jabot, et salue.

Un chirurgien militaire du temps de la République s'avance à son tour.

Médécin Louis Xv

Oui. Mais comme aurait dit la marquise, aisément : Voltaire est un époux, Molière est un amant !

Sganarelle

Et toi, double tueur ?

Chirurgien

Au pied des Pyramides, En butte à la valeur des cavaliers numides...

Toinette

C'est le style du temps.

Chirurgien

Ou bien quand, dans Jaffa, La peste me laissait une heure à mon sofa, Je prenais mon Molière, et, sous le sycomore, Grâce à l'esprit gaulois, j'oubliais Turc et More. Apollon bien souvent chassa Phoebé des cieux Que je lisais toujours les vers délicieux Du Dépit amoureux, ou ceux de Don Garcie De Navarre. Parfois, avant une autopsie, Avant de disséquer un guerrier mameluck On me vit attendri, comme aux accords de Gluck, En lisant Mélicerte. Oh ! Les choses charmantes Qu'autrefois les amants disaient à leurs amantes !

Toinette

Bien roucoulé, lion !

Sganarelle

Prends garde ! Les serpents Sont sous l'herbe, et tu peux l'apprendre à tes dépens ; Et peut-être ces fleurs cachent l'apothicaire !

Chirurgien

Sganarelle ! J'ai lu dix fois Don Juan, au Caire ! Oui, Molière ! Et j'ai fait répéter ton beau nom À cet autre géant qu'on appelle Memnon !

Toinette

Eh bien, monsieur ?

Sganarelle

Eh bien, ce citoyen me touche. Il salue le chirurgien à plusieurs reprises. Un aide-major du temps de Louis-Philippe s'avance et salue. Monsieur...

Sganarelle salue. L'aide-major fait place au médecin de nos jours.

Aide-major

Vive Molière ! Est-ce que dit ma bouche. À bord de ma corvette, à la prise d'Alger, Ma cabine enfermait un joyeux passager, Un ami de jeunesse, un compagnon d'études, Et qui me suivait sous toutes les latitudes ; Ce vieil ami, c'était, vous l'avez deviné, Ce Molière parfait, de gloire environné ! Or, pendant qu'on chargeait les noires caronades, Assis dans l'entrepont, oui, sans fanfaronnades, Molière et moi, devant la mort nous avons ri, Cher Sganarelle, et vous étiez mon favori ! Voilà, quand de la poudre éclatait la colère, Ce que diable on faisait, monsieur, dans ma galère !

Avec attendrissement.

Un Médecin de Nos Jours

Et moi, vieux professeur, qui fus étudiant, Moi je viens à mon tour, rêveur et souriant, Vous dire combien j'aime, et du coeur le plus tendre, Ce Molière qu'on est jamais lassé d'entendre, L'analyste profond, le maître dont la main A su le mieux tâter le pouls du genre humain. Oh ! Les doux soirs d'hiver passés dans cette salle Où plane, Poquelin, ton ombre colossale ! Alors, j'avais vingt ans quand ceci se passait, L'estomac un peu moins vide que le gousset, (Pas beaucoup) je venais, avec une enfant rose Et blonde, déguster tes beaux vers ou ta prose, Poète, et tu grisais nos coeurs et nos cerveaux. On se disait : Je t'aime ! Au milieu des bravos ; Nous unissions, ravis, nos mains et nos sourires, Et l'amour voltigeait à travers tes satires !

Sganarelle

Mais ces hommes de l'art ont le coeur à l'envers ! Ils me parlent d'amour ! Ils me parlent de vers ! Ils chantent l'Odéon où les rimes ont riches ! Postérité du vieux Purgon, mais tu nous triches ! Je suis volé. Je sens mes yeux s'emplir de pleurs ! Quel spectacle ! Molière est couronné de fleurs, Et par qui ? Par les mains effrayantes de cette Déesse aux yeux amers, qui brandit la lancette ! Ô mon père ! L'encens vient de la Faculté !

Toinette

Il n'en est que plus cher, monsieur, en vérité.

Médécin De Molière

Du Molière, voilà la grande panacée !

Aide-major

Pour l'âme qui s'attriste ou la verve émoussée, Molière c'est Jouvence et sa fontaine !...

Médécin Louis Xv

On doit Y plonger tout son être, et non le bout du doigt : On en sort rajeuni, retrempé, plus honnête.

Toinette

Entendez-vous, monsieur ?

Sganarelle

Les entends-tu, Toinette !

Toinette

Ces savants ont raison.

Il crie.

Sganarelle

Corbleu ! S'ils ont raison ! Mais ils m'ont converti ! Je n'étais qu'un oison... Un remède ! Un remède ! et puis je vous adore, Ô vous que l'on appelle...

Chirurgien

Oracles d'Épidaure.

Il fait le geste de donner un clystère.

Sganarelle

Un remède ! Un remède ! Et vive la santé ! Et s'il le faut... D'avance il est tout accepté Rendez-moi, s'il vous plaît, ma franche gaillardise, Messieurs les médecins ! Que voulez-vous que dise De plus un Sganarelle incliné devant vous, En faisant honorable amende aux yeux de tous ?

Toinette

Secourez-le, Messieurs. Il est vieux, laid, stupide...

Sganarelle

Carogne !

Toinette

À la bonne heure ! Un remède rapide ! Sauvez-le !

Apothicaires, Matassins

Juro !

Sganarelle

Bon !

Ils lui tendent chacun un papier.

Tous Les Médécins

Sganarelle ! Voici Notre ordonnance.

Sganarelle

Au moins, j'aurai le choix. Merci !

Toinette

Messieurs, pas de latin !... La langue familière...

Tous Les Médécins

Allez prendre, ce soir, un bon bain de Molière.

Sganarelle

Où donc ?

Tous Les Médécins

À l'Odéon !

Toinette

On y fête aujourd'hui Le jour où votre aïeul sur ce bas monde a lui.

Sganarelle

Je vais donc rire encor ! Toinette, sois bénie.

Le rideau tombe.

Choeur General

Allons voir le Malade et la cérémonie.

Texte : Théâtre classique, édition de Paul Fièvre, licence CC BY-NC-ND 4.0. Reproduit sans modification ; distribution et mise en page : Réplique.

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